Urgent : Sarkozy, candidat des Riches cherche rupture

Finalement, Nicolas Sarkozy a tout perdu. Il avait beau jouer à George Bush de substitution pour réclamer la vengeance devant 8 cercueils des victimes françaises de l'attentat de Marrakech, mardi sur le tarmac d'Orly, il a quand même tout perdu.

De 2007 et des discours d'Henri Guaino, il ne reste rien. Si Sarkozy citait aujourd'hui Jaurès, il serait sifflé. S'il osait se réclamer de Blum, il pourrait être lynché.

Le candidat des Riches, celui du cumul des mandats et du Premier Cercle, l'aveugle du printemps arabe, le meilleur ami des Kadhafi/Assad; l'homme du bouclier fiscal à 50%, celui qui a tout cédé pendant la crise géorgienne, rien compris pendant la crise boursière; l'homme qui voulait développer les « subprimes à la Française » en 2006... Celui-là même tente de changer d'image.

Il pourrait réussir.

A l'UMP, l'équipe du projet
Exit le pouvoir d'achat, la république irréprochable et la rupture. Sarkozy est devenu comme Chirac, un roi fainéant qui radote les mêmes anecdotes et messages d'un déplacement à l'autre. En coulisses, à l'UMP, une petite équipe travaille à décliner son programme. A l'Elysée, quelques conseillers dépensent des millions en sondages pour se convaincre du positionnement : Sarkozy serait le président protecteur qu'il nous faut. 


Les bases de la campagne électorale 2012 du candidat Sarkozy se précisent. Un grand quotidien du soir les détaillait mercredi 4 mai : l'école, l'Etat social, l'orthodoxie budgétaire, et la défense de l'environnement, de l'agriculture, et du nucléaire. On nous livre même les noms des participants du fameux groupe qui planche sur le programme du Monarque :
  • Jean-Baptiste de Froment, jeune conseiller technique à l'Education à l'Elysée. Il avait été désigné par Claude Guéant, le grand vizir quand il était encore secrétaire général de l'Elysée, de faire l'officier de liaison entre l'Elysée et l'état-major de l'UMP. Froment est l'oeil de Moscou, c'est-à-dire de Sarkozy.
  • Emmanuel Moulin,sur la fiscalité et l'économie. Ancien directeur adjoint de cabinet de Christine Lagarde, ancien de l'ENA et de l'ESSEC et banquier d'affaire de Citigroup.
  • Boris Ravignon, en charge de l'environnement, un jeune élu ardennais à l'origine de certains déplacements élyséens dans sa région, inspecteur des finances de formation, il travaille aux études à la prospective pour Sarkozy depuis 2004.
  • Hugues Moutouh, ancien préfet controversé de la Creuse, déjà présent dans l'équipe de campagne sarkozyenne de 2007, rapidement diplômé professeur de droit public, mais surtout proche de Claude Guéant.
  • Sybille Veil, jeune mais déjà ex-conseillère planquée dans un placard doré à l'Assistance publique des hôpitaux publics où une « direction du pilotage de la transformation » a été créée spécialement pour elle...
Et ça bosse ! 

Emmanuelle Mignon, qui a quitté le navire sarkozyen pour Europacorp, a été remplacée par Bruno Le Maire, que l'on croyait pourtant ministre de l'agriculture à temps plein. Ce dernier prend donc le temps de consacrer chacun de ses lundis matin à étudier les propositions de son équipe, et à peaufiner le programme ... du Parti socialiste.


1000 euros de prime financée... par la Sécu !
Côté social, les contours de la prime Sarkozy se précisent aussi. Le Monarque a rendu ses derniers arbitrages, et un texte de loi sera envoyé pour avis au Conseil d'Etat. Il y a urgence. Le Monarque a besoin de remplacer ses totems sacrifiés, il faut une relève. Les hochets de remplacement sont modestes, comme cette prime salariale de 1000 euros pour les sociétés qui augmentent leurs dividendes. L'Elysée voulait surtout déminer une polémique détestable pour son image. Quelque 43 milliards d'euros de dividendes vont être distribuées ces prochaines semaines, au titre de l'année dernière.  : annoncée à 1000 euros, elle serait peut-être de 1200 euros. Mais son montant ne sera pas légalement automatiquement fixé (comme l'est, par exemple, la participation). Il devra être négocié, entreprise par entreprise. Et « à défaut d'accord avec les organisations représentatives du personnel, la fixation des modalités revient à la seule direction de l'entreprise », explique le Figaro.

Le gouvernement Sarkozy se contentera de créer une nouvelle niche fiscale, en exonérant de cotisations sociales jusqu'à 1.200 euros les primes versées, à l'exception de la CSG-CRDS (8 %) et du forfait social (6 %). On croyait que les régimes sociaux (maladie, retraites, etc) étaient déficitaires. Le Monarque se paye un cadeau sur le dos de la Sécurité sociale. Formidable !

Toujours réservée aux entreprises de plus de 50 salariés, elle ne serait plus forcément versée en cash mais en nature, comme, précise le Figaro, qui livre cette exclusivité, « un surplus de participation ou d'intéressement, une prise en charge d'une mutuelle ou encore une distribution d'actions gratuites ». L'UMP de Copé parle même de chèque vacances. On pourrait leur suggérer des bons de loterie, des tickets restaurants, une carte musique jeune, un CD de Carla Bruni, voire, indispensable pour quelques 8 millions de Français, ... des tickets d'alimentation.

Finalement, c'est une inégalité de plus, un cadeau réservé à quelques millions, un jolie story-telling pour lequel même le MEDEF joue le jeu. Laurence Parisot a demandé aux patrons des entreprises du CAC 40 de faire un geste « exceptionnel ». Quel cirque ! Les 2,2 millions de sans-emploi, les retraités, les autres dizaines de millions d'entreprises, rentables ou pas mais dont les dividendes n'augmentent pas, les 5 millions de fonctionnaires, tous ceux là sont exclus de cette nouvelle grande idée sarkozyenne.

La défense du pouvoir d'achat se résume à bien peu de choses.

352 millions d'euros financés par les impôts
Si la fameuse prime « sociale » sera financée par la Sécurité sociale, le bouclier fiscal, pour sa dernière année, plombera les comptes publics. Il y a 3 jours, Philippe Lecoeur, sur son blog Contes Publics, rapportait combien quelques contribuables empochaient, une nouvelle fois, un joli pécule : 32 foyers sont parvenus à déclarer moins de 3.600 euros de revenus annuels mais au moins 16,5 millions de patrimoine... Et 925 contribuables (6% des bénéficiaires) vont récolter 352 millions d'euros de remboursement d'impôt, soit 60% du total versés.

Dans 8 jours, le 11 mai prochain, le ministre du Budget François Baroin présentera le fameux projet de loi qui réduit l’ISF à deux petites tranches d’imposition (contre six) et des taux joliment abaissés à 0,25 % pour un patrimoine compris entre 1,3 million et 3 millions d’euros, et 0,5 % au-dessus de 3 millions.

Une prime pour (certains) pauvres, un bouclier pour quelques riches, c'est tout un programme !




2 commentaires:

  1. Attentat de Karachi. Bernard Cazeneuve dénonce le «mépris» d’État.

    Dans un livre-témoignage, Bernard Cazeneuve, député-maire socialiste de Cherbourg et rapporteur de la mission parlementaire sur l’attentat de Karachi, dénonce «le mépris d’État».

    Le Télégramme : Pourquoi ce livre sur Karachi ?

    Bernard Cazeneuve : Ce n’est pas un nouveau rapport. C’est un livre sur le fonctionnement de nos institutions, sur ce que j’ai vécu, un livre d’entomologie politique.

    Vous dites être le chien au milieu des loups. Pourquoi ?

    La question, c’est de savoir si le Parlement peut exercer ses prérogatives de contrôle sur le gouvernement. Ce qui m’a frappé dans cette affaire, c’est l’incapacité qu’ont les députés à se dépouiller des oripeaux de la politique politicienne. Entre ceux dans la majorité qui avaient peur qu’on atteigne le pouvoir, et ceux dans l’opposition qui voulaient que l’on instrumentalise la mission pour qu’elle atteigne le président de la République. Des loups, il y en a partout. Je renvoie les acteurs de droite et de gauche dos à dos.

    Ce qui explique votre posture de «notaire méticuleux»

    ? Je ne suis pas dans l’extrapolation hasardeuse, pas dans l’intime conviction. Seuls les faits m’intéressent. Les faits m’obligent à reconnaître que sur ce dossier, je n’ai pas rencontré le président de la République. Je le dis clairement. Comme ministre du Budget, il a pu avoir à connaître les conditions de la négociation du contrat, c’est possible. Mais dire que Nicolas Sarkozy est au coeur de cette affaire, je ne le dis pas, parce que je ne l’ai pas matérialisé.

    Vous évoquez des entraves à la mission. De quel ordre étaient-elles ?

    Au nom de la séparation des pouvoirs, les parlementaires n’ont pas eu accès aux documents dont ils souhaitaient disposer, comme le contrat Agosta, des compte-rendus de réunions interministérielles. On nous a refusé aussi des documents que le juge n’avait pas demandés, sous prétexte qu’il pourrait les demander un jour! C’est hallucinant!

    Vous parlez du mépris du gouvernement pour les parlementaires. Pourquoi ?

    Quand le gouvernement ne transmet rien, il agit avec un mépris total pour le Parlement et fait preuve d’un cynisme absolu. Quand on voit le Quai d’Orsay déclassifier la presse, il faut quand même le faire!

    Vous avez eu des soucis avec le président de la mission, l’UMP Yves Fromion. Comment l’expliquer ?

    Je pensais que la pluralité des sensibilités pouvait s’exprimer. Cela aussi était inédit : l’avant-propos mettait quasiment en cause l’intégrité du rapporteur. Il était extrêmement partisan, excessif, alors que le rapport ne l’était pas. Cela a justifié aussi que j’écrive ce livre, pour expliquer quelles étaient les motivations sincères qui guidaient ce travail. Ce texte, c’est celui de quelqu’un qui s’est senti en légitime défense.

    «Karachi. L’enquête impossible», chez Calmann-Lévy. 18 euros.

    http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/karachi-bernard-cazeneuve-denonce-le-mepris-d-etat-05-05-2011-1290808.php

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  2. Sarkozy est trop nul comme mec, il veut tout contrôler normal qu'après il ne sache plus ou aller. Vivement 2012 qu'on s'en débarrasse pour de bon ;)

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