7 septembre 2011

Sarkozy n'est même plus crédible... en Bourse.

Les marchés financiers tremblent à nouveau. Depuis lundi, les Bourses s'affolent. A Paris, l'Assemblée s'agite. Rien n'y fait. C'est l'heure de vérité, mais Nicolas Sarkozy, comme souvent, se cache en province.

Il est allé à la rencontre des routiers, ce mardi matin. « Vous savez, depuis 3 ans, j'ai fait près de 300 déplacements... C'est presque un an de ma vie » lâcha-t-il devant les micros. Les journées de travail sont bien courtes chez Nicolas Sarkozy. Ces déplacements de terrain, bi-hebdomadaires, durent rarement plus d'une demi-journée, vol compris. Cette fois-ci, Sarkozy voulait réhabiliter le travail, expliquer combien il préférait être aux côtés de ceux « qui veulent travailler davantage » plutôt que de ceux « qui réclament de travailler moins ». Nicolas Sarkozy devrait se détester, à force de vacances, vélos et plages au Cap Nègre.

Le mauvais contexte
En Europe, la Grèce que l'on nous avait vendu sauvée par une rigueur inédite et des milliards d'euros de prêts européens est au bord de la faillite, c'est-à-dire du défaut de paiement. L'alerte a été donnée la semaine dernière, par le gouvernement grec lui-même. La rigueur... déprime l'activité (quelle surprise !), et l'économie souterraine prospère toujours autant. Bref, le pays ne sera plus en mesure de rembourser ses prochaines échéances. Le FMI menace, l'Allemagne s'agace. L'affaire tombe mal. Les différents parlements de la zone euro sont censés approuvés, comme en France pendant cette micro-session extraordinaire, le plan de sauvetage.

Pour les banques européennes, et notamment françaises, les conséquences d'un défaut de paiement de la Grèce signifieraient de nouvelles pertes abyssales. Comme en 2008, chaque gouvernement serait appelé à la rescousse pour recapitaliser, voire nationaliser, ses établissements bancaires défaillants.

Le risque est alors grand d'un nouveau « credit crunch ». Déjà, les banques se prêtent moins les unes aux autres. Comme en 2008, la méfiance est revenue. On s'approche du krach, mais à l'Elysée, comme il y a 4 ans, c'est silence radio. Le candidat est en campagne.

L'autre sujet d'inquiétude est évidemment la situation économique. Pour une fois les marchés ont raison d'être inquiets.  A force de multiplier les plans de rigueur, certes d'une ampleur variable d'un pays à l'autre, les gouvernements occidentaux ont cassé la timide reprise. Aux Etats-Unis, les mauvais chiffres du chômage ont fait chuter toutes les Bourses vendredi dernier. En Allemagne, Angela Merkel a fait mine d'ignorer la stagnation du PIB au second trimestre.

Le troisième facteur d'instabilité est la mauvaise visibilité politique dans la plupart des pays occidentaux. Aux Etats-Unis, la cohabitation entre Barack Obama et un parlement républicain (chambre comme Sénat) fait des ravages. En Espagne, José-Luis Zapattero a convoqué des élections anticipées pour l'automne et prévenu qu'il ne se représenterait pas. Au Portugal, la crise a provoqué des élections voici trois mois. Au Japon, sa mauvaise réaction à la catastrophe de Fukushima a coûté sa place au premier ministre.

Le mauvais président
En France, le gouvernement bavarde, tergiverse, masque ou ignore. En une longue phrase, mardi sur Europe1, le ministre François Baroin, en charge de l'économie et des finances mais pas du budget (une incongruité sarkozyenne depuis 2007), résumait maladroitement toutes les critiques qui sont portées à son gouvernement:
« On fait des réformes de structures et on produit des efforts, mais qui sont adaptés à l’économie française. J’entends certains qui ont dit : ‘ce sont des rustines’. Ce sont des gens qui se sont dégonflés quand ils étaient aux affaires. J’entends d’autres qui disent : ‘ce n’est pas assez. Qu’ils proposent autre chose. J’entends certains qui disent : ‘regardez l’Italie, regardez l’Espagne, voilà des gens sérieux’. Ils ne sont pas dans la même situation. On aurait un plan à l’italienne ou à l’espagnole, ce serait un plan récessif qui nous entraînerait sur un toboggan avec de l’huile." »

Les critiques sont-elles à ce point injustes ?

1. Mardi, Nicolas Sarkozy n'assumait pas et n'assumait rien. Ce fut à François Baroin et Valérie Pécresse d'assurer le service après-vente et défendre tant les mesures de rigueur que le soutien à la Grèce. L'absence médiatique du chef de l'Etat sur ces sujets cruciaux est incroyable. Il fallu attendre la fin de journée pour apprendre que l'Elysée avait convié tous les députés UMP pour un déjeuner le lendemain. Le stress est manifeste. L'imprévoyance également. Mardi, Sarkozy préférait jouer au faux candidat avec une quinzaine de routiers.

2. Pas de récession ? Peut-être, mais pas de croissance non plus ! On nous promet qu'il n'y aura pas de récession en France. L'explication a encore été rappelée par François Baroin,: la France en récession ? « Elle ne l’est pas parce que nous avons un plan qui s’appuie sur deux piliers : des mesures d’économie, et un pilier de croissance ». Il y a quinze jours, François Fillon avait été contraint de réviser les prévisions de croissance à la baisse pour 2011 et pour 2012. Or, une croissance faible voire quasi-nulle ne fait pas de bons comptes.

3. Quel est donc ce plan dont l'une des jambes est un «pilier de croissance » ? Le ministre de l'économie racontait n'importe quoi : « Le moteur de l’économie française, c’est la consommation. Nous protégeons par des mesures à la fois d’encouragement ou de pouvoir d’achat ce pilier de la consommation des ménages.» Quel soutien au pouvoir d'achat ? François Baroin voulait sans doute faire croire que l'absence d'austérité massive est en fait une mesure de soutien de la demande ! Le plan proposé aux députés depuis mardi contient une belle hausse de la CSG, de la TVA sur les boissons sucrées (mais rien sur celles dosées à l'aspartam) et les alcools forts sous le fallacieux prétexte qu'il faudrait joindre l'utile (la santé) au nécessaire (la lutte contre la dette).

4. Depuis 2008, que s'est-il passé ? Rien. En France, comme ailleurs, l'attentisme a été incroyable. Aucune nouvelle régulation sérieuse n'a été imposée aux marchés financiers depuis. Ce nouveau séisme démasque l'immobilisme des dirigeants occidentaux depuis 2008. Et au passage, ruine l'argumentaire électoral de Nicolas Sarkozy selon lequel notre monarque serait l'homme expérimenté qu'il nous faut pour affronter les turbulences de demain.

5. Concernant la Grèce, le leadership franco-allemand s'est avéré finalement bien faible. Après le sommet européen du 21 juillet dernier, les pays de la zone euro auraient du accélérer la manoeuvre, saisir rapidement leurs parlements, pour mettre en place, très vite, les mesures annoncées en fanfare. Au lieu de quoi, Nicolas Sarkozy multipliait déjà les weekends de 4 jours avant de filer en vacances pour 23 longs jours au Cap Nègre. Pédaler plutôt que gouverner ?


6. Dégagée de toute responsabilité gouvernementale, Christine Lagarde s'est inquiétée de l'insuffisante capitalisation des banques françaises. Cette remarque de la directrice générale du FMI n'a pas plu au FMI. Lundi comme mardi, les banques ont dévissé en Bourse. Christine Lagarde est-elle enfin lucide ?


7. Contre la crise, Nicolas Sarkozy a été imprudent, et peu prévoyant. Il a commencé l'année 2011 en coupant 15% des crédits de la politique de l'emploi. Il a aussi lancé un « Grand Emprunt » anachronique pour « préparer » l'avenir alors que l'urgence est immédiate. « A long terme, nous serons tous morts » disait la maxime. Nicolas Sarkozy s'est comporté comme s'il y avait un choix.

8. On aurait aussi pu espérer un minimum de courage politique. Le Monarque a tous les pouvoirs, Vème République oblige. Il a nommé des proches à la tête des quelques banques (Caisse d'Epargne/Banques Populaires, Dexia) et institutions (Fond Stratégique d'Investissement); l'Assemblée lui est acquise, tout comme le Sénat. Le gouvernement est à sa botte. Et pourtant, Sarkozy hésite. Ses efforts d'économies sont une goutte d'eau dans l'océan des dettes. Sa chasse aux niches fiscales est ridicule. Les relèvements d'impôts frappent les plus modestes (600 millions d'euros d'augmentation de CSG). Comme l'écrit notre confrère Nicolas, il est temps de redescendre sur terre et d'augmenter les impôts : « En 2001, la plus haute tranche des impôts était taxée à 47%. Elle l’est maintenant taxée à 41%. »

UMP affolée
Mardi 6 septembre, l'Assemblée nationale débutait l'examen des mesures de rigueur. Durant le weekend, Nicolas Sarkozy en avait abandonné déjà une, sans crier gare et pour des raisons de politique interne à l'UMP, le relèvement de la TVA sur les parcs à thèmes. Quelle crédibilité ! Quelle vision !

Lundi, les députés UMP et Nouveau Centre de la commission des finances s'étaient mis d'accord pour assouplir une autre des mesures d'économie: ils ont décidé de remettre une exonération d'impôt sur les plus-values immobilières sur la vente des résidences principales au bout de 30 ans de propriété (contre 15 actuellement), un joli cadeau pour la rente.

Mardi, le gouvernement a proposé de taxer... le Fouquet's et consorts. Quel symbole ! Les nuitées hôtelières supérieures à 200 euros seront taxées d'une modeste contribution nationale de ... 2%. Devant son micro à l'Assemblée, Valérie Pécresse s'étranglait à la tribune pour louer la « justice » du plan de rigueur.

A quelques kilomètres de là, dans la Loire, Sarkozy demandait à une assistance docile « de réfléchir à ça : imaginez quelle serait votre réaction si la France était dans la situation de la Grèce, du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie, voire des Etats-Unis ».  Certains, dans l'assistance, se sont demandés quelle serait leur réaction si la crise n'avait pas empêché Nicolas Sarkozy d'appliquer son programme.


Un président pas crédible, des députés affolés, des ministres abandonnés, où va-t-on ?

10 commentaires:

  1. bonjour Juan,

    Et que dire de cette précipitation de notre gouvernement à faire voter ceci :
    Les votes des Parlements doivent donner le feu vert au Fonds afin qu'il soit plus flexible : si le processus se passe sans encombre, le FESF pourra à l'avenir prêter à un État de manière préventive «à titre de précaution», «financer la recapitalisation des banques et des établissements financiers par des prêts aux gouvernements» et enfin «intervenir directement sur les marchés secondaires de dette souveraine, afin d'éviter la contagion et de lutter contre la spéculation». Le texte étend les garanties des États à ces nouvelles missions. Dans le précédent collectif budgétaire, le plafond de la France avait été porté à 159 milliards.

    Texte repris du Figaro, car mis à part le plan d'aide pour la Gréce, nous pouvons lire aussi que l'Europe sait depuis Juillet que nos Banques sont dans le Rouge cette petite phrase :
    «financer la recapitalisation des banques et des établissements financiers par des prêts aux gouvernements» en est la parfaite illustration....
    Attendons nous à un nouveau renflouement des banques par l'Etat donc des contribuables, le constat est amer car rien n'a changé depuis 2008 malgré les discours de notre Président et de son
    gouvernement, le mensonge est permanent....
    Une réforme des banques comme le Glass-Steagall Act et la suppression de la loi n°73-7 du 3 janvier 1973 seraient déjà une première démarche...
    Bref je me trompe peut être mais je ne vois pas l'avenir avec optimisme....

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  2. Oui, la capitalisation boursière a été divisée par Deux depuis 2007 et nous sommes revenus au niveau de 1997. Il n'aura même pas été le Président des petits boursicoteurs. Quel dommage !

    -> http://www.voie-militante.com/politique/finances/capitalisation-boursiere-2011-divisee-par-deux-depuis-2007/

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  3. Ce type est d'une indécence indescriptible! Aller faire un discours aux routiers pour travailler plus pour gagner plus, c'est simplement criminel. Les routiers doivent déjà à leurs risques et périls travailler plus et sont crevés. (abc)

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  4. C'est une erreur que de reprocher à Sarkozy son "grand emprunt" (pas si grand que ça, en fait) au prétexte qu'il y a des problèmes immédiats et urgents à régler; un chef de l'exécutif doit A LA FOIS penser au présent et préparer l'avenir(...surtout lorsqu'il n'y a pas de solutions immédiates vraiment efficaces!); on ne peut à la fois parler de "réindustrialiser la France" -ce qui ne se fera pas en huit jours- et ne rien faire pour la préparer. Le "grand emprunt" est sans doute une des rares réalisations positives de Sarkozy: à trop vouloir prouver...

    De même (mais, là, c'est un détail), la séparation du Ministère des Finances et du Ministère du Budget (parfois, un secrétariat d’État dépendant du Ministère des Finances) est très ancienne et ne remonte pas à Sarkozy; et ceci sous la droite comme sous la gauche: Pierre Mendés-France fut sous-secrétaire d'État au budget (même pas un secrétariat d’État!) dans le deuxième gouvernement Léon Blum (du 13 mars au 8 avril 1938), dont le Ministre des Finances était Vincent Auriol.

    Je dois dire que, d'une façon générale, si Juan dit beaucoup de choses justes sur Sarkozy, son attitude de critique quotidienne, générale et systématique est très contre-productive, comme tout ce qui est manichéen.

    Elle contribue à une vraie dépolitisation du discours critique contre Sarkozy, qui se limite à un assez puéril "tout ce que fait Sarkozy est mal" et débouche sur un très apolitique "il faut virer Sarkozy" qui devient une fin en soi nécessaire et suffisante.

    Or, avoir pour tout projet politique "virer Sarkozy", c'est ne pas avoir de contre-projet politique...ce qui constitue paradoxalement la meilleure (la seule?) chance pour Sarkozy d'être réélu en 2012.

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  5. A anonyme 13:17
    Difficile de croire qu'avec 35 Mrds dont 22 Mrds d'emprunt sur les marchés financiers, le grand emprunt permettrait peut-être de réindustrialiser la France d'autant si la répartition des fonds disponibles était différente :
    *Enseignement supérieur et formation (11 milliards),
    *Recherche (7,9),
    *Filières industrielles et PME (6,5), *Développement durable (5,1) et Numérique (4,5).
    (source Wikipedia)
    Moins de 20 % pour la filière industrielle. Ouille. Bien sur il y a dans l'enseignement supérieur et la recherche des gisements potentiels de développement pour l'industrie mais pour quand et combien, difficile de le quantifier.
    Il est juste que le parti pris par Juan peut conduire à penser qu'il faut virer Sarkozy peut importe qui viendra ensuite.
    C'est un problème, si l'on songe que Hollande vient de recruter Robert Navarro, sénateur de l'Hérault poursuivi par le PS pour abus de confiance et le nomme mandataire. On rappelle qu'un mandataire reçoit les dons pour le financement de partis ou de campagnes.
    On ne peut que saluer le choix judicieux du favori de la primaire.

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  6. juan
    tu devrais prendre l'habitude dans tes écrits de remplacer
    "les marchés" (impersonnels, institutionnnels, intouchables)
    par
    "les spéculateurs" que chacun peut désigner du doigt et ontre lesquels on peut sévir, taxer, limiter leur toxicité

    ce sera plus clair pôur tout le monde

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  7. Haha, dire qu'il ne travaille pas et passe sa vie au Cap Nègre (et qu'il ne fait que du vélo ofc) c'est faire preuve d'un sophisme digne des plus grands. La même pour dire qu'il "n'assume pas" car les ministres du budget et de l'économie font le boulot en relation avec leur ministère. Ce n'est pas le rôle du président d'aller à l'Assemblée Nationale argumenter au PS (et aux autres) qui veut la règle d'or, mais pas maintenant. La même aussi quant à la croissance. 1.75% ça reste bien, surtout dans la conjecture actuelle. Des cours d'économie niveau début de lycée vous auraient appris que la croissance n'est pas toujours au plus haut et que les agrégats qui la définissent ne sont pas assez précis. Et oui l'austérité est nécessaire quand on a une crise. Il y a eu bien pire autre part. Demandez aux grecs leur avis.

    Peut-être que François Flamby qui achète des iPad crés par des américains et fabriqués par des chinois aux élèves de 6ème de son département (le plus endetté de France) pourra en offrir, dans son élan de démagogie, à tous les Français. Ca coûtera un peu plus cher que les fours du jet présidentiel, je vous l'accorde.

    Il serait temps d'arrêter ce zèle sans aucune proposition, et avec une critique biaisée, non argumentée et extrêmement simpliste, alors que ce genre de situation est très loin d'être simple. Mais c'est derrière votre PC que vous connaissez toute la vie ministérielle, de député, de sénateur et de président.

    Sarkozy est loin d'être parfait, mais son bilan est loin d'être mauvais pour autant, et aussi nul que vous le sous-entendez. Il faudrait enlever les oeillères.

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  8. l'attaque du style "sarkozy part en vacances", mouaif. dans le fond, ai toujours été admirative de TOUS les politiques pour le temps passé sur les routes de campagne. Le pb structurel de la Grèce, c'est pas le Cap Nègre.

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  9. Un président sans dents. Il devait aller chercher la croissance à coup de ratelier, disait-il. On recherche toujours la première canine plantée dans le derrière des financiers !
    C'est sûr que passer son temps à décharger son fusil et faire bronzette et causette, ça laisse peu de temps pour faire le job de président. (si tant est que l'on puissasse attendre quelque chose de sérieux. L'impuissance ça lui convient bien et puis faut pas pousser mémé 'tencourt dans les orties !).
    Un président sans dents, sans cou...s et tout le toutim...

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  10. "Le candidat est en campagne."

    Le candidat, habité par un sentiment de pûissance Otanesque, vogue dans son univers Second Life et arpente une France refaite à sa main en plein marasme planétaire ; il est revenu à son étiage dans les sondages (40% au 2nd tour face à Hollande dans la vie réelle). Plus la redescente sur terre se fera tardivement, plus elle se fera difficilement. Un breakdown est à craindre ! Dans un moment de désespoir, il est également à craindre que le candidat décide de taxer lourdement les riches pour qu'enfin les Français se mettent à l'aimer et in extremis en reprennent pour cinq ans ! La schizoïdie guette le candidat : heureusement, Second Life est là qui l'accueillera qd tout sera fini, qd l'illusion de toute puissance se sera définitivement dissipée, début mai ; voir plus tôt !

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