11 août 2011

Les agences de notations ont fait revenir Sarkozy de vacances.

Il est rentré. Mercredi 10 août 2011, Nicolas Sarkozy a interrompu ses vacances pour une « réunion de crise » à l'Elysée. Son absence estivale finissait par faire tâche. Et la journée a été agitée par la rumeur d'une dégradation de la note de la France. Une rumeur ravivée par ... cette réunion surprise à l'Elysée.
Depuis dix jours, la planète boursière s'est emballée. Du Cap Nègre, Nicolas Sarkozy avait tenté de faire croire, 10 longs jours durant, qu'il était sur le front, entre deux ballades en vélo. L'absence quasi-générale des dirigeants européens de leur lieu de travail, à l'exception remarquée et remarquable de Silvio Berlusconi et José-Luis Zapatero, avait fini par surprendre, choquer et inquiéter. Lundi, l'intervention télévisée de Barack Obama n'avait pas calmé la fébrilité de Wallstreet, qui chuta à nouveau.

On se souvient que l'an dernier déjà, à peu près à la même période, Nicolas Sarkozy avait du organiser une réunion de crise le 20 août au Fort de Brégançon. Le 17 août précédent, l'agence Moody's, avait menacé de dégrader la note des emprunts français. 

Cette fois-ci, il a poussé le trajet jusqu'à Paris. La raison était la même : la crise est grave. Une folle rumeur s'est propagée dans les places: la France à son tour risquait la dégradation. L'organisation imprévue de cette réunion, après 10 jours d'absence, a ravivé les inquiétudes des marchés. Sarkozy, gaffeur ? Et oui ! Le Figaro, désolé, commentait : « Mais la réunion surprise convoquée par Nicolas Sarkozy qui a interrompu ses vacances pour aborder avec plusieurs ministres le thème de la crise économique et financières a ravivé les inquiétudes des investisseurs ».

Cette information était pourtant fausse. Un représentant de Standard & Poors l'a démenti dans la journée, assurant que, comparé aux Etats-Unis, « le gouvernement français fait preuve de davantage de sérieux dans le règlement des questions budgétaires.» Ouf ! On est rassuré ! En fait, il est évident que la France, monarchie républicaine où tous les pouvoirs sont actuellement  concentrés dans les mains du président élu, n'a aucun prétexte institutionnel pour ne pas réduire son déficit. Aux Etats-Unis, le gouvernement du pays se partage entre Parlement et Président.

Les ministres Alain Juppé, François Baroin, Valérie Pécresse, et Jean Léonetti, ainsi que le gouverneur de la Banque de France étaient présents à l'Elysée. Les photographes également, pour immortaliser la séquence. Il fallait que le Français en vacances comprenne que son président bosse dur. La réunion dura « plus de deux heures en milieu de journée ».

Au final, pour annoncer quoi ? L'Elysée a publié un long communiqué: satisfecit accordésà la BCE et à la FED pour avoir réussi à « réduire les tensions sur les marchés financiers ». On ne sait pas bien à quoi Sarkozy faisait allusion. Malgré un timide rebond mardi, les places boursières européennes et américaines ont à nouveau gravement chuté mercredi. Ensuite, Sarkozy a rappelé son total soutien aux plans de rigueur espagnol et italien, qui « ont été efficaces pour réduire de manière significative les taux d'intérêts sur la dette de ces deux pays. »

Mais le point majeur était l'autosatisfaction prévisible, jusqu'à rappeler... la réforme des retraites de 2010: « Le président de la République a souligné que les évolutions actuelles valident la stratégie économique conduite par le gouvernement. Ainsi, la réforme des retraites adoptée en 2010 a permis de renforcer de manière durable la soutenabilité à long terme de nos finances publiques et conforte le crédit de la France.  » Nicolas Sarkozy semblait répondre aux critiques franco-françaises. Il a aussi promis un nouveau plan de rigueur pour le 24 août, qu'il a demandé à ses deux ministres de l'économie et du budget.

A l'issue de ce meeting, on a donc pu voir Valérie Pécresse, bronzée, et François Baroin, moins bronzé, expliqué aux caméras de télévision que la réponse européenne était la bonne. La ministre du budget devait être contente. Le Figaro venait de publier une tribune de son papa vantant la fameuse « règle d'or » d'équilibre budgétaire... sans préciser le lien de parenté de l'auteur avec sa fille.

Les deux ministres rivaux ont 14 jours pour proposer un nouveau plan anti-déficit. Pécresse a promis de nouvelles coupes dans les niches fiscales. Elle a aussi bien répété l'argumentaire sarkozyen concocté à l'Elysée, en rappelant la subtile différence entre suppression de niches et augmentation des impôts : « Nous supprimerons des niches fiscales (...) parce que nous n'augmenterons pas les impôts. (...) Les niches sont des exonérations d'impôts parfois justifiées et parfois très peu efficaces. (...) Nous avons déjà pris l'engagement de supprimer 3 milliards d'euros de niches fiscales pour 2012 (...), peut-être faudra-t-il faire un effort supplémentaire.»

En août 2010, Nicolas Sarkozy nous avait déjà fait le coup: le communiqué officiel de l'époque nous promettait aucune augmentation d'impôt (« Ni l'impôt sur le revenu, ni la TVA, ni l'impôt sur les sociétés ne seront augmentés ») mais un « coup de rabot » sur les niches fiscales et sociales, à hauteur de 10 milliards d'euros.

Enfin, sans surprise, Nicolas Sarkozy a « souligné l'enjeu essentiel que constitue l'inscription de cet effort de redressement dans une règle constitutionnelle d'équilibre des finances publiques », la fameuse règle d'or, et il a « rappelé à la responsabilité de chacun, au-delà des clivages partisans, pour que l'engagement d'équilibre des finances publiques constitue une priorité partagée par tous ». L'homme n'avait visiblement rien retenu des semaines de débats et propositions de l'opposition sur la réduction des déficits. 

Finalement, Sarkozy comptait « faire une tournée des grands de ce monde, pour montrer combien la crise est mondiale ». L'élément de langage est rapporté par Arnaud Leparmentier du Monde. Qui pouvait croire que la crise n'était pas mondiale ? Le planning de ces grandes rencontres est calé, et tardif : le dictateur chinois Hu Jintao fin août (quand Sarkozy visitera la Nouvelle Calédonie, premier déplacement électoral dans la région), et Barack Obama fin septembre, en marge d'une assemblée de l'ONU.

Dès l'après-midi, Nicolas Sarkozy repartait au Cap Nègre, retrouver son épouse Carla et ses ballades en vélo. L'exercice de communication était terminé.

Pour le moment.

Qui nous prend pour des cons ?





14 commentaires:

  1. Plus d'A Plus !

    Il n'y a plus d'A plus !
    Plus rien dans les caisses
    la température monte, et la vue baisse
    Alors ? je saute ou je ne saute pas ?
    si je réfléchis, je ne saute pas...
    si je ne saute pas, je cède le pas !
    et la roue continue de tourner...

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/08/plus-da-plus/

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  2. Il semblerait qu'on atteigne le bout de la logique des choix de communication élyséens, du "storytelling" des débuts aux fameux "éléments de langage".
    Un sondage cité par Le Monde indique les français feraient davantage confiance à A. Merkel qu'à N. Sarkozy pour résoudre la crise. Voilà qui n'est guère flatteur pour le Chef de l'Etat qui s'apprête une fois encore à faire le mariole devant les grands de ce monde pour "montrer à combien la crise est mondiale".
    Plus tard lorsqu'il faudra annoncer des choses qui fâchent (ces hausses d'impôts qu'il se refuse encore à envisager) il sera plus à l'aise pour dire qu'il doit affronter la pire crise depuis 1929 et non son incurie.
    Pendant ce temps il balade à vélo dans le sud et Carla gravide susurre des ballades au futur moutard.

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  3. Personnellement, je suis ulcérée par ce type et tout ses satellites baveux. Les merdias n'arrêtent pas de nous seriner : Untel à écouter ses vacances ; Ben excusez-nous mais nous, le petit peuple, on c'est même plus quel goût ça a des vacances. (mes dernières vrais vacances dates de 1992 !). Et puis, le Kicsi, il vient, il repart se dorer sa petite pilule et entre-temps c'est le bordel. Mais, combien coûte son bourbier en Lybie ! Combien coûte le Sénat qui ne nous sert à rien... A il faut faire des réductions de dépenses, ben il a qu'à commencer par prendre le train, et puis commençons par son train de vie, tout simplement... Je hais cet homme et il n'aura jamais mon vote ; plutôt crever. JBL

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  4. Faut reconnaître que le niard a un sacré culot. La règle d'or, magnifique, mais QUI a explosé le budget de la France? alors rien que pour emmerder le PS qui pourrait gagner en 2012, il faut ABSOLUMENT la règle d'or pour 2013, et pourquoi pas MAINTENANT? Comme JBL, je le hais tout autant. Je ne le supporte plus, je ferme la radio quand il crache sa logorrhée.abc

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  5. Supprimer une partie des "aides" fiscales (je conchie le mot "niches") , c'est augmenter les impôts ! Comme les taxes indirectes font baisser le pouvoir d'achat !

    Le gouvernement nous prend pour des imbéciles sans cervelle , qu'il se méfie !

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  6. J'ai bien peur que s'il annonce des réductions de niches fiscales autres que celles touchant les plus riches la situation devienne en France comme en Angleterre ... Les jeunes et les moins jeunes n'en peuvent plus de voir leur binettes bronzées se foutre de la leur qui devient de plus en plus grisâtre.

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  7. Hahaha... Il faut faire des economies, commençons par reduire les salaires des parlementaires et leur primes en tout genre, suprimons leur prolongation de droit au chômage (jusqu'a 5ans alors que le reste des français est de 2 ans!) qu'ils se sont voté eux même puis tout les emplois bidons de copinage genre "Tiens copain, vu que t'es plus ministre des poils de cul, je t'embauche dans mon bureau pour que tu me fasse une enquette et me rende un rapport sur la migration des morbaks, payé 5000euros par mois", ne renouvelons pas les postes d'un flic sur deux qui part à la retraite (y a pas de raisons que ce soit appliqué au reste du fonctionnariat alors que eux ils augmentent leurs effectifs!!) vendons le flotte de jet presidentiel et foutons la paix aux Libyens, là on aura deja recuperé 1 ou 2 milliards sans trop forcer...

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  8. A Anonyme 13:01
    Le budget du Sénat est de 322 Mo d'euros, celui de l'Assemblée Nationale de 534 Mo.
    Pour les comités Théodule il faut préciser que ceux qui y siègent ne sont pas tous rémunérés à ce titre, ils le sont pour d'autres fonctions, ce qui ne les excuse pas.
    L'avion présidentiel vaut disons 180 Mo, un peu moins que ce qu'il a coûté puisqu'il a déjà beaucoup servi et espérons qu'il servira encore pour le successeur de N. Sarkozy.

    On peut certes raboter des dépenses superflues dans ces postes là, ce qui au jour d'aujourd'hui risque de devenir nécessaire, ne serait-ce que pour faire accepter d'importants efforts au reste des français. Mais ce ne sera que roupie de sansonnet en regard des besoins qui se compte en milliards pour retrouver un des deux seuils du traité de Maastricht, un déficit inférieur à 3 % du PIB.

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  9. Il n'a pas cessé de nous prendre pour des cons!
    Le problème, c'est qu'on s'est laissé faire.
    Il fallait le virer dès le début.
    On avait les moyens juridiques de le faire.
    Cet individu n'a-t'il pas violé la Constitution
    avec une constante régularité depuis son arrivée?

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  10. C'est fou toute la mauvaise foie et la haine que l'on peut retrouver dans l'article, et surtout dans les commentaires, où ce "petit peuple" se plaint, râle, et utiliser l'expression préférée de la plèbe depuis quelques décennies "on nous prend pour des cons". A la question du manipulateur auteur de cet article, je répondrai : Toi.

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  11. Il n'y a que la vérité qui blesse

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  12. Maintenant il 'agit de guignols qui s'agitent, sans aucune crédibilité. Pauvre France.

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  13. Attends.... les italiens l'ont mauvaise... et ça coincide mieux que la colère grecque ... juste avec la rentrée.

    Le Draghi, le "parrain" celui qui a concocter les faux bilans de la grèce pour lui faire prendre pied dans la zone Euro... le voilà qui dicte ses volontés au gouvernement italien... Cette lettre de la BCE qu'il signe avec Trichet devait rester secrète mais elle a été divulguée par le Corrière... ca va mettre le feu aux poudres. C'est toujours comme ça.... quand on est top éternellemnt impunis on se croit à l'abri... et un jour on fait la gaffe qu'il ne fallait pas faire.

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  14. Navrant de constater la haine supposée de vos commentateurs l'esprit critique qu'est sensé leur inculquer l'éducation nationale semble avoir
    été totalement oublié comme beaucoup d'autres matières qui aurait pu en faire des citoyens
    républicains de valeur au lieu de petit toutou qui aboient sans cervelles pendant que la caravane constituée de tous les économistes mondiaux peinent a organiser le monde pour que les 9 milliards d humains puissent se nourrir

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