15 juillet 2011

Sarkozy : la fête gâchée du 14 juillet

La fête a été doublement gâchée. De retour d'Afghanistan, Nicolas Sarkozy voulait continuer sa séquence militaire jusqu'à la visite de l'hôpital militaire de Percy puis le défilé de nos forces armées le 14 juillet. A déjeuner, il avait renoncé à sa garden party (comme l'an dernier), pour réserver son déjeuner à quelques militaires. Cette semaine, on vous l'a dit, on nous l'a dit, Sarkozy endossait le treillis !

Mais mercredi 13 juillet, on apprenait la triste nouvelle. Cinq soldats français et un civil afghan étaient tués dans un attentat suicide en KapisaJeudi, nouvelle épreuve, un autre soldat français était tué dans la même région. Notre Monarque venait pourtant d'annoncer le retrait des forces françaises d'ici 2014. Rapidement mercredi, un officier avait expliqué qu'il était « possible sinon probable » que les auteurs de l'attentat ne soient pas Afghans. Il faut maintenir, coûte que coûte, le story-telling officiel d'un combat pour la liberté.

« Pourquoi sommes nous là-bas ? » s'étonnait enfin le commentateur Jean-Claude Narcy, sur TF1, vers 9h50 jeudi matin ? « Nous sommes là bas pour remplir une mission (...). Il s'agit d'aider le peuple afghan à vivre libre », répondit un amiral. Personne ne fera donc le bilan, désastreux, de l'intervention française en Afghanistan depuis 2007.

Par souci d'affichage et de communication, Sarkozy annonça, en marge de sa visite, qu'il convoquait un conseil de sécurité dès midi ce 14 juillet : « Je réunirai à midi aujourd'hui un conseil de sécurité avec le Premier ministre, le ministre de la Défense, le chef d'état-major des armées pour que nous organisions les nouvelles conditions de sécurité de travail de nos soldats dans la période de transition qui s'ouvre entre aujourd'hui et le départ des forces françaises d'Afghanistan. Il y a donc un nouveau contexte et, face à ce nouveau contexte, il faut de nouvelles mesures de sécurité ».

Ces 6 morts français en 24 heures sont une sale nouvelle. 

Autre grave déception, la Libye. Dans son rêve, Nicolas Sarkozy espérait voir défiler sur les Champs Elysées les troupes d'une Libye libérée. Il avait même promis, sans donner de date, qu'il se rendrait à Benghazi. Mais, quatre mois presque jour pour jour après le déclenchement des opérations libyennes, la situation sur place était toujours bel et bien enlisée. La réalité tribale, la résistance du clan Kadhafi, les hésitations occidentales ont figé le terrain. Des contacts directs ont bien eu lieu, ces derniers jours, avec des représentants du dictateur libyen. Béchir Salah Béchir, chef de cabinet de Kadhafi, est ainsi venu rencontrer son ami Claude Guéant, Alain Juppé et même Nicolas Sarkozy.

Mais, selon le Monde, ce dernier entretien s'est très mal passé, Sarkozy réclamant, intransigeant, le départ pur et simple du dictateur. En bas des Champs Elysées, à l'issue de sa revue des troupes, Sarkozy eut la poignée de mains rapide pour Gérard Longuet, son ministre de la Défense. Ce dernier s'était fait sévèrement rabroué quelques jours auparavant. Il avait confié, publiquement : « Kadhafi peut rester, dans une autre pièce de son palais, avec un autre titre

Par défaut, le Monarque avait décidé d'honorer l'Outre-Mer, et « les forces déployées dans nos départements et collectivités d'outre-mer ainsi que l'apport de ces territoires aux traditions militaires françaises ». L'actualité ajouta un triste hommage aux forces engagées dans les opérations extérieures (Côte d'Ivoire, libye, Afghanistan).


Dans sa traditionnelle livraison de médailles du 14 juillet, la liste des honorés d'une Légion d'honneur ne lassait pas de surprendre. On sent l'élection proche. Il y a bien toujours quelques patrons proches, mais aussi nombre de personnalités de la culture. Attention ! Le nouveau Sarkozy est c-u-l-t-i-v-é !


Fallait-il être fier de ce 14 juillet ?

Ce jour-là, Nicolas Sarkozy eut quelques mots, en direct des Champs Elysées, debout sur l'asphalte à l'issue du défilé. Jean-Claude Narcy (TF1), habitué des mariages princiers et Marie Drucker (France 2), ancienne compagne du ministre Baroin, étaient là pour poser quelques questions. Narcy fut le plus hargneux : pourquoi n'est-on pas parti plus tôt ? Ou encore : en Libye, c'est pas l'impasse ?. Sarkozy conserva son calme. Quand Marie Drucker demanda ce qu'il pensait de la Syrie...
Sarkozy : « En Syrie, l'attitude de M. Bachar El -Assad est inadmissible (...).»
Drucker : « Vous le regrettez ?»
Sarkozy : « Non...»
Le Monarque expliqua ensuite qu'aucun dictateur n'était à l'abri du tribunal pénal international. En France, le gouvernement Sarkozy fait tout, vraiment tout, pour que les poursuites contre quelques autocrates africains n'aillent pas jusqu'au bout.

En juillet 2008, un autre 14 de célébration nationale, le même Sarkozy avait invité tout ce que la Méditerranée comptait de dictateurs sanglants. Deux ont depuis été renversés. Un autre est toujours là.

8 commentaires:

  1. Le 14 juillet
    Qu’est-ce que c’est ?
    La curiosité est un vilain défaut colonel !
    Mais vous tombez bien parce que j’ai horreur des secrets de polichinelles
    C’est un engin…redoutable… Avec un bouton tout rouge au beau milieu du visage …
    Redoutable... ah ! Ah ! Et regrettable aussi !
    Puisqu’il s’agit du bouton pour actionner la bombe atomique…
    C’est mon mari qui me l’a offert pour m’attester deux choses :
    Sa toute puissance et sa toute confiance.
    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/07/le-14-juillet/

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  2. En 2008 il recevait les dictateurs en grandes pompes, trois ans plus tard la marche du monde lui donne tort sur toute la ligne à l'instar de toutes les mesures prises par Sarko : bouclier fiscal, politique sécuritaire, suppression du samedi scolaire...

    Ce mec est un minable en ce qui concerne la vision politique du bien commun, toute son énergie est mise au service de son égo et a écraser la concurrence. Sa politique tient plus du comptoir du premier café venu, il n'en finit plus de décliner son mythe américain fané et délavé d'un Kennedy et de sa Jacky, à l'instar de ceux qui vont en pèlerinage sur la tombe d'Elvis.

    Pathétique pantin des puissants, vitrine de la politique spectacle, comme les Aubry, Hollande, Borloo,Le Pen ..., il me donne envie de vomir et surtout ruine mon moral quand je pense à demain

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  3. @ anonyme de 9h30
    Tout à fait d'accord avec vous,il n'est pas le seul à faire (vomir)et miner notre moral!!!
    Qui peut aujourd'hui faire face aux spéculateurs sans scrupule que la dérégulation des marchés financiers a mis en place par le truchement de la city-banque????? Ce gaver ils savent, redistribuer, faut pas leur en parler. Qu'ils soient de droite comme de gauche. Pas fichu de s'accorder pour trouver des solutions face à cette crise, mais tous d'accord pour faire la gué-guerre et jouer les petits soldats.
    Triste et désolant.

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  4. Aux deux anonymes qui me précèdent, mes féliciations. Et c'est un bien triste avenir que ces incapables de tous bords - tous prétentieux - nous préparent.

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  5. "Il faut maintenir, coûte que coûte, le story-telling officiel d'un combat pour la liberté." est la meilleure définition de votre blog.

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  6. Le story-telling de Sarko commence sérieusement à prendre l'eau de toute part. Qui croit un seul instant à la crédibilité de Sarko? Ses potes et tout le personnel qui lui doit sa carrière politique certainement.

    Le désir de la grande majorité des français, c'est qu'il foute le camp, il a fait beaucoup de mal aux français et à la France. Ceci dit, seul, il n'aurait pas pu faire toutes les conneries qu'il a faites, son parti U M P au garde à vous, est grandement responsable. Les députés U M P ont-ils vraiment conscience que les français les détestent autant que Sarko?

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  7. le rêve brisé de notre président de faire défiler des Libyens sur les Champs!!! ils ne marchent pas assez vite sur Tripoli...du travail d'arabe!!!

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  8. Attention - le fait de ne pas avoir sur la liste des candidats pour la présidentielle 2012 le chevalier blanc sur son cheval ailé - ou bien la fée immaculée avec sa baguette magique -ne justifiera jamais une quelconque abstention

    Nous devons tous aller voter pour la candidature la moins nuisible (SI, CA EXISTE) car le moment est très grave

    Voter BLANC sera une décision stupide, tant que ces votes blancs ne seront pas officiellement reconnus et comptabilisés comme une valeur de refus de tous les candidats, problème auquel les responsables politiques devront faire face quand les électeurs ainsi L'EXIGERONS

    A QUAND LES ELECTIONS OUVERTES A TOUS LES CITOYENS ? CES CANDIDATS PROFESSIONNELS DE LA POLITIQUE DEVIENNENT DE PLUS EN PLUS CUPIDES ET DEVERGONDES !!!
    LA CLIQUE ACTUELLE EST UNE HONTE

    Chercher Etienne CHOUARD pour + d'info
    VRAIMENT INTERESSANT COMME REFLEXION

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