10 juin 2011

Nicolas Sarkozy, handicapé... par ses promesses et ses silences.

En 2007, il avait trop promis, puis trop parlé. Désormais, se montre mais laisse les autres promettre à sa place, comme mercredi lors de la convention sur la justice sociale de l'UMP; quand il s'exprime, il annonce peu, comme devant des agriculteurs pourtant exsangues à cause de la sécheresse. Il n'a plus d'argent, sauf pour alléger l'ISF. Quand il commente, c'est en privé, devant 300 députés UMP pour que sa sainte parole soit répétée.

Mais quand il rencontre Ségolène Royal, il grimace.

Nicolas Sarkozy se maîtrise, mais il grimace.


Faire parler de soi
Ce mercredi, Nicolas Sarkozy avait commencé sa journée par un conseil des ministres, puis, à déjeuner, il avait invité tous les députés UMP à l'Elysée. On imagine la dépense. A l'issue de ce rendez-vous de campagne, quelques participants furent trop heureux de lâcher les « confidences » du Monarque.

La technique est rodée. La parole sarkozyenne se fait rare... en public. Le Monarque préfère qu'on parle de lui, qu'on le décrive « serein » et « travailleur » . Et quoi de plus efficace que 300 parlementaires rassasiés par les buffets élyséens ? Renaud Muselier, député de Marseille à mi-temps mais à plein salaire, était enthousiaste : « c'est le meilleur ! ». Son collègue Vanneste, de la Droite Populaire, enchanté : « Il était très cool et manifestement assez sûr de lui pour l'année qui vient». Un autre confia qu' « il a eu un moment très fort sur la nécessité, lorsque certains sont indignes, d'être plus dignes que jamais », à propos de l'affaire DSK.  On apprit également que Sarkozy avait encore engueulé Borloo à distance : « Ceux qui nous quittent voudraient nous diviser, a-t-il commencé. Quand il y a des convictions, je comprends. Mais on ne quitte pas sa famille politique par amertume

Ne pas trop promettre
Plus tard, Nicolas Sarkozy discourra 30 minutes à la Conférence nationale du handicap. Ses conseillers lui avaient trouvé 150 millions d'euros à distribuer. Le Monarque avait aussi loué l'effort « sans précédent » et « malgré la crise », les dépenses de l'Etat ayant progressé de 6% par an depuis 2007 en matière de handicap. « C'est une mobilisation considérable mais une mobilisation indispensable. » Il s'est même félicité de ne pas avoir baissé les allocations malgré la crise...

Il fut poliment applaudi. Poliment. Sans plus. Jean-Louis Garcia, président de la Fédération des Apajh (associations pour adultes et jeunes handicapés), n'a pas caché sa déception : « On a assisté à une grand-messe médiatique sans beaucoup d’engagements ». Pourquoi un accueil aussi sévère ? Sarkozy est resté très modeste dans ses annonces, promettant la création de 1 000 places par an dans les entreprises adaptées, et le recrutement de nouveaux auxiliaires de vie scolaires, « mieux formés, mieux payés » et « disposant d’un vrai contrat d’assistant d’éducation ».

L'Humanité rappelait qu'un jeune handicapé de 15 ans, kosovar mais clandestin, expulsé voici un an, attendait son retour pour se soigner. « Il va mourir plus vite et dans de moins bonnes conditions », expliquait son ancienne pédiatre française.

Laissez d'autres promettre
Le même jour, l'UMP organisait sa grande journée de débat sur la justice sociale. Il s'agissait de rebondir sur la polémique lancée par Laurent Wauquiez, ministre des affaires européennes mais « leader » de la droite sociale début mai. Et quel rebond ! Le jeune ambitieux s'était pointé le matin, devant une assistance où les parlementaires UMP se faisaient rares. Il s'est lâché, à nouveau, contre l'assistanat, en énumérant un à un ces « scandales » de la solidarité nationale, de la cantine offerte aux pauvres à la prime de Noël, des tarifs sociaux de l'énergie à l'exonération de redevance télévisuelle. En mai dernier, il ne pensait qu'à plafonner des minimas sociaux qui, pour la plupart, ne s'additionnent pas. Mardi, il est parti dans un inventaire à la Prévert des « niches » sociales (malheureusement moins riche que celui des niches fiscales).

L'UMP avait concocté 40 propositions de justice sociale, « solidaires et responsables ». Il fallait parvenir à un chiffre rond. Pas 38 ou 41, non. 40 ! La plus médiatique d'entre elles était la version, certes rabougrie, de la proposition Wauquiez : pour les bénéficiaires du RSA-socle, (soit 411 euros par mois pour une personne seule, 588 euros pour un couple), « prévoir pour toutes les collectivités locales volontaires un Contrat unique d’insertion (CUI) de 5 h semaine ».

La convention fut gâchée par Martin Hirsch. Le créateur du RSA, ancien haut commissaire aux solidarités de Nicolas Sarkozy, expliqua que le RSA coûte moins cher que prévu, sans que le gouvernement ait baissé la taxation des revenus financiers des classes moyennes instaurée pour financer le dispositif, une manne qu'il estime à un milliard d'euros. L'explication provient d'une progression plus faible que prévue du nombre de bénéficiaires du « RSA-activité ». François Baroin, ministre du Budget, a récusé le chiffre. Laurent Wauquiez a dénoncé « l'aigreur » de son ancien collègue.

Le même jour, on apprenait que les oeuvres d'art resteraient exonérées d'ISF, et que le très médiatique Luc Ferry touchait 4.500 euros par mois sans enseigner...

Qui abuse ?

Assurer le spectacle
Le vrai show était ailleurs. Jeudi, le candidat Sarkozy faisait son deuxième déplacement de terrain, comme chaque semaine. Le thème était chaud, la sécheresse atteint des niveaux inégalés depuis un siècle, et la crise du faux concombre tueur a fait chuter les ventes de fruits et légumes. Le Monarque avait aussi bien choisi son lieu.

Après la Nièvre de François Mitterrand, mardi dernier, il était en Charente, dans la région de son ancienne rivale de la campagne de 2007. Ségolène Royal avait d'ailleurs choisi de venir. Les services élyséens, qui invitent pourtant régulièrement les président(e)s d'exécutifs locaux pour ce type de visite, avaient eu la goujaterie de ne pas l'inviter. Mais la présidente de région était là, pour accueillir Nicolas Sarkozy a sa sortie de limousine. Le Monarque lui donna la parole, quelques minutes, à la fin de son monologue sa table ronde. D'abord huée par une assistance choisie, comme souvent rassemblée dans un hangar aménagé pour l'habituel show télévisé, la candidate socialiste fut in fine chaudement applaudie. Devant elle, le candidat grimaçait de sourire, s'attachant à n'accorder aucune importance à sa présence.

Lui-même n'avait pas annoncé grand chose. Il avait répété quelques habituelles formules : « Votre souffrance, elle n'est ni de droite, ni de gauche », ou encore, « On va essayer de résoudre le problème ». Encore une fois, les agriculteurs pouvaient être déçus : « L'essentiel de ce qu'on va faire, c'est de vous donner des marges de manoeuvre de trésorerie et de décaler tous les remboursements d'un an ». Ils n'auraient donc aucune aide directe d'urgence, mais simplement des aides de trésorerie, sans les chiffrer, comme le report des échéances de remboursement des prêts contractés en 2009 ou l'accélération du versement des indemnisations d'assurance. « Ne retombons pas dans la mauvaise habitude de vous donner des allocations qui seront déclarées illégales dans quelques mois. »

A L'Assemblée, les députés UMP continuer de travailler à l'allègement de l'ISF.

Tout est une question d'habitude.

8 commentaires:

  1. "« Ceux qui nous quittent voudraient nous diviser, a-t-il commencé. Quand il y a des convictions, je comprends. Mais on ne quitte pas sa famille politique par amertume.»"

    ==> il doit parler de Besson. Voire de Kouchner et Boekel !

    Ceci dit, la sincérité de la démarche de Borloo apparait peu crédible ! Borloo est mis en orbite dans un rôle de ratisseur des voix de centre gauche, centre droit et centre écolo ! Dans la perspective d'un ralliement à Sarkozy au 2nd tour.

    Pour le crédibiliser dans son rôle, il convient de le présenter comme un renégat hostile à Sarkozy de sorte que les anti-Sarko puissent l'identifier comme un point de cristallisation de leur aversion pour l'UMPereur. Une mise en scène entamée avec le Borloo candidat 1er ministre déçu qui part en claquant la porte et finit, cohérence oblige, par se désaffilier de l'UMPire !

    Au passage, nous avons tous remarqué comme Borloo est plus glamour, plus people que les autres prétendants au leadership centriste devenu nécessaire depuis l'échec de la stratégie du parti unique lors des scrutins intermédiaires !

    Idem pour Hulot, labellisé Ushuaia, c'est-à-dire spectacle et émotion ! Le candidat qui débarque en politique sans avoir jamais défendu au préalable aucune des causes emblématiques de la mouvance au nom de laquelle il prétend aujourd'hui concourir !

    Candidat de racolage pour ... Borloo avec qui il se verrait bien faire équipe !! Et Borloo qui ferait bien équipoe avec Sarkozy. Lequel pour être réélu est prêt à lui donner un Premier Ministère fantoche dans lequel sa gouaille et sa bonhommie feront illusion pendant que l'UMPereur achèvera son oeuvre de démantèlement de la nation France. Etc ...

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  2. "« Ne retombons pas dans la mauvaise habitude de vous donner des allocations qui seront déclarées illégales dans quelques mois. »"

    ==> comprendre : désormais nous allons vous habituer à mourir guéris dignement et légalement !

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  3. Pendant ce temps, copé met en place le FBI de la recherche d'assistés au RSA. Il est toujours plus facile de s'en prendre aux plus démunis( jetés par les entreprises qui délocalisent pour des profits toujours plus gros) que de chercher l'argent détourné sur des paradis fisco ou servant les privilèges de tout ces gugus. Ils sont de plus en plus abjects.

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  4. Franchement, je ne sais pas si j'ai seulement encore envie d'attendre qu'on nous convoque pour 2012 ! Serais-je encore là ! Combien d'entre-nous ne seront tout simplement plus là.
    Voyez-vous pour ma part je désespère.
    Je survis à 50 ans grâce à la retraite de mon mari. Mais qu'il lui arrive quoique ce soit, ou plus simplement quand notre lave linge a lâché récemment. Nous payons 500 euros de loyer et pas de CMU, pas de mutuelle non plus. Je ne sais pas seulement si je retravaillerai un jour. Je sais que probablement je finirai dans la misère. J'ai des petits problèmes de santé actuellement et je dois choisir, manger ou me soigner. Pour autant ma volonté de changer les choses est intacte. En aurais-je seulement le temps et la possibilité. Pourquoi ne nous soulevons pas une bonne fois pour toute ? Ma vie ne vaut pas grand-chose mais je la donnerais volontiers afin de faire avancer les choses. Je préfère mourir debout que survivre à plat ventre dans ce pays devenu hostile et nauséabond. Si créer c'est résister et résister c'est créer ; qu'il me soit permit de tenir encore un peu...

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  5. "Quand il s'exprime il parle peu.... "

    Ben oui ce n'est pas au peuple français qu'il a des comptes à rendre....

    Paul Craig vient de le dire tres ouvertement dans une interview a "press tv":

    "On utilise les rançais en Libye.... et les anglais en Afghanistan.... ce sont des pantins..."

    "La France était indépendante jusqu'à ce que l'on porte Sarkozy au pouvoir...." (lire sur WWW nationspresse.info)sidérant... effrayant....

    Nous aurons beau nous égosiller de concert sur ce forum ou ailleurs... tant que cette prise de conscience ne peut être faite (silence complice de la presse) rien ne pourra se passer d'efficace...

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  6. Je lis journellement les commentaires de Juan, je les apprécie, je les approuve. Quel dommage qu'ils n'ont que peu d'échos dans le monde médiatique et dans l'opinion. C'est pour cela que je pense, les Français étant des veaux ou des moutons comme vous voulez, Sarko sera réélu en 2012.Il peut dire n'importe quoi, tout et son contraire, l'oligarchie journalistique le protège ainsi que les GRANDES puissance de l'argent. Nous allons vers une catastrophe et j'appelle de mes voeux une révolte, oui mais de qui???????????

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  7. Matignon remboursera les salaires de Luc Ferry.
    Les services du Premier ministre vont rembourser à l’université Paris-Diderot (Paris-VII) les salaires versés à Luc Ferry pour l’année 2010-2011, a indiqué vendredi soir Matignon.

    http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Matignon-remboursera-les-salaires-de-Luc-Ferry_6346-1829911-fils-tous_filDMA.Htm

    L’ancien ministre de l’Education nationale, explique le Canard Enchaîné, « est employé et payé (sauf quand il était ministre) comme professeur des universités à Paris 7, mais les ministres de l’Enseignement successifs l’ont dispensé d’assurer ses cours en raison des charges qui lui étaient confiées par ailleurs ». Le procédé serait donc légal mais, estime l’hebdomadaire, « un chouïa » complaisant.

    Sauf que cette « dispense a pris fin le 30 septembre 2010 », date à laquelle l’ancien ministre de l’Education nationale « a donc obligation de disserter pendant 192 heures par an » devant des étudiants.

    http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Luc-Ferry-seche-les-cours.-Convoque-chez-le-proviseur_6346-1824825-fils-tous_filDMA.Htm

    En clair :

    - Depuis le 30 septembre 2010, Luc Ferry devait donner 192 heures de cours à l'Université Paris 7.

    - Depuis le 30 septembre 2010, Luc Ferry n'a pas donné de cours, mais il a touché quand même 4500 euros par mois, payés par les contribuables.

    - L'Université Paris 7 va se faire rembourser tout cet argent, ... mais pas par Luc Ferry ! C'est Matignon qui va rembourser, c'est-à-dire les contribuables !

    - Les contribuables paient deux fois, alors que normalement c'est à Luc Ferry de rembourser !

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  8. sarko n'aura jamais la stature d'un président, il est rikiki et c'est pour cela qu'il gesticule sans arret même s'il sait que cela ne lui servira à rien; c'est trop tard pour lui

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