15 octobre 2011

232ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy effacé par les primaires socialistes.

Son weekend avait été pourri par le premier tour des primaires citoyennes. Nicolas Sarkozy a multiplié les interventions « hors sol », les inaugurations en tous genres, les remises de décoration ou de rapports. Il est même à Berlin. Il aimerait que la presse en parle, que les télévisions montrent quelques images de ses déplacements à répétition au milieu de Français souriants et provinciaux.

Le comble fut atteint dimanche dernier. Nicolas Sarkozy s'était imposé à Berlin, chez Angela Merkel, pour une réunion sur la crise de la dette et de la Grèce. ll espérait que sa diversion médiatique fonctionnerait. La Commission européenne réclamait enfin une recapitalisation des banques avant un probable défaut de paiement de la Grèce, mais le président n'avait rien, rien fait, rien annoncé. Il se faisait applaudir dans le Caucase. Il pensait donc légitimement que son intervention berlinoise produirait quelque effet. Et bien, non. Rien, nada. Ce fut un fiasco total. Pas une chaîne de télévision ou de radio, fut-elle d'information, n'avait daigné montrer quelque image de la conférence de presse commune Sarkozy/Merkel.

A leur décharge, les journalistes n'avaient pas grand chose à apprendre de ce déplacement: les deux dirigeants annoncèrent qu'ils apporteraient « des réponses durables, globales et rapides avant la fin du mois ». Une visite pour rien, des médias qui s'en fichent... le fiasco était total.

Lundi matin, le Monarque bougonnait donc: « cela vous passionne, mais moi j’ai d’autres choses à faire ». Il demanda à ses ténors de réagir contre les primaires. L'argumentaire écrit à l'Elysée fut rapidement distribué. Il fallait répliquer. Dès dimanche soir, Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, avait étalé sa mauvaise foi. Il avait d'abord relativisé les 2,7 millions votants aux primaires: « ça fait 96% des Français qui pensent que l'élection, c'est l'année prochaine, voilà. Donc, je crois qu'il faut peut-être relativiser un peu tout ça ». Lundi matin, il continua: «L'UMP suivra de près les marchandages avec le faiseur de roi Montebourg ». C'était le second argument sarkozyen, dénoncer un prétendu glissement gauchiste du Parti Socialiste. Il fallait faire peur à l'électeur sarkozyste déçu. A l'UMP, on préfèrerait Aubry et on craint Hollande.

Mardi matin, Sarkozy lâcha de sales commentaires sur la primaire socialiste. Il la jugea contraire aux intentions institutionnelles du général de Gaulle. Fichtre ! Fallait-il qu'il soit énervé. Le Monarque fila ensuite dans la Creuse. Aubry était dans les parages. Sarkozy avait mobilisé un hélicoptère militaire et ses ministres Baroin (Finances), Le Maire (Agriculture), et Pécresse (Budget) pour rendre visite à un commerce « multi-services », un « très bel endroit » ! Sarkozy partit sans payer son café. Plus tard, devant 1.500 figurants locaux, il déclama de grandes vérités sur « la ruralité, (...) avenir de la France » à condition qu'elle « conjugue vos traditions et la modernité...». On avait dressé pour l'occasion une gigantesque tribune, avec projecteurs et caméras. Tout cela pour une petite heure de monologue, comme d'habitude. 

Sarkozy tacla, sans la nomer, la démondialisation chère à Arnaud Montebourg. Il railla ceux qui veulent « dépenser plus, avec l'argent des Français ». Lui, l'homme aux 400 milliards d'euros de dette publique supplémentaires en 5 ans de mandat ! Au passage, il promit un relèvement de la taxe soda pour financer un nouvel allègement de charges sociales en faveur des agriculteurs. C'est le temps de cadeaux bien ciblés !

Mercredi, pour son conseil des ministres, ses collaborateurs avaient le sourire forcé. Alain Juppé s'était indigné sur France info que les médias n'évoquent pas cette incroyable visite présidentielle dans la Creuse. Ziad Takieddine, l'ami de Jean-François Copé, passa encore 5 heures devant le juge van Ruymbeke à expliquer son rôle dans les ventes de frégates à l'Arabie Saoudite et ses commissions défiscalisées par Sarkozy ministre du budget. Dans un autre scandale, le parquet de Paris a réclamé l'élargissement de l'immunité présidentielle aux proches collaborateurs du Monarque dans l'affaire des sondages de l'Elysée. L'association Anticor avait porté plainte pour favoritisme contre deux anciens proches de Sarkozy qui avait recruté Patrick Buisson pour conduire des sondages occultes. L'argument du ministère de la Justice est délicieux et exemplaire de cette République si reprochable: «Il s’agit de permettre au président de la République de mener sa mission avec la sérénité nécessaire. Son immunité, sauf à en limiter la portée, doit prendre en compte l’intervention possible de collaborateurs.»

Mercredi soir, le dernier débat des primaires socialistes opposant Martine Aubry et François Hollande était un gros carton. Près de 6 millions de téléspectateurs. Le lendemain, les ténors du clan sarkozyen répètent le même message, que le programme socialiste serait donc « ringard ». Mais ce succès des primaires a réactivé la guerre Copé/Fillon. Le premier s'emballe contre ceux qui considère que les primaires sont modernes. C'est exactement ce qu'a dit Fillon la semaine précédente.

Sarkozy, lui, a filé en Haute-Marne, à Chaumont, la ville de son ministre Luc Chatel. En pleine crise financière, il voulait inaugurer un musée Pompidou mobile... Parce que la Culture, « c'est important ». Il était content: « On a parlé de tout ce qui n'est pas dans l'actualité, donc on a parlé de tout ce qui est important ».

Vendredi, Nicolas Sarkozy reçut José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. Les autres dirigeants de la zone euro s'agacent du couple « Merkozy », accusé d'agir sans concertation. Le même jour, François Baroin a annoncé qu'un accord franco-allemand sur la recapitalisation de la zone euro avait été « formalisé », mais sans en dévoiler la teneur : « nous avons déjà contractualisé des accords qui seront très importants »... Quel suspense ... anti-démocratique !

Dans la semaine, la banque Dexia avait déjà été soldée. Son démantèlement a été décidé. Dexia, la banque au 100 milliards d'actifs toxiques, prétendument sauvée en 2008 par la brillante intervention de Nicolas Sarkozy qui y avait placé son ancien directeur de cabinet Thierry Mariani à sa tête. Dexia, la banque qui a tout raté, sauf les fameux stress-tests de l'été dernier censés mesurer la fragilité de nos établissements bancaires.

Des mois durant, le gouvernement français a refusé de voir l'inévitable, la nécessaire recapitalisation des banques européennes, et françaises, trop exposées au risque grec. Jeudi, le gouvernement slovaque « s'est fait hara-kiri », comme l'a dit François Baroin, en promettant des législatives anticipées à son opposition pour qu'elle ratifie le plan de sauvetage de la Grèce qu'elle avait rejetée deux jours avant. Mais la Grèce fera défaut, même partiellement. Pour éviter la catastrophe, il faudra recapitaliser.

Cette catastrophe, coûteuse pour les Etats et donc les citoyens, rappelle combien la vigoureuse et décisive action de Sarkozy et consorts à l'automne 2008 fut en réalité une gigantesque tartufferie.

Notre président protecteur était aux abonnés absents. Vendredi, on faisait mine de découvrir que les tarifs des mutuelles progresseraient de 4,7% l'an prochain. Une conséquence de la nouvelle taxation prévue par le gouvernement l'an prochain des contrats de mutuelles solidaires.

Claude Guéant a eu raison du site Copwatch, qui voulait recenser et dénoncer les policiers responsables de bavures. La justice a interdit le site. La situation est tristement cocasse. Quand il était directeur de cabinet du ministre de l'intérieur Sarkozy, il avait négocié, avec l'aide de l'intermédiaire et ami Ziad Takieddine, la vente d'un gigantesque système d'espionnage et de fichage à la dictature libyenne en 2005-2007. Sur ce coup, Guéant était moins regardant.

Cette semaine, on a découvert un autre fichage, en France cette fois-ci. Le ministère de Luc Chatel envisage une belle opération. Les enfants de grande section de maternelle seront triés par l'Education Nationale, en trois catégories: « rien à signaler », « à risques » et « à hauts risques ».

Jeudi, une professeur a tenté de s'immoler par le feu dans la cour de son lycée, à Béziers. Luc Chatel a déclaré son « émotion ». On a cherché, dans la longue liste des communiqués de presse sarkozyens, une attention à ce drame insoutenable.

On a cherché, sans trouver.

Nicolas Sarkozy a raison. Il faut que l'on cesse de parler des primaires socialistes. L'actualité n'attend plus: des scandales d'Etat à la faillite de la République, il est temps de s'intéresser à nouveau au bilan du Monarque élyséen.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


9 commentaires:

  1. Le matraquage publicitaire des socialos a fonctionné efficacement. Attitude très capitaliste et mondialiste, totalement opposée à leurs soit-disantes valeurs.Ces sommes auraient mieux employés à soulager les français modestes qui peinent tous les jours à équilibrer leur budget. Une insulte à la misère.

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  2. Drôle de semaine en effet.
    Sarkozy a disparu en pleine campagne.

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  3. Bonjour Juan,
    Merci pour votre travail....Merci d'écrire cette vérité...
    Par contre au sujet des banques, il y en à une qui risque de faire très mal si cette crise perdure..Le Crédit Mutuel pourquoi? car tout simplement toutes personnes ayant souscrites une ouverture de compte, crédit etc en tant que sociétaires de cette banque mutualiste encaissent des dividendes mais sont solidaires des dettes : "une paille" qui peut évaluer de 1 500 à 6 000 euros par sociétaires..
    Crédit Mutuel c'est aussi une frénésie d'achat par son Patron de quotidiens régionaux ce qui en fait le Premier groupe de presse quotidienne en France..
    Le Crédit Mutuel qui ne devrait être qu'une banque de dépôt à inclus dans sa fédération une banque d'investissement et commerciale via le rachat de CIC, en espérant que cette dernière ne spécule pas avec l'argent des dépôts... Mais là j'en doute car la plus grosse perte bancaire en France suite à la faillite de Lehman Brothers est le Crédit Mutuel malgré les dénégations de son directoire le 16/09/2008..
    http://presse4243.over-blog.com/article-26180927.html
    Nous pouvons constater à la lecture du lien du mensonge des dirigeants de cette banque...
    J'ai rencontré le député de ma circonscription est nous avons parlé de cette "fumeuse" pardon fameuse banque et là il en est resté coi...
    J’espère pour les sociétaires du Crédit Mutuel que je me trompe car autrement si d'avenir les contribuables doivent payer pour les banques eux devront en plus re-payer en tant qu'adhérents et là je ne sais pas si leur slogan " la Banque à qui parler" sera toujours en vigueur..

    Le réseau du Crédit Mutuel en 2010 :

    2 065 Caisses locales
    3 117 guichets
    11,2 millions de clients
    7,2 millions de sociétaires
    24 000 administrateurs élus

    Bref je suis peut être trop alarmiste et déconnecté de la vérité mais affaire à suivre..

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  4. Mazarine : troll UMP ou FN ?.
    quel rapport entre les dépenses de campagne et les pauvres ?
    Au fait, combien de €€€€€ le voyage de NS dans le Caucase ?
    La "gauche" n'est pas responsable de la misère du Monde, elle n'en est pas la "proprio"...
    Je viens de dépenser 2€ dans des croissants au beurre, aurais je du prendre au tournesol à 1.80 et donner 0.2 aux "pauvres"... et puis les pauvres en Sarkozy - Land, ça n'existe pas. "Selon l'apôtre Balkany", Sarkodolatre, anIV).

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  5. je suis sociétaire du Crédit Mutuel depuis 45 ans et je n'ai jamais perçu un centime de dividende

    ou je me suis fais escroquer ou tu te trompes

    choisis ton camp Isérois

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  6. @bobcestmoi

    J'ai oublié de préciser d'apporter cette précision cela ne concerne que les clients sociétaires....
    As tu acheté une part du crédit mutuel il y 45 ans? Aujourd'hui cette part correspond à 15 euros..Obligatoire d'après mes lectures, l'achat de cette part lors d'opérations bancaires : crédit, assurances, etc etc
    Les dividendes là je suis d'accord pour les sociétaires sont quasiment nul....
    Voila les infos maintenant je me trompes peut être...A voir

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  7. Excuse moi pour les fautes et les phrases pas françaises...

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  8. Isérois je confirme que tu te trompes
    j'ai été sociétaire dans le CM du Nord

    je le suis encore en IDF et dans le Massif Central
    AUCUN dividende ni appel de fonds
    juste le droit de vote aux AG descaisses locales

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  9. "Le Monarque fila ensuite dans la Creuse... devant 1.500 figurants locaux il déclama de grandes vérités sur « la ruralité ..."
    Je confirme, tous les élus creusois(maires, conseillers municipaux ...)ont reçu leur carton d'invitation, ainsi que tous les commerçants de la ville dans laquelle Baroin passe ses vacances, de même que les pompiers et les présidents d'associations, les copains notables du coin ... ça fait de la figuration facile et pas chère !!! Finalement 1500 c'est peu ! Et je ne compte pas le député UMP qui fait honte au département et qui a voté devant les médias aux primaires en faisant une fausse signature! Il a expliqué qu'il participait à une mascarade et que son vote allait à Manuel Valls qui trouverait sans peine une place aux côtés de Sarkozy, une fois celui-ci réélu !!!http://www.lamontagne.fr/editions_locales/creuse/le_depute_ump_jean_auclair_a_vote_a_la_primaire_du_ps_en_faisant_une_fausse_signature@CARGNjFdJSsAFxsEBhk-.html

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