11 novembre 2011

L'Euro sombre mais Sarko joue à de Gaulle

Mercredi, il était allé à à Colombey-les-Deux-Églises à l'occasion du 41ème anniversaire de la disparition du Général de Gaulle. L'an dernier, pour le 40ème anniversaire de la disparition du grand homme, Nicolas Sarkozy avait fait les choses en grand. Chapiteau, estrade, caméras, discours fleuve, etc. Cette fois-ci, ce fut plus sobre. Ce vendredi, 11 novembre oblige, Sarkozy jouera encore au chef de guerre pour honorer la fin de la première Grande Guerre. Il est même prévu une inauguration de musée militaire ... à Meaux, dans la commune de Jean-François Copé.

La crise est grave, la récession menace, l'Italie sombre, mais Sarkozy inaugure. Cherchez l'erreur.

Diversions protocolaires
Sur la page de garde d'Elysée.fr, le Général de Gaulle était encore à l'honneur. Nous n'avons pas souvenir - et les archives électroniques du site sont là pour le prouver - d'un tel hommage pour d'autres grands chefs d'Etat du pays. Après tout, si François Mitterrand n'a pas sauvé la France du déshonneur de la collaboration entre 1940 et 1944, il a tout de même marqué l'histoire du pays. On ne reprochera pas à Nicolas Sarkozy d'admirer de Gaulle davantage que Mitterrand. Tout juste pourrait-il s'abstenir de privatiser la Présidence de la République pour ces hommages strictement gaullistes.

Ce mercredi 9 novembre, il avait pris son gros hélicoptère présidentiel pour débouler à Colombey-les-Deux-Eglises, serrer quelques mains, et se faire photographier seul devant l'immense Croix de Lorraine puis la tombe du Général pour le traditionnel dépôt de gerbe. Depuis un an qu'il se re-présidentialise, Sarkozy cherche des symboles. Il a même parcouru quelques mètres à pied pour se rendre dans un restaurant voisin. L'envoyé spécial d'un quotidien local a été enthousiasmé par ce « bain de foule »: « le président est invité à signer un livre d'or. La chaleur de Benghazi dans le fief de De Gaulle ». Fichtre !

Protocole encore, le Monarque inaugure un musée en l'honneur de la Grande Guerre.
Le député-maire, avocat d'affaires Et patron par procuration de l'UMP présidentielle, l'avait annoncé il y a trois ans, le 8 novembre 2008. Pour cette opération, Copé a attiré pas mal de jolis mécènes, tels Véolia, Eiffage, Crédit Agricole, Casino et même Disney Paris. Le musée, 7.000 mètres carrés, a été installé sur les lieux mêmes de la bataille de la Marne.

Catastrophe européenne
En coulisses, le Monarque est au bord de la panique. Il ne sait plus comment contenir la crise, la grande catastrophe, le scénario tant redouté. Son grand show des 26-27 octobre derniers (psychodrame à Bruxelles puis intervention télévisée à Paris) a été bien vite oublié. Nous n'avons pas évité la « catastrophe ». Nous sommes toujours au bord du précipice.

1. La pression des marchés a eu la peau de Silvio Berlusconi, qui a démissionné mercredi. Mais les taux d'intérêts des prêteurs à l'Italie se sont encore inflatés. Les traders n'y croient plus. Mercredi puis jeudi, les Bourses ont encore flanché. Quelle est la différence entre l'Italie et la France ? L'Italie, au moins, dégage un excédent budgétaire. L'Italie doit aussi emprunter 400 milliards d'euros cette année sur les marchés, la France environ 200 milliards. Le Fond européen de Stabilité financière n'est pas crédible. Il a péniblement décroché 3 milliards sur les marchés en début de semaine.

2. Les marges de manoeuvre sont quasi-nulles. Quelques consoeurs et confrères rappellent, à juste titre, que les Etats européens ont abandonné toute politique monétaire depuis l'aube de l'intégration financière européenne; que l'interdiction faite à nos banques centrales de prêter à leurs propres Etats a précipité ces derniers dans les bras de banquiers et marchés privés; que cette privatisation de l'endettement s'est accompagnée, surtout depuis 2000, d'une large défiscalisation générale qui a amoindri les recettes publiques. Sur son seul quinquennat, Nicolas Sarkozy a fait cadeau de quelques 72 milliards d'euros de réductions fiscales (et ceci n'a rien à voir avec la crise !). Ajoutons des dépenses sociales, notamment les assurances maladie et chômage, qui n'ont cessé de progresser à cause du vieillissement et de la précarisation, et la boucle est bouclée.

3. La récession menace en Europe. Jeudi 10 novembre, la Commission européenne s'est inquiétée: « la chute brutale de la confiance freine l'investissement et la consommation, tandis que le ralentissement de la croissance mondiale limite les exportations et que l'assainissement budgétaire à opérer d'urgence pèse sur la demande intérieure ». Et elle prévient: « la croissance s'est arrêtée en Europe ».

France en panne
Jeudi, la même Commission européenne a réévalué à la baisse la prévision de croissance française: 0,6% et non le 1% que Sarkozy venait juste de reconnaître. Notre Monarque a toujours un train de retard. Barroso a aussi demandé davantage de rigueur au gouvernement Sarkozy. Quel affront ! Le couple Sarkozy/Fillon venait juste de nous annoncer « le budget le plus rigoureux depuis 1945 ». En panique, François Baroin et Valérie Pécresse ont lâché l'après-midi même un communiqué pour rassurer Bruxelles que « l'engagement de ramener le déficit à 3% du PIB en 2013 puis à l'équilibre en 2016 sera tenu ».

Il ne reste à Angela Merkel et surtout Nicolas Sarkozy qu'à mendier quelques centaines de milliards d'euros de prêts et garanties à ... la Chine. Quel sera le prix à payer cette fois-ci ? Sarkozy se courbait déjà en 2008 devant la « formidable organisation » des Jeux Olympiques de Pékin. Quelle sera la prochaine courbette ? La Chine est le pire des modèles de développement, une dictature politique et sociale, et un monstre pollueur.

Last but not least, une très mauvaise nouvelle est tombée... pour Nicolas Sarkozy: le SMIC va enfin augmenter. Depuis qu'il a été élu, Sarkozy a rarement été rigoureux sauf sur un sujet, la revalorisation du SMIC. Dès le début de son quinquennat, le Président des Riches avait soigneusement veillé à ne donner aucun coup de pouce au salaire minimum, malgré la multiplication des hausses tarifaires ici ou là. Pire, depuis janvier dernier, l'échéance de revalorisation avait été régulièrement repoussée. Celle de juillet fut ainsi décalée en août, puis à l'automne. Malheureusement pour lui, l'inflation du pays avait repris.  L'indexation du SMIC est automatique et légale si l'inflation dépasse 2% sur 12 mois glissants, ce qu'elle a fait au 10 novembre. Le 1er décembre prochain, le SMIC sera ainsi revalorisé de 2,1%.


12 commentaires:

  1. Charles de Gaulle c'était ça.........

    http://www.u-p-r.fr/dossiers-de-fond/de-gaulle-et-l-europe/introduction-3

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  2. Ce n'est pas qu'il " admire " De Gaulle... voyons !!! Il fait exactement l'inverse de De Gaulle dans tous les domaines.... (sociale économique et bradage de la souveraineté du pays ) mais il tente tout simplement de banaliser l'action et la légende de ce grand homme d'état et en même temps de s'approprier son image.Un comble ! Une usurpation....

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  3. Chacun se souviendra que tSarkomzy n'a pas de conviction ; ou plutôt ce qui lui en tient lieu c'est le pragmatisme ! Autrement dit l'art d'exploiter tout ce qui se présente en fonction des opportunités !

    Sachant par ailleurs que ce personnage mise sur le fait que l'électeur lambda a une mémoire politique limitée à un an, on recommandera à l'électeur lambda en question de neutraliser la dernière année de mandat de l'hôte temporaire de l'Elysée et de se forger son opinion sur le bilan des quatre premières !

    En se souvenant par exemple qu'à peine en poste, il a fait multiplier par trois le montant de son traitement ! Mesure qui ne figurait pas dans le matériel de campagne sur la base duquel il a été recruté pour le job !

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  4. De Gaulle, même si sa politique ne plaisait pas à tous, au moins lui n'etait pas un homme malhonnète avec l'argent des francais, pas d'enrichissement personnel sur le dos des citoyens.
    Hormis la guerre d'algérie, c'était quelqu'un de bien, le sarko en voulant un peu lui ressembler se regarde dans un miroir déformant.

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  5. La première guerre mondiale n'est pas "la première Grande Guerre" mais la "Grand Guerre" tout court. Merci de corriger cette coquille.

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  6. Ca c'est ce qui s'appelle "chercher des poux sur la tête" peut-être voulez-vous parler de 1870, si c'est cela 70 n'a jamais été un conflit mondial, sinon je ne vois rien d'autre avant.

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  7. Vendredi 11 novembre 2011 :

    Grèce : l'extrême droite au gouvernement, une première depuis 1974.

    L'extrême droite est représentée par deux ministres dans le nouveau gouvernement grec de coalition, une première depuis le retour de la démocratie en Grèce en 1974 après la chute de la dictature des colonels, a indiqué un communiqué officiel vendredi.

    Makis Voridis a été nommé ministre des Transports, et Adonis Georgiadis, au secrétariat d'Etat au Développement et à la Marine marchande.

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  8. Grèce : une photo ahurissante.

    Le nouveau gouvernement de coalition grec dirigé par Lucas Papadémos a prêté serment, vendredi 11 novembre, à la résidence présidentielle.

    Lors d'une imposante cérémonie d'intronisation, des prêtres orthodoxes conduits par l'archevêque d'Athènes ont béni le nouveau premier ministre et son gouvernement, dominé par les membres du parti Pasok (socialiste) et de Nouvelle Démocratie (droite).

    Deux des nouveaux ministres sont d'extrême-droite, ce qui est une première depuis la chute de la dictature des colonels en 1974.

    Sur la photo, le nouveau Premier ministre Lucas Papadémos prête serment devant les religieux de l'Eglise orthodoxe.

    L'extrême-droite et l'Eglise orthodoxe : deux valeurs sûres en Grèce.

    Regardez cette photo ahurissante :

    http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-15691697

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  9. Au petit machin : "T'es pas de Gaulle, t'es sa rature !"

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  10. @Anonyme de 15:05 : Un des noms donnés de à la première guerre mondial est la "Grande Guerre". On ne nomme que la première guerre mondiale en tant que "Grand Guerre"; Dans ce cas, dire "la première Grande Guerre" est faux puisque cela signifierait qu'il y a eu d'autres "Grandes Guerres". C'est un détail, mais un détail qui compte :)

    D'ailleurs le musée qui a été inauguré par Sarko aujourd'hui dans la ville de Copé est "Le Musée de la Grande Guerre".

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  11. Et pendant la semaine ou notre monarque essayait de gonfler ses petits bras musclés, la Grèce et l'Italie se cherchainet des "responsables" politiques.

    A chaque fois qu'un nom était avancé, le Marché chutait ou remontait.

    Les "responsables" ont été désignés (ou virés) en fonction de la réaction des bourses.

    A quoi servent les gouvernements si c'est la "main invisible du Marché" qui décide qui doit gouverner ?

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  12. Ladies and gentlemen, nous devons intégrer que la démocratie est réduite à l'état d'une enveloppe qui n'enferme plus guère de contenu. Les 99% subissent une lutte impitoyable de la part des 1% (qui bénéficie tout de même dela complicité passive ou active d'une partie des 99 !). Leur appêtit de pouvoir et de dominantion est insasiable. Avec des mots choisis pour masquer autant que faire se peut leurs intentions, ils endorment la population et la bercent d'illusions concernant des lendemains meilleurs pour prix des sacrifices consentis dignement aujourd'hui !

    L'appel au sacrifice, manié en tant que baton et carotte : punition et flatterie ! Ca ressemble à s'y méprendre aux ressorts psycho-sociaux du mécanisme de contrôle social que fut pendant plusieurs siècles ...

    Seule une prise de conscience importante peut permettre de contrarier le déroulement de ce scénario liberticide qui s'accomplit depuis près de 40 ans ! Le coup d'envoi fut le coup d'Etat militaire de Pinochet pour renverser Allende le socialiste. Les chicagoboys de Miltion Friedman déboulère alors pour lancer la première expérience de néo-libéralisme, contre-révolution néo-conservatrice, grandeur nature. Une dictature pour conduire cette expérience pilote : tout un programme !

    Aujourd'hui, la dictature prend des formes plus compatibles avec la sensibilité de nos vieilles démocraties qui nous semblent éternelles ! Quelle meilleure position de force pour mener bataille que de prétendre agir au service et dans l'intérêt des populations qu'en fait on veut méthodiquement circonvenir.

    Nosu sommes en qq sorte à bord d'un paquebot dont une bande de pirates aurait pris le contrôle tout en se faisant passer pour les membres d'équipage dont ils auraient revêtu les uniformes. Les passagers conservent leur confiance aux officiers qui tiennent la barre et à ceux qui décident du cap et tracent la route. Ils ignorent qu'ils sont déroutés vers une toute autre destination : au lieu du paradis promis sur les prospectus, ils sont désormais dirigés vers l'enfer !
    Sauront-ils réagir à temps, fut-ce in extrémis ... avant que l'irrémédiable ne soit accompli ?

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