2 juillet 2011

217ème semaine de Sarkofrance : au secours ! DSK revient !

La semaine, cette 217ème depuis le 6 mai 2007, a failli être parfaite. Tout était prêt et préparé. Une conférence de presse lundi, un déplacement fraternel avec Fillon mardi, la nomination de Lagarde attendue pour le milieu de semaine. Il ne restait plus qu'à sauver la Grèce en fin de semaine. Les premiers moments de ce scenario si bien écrit dans les bureaux de l'Elysée ne furent pas à la hauteur. On railla la grossièreté de la manoeuvre, le ridicule de la visite d'un élevage de poulets.

Mercredi, la chance souriait enfin à Nicolas Sarkozy : Christine Lagarde intronisée la veille au soir au FMI, puis la libération des deux journalistes otages français d'Afghanistan furent deux excellentes nouvelles. Mais dès jeudi, la mauvaise séquence reprenait. Un malotrus l'agrippa lors d'un déplacement, et, clou du spectacle, l'affaire DSK prenait un tour inédit : l'ancien leader socialiste pourrait être rapidement blanchi.

Nuisances sarkozyennes
Cette semaine, Nicolas Sarkozy avait un objectif et un seul, effacer l'opposition de l'agenda médiatique. Dimanche, Jean-Louis Borloo tenait ses grandes Assises centristes. Il lançait sa confédération, malgré tous les efforts des soutiers de Sarkofrance et de leur patron pour décourager le rival de se lancer dans la course à la présidentielle. Mardi, le Parti socialiste ouvrait sa primaire, et, à 11h30, la première secrétaire Martine Aubry conviait la presse dans une ancienne gare lilloise réhabilitée en centre culturel pour annoncer sa candidature. Mercredi après-midi, enfin, le résultat du premier tour de la primaire écologiste donnait Eva Joly en tête, suivi de Nicolas Hulot.

Lundi, le Monarque avait donc organisé une conférence de presse sur le Grand Emprunt. Il n'y avait aucune espèce d'urgence à faire cela. Sur les 35 milliards d'euros investis, à peine onze ont été engagés, neuf autres le seront d'ici la fin de l'année. Quand à dresser le bilan de ces « investissements d'avenir »... il était évidemment bien trop tôt. Pendant plus d'une heure, Sarkozy discourra donc de ses pôles d'excellence, de ses avions d'excellence, de ses laboratoires d'excellence, etc... Les journalistes baillaient et guettaient la petite phrase

Mardi, Sarkozy s'afficha aux côtés de Fillon, dans la Sarthe, le fief de son premier ministre. Les deux nouveaux meilleurs alliés, après 4 années de cohabitation difficile, se montraient chaleureux face aux champs, attentionnés en visitant un élevage de poulets fermiers de Loué, heureux de déguster les produits du terroir entourés d'une centaine de journalistes pas dupes. Un peu plus tard, une grande salle polyvalente du village voisin avait été remplies de militants UMP amenés dès le matin. La table ronde, filmée mais peu commentée, devait traiter de la sécuroté alimentaire. La seule proposition concrète, et risible, que l'on retint émanait de François Fillon, qui voulait qu'on labellise les Rillettes du Mans.

Sauvé par l'actu
Pour une fois, l'actualité sauva Sarkozy in extrémis. En fin d'après midi, la nomination de Christine Lagarde à la tête du Fond Monétaire international était confirmée. La grande nouvelle ! Enfin, une femme était nommée à la tête d'une telle institution internationale ! Six semaines après l'arrestation de son prédécesseur Dominique Strauss-Kahn puis son inculpation pour viol et agression sexuelle contre une femme de chambre dans un Sofitel new-yorkais, la désignation de la Française Lagarde était un formidable contre-pied.

Le rôle réel de Sarkozy dans ce succès est finalement très mineur : on lui doit la nomination, puis le maintien de Lagarde à la tête du ministère des finances depuis 2007. Et on imagine qu'il a tout fait pour déplacer le jugement de la Cour de Justice de la République à juillet, dans le cadre de l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais. Mais pour le reste, la ministre avait peu de concurrents dans cette élection. Son adversaire, un Mexicain, se posait en porte-parole des pays pauvres ou émergents. De quoi effrayer les Etats-Unis. Et l'Europe a 36% des droits de vote.

En France, le bilan de Christine Lagarde est médiocre. Elle n'avait pas la main sur le Budget, soigneusement retiré dès 2007, de son périmètre par Nicolas Sarkozy. Ses prévisions de croissance furent systématiquement surévaluées, sauf en 2010 (nous sortions du désastre); sa chasse aux niches fiscales resta dérisoire. Les paradis fiscaux, contre lesquels Sarkozy l'avait mandaté de sévir au sortir de la crise, sont toujours là. Elle a défendu un paquet fiscal inefficace en 2007 qui, complété d'autres défiscalisations comme la baisse de la TVA sur la restauration, a largement grevé le déficit structurel du pays, comme l'a relevé la Cour des Comptes. On loua sa gestion de la crise bancaire, alors qu'elle ne fit que suivre, comme Sarkozy, les recommandations d'un Gordon Brown plus habile contre le « credit-crunch » qui menaçait d'asphyxie financière toute l'économie. Obéissante, elle a prêté aux banques, et à l'industrie automobile dès l'automne 2008, sans contre-partie sur la gestion (normal, ces entreprises payaient déjà des agios hors marchés), à tel point que deux ans plus tard, les inquiétudes demeurent sur les effets désastreux des délocalisations et de la spéculation. Elle a instruit l'arbitrage favorable à Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais, applaudit le pantouflage de François Pérol et d'autres pontes de Sarkofrance dans le privé.Bref, en 4 ans de mandat, Lagarde a couvert de son déconcertant sourire une obéissance inefficace, sans vision et parfois coupable.

Mercredi, la nouvelle de libération des deux otages français Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier réjouit l'Assemblée nationale et le pays tout entier. Jeudi, l'arrivée des deux Français sur le sol national, à l'aéroport, devait être discrète. Les médias s'arrachèrent quelques clichés pris au télé-objectif. On avança le talent de négociation d'Alain Juppé et de nos services secrets. Même l'écologiste Eva Joly loua ce formidable succès, tout en promettant de poser plus tard les questions qui fâchent. Le récent retrait (partiel) des troupes françaises et américaines d'Afghanistan a sans doute joué. A l'Elysée, on laisse Juppé et Fillon se pavaner dans les médias ou à l'Assemblée. Mais on dément toute rançon. On se souvient qu'en 2007, le Qatar avait payé la rançon demandée par Kadhafi pour libérer les infirmières bulgares. Les Talibans expliquèrent avoir procédé à un échange de prisonniers.


Mauvais DRH
Sarkozy pouvait donc jubiler. La couverture médiatique de cette semaine fut tout à son avantage, et, a minima, la déclaration de candidature de Martine Aubry fut bel et bien occultée.

Et pourtant. Il ne fallait chercher bien loin pour s'apercevoir que ce spectacle n'était que théâtre. Une fois de plus, le ver était dans le fruit, et le mal au coeur de l'exécutif sarkozyen. Le départ de Lagarde, d'abord, a déchiré quelques quadras ambitieux de se placer au plus haut pour assurer leur avenir.

Est-ce le « service de la France » qui conduisit l'ancien chiraquien François Baroin, actuel porte-parole et ministre chouchouté du Budget, de menacer Fillon de quitter le gouvernement s'il n'obtenait pas le strapontin de l'Economie ? Baroin pensait au prochain G20, et voulait lui aussi marcher sur le tapis rouge de Cannes, en novembre prochain, aux côtés des grands du G20.

Est-ce le « service de la France » qui propulsa Valérie Pécresse au Budget, et Laurent Wauquiez à l'Enseignement Supérieur ? Alors que la Cour des Comptes, la semaine dernière, dénonçait un budget à la dérive et un endettement public qui s'emballe, voici qu'on place une novice à la tête du Budget. Alors que la zone euro menace de sombrer à la faveur des tourments grecs, voici qu'on change de ministre des affaires européennes...

Est-ce pour le « service de la France » que Nicolas Sarkozy débaucha 3 centristes, quelques jours après le lancement de l'Alliance centriste de Borloo ? Quelle urgence nationale y-avait-il à créer un secrétariat d'Etat aux Français de l'Etranger et de le confier à David Douillet ? Dans 10 mois, quelques 4 millions d'expatriés pourront enfin élire leurs députés. Il fallait une star au coeur du gouvernement Sarkozy pour choyer ce nouvel électorat.

Piètre président
Plutôt que de parler poulet ou grand emprunt, Sarkozy aurait pu s'inquiéter de l'envolée du chômage. La nouvelle a rapidement disparu des radars médiatiques. A fin mai, le nombre de sans-emploi a bondi de 0,7%. Et l'augmentation général du chômage atteint 151.000 personnes sur 12 mois, la plus forte hausse depuis ... octobre 209. Quelle reprise !

Ce vendredi 1er juillet, la réforme des retraites entre en vigueur. Quelques milliers de Français comprennent qu'ils doivent encore attendre 4 mois de plus pour partir à la retraite. Et s'ils sont en fin de droits au chômage, ils  découvrent qu'ils n'ont plus droit à l'Allocation équivalent retraite, cette pré-retraite qui permettait de faire la soudure jusqu'à la retraite. C'est normal... Sarkozy l'a supprimée en 2009. Allez donc quémander votre ASS à 450 euros par mois. A moins, que vous ne soyez invalides à 20% après 17 années d'exposition à un risque professionnel...

Mercredi, la France a discrètement reconnu avoir livré des armes aux rebelles libyens. C'est toujours plus glorieux que d'équiper la police de Ben Ali en grenades lacrymogènes quelques jours avant la chute du dictateur tunisien en janvier dernier. Mais cette fois-ci, l'Union africaine, qui soutenait pourtant l'offensive onusienne depuis le 19 mars dernier, a condamné la France.

Un malheur, en Sarkofrance, n'arrivant jamais seul, Nicolas Sarkozy subit un sale jeudi. A Brax, petit village de 2.400 habitants qu'il avait fait au préalable bouclé et sécurisé, le Monarque fut « agrippé » par un spectateur. Tandis que certains médias admiraient la rapidité de la neutralisation de l'agresseur, d'autres observateurs notèrent que finalement la foule compacte filmée au plus près du passage du Monarque n'était en fait qu'une maigre rangée de badauds...

Dans une autre affaire, l'enquête sur l'attentat de Karachi, on apprenait que les deux juges instructeurs avaient trouvé la trace de 23 millions de francs en espèces douteuses dans le financement de la campagne de l'ancien mentor de Nicolas Sarkozy, Edouard Balladur, en 1995. 23 millions, et non pas 10 comme on le croyait initialement.

Enterré par l'actu
Le vrai choc fut pour vendredi. Notre Monarque s'apprêtait à partir pour Monaco, assister ce weekend au mariage princier. Il n'avait pas encore lu l'article du New-York Times, publié dans la nuit. Selon les journalistes du quotidien, les enquêteurs du procureur qui mène l'accusation contre Dominique Strauss-Kahn ont découvert que la prétendue victime n'est pas celle qu'elle disait être; elle a menti sur son passé, elle a reçu 100.000 inexplicables dollars l'année dernière. Juste après l'agression présumée de DSK, elle nettoyait une autre chambre. Et quelques heures plus tard, le jour même de ses rapports sexuels, prouvés par examens ADN, elle demandait à un proche emprisonné pour trafic de drogue comment ou si elle pouvait tirer quelque bénéfice financier de cette affaire.

Vers 17 heures, un juge new-yorkais libérait DSK sur parole. L'accusation de viol est maintenue. Mais qui croire ? A Paris, les ténors socialistes, surtout les strauss-kahniens, confiaient leur joie, ou leur espoir. On supputait déjà sur son éventuel retour, son éventuelle candidature. François Hollande, nouveau leader des sondages, était prêt à décaler la clôture  des inscriptions aux primaires socialistes.

A l'Elysée, on imaginait Nicolas Sarkozy abasourdi, comme d'autres, par ce coup de théâtre.

On pouvait enfin, comme Julien Dray, s'interroger. La direction du Sofitel local s'est-elle emballée toute seule ? Pourquoi certains policiers new-yorkais ont-ils fuité aussi vite des informations finalement démenties par l'enquête ? Pourquoi les médias français se sont-ils emballés ?

A Paris, Nicolas Sarkozy avait disparu des radars médiatiques et perdu un bel avantage.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

15 commentaires:

  1. Je vous laisse sur le bord du chemin parce que je suis plus écoeurée par D$K que sarkosi, lorsque la nausée vous prend, elle ne vous quitte plus...

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  2. Dans ce monde ou tous les coups sont permit et même recommandés (les plus fous étant les plus applaudis et les plus médiatisés) l'écoeurement total dès les premières lignes lues de tous les journaux (toute idéologie confondue) ne nous augure rien de bon quand au bon déroulement des futures élections de 2012.
    La France n'est plus concernée pour son avenir ou ses projets, seul comptent la petitesse de l'esprit et les bassesses de tous ces sur-dimensionnés de légo. DRAMATIQUE, NAUSÉABONDE.

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  3. J'avais remarqué aussi la maigre rangée de supporters. Si ça continue, on va l'appeler Sarko-la-poisse

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  4. S'il est vrai que je n'aurais jamais voté DSK avant cette histoire. Encore moins maintenant. Cependant, j'aurais aimé être une petit souris pour voir la tronche de Notre tout petit Président. Il va nous refaire un malaise vagal ! Nous avons manqué de courage et nous aurions dû démettre le Nabot et sa clique ! Trop tard ? Pas sûr.

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  5. Je commence serieusement à en avoir marre de ce PS. Comme le premier commentaire, je crois que je vais laisser ce parti sur le bord de chemin car la nausé me prend de nouveau et elle n'est pas pret de me quitter tant que Ségolène ne se présentera pas hors de ce parti. Il y a un moment il faut savoir prendre les bonnes décision si on travaille vraiment pour le peuple français.
    Marre et bye le PS !!!

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  6. Très bon billet Juan ! En effet, Lagarde est inexistante ou presque. En effet, son ministère n'a pas été à la hauteur. Et ce, malgré tous les éloges sur sa soi disant "compétence". Il ne faut pas oublier qu'elle est quand même la triste "inventeur(se)" de la très fameuse "croissance négative" (Sic)... Enfin et pour couronner le tout, DSK qui se retrouve libéré sur parole. On est en droit de se poser maintenant la question qui tue : "Ou est la légitimité de C. Lagarde ????" A mon avis, nul part ! Elle n'a jamais été, n'est pas et ne sera jamais à la hauteur de la tâche. Et en plus, maintenant, on peut lui retirer toute légitimité dans les actions qu'elle pourrait mener. Car enfin, DSK n'est plus au FMI parce qu'il a été contraint de démissionner par son actualité et son incurable besoin de (je me risque dans un commentaire tout personnel) "tremper sa nouille n'importe où". Car compétent, lui, il l'est. Et largement plus que Lagarde ne le sera jamais ou même ne pourra jamais rêver l'être.

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  7. Au fait... J'avais oublié la plus grande nouvelle de la journée si l'on en croit les "médias". Hier soir, DSK et Anne ont dîné à la petite échelle (resto italien de NY) Ils ont mangé et bu du vin rouge... Franchement, la presse n'a vraiment rien d'autre à foutre que ça. Entre le mariage du patron du rocher et ces pseudo infos uniquement publiées pour "boucher les trous"... On est quand même sacrément mal barrés. Comme Coluche le disait : "quand le mec n'a rien à dire d'autre que ça, il n'a qu'à fermer sa gueule"... Un exemple que nos journaleux pourraient (devraient) peut-être suivre.

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  8. je ne vois pas l'oportunité de reporter la date de clôture du dépôt des candidatures comme le suggere FH ou SG ,bien au contraire !!! Garder la date du 13 juillet maintiendrait une " préssion " sur Cyrus Vance et Raymond Kelly, pour sûr au courant des contraintes du calendrier des primaires en France; se décident, les nouvelles révélations aidant, a relacher DSK avant la fin de la semaine prochaine pour ne pas etre accusés d'avoir empécher ce candidat potentiel à le faire .

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  9. Maintenir la date du 13 juillet n'aura, à mon avis, aucun effet sur la décision de Cyrus Vance. Il peut tout à fait se décider à abandonner les charges retenues contre DSK avant mais également attendre le 18 juillet (comme initialement prévu) pour ce faire. Seules deux choses peuvent peut-être accélérer le processus :
    - Le lien familial (relativement éloigné) qu'il a avec sarkozy
    - Le fait que (et c'est sans doute ça le plus important) son mandat arrive à expiration en 2013.

    En effet, aux Etats Unis, les procureurs ne sont pas, contrairement à la France, nommés par l'exécutif, même si il existe un lien entre eux et le procureur général qui, lui, est nommé par le Président sur consentement du Sénat et révocable. Aux niveau des états, les procureurs (district attorneys) sont élus.

    Apparemment, il existe trois possibilités pour C. Vance :

    - Il abandonne les poursuites. Dans ce cas, il devra probablement rendre des comptes à l'Etat de NY ne serait-ce que pour les frais qui auront été engagés et que DSK n'aura pas à payé étant donné qu'il sera blanchi et acquitté. Même si le procureur n'est pas obligé de motiver sa décision, l'Etat de NY peut lui demander de le faire pour cette raison.
    - Il suspend les poursuites. La suspension est alors valable 1 an. Elle est prononcée en accord avec DSK et doit être homologuée par le juge.
    - Il maintient les poursuites (rappel : les chefs d'accusation n'ont pas été abandonnés) et dans ce cas, les audiences suivront leur cours.

    A toutes ces considérations, il faut quand même ajouter que les avocats de DSK sont de véritables bêtes dans leur domaine et qu'il y a fort à parier qu'ils sont en train de négocier avec le proc' pour un abandon total des poursuites. De plus, le fait d'avoir menti, met la présumée victime dans une position très périlleuse. Elle se retrouve en état de parjure potentiel vis à vis de la loi et risque très gros. Enfin, le fait même d'avoir menti et d'avoir des contacts avec des truands la mettra systématiquement en situation de ne pas être crue dans tout ce qu'elle dira (suspicion de mensonge). Ce que les avocats de DSK ne manqueront pas d'utiliser pour assurer la défense de leur client. Sans parler des rapport de privés envoyés aux quatre coins de l'Afrique pour trouver de quoi démolir l'accusation.

    Franchement, je n'aimerais pas être dans la peau de C. Vance en ce moment. Il a deux choix :

    - Risquer de perdre sa place en maintenant les poursuites avec la possibilité de perdre son procès.
    - Risquer de perdre sa place en revenant en arrière et en abandonnant les poursuites. Ce qui constituerait, aux yeux des américains, un aveu d'incompétence.

    Dur, dur ! non ?

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  10. @Iceman : merci pour ces détails. Je pense que DSK est cramé de toute façon pour la présidentielle. Et je comprends la lassitude des anonymes de 8h34 @ 20h03 : mais que faire d'autres ?

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  11. En ce qui concerne la présumée agression de DSK,il est tout de même troublant d'observer aujourd'hui, l'enchaînement de nombreux évènements depuis son arrestation. Ce qui ne remet pas en cause l'agression sexuelle. Tout d'abord la subite mise sur orbite de la fusée Lagarde au FMI, alors que son nom n'avait jamais été cité avant l'arrestation de DSK; la démission "obligée"(?)de DSK au FMI 2 jours après son arrestation; la démission toute récente de la magistrate qui dirigeait le service new-yorkais des enquêtes criminelles à caractère sexuel depuis une dizaine d'années; l'opération "com" du procureur Cyrus Vance qui a carrément lynché publiquement la présumée victime; la troublante révélation de CNN qi affirme que la n° 3 du Bureau du procureur n'est ni plus ni moins l'épouse d'un des avocats de DSK (comment Cyrus Vance a-t-il pu faire ce genre d'impasse ??); enfin une conversation traduite du Peûl, qui aurait eu lieu entre la victime présumée et un prisonnier en attente de procès le lendemain de la mise sous protection rapprochée de Nafissatou et de sa fille, lesquels arguments ne concernent pas vraiment l'objet de l'agression reprochée à DSK et qui s'étaleraient dans les deux années précédentes....Enfin, elle aurait "menti" car elle aurait nettoyé une chambre après l'agression qu'elle prête à DSK . La belle affaire ! Mais...rien sur les rapports médicaux et analyses scientifiques. Pudeur oblige ? Ca me fait penser très précisément aux turbulentes explications des autorités américaines après la soi-disant attaque du Pentagone par un avion civil. Sauf que dans cette affaire, la scène de théâtre se trouve des deux côtés de l'océan. Vous avez dit justice ??

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  12. @ JUAN

    Je ne serais pas aussi affirmative ou optimiste que vous en ce qui concerne le futur politique de DSK. Cet homme, qui n'est pas précisément ma tasse de thé, est redoutablement intelligent. Lui et son épouse possèdent un carnet d'adresses bien fourni côté gens influents. A ce sujet, je le pense beaucoup plus fin et subtil que le "Monarque". Le fric gère tout sur la planète et détermine par définition la tournure et l'aboutissement de bien des évènements, quand bien même le parcours peut se révéler parfois accidenté.

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  13. Juan a dit… "@Iceman : merci pour ces détails. Je pense que DSK est cramé de toute façon pour la présidentielle. Et je comprends la lassitude des anonymes de 8h34 @ 20h03 : mais que faire d'autres ?"
    Il n'y a pas de quoi Juan. Ce "fait divers" me passionne quelque peu car, comme d'habitude dans ce genre d'affaire, c'est le combat de David contre Goliath. Dès le début, les avocats de DSK ont lancé une véritable meute de chiens affamés sur les traces de Nafissatou Diallo. Ils disposent par ailleurs de moyens financiers et logistiques quasiment illimités et ont certainement déjà parcouru la planète à la recherche du plus petit élément qui pourrait mettre à mal l'accusation. Par ailleurs, on apprend ce soir que le NY Post (célèbre tabloïd américain) aurait appris que Nafissatou Diallo est en fait une prostituée occasionnelle. Si tel est le cas, on est devant une véritable affaire de complot. Mais ne relançons pas trop vite la thèse, un peu simpliste, du coup monté. Si N.D. est vraiment une prostituée, je pense qu'elle a voulu tirer parti d'une "bonne occasion" mais qu'elle s'est cassé les dents. Point.
    En ce qui concerne la question que tu poses à la fin de ton commentaire. Franchement, je ne sais pas quoi faire d'autre. Attendre, peut-être ? Ne pas se laisser embarquer dans des considérations fumeuses qui n'aboutiront qu'à une seule certitude : aujourd'hui, personne de sensé ne peut dire pour qui il va voter en 2012. On ne sait même pas encore qui sera vraiment candidat. A part peut-être Méluche. Mais lui, il est allumé. Une sorte de Trotsky des temps modernes. Par contre, ce qu'on peut dire c'est que si DSK est acquitté. Ce qui, à mon avis, ne fait plus aucun doute, il y a fort à parier que lui et Anne Sainclair vont s'arranger pour faire passer le bonhomme pour un pauvre martyr qui a subit l'attaque la plus basse de toute l'histoire de la politique française. Et pour le coup, il y a un gros risque de le voir à nouveau grimper dans les sondages. Mais comme on dit souvent... Wait and See.

    Ah oui, une précision : Je n'aime pas. Mais pas du tout DSK. Il me fait penser au milliardaire rouge Jean-Baptiste Doumeng qui, tout en étant communiste, ne se privait pas d'ammasser des fortunes sur le dos de ses employés en commerçant avec les pays du bloc de l'est pendant la guerre froide.

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  14. Bonsoir,

    Comme d'habitude Juan, vos billets sont excellents.
    Pour nourrir le débat:
    -"le Monarque" depuis son passage Place Beauvau a noué de solides amitiés avec le patron de la police new-yorkaise.

    -Selon l'expansion ( http://www.lexpress.fr/actualite/politique/affaire-dsk-accor-aurait-prevenu-l-elysee_1008858.html) Accor aurait prévenu l’Élysée.

    -C. Lagarde (à part son sourire, que garde-t-elle ?) est nommée au FMI.Cela devrait lui permettre de redarder l'échéance du scandale de l'arbitrage dans l'affaire Tapie
    Je ne crois pas aux coïncidences et ce encore moins en politique.3 faits comme cela me font revenir en mémoire une (la ?) réplique mythique des Tontons Flingueurs:
    " Un con ça ose tout. C'est à ça qu'on les reconnaît"


    Né libre j'entends vivre librement

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  15. Cela a été démenti : N.Diallo n'a pas fait le ménage dans une autre chambre, les cartes magnétiques l'ont confirmé.

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