21 septembre 2011

Sarkozy fanfaronne à New-York. Encore.

En Sarkofrance, la précarité se dévoile discrètement ou brutalement. Des professeurs se mettent à nus pour protester contre l'état de leur joyeux ministère. Des associations humanitaires s'inquiètent de la réduction de 80% des crédits européens pour l'aide alimentaire. L'Italie perd un cran de crédit et l'euro-zone retient son souffle. Le gouvernement français s'apprête à dérembourser 600 médicaments supplémentaires.

Et Nicolas Sarkozy ? Il est à New-York. Il commente les affaires du monde sur des tribunes de circonstances. Et jeudi, il va même célébrer une statue.

Oui, une statue.

Profs à poil
Lundi, quelques professeurs, constitués en un « Collectif contre le dépouillement de l’école », ont indigné Luc Chatel, le ministre de l'éducation nationale: « ça me choque parce que le rôle d'un professeur (...) c'est de valoriser son institution. (...) j'ai une trop haute estime du professeur, de l'image du professeur, de ce qu'il représente dans notre pays et dans la République, pour accepter un tel dénigrement ». Le ministre ne critiquait pas tant le fond que la forme. Il y a quelques jours, le jour même où un ouvrage dénommé « Sarko m'a tuer » dévoilait 28 cas individuels broyés par le narcissisme colérique de Nicolas Sarkozy, Luc Chatel parlait de réintroduire des cours de morale à l'école. Cette fois-ci, le ministre lâche: « On a le droit de critiquer ma politique, je l'accepte, on a le droit d'être militant syndical (...), par contre je suis choqué que l'on puisse porter atteinte à l'image même du professeur ».

Ces professeurs avaient posé nus pour dénoncer, dans un calendrier fort adéquat, la faiblesse des moyens consacrés à leur mission: « Ce Collectif a été créé à l’initiative d’enseignants de l’Éducation nationale pour dénoncer l’abandon par l’État de sa mission de service public d’éducation. Aujourd’hui « l’école est nue », luttons ensemble contre le dénuement de l’école. »


Quatre associations humanitaires, spécialisées dans l'aide alimentaire, dénonçaient le même jour la suppression de 80% des crédits octroyés par l'Union européenne pour l'aide alimentaire. En France, en Sarkofrance, on attend toujours la réaction voire la réponse du gouvernement. Les Restos du Coeur, la Croix-Rouge française, le Secours populaire et le réseau des banques alimentaires se sont inquiétés, lundi 19 septembre lors d'une conférence de presse. Si la mesure européenne n'est pas annulé (une baisse de 78 à 16 millions d'euros !), quelques 130 millions de repas ne pourront être offerts l'année prochaine. Le Programme européen d'aide aux plus démunis représente 23 à 55% des denrées collectées par les associations françaises. Rien que ça.

La France est officiellement hostile à cette mesure d'économie européenne. Mais le gouvernement français n'a pas proposé de compenser les millions d'euros aux associations françaises. Jean Léonetti, ministre des affaires européennes, s'est défendu de tout double jeu (sur i-Télé, mardi soir): « nous cherchons une astuce juridique ».

Sarkozy à poil
Nicolas Sarkozy ne pouvait réagir. Il était en partance pour New-York. Trop présidentiel pour s'occuper de la réalité de son propre pays. Il travaille à sa crédibilité... pour le scrutin de 2012.

Pas sûr que les récentes confessions du Figaro et de Libération sur les propos « off » du Monarque n'arrangent son affaire. En pleine crise financière et internationale, on s'atte,d à ce que le président « de la Vème économie du monde » soit concentré sur les problèmes du moment.

Le 14 septembre dernier, Sarkozy passa 2h15 de déjeuner informel avec 9 historiens. Comme le note l'un d'entre eux, interrogé par le site Arrêt sur Images, « Le plus surprenant, c'était la durée du repas dans un contexte international tendu ». Et il se lâcha, espérant bien quelques fuites de cette sincérité retrouvée: il avoua « n'avoir rien vu venir en Tunisie », a exprimé son « affection pour Moubarak », « un grand patriote, cultivé » et même raillé les rebelles égyptiens de la place Tahrir « c’est le Café de Flore à Saint-Germain-des-Prés ».

En France, quelques ténors du clan sarkozyste ont préféré tacler les propositions de Dominique Strauss-Kahn dimanche soir. Jean-François Copé avait ouvert la charge, lundi matin sur Europe 1. Il accusa DSK d'irresponsabilité. Ce dernier avait déclaré que la Grèce ne pourrait rembourser. François Fillon, pourtant premier ministre, avait surenchéri un peu plus tard.

On s'était donné le mot. Il fallait maintenir le DSK dans le débat politique pour gêner les primaires socialistes. Quel honneur ! Lundi, le patron des services secrets assurait que la DCRI n'avait jamais produit de notes sur DSK. Sans rire ? Ou sans blague ?

L'UMP cache son absence de programme. Et pour cause. Le parti attend que son Monarque se soit officiellement déclaré. «Notre objectif est de remettre une copie au président avant Noël. Ce sont les recommandations de l'UMP ; après, il en fera ce qu'il veut » a reconnu Valérie Rosso-Debord. L'exercice est « un peu virtuel », commente le Figaro.

Banques... à poil ?
L'agence Standard & Poor's a dégradé la note de crédit de l'Italie a été abaissé de «A+ » à «A» pour la dette long-terme, et de «A-1 » à «A-1» pour la note à court-terme. « Cette dégradation est légère » a commenté Jean Léonetti. L'agence prévoit une nouvelle récession l'an prochain en Italie, à cause du ralentissement économique général aggravé, en Italie, par l'ampleur des mesures d'austérité.

En France, quelques 600 médicaments supplémentaires devraient être retirés des remboursements de la Sécurité Sociale. Le déficit annoncé est de 18 milliards d'euros pour 2011, dont 14,5 milliards pour la branche maladie.

Pire, l'un des vice-présidents de la commission européenne a publiquement prévenu qu'uil faudrait recapitaliser nombre de banques européennes. L'économiste en chef du FMI a même évoqué de « possibles prises de parts publiques dans les banques ». Et il a ajouté: « Il semble qu'il y a eu un tournant à 180 degrés dans toute une série de pays en réponse à notre diagnostic ». Si les Bourses ont été calmes mardi, après un lundi exécrable, on s'attend à une belle rechute.

Et ce n'est pas fini. La semaine prochaine, le Bundestag allemand doit ratifier le plan de sauvetage de la Grèce. Il paraît que Sarkozy est anxieux. Il le cache bien. La semaine prochaine, il sera à nouveau en vadrouille à l'étranger.

Nicolas Sarkozy, président crédible, n'avait rien à dire ni à faire dire. Il voyage pour s'occuper du monde. Et il travaille très peu. Regardez donc son programme ! Mardi, l'agenda officiel mentionne deux obligations: trente minutes de sommet sur la Libye (de 10h45 à 11h15). On l'a effectivement vu s'exprimer dans l'un des salons de l'ONU pour apporter son soutien à la demande de reconnaissance d'un Etat palestinien par le Conseil de Sécurité. Puis une demi-heure de rencontre avec le premier ministre palestinien Mahmoud Abbas. Ensuite, repos mardi après-midi. Mercredi, Sarkozy débute à 9h. Il siège à l'Assemblée générale de l'ONU. Coincé dans la salle au milieu de 193 autres chefs d'Etat ou représentants, il attend son tour jusqu'à 10h30, pour délivrer ses quelques minutes de discours. En France, on nous vendra qu'il parle au monde. Ensuite, deux rendez-vous, à 45 minutes d'intervalle, l'un avec la présidente du Brésil puis l'autre « dans son hôtel » avec Barack Obama. Les communicants de l'Elysée se sont empressés d'ajouter qu'il a aussi prévu un entretien avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Mais le grand show est pour jeudi. Sarkozy parlera nucléaire, « vers 8h30 » et pendant quelques minutes. Mais ensuite... il filera à la Statue de la Liberté pour fêter son 125ème anniversaire avec le Maire de New-York. Vous avez bien lu.... Le monde tremble, la crise est là, les Bourses s'agitent.

Sarkozy fête l'anniversaire d'une statue.

Le ridicule ne tue plus. Sarkozy est devenu le roi fainéant qu'il décriait tant...

 Qui expliquera au candidat Sarkozy qu'il serait urgent qu'il démontre sa crédibilité sur les vraies affaires du moment ?


9 commentaires:

  1. "je suis choqué que l'on puisse porter atteinte à l'image même du professeur" : il a raison Copé, porter atteinte à l'image d'un métier prestigieux c'est mal. Euh, c'était une allusion je suppose, en vrai il parlait bien du Président de la République, non ?

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  2. Bah... Il en profite... Ca ne durera pas...

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  3. et ces individus cautionnent ce qu'a dit, ou laissé entendre leur icône, à savoir que le curé valait cent fois plus que l'instit, souvenez-vous...

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  4. mais qu'attendent les médias pour souligner cette gouvernance des apparences (je fais des rimes, maintenant) ?
    en ce moment, faute d'efficacité, notre président s'amuse, vraiment, avec des médias complaisants qui se laissent manipuler pendant que le peuple "déguste" ...
    indignez-vous !!!

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  5. Pendant qu'il fait le zouave de l'autre coté de l'Atlantique certains ici s'activent sans répit telles de petites abeilles laborieuses :
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/09/21/97001-20110921FILWWW00394-allegeance-cope-ne-renonce-pas.php
    Si vis pacem, para bellum.

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  6. au moins la statue ne nécessite pas le déplacement d'un bataillon de CRS pour protéger le monarque

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  7. Les commentaires de nos "élites" qui appellent à la pudeur, à la réserve, à la retenue, sont le rideau de fumée pour masquer la réalité de leurs scénarii. Et poser nu(e)s est une réponse claire à l'obscénité dont ils (elles) sont les perpétuels (les) auteur(e)s

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  8. Karachi : le témoignage qui éclabousse deux proches de Sarkozy.

    Alors que Nicolas Bazire et Thierry Gaubert sont rattrapés aujourd'hui par l'affaire Karachi, Le Nouvel Observateur révèle que la princesse Hélène de Yougoslavie accuse ces deux intimes du chef de l'Etat d'avoir joué les porteurs de valises.

    Par Serge Raffy.

    La princesse Hélène de Yougoslavie, descendante du roi d’Italie, Umberto II, entre en fanfare dans le dossier Karachi. Entendue à la fin de l’été par les policiers de la DNIF (Direction Nationale des Investigations Financières), elle avait révélé aux enquêteurs que son ex-mari, Thierry Gaubert, ami intime de Nicolas Sarkozy avait accompagné, en Suisse, l’intermédiaire libanais Ziad Takieddine, pour aller chercher des valises "volumineuses de billets", durant la période 94-95. Il doit être déféré devant le juge mercredi 21 septembre.

    Elle avait ajouté que l’homme qui récupérait les "mallettes" en France était Nicolas Bazire. Alors directeur de cabinet du Premier ministre de l'époque Edouard Balladur, Nicolas Bazire vient d'être placé en garde à vue.

    Ce témoignage a fait l’effet d’une bombe et méritait de plus amples investigations avant que ce témoin-clé de l’enquête sur l’attentat de Karachi ne soit entendu par le juge Van Ruymbeke.

    Actuellement auditionnée par le magistrat instructeur au pôle financier du tribunal de Paris, boulevard des Italiens, Hélène de Yougoslavie, habituée des magazines people, comme "Point de vue", a vécu un divorce tumultueux avec Thierry Gaubert, il y a trois ans. Depuis, elle s’est lancée dans l’activité photographique. Son témoignage est un véritable pavé jeté dans le milieu des très proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy.

    Thierry Gaubert est en effet un ami de 30 ans du Président de la République. Il fut son directeur de la communication à la mairie de Neuilly, puis son chargé de mission au ministère du Budget. Emporté par une affaire de détournements de fonds dans les Hauts de Seine à la fin des années 90, il avait disparu des écrans et travaillait à la Caisse d’Epargne, mais s’était éloigné de la politique, pour ne pas gêner l’ascension de son ami.

    Le retour sur le devant de la scène de Thierry Gaubert, connu aussi pour ses amitiés israéliennes, pourrait bien provoquer une suite d’auditions de plusieurs personnalités politiques qui ont eu des relations très amicales avec le sulfureux Ziad Takieddine, comme Claude Guéant, Jean-François Copé, François Léotard, ou Brice Hortefeux.

    Nicolas Bazire, impliqué par la princesse de Yougoslavie dans la "valse des mallettes" et dont le nom avait circulé à plusieurs reprises dans l’affaire de Karachi, est un des conseillers les plus proches du Président de la République. Il fut son témoin de mariage avec Carla Bruni.

    Serge Raffy - Le Nouvel Observateur.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/le-dossier-de-l-obs/20110920.OBS0726/exclusif-karachi-un-temoignage-eclabousse-deux-proches-de-sarkozy.html

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  9. Attentat de Karachi : Balladur devra "rendre des comptes" estime l'avocat des victimes.

    Après l'audition par la justice de deux proches de Nicolas Sarkozy et d'Edouard Balladur dans le volet financier de l'affaire Karachi, plusieurs voix se sont élevées, mercredi 21 septembre, pour demander que soit éclairci le rôle des deux hommes politiques dans le dossier. Thierry Gaubert, chef adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy quand il était ministre du budget, et Nicolas Bazire, ancien directeur de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, ont été respectivement mis en examen et placé en garde à vue.

    "J'ai la conviction que dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines, l'ancien premier ministre M. Edouard Balladur devra rendre des comptes", a déclaré, lors d'une conférence de presse, Maître Olivier Morice, l'avocat des familles des victimes de l'attentat au Pakistan, mercredi 21 septembre.

    L'avocat a aussi estimé que ses accusations contre Nicolas Sarkozy, qu'il avait décrit fin 2009 comme étant "au cœur de la corruption", sont "confirmées" par le développement de l'enquête. M. Sarkozy fut ministre du budget d'Edouard Balladur et son porte-parole de campagne.

    "Les accusations qui visent Nicolas Sarkozy et son entourage peuvent avoir des implications très graves et très lourdes, a estimé Maître Morice. Aujourd'hui, nous ne pouvons que confirmer ces accusations que nous avons lancées en décembre 2009. Le travail du juge va bien au-delà de ce que nous avions pu déceler à travers l'analyse de ce dossier."

    "Les juges d'instruction indépendants font leur travail en se rapprochant du cœur de la corruption et notamment du chef de l'Etat", a-t-il encore déclaré. Les familles de victimes de l'attentat de Karachi avaient déposé plainte en décembre 2009 pour corruption contre l'association créée en 1995 par Edouard Balladur, dénonçant un "financement politique illicite".

    "L'UNE DES AFFAIRES LES PLUS GRAVES DE LA Vème RÉPUBLIQUE"

    Martine Aubry a demandé mercredi que la justice "aille jusqu'au bout" en relevant en outre qu'il y avait dans ce dossier "des personnages un peu douteux, qui sont toujours là".

    "Qu'est-ce qu'ils font exactement ? Qu'on nous le dise ! Les Français ont besoin de savoir, de comprendre et ces pratiques dans la République, ce n'est plus possible", a déclaré la candidate à la primaire socialiste, invitée de l'émission "Questions d'Info" LCP/France Info/Le Monde/AFP/Dailymotion.

    "Jamais rien ne doit être mis sous le tapis. C'est peut-être là l'une des affaires les plus graves de la Vème République", a-t-elle ajouté.

    Egalement candidat à la primaire socialiste, François Hollande a, lui, estimé mercredi devant la presse que les "affaires", "il faudra en sortir après 2012". "Je ne veux rien dire sur le plan judiciaire, rien dire qui puisse être interprété comme une condamnation avant l'heure", a-t-il continué avant de lancer que "ce climat, le règne des intermédiaires, les commissions, c'est tout ce que nous devons proscrire pour l'avenir".

    "C'était un candidat, je ne me rappelle plus son nom, qui avait parlé de République irréprochable. Il faudrait le retrouver pour savoir ce qu'il pense de la situation d'aujourd'hui", a-t-il lancé, faisant référence aux propos de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007.

    M. Bazire, qui était le directeur de cabinet de M. Balladur à Matignon (1993-1995) et le directeur de la campagne présidentielle de l'ancien premier ministre en 1995, a été interpellé mercredi matin et mis en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le financement présumé occulte de la campagne présidentielle de M. Balladur.

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