10 octobre 2011

Les primaires socialistes ont pourri le weekend de Sarkozy

Le grand perdant du premier tour des primaires citoyennes organisées par le Parti Socialiste, dimanche 9 octobre, n'était ni Ségolène Royal ni Manuel Valls, mais ... Nicolas Sarkozy.

La primaire citoyenne était un franc succès. Près de deux millions et demi de votants avaient participé. Dans l'entourage du Monarque, on faisait encore les mauvais joueurs. « ils avaient annoncé 4 millions. Ils sont loin du compte » confiait un conseiller.

A l'Elysée, on faisait mine d'avoir autre chose à faire. Nicolas Sarkozy était à Berlin. Revenu vendredi soir du Caucase, il avait rencontré Christine Lagarde. Il fallait se résoudre à l'évidence: les banques européennes, y compris françaises, devraient être recapitalisées. Sarkozy avait attendu 4 jours pour réagir, malgré des secousses boursières et la dégradation de la note de crédit de l'Italie et de l'Espagne. La directrice générale du FMI a dû lui rappeler qu'il faudrait sans doute quelque 200 milliards d’euros pour supporter les inévitables abandons de créances en Grèce.

En fin d'après-midi ce dimanche à Berlin, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy s'affichaient devant quelques journalistes. Elle était habillée de vert, une couleur qui porte malheur dans le monde du spectacle. Il avait son traditionnel costume bleu roi. Les deux grimaçaient des sourires empruntés devant les photographes. La conférence de presse dura 15 minutes, avec deux questions, pas plus.

Ils n'avaient rien à dire, rien à annoncer, sauf qu'ils proposeront des solutions... à la fin du mois. «  Il n'est pas le moment de rentrer dans le détail de toutes les questions qui se posent. Nous nous en tiendrons simplement aux principes » a expliqué Sarkozy. « La Grèce fait partie de la zone euro, et nous trouverons les solutions durables ». A force d'insister, Sarkozy a fini par nous inquiéter. « Il n'y a pas d'économie prospère s'il n'y a pas de banques stables ». Fichtre ! Et après la pluie, le soleil ? Sarkozy, à Berlin, ne resta que 15 minutes sur la tribune. Il n'avait rien à dire.

Pourquoi donc cette mise en scène ? Sarkozy a parlé « des réponses durables, globales et rapides avant la fin du mois », pour que « l’Europe arrive au G20 unie et avec les problèmes résolus ». Il a évoqué « une réunion à une date à fixer pour le détail de ce que nous ferons ». Le Monarque a surtout insisté sur l'accord « complet » entre la France et l'Allemagne. Mais sur quoi ? On ne sait pas. Sarkozy botta en touche, vers une autre réunion, « à une date qu'il conviendra de fixer ».

Il était quand même encore bravache. « Tout le monde le sait, l'Europe a choisi la monnaie unique sans même réfléchir à ce que serait son gouvernement économique, sans même réfléchir aux questions d'harmonisation des politiques fiscales et économiques et il nous faut maintenant, en pleine crise, répondre à ces problèmes. Et bien, nous sommes décidés à le faire ! »

Pour sa part, Mme Merkel a demandé « une coopération plus étroite et contraignante des pays de la zone euro ». Après ces quelques minutes d'intervention, les deux sont repartis pour un « dîner de travail ».

Résumons: Nicolas Sarkozy a pourri un dimanche d'Angela Merkel à Berlin pour promettre une autre réunion d'ici la fin du mois... Fantastique !

Cette intervention franco-allemande ressemblait à celle du mois d'août, quand Nicolas Sarkozy avait dû rentrer si vite de vacances pour se montrer avec Angela Merkel. On murmurait que la France à son tour allait perdre son Triple A, que la Société Générale risquait le défaut. Curieuse époque. Tout au long de l'été, Nicolas Sarkozy s'était planqué en vacances au Cap Nègre sans réagir. Fin août déjà, il avait expliqué qu'il y avait urgence à faire ratifier le renforcement du Fond européen de Stabilisation Financière adopté en juillet dernier. Août, c'était il y a deux mois. Et deux mois plus tard, Sarkozy-le-président-très-occupé nous promet des mesures miracles ... d'ici le G20 de novembre.

En fait, l'opération médiatique a fait choux blanc. L'attention était ailleurs, à Paris. Harlem Désir, le premier secrétaire par intérim du Parti Socialiste, avait annoncé le chiffre de 1,5 million votants à 17h dans les 3/4 des bureaux. Le soir, les chaînes d'information consacraient leur attention au suspense des primaires. Pressentant le succès de l'opération, quelques sbires de Sarkofrance, François Fillon en tête, avaient déjà loué la modernité de la chose en fin de semaine dernière. Evidemment, Sarkozy, pour sa campagne de réélection, ne saurait être concerné par une primaire à droite. Cette fois-ci, la rupture était à gauche, et Sarkozy ringardisé.

A Bruxelles, d'autres travaillaient au démantèlement de la banque Dexia. Rappelez-vous. En 2008, il y a trois ans, Nicolas Sarkozy nous avait promis de l'avoir sauvé. Elle disparaîtra dans quelques semaines, intoxiquée par des placements sans issue. Un communiqué commun des gouvernements français, belge et luxembourgeois a précisé dans la soirée de dimanche que « la  solution proposée, qui est aussi le fruit de concertations intenses avec l'ensemble des partenaires concernés, sera présentée au Conseil d'administration de Dexia à qui il incombe d'approuver les propositions ».

Le cas Dexia, la « banque qui a tout raté sauf les stress-tests », première victime de l'inaction des gouvernements et de la crise de la dette, est la première illustration des tartufferies sarkozyennes. Dexia, c'est environ 10 fois le Crédit Lyonnais.

Fantastique.

Pour se sauver, Nicolas Sarkozy espérait être papa, une quatrième fois. Ce fut raté. Son épouse Carla n'a pas accouché. Il faut se retenir. Le second tour de la primaire citoyenne est pour dimanche prochain. 


Décidément, ce weekend était pourri.

10 commentaires:

  1. Arno

    Je vais bientôt accoucher... d'un petit garçon
    Accouchement programmé pour le 16 octobre à 20h
    C'est un dimanche...
    Je me suis dit : Seigneur ton jour sera le mien... enfin le sien, je veux dire le nôtre !
    Je l'appellerai Arno : Il sera grand, brun et beau...

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/10/arno/

    RépondreSupprimer
  2. Sarkozy et Merkel ont annoncé des choses impressionnantes, de grandes réformes de l'UE, de l'austérité.
    Moi-même.

    RépondreSupprimer
  3. toujours l'application du même principe
    privatisaons les gains socialisons les pertes

    rien de bien neuf sous le soleil

    RépondreSupprimer
  4. Nous ne sommes pas dupes , ils prennent des rendez vous pour calmer les agences de notation ; vu qu'aucune décision n'est prise par ces incompétents , nous verrons les banques sombrer une à une et ce n'est pas si mal que cela ^^

    RépondreSupprimer
  5. Aucune décision n'a été annoncée car il ne faut pas affoler les marchés avec des décisions qui pourraient être non définitives. La mise en commun des décisions et la diplomatie franco-allemande est essentielle. Tout ne se règle pas en une seule réunion.

    Au fait, dire que la chute de Dexia est la faute des gouvernement et en particulier Sarkozy c'est totalement débile. On croirait entendre les trotkistes.

    Pas trop dégouté de la défaite de Ségo ? Après presque 5 ans elle a enfin compris que c'était fini, la campagne. Au fait, critiquer la "sondagio-démocratie" quand on tweet sur l'impopularité de Sarkozy dans les sondages, c'est assez malin. Va donc rejoindre Jean Populiste Mélenchon, et il te dira de dégager si tu milites à ses côtés.

    RépondreSupprimer
  6. Ils l'ont quand même mauvaise les UMPistes. Mauvais perdant va !

    RépondreSupprimer
  7. En solidarité avec Baylet, les patrons de presse régionale bravent l'Elysée

    ==> http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/10/en-solidarite-avec-baylet-les-patrons-de-presse-regionale-bravent-l-elysee_1585378_823448.html

    Sinon qui va moraliser l'aspirant moralisateur du capitalisme et de la finance mondiale qui ira chercher la moralisation avec les dents !

    RépondreSupprimer
  8. Lundi 10 octobre 2011 :

    Le Premier ministre français François Fillon a estimé lundi que l'Europe se trouvait "sur un volcan qui peut dynamiter à tout moment le continent", affirmant que la crise actuelle pouvait "mettre en péril 60 années de construction européenne".

    "Personne ne doit s'y tromper : nous sommes sur un volcan qui peut dynamiter à tout moment le continent européen, sa prospérité, son contrat démocratique, son unité monétaire, son unité politique", a déclaré M. Fillon dans un discours de clôture de la journée parlementaire du parti du Nouveau centre (NC).

    "Ne croyez pas que j'exagère. Si la faillite d'une banque d'affaires aux Etats-Unis en 2008 a frappé de plein fouet le système financier et a provoqué une récession dans le monde entier, je veux dire que la crise actuelle peut mettre en péril 60 années de construction européenne", a-t-il mis en garde.

    Selon le chef du gouvernement français, "les nostalgiques du protectionnisme, les partisans d'une Europe divisée, les militants d'une sortie de l'euro, toute cette cohorte est à l'oeuvre. Et dans la confusion actuelle, il faut bien reconnaître que leurs arguments peuvent faire mouche auprès de nos concitoyens", a-t-il relevé.

    Abordant le cas spécifique de la Grèce, il a jugé que le pays, "dans une situation difficile, devait renforcer ses efforts. Mais notre devoir de solidarité européenne, c'est de l'accompagner. Dans une famille on ne laisse pas tomber celui qui marche moins vite que les autres, ou alors il n'y a plus de famille", a poursuivi M. Fillon.

    http://www.boursorama.com/actualites/crise-l-europe-est-sur-un-volcan-qui-peut-dynamiter-le-continent-fillon-9f80f84ca7b50e5d1ad1ed0cec3f9420

    RépondreSupprimer
  9. Mister Fillon a tout intérêt à manier la peur pour saisir son auditoire en vertu du principe de sidération (d)énoncé par Naomie Klein dans "La stratégie du choc" : mettre à profit l'état de sidération qui saisit les populations consécutivement aux catastrophes naturelles ou socio-économiques pour leur asséner des mesures brutales et pénalisantes présentées comme seule à même susceptible de rétablir al situation ! Passage en force, démocratie forcée ! Dans le cas présent il s'agit d'aller vers cette p... d'intégration dont personne ne veut. Autrement dit basculer vers moins de souveraineté nationale et plus de FE DE RA LIS ME !!! Le fédéralisme ou le chaos, l'effondrement de tout, la volatilisation de l'épargne des économies, le chômage massif, etc. etc. !!! Ou comment faire progresser l'agenda néolibéral de la mise en place du Nouvel Ordre Mondial (appelation contrôlée déposée par l'oligarchie mondiale qui l'emploie sans fausse pudeur, tSarkomzy n'étant pas le dernier :). donc pas la peine de crier au conspirationisme ou de sortir de sa boîte l'abominable monstre du COM PLOT régulièrement convoqué pour effrayer les crédules :))

    RépondreSupprimer
  10. Résultat des primaires du ps:
    1er Hollande
    2eme Aubry

    Au vu des résultats du scrutin, une chose est certaine,les militants ump se sont déplacés en masse.

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.