20 novembre 2011

Nucléaire: les caricatures atomiques de Nicolas Sarkozy masquent sa peur.

Ils n'ont rien compris. Les éditorialistes professionnels se sont précipités comme des lions affamés sur un morceau de steak. Il fallait dire quelque chose de l'accord électoral entre Europe Ecologie Les Verts et le Parti Socialiste.

La négociation cet accord a aussi été l'occasion d'un déchaînements de critiques caricaturales de la part de la totalité du camp sarkozyste. La meute s'est lâchée, et même le Monarque a cru bon d'y perdre ses nerfs. Cette crise de nerfs, au sommet de l'Etat, alors que le pays avait quelque peine à emprunter à un taux décent sa tranche de 7 milliards d'euros pour financer ces déficits, illustrait bien combien cette alliance électorale faisait peur au Palais de l'Elysée.

Un accord pour virer les députés UMP
Cette négociation ne fut pas sans rebondissements, mais ces derniers étaient somme toute bien légers et prévisibles. Les écologistes sont favorables à une sortie du nucléaire, les socialistes non. Il était assez évident qu'il faudrait de la dispute et du compromis pour parvenir à un quelconque résultat. Les journalistes politiques avaient soif de chroniques politiques. Le président français joue encore à cache-cache.

Il fait campagne sans se déclarer candidat. Il n'a aucun programme à part faire des études qualitatives pour déterminer qui il doit caresser et sur qui il doit taper à chacun de ses déplacements provinciaux hebdomadaires. Ses suppôts sont bien en peine de défendre un bilan - on le cache derrière la Grande Crise - ou un programme pour 2012.

Quand le camp écologique se dota d'une candidate, à l'issue de ses primaires, l'Elysée s'interrogeait. Certes, l'opposition se divisait. EELV avait récolté de si bons scores aux élections intermédiaires (européennes, régionales) qu'il était toujours une bonne nouvelle de constater qu'ils décidaient de faire camp à part pour le scrutin présidentiel. Mais cette division permettait aussi d'élargir les suffrages. Seulement voilà, les écologistes n'avaient pas abandonné l'idée de sécuriser un accord électoral pour les ... législatives.

Nicolas Sarkozy, François Fillon, leurs sbires et autres lieutenants de propagande faisaient semblant de ne pas comprendre. François Hollande ne négociait rien. L'objet n'était même pas un contrat de gouvernement. Il ne s'agissait que d'un accord électoral pour s'allier et débouter l'UMP de ses circonscriptions. Jeudi matin, Cécile Duflot expliquait que l'accord consacrait une alliance mais reconnaissait des désaccords.

D'où le stress, l'inquiétude, la peur tétanisante qui frappa cette Sarkofrance.

Le stress à l'Elysée
Avez-vous entendu Nicolas Sarkozy, jeudi matin au lendemain de l'accord écolo-socialiste ? On aurait cru une déclaration de guerre. Sarkozy s'est pris un instant pour le de Gaulle d'une France envahie par de dangereux saboteurs, des traîtres à la nation nucléariste. Fallait-il qu'il soit inquiet pour s'exprimer ainsi, et sortir de sa posture reculée qu'il s'est imposée depuis un an pour se « présidentialiser »...

« Je ne laisserai pas remettre en cause ce qui est un atout exceptionnel et je ne laisserai pas dilapider l'héritage industriel et énergétique bâti ces cinquante dernières années. »

Depuis toujours, et surtout depuis Fukushima, Nicolas Sarkozy refuse tout débat sur le nucléaire. Le sujet est tabou. Quiconque critique la politique nucléariste française est traité de fou, d'irresponsable. Pour se défendre, il est prêt à raconter n'importe quoi, comme sur le coût de cette énergie.
« Les industriels paient leur énergie 40% moins cher que les autres pays européens, grâce à cette filière industrielle du nucléaire, toutes les familles politiques françaises ont porté cet effort national sans précédent qui a permis à la France d'être au premier rang, je ne laisserai pas brader cet avantage en France, ce serait irresponsable.»

Aurait-il peur d'un référendum ?

Les conventions inutiles de l'UMP
A l'UMP, on organise des conventions. On tente de motiver les troupes. L'assistance est âgée, oisive et retraitée. Sur l'estrade, des responsables du Parti et des ministres en cascade dont on se demande s'ils ne sont pas plutôt payés pour officier dans leur ministère.

Cette semaine, justement, l'UMP avait opportunément organisé une convention sur l'écologie. Il y avait de quoi faire.

Les conseillers élyséens avaient choisi l'attaque, coordonné les arguments. Les mêmes éléments furent donc répéter par les perroquets de Sarkofrance. Un clip publicitaire, évidemment coûteux, fut lancé sur Dailymotion. On y voyait un dentiste opérer un patient avec une roulette allumée comme une tronçonneuse à pétrole. Quelle finesse de l'argumentation !

Il y a une semaine, Jean-François Copé avait « demandé » à François Hollande de cesser toute négociation. Il rebondissait d'ailleurs sur les déclarations partisanes du patron d'EDF placé par Nicolas Sarkozy: « Avec les déclarations d'Henri Proglio, il (François Hollande) a le meilleur prétexte pour interrompre, dans l'intérêt de la France, ses discussions stériles avec ces Verts qui n'ont rien d'écologique (…) qui sont proches de l'extrême gauche ». Il fallait rappeler à Copé que Nicolas Hulot aussi venait de se déclarer contre la poursuite du nucléaire.

Copé aurait dû débattre du bilan écologique de son Monarque. Nathalie Kosciusko-Morizet agissait tel un disque rayé, répétant sur toutes les ondes le même message: « Je ne crois pas aux partis spécialisés. (...) le parti spécialisé sert d'alibi pour le parti principal de la plate-forme politique, à gauche en l'occurrence, le Parti socialiste. Vous avez un parti de gouvernement qui en fait ne fait pas son travail sur l'écologie et qui le sous-traite au parti spécialisé ».

Mais assume-t-elle le maigre bilan de son propre monarque ? Le nucléaire s'incarne désormais par Fukushima. La consommation d'énergie primaire est restée stable depuis 2007, tout comme la pollution de l'air; les efforts ou encouragements d'économies d'énergie ont été inexistants. Quatre ans après le Grenelle de l'Environnement, les belles promesses, par ailleurs timides, ont été abandonnées: report de la taxe poids lourds, assouplissements des seuils de pollution de pesticides, attentisme en matière OGM, autorisation de circulation des 44 tonnes, abandon progressif de la fiscalité verte. Et que dire du gigantesque échec du sommet de Copenhague tant publicisé par notre Monarque en 2009 ?

Sur un sujet aussi simple et consensuel que la pollution des plages bretonnes par les algues vertes, Nathalie Kosciusko-Morizet a ... attendu les tests. La ministre de l'eco-industrie attendait des preuves... Elle avait même préparé son décret alléger les normes actuelles d'épandage de déjections animales azotées sur les terres agricoles, on a cru au cauchemar.

Ecologiste de pacotille, la ministre a même autorisé l'extension de la chasse au pigeon ramier et autoriser la chasse de la bernache du Canada en France jusqu’au 10 février 2015.

Qui est le pigeon ?

Un lobby nucléaire mobilisé
Le lobby nucléaire s'est aussi mobilisé. Henri Proglio, président placé à la tête d'EDF par notre Monarque, s'est permis une salve très politique: « Sortir du nucléaire en France (...) augmenterait probablement de 50% les émissions de gaz à effet de serre à cause de l’utilisation du charbon, du gaz et du pétrole pour remplacer le nucléaire» a-t-il expliqué au Parisien lundi dernier. Cela « impliquerait un investissement de 400 milliards d’euros pour remplacer le parc existant par des moyens alternatifs, ce qui se traduirait par un doublement de la facture d’électricité ».  Le patron d'EDF dénonçait la disparition d'un million d'emplois en cas de sortie du nucléaire, « dont 400.000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire, 500.000 emplois dans les entreprises actuellement localisées en France et très gourmandes en énergie, comme l’aluminium, qui risquerait de partir à l’étranger » et « 100.000 emplois futurs provenant du développement du nucléaire mondial à partir de la France ». 

Proglio se trompe, ou ment. C'est selon. On se souvient comment il souhaitait conserver son double salaire. Cette fois-ci, le bordel est ailleurs. La filière nucléaire n'emploie directement, sous-traitants compris, que 100.000 personnes en France. Son estimation des emplois indirects est bien brute, sans mesurer les emplois à créer dans les énergies alternatives. Quand aux 100.000 emplois futurs, Proglio est si visionnaire qu'il en devient Houdini.

Le million est une chimère. Henri Proglio a déjà une conception toute relative de la liberté d'expression. La Tribune publie un article révélant qu'EDF souhaiterait se désengager de l'EPR au profit de centrales plus rentables. Sacrilège ! EDF annule tous ses investissements publicitaires dans le journal.

Sarkozy, apprenti sorcier atomique.
Il faudrait enfin rappeler l'essentiel. Nicolas Sarkozy, depuis son élection en mai 2007, a usé et abusé d'une diplomatie atomique. Il a même créé une agence, France Nucléaire International, en mai 2008, pour apporter « l’expertise française aux États étrangers qui souhaitent préparer leur environnement institutionnel, humain et technique à la mise en place d’une filière nucléaire civile, dans le respect des normes les plus strictes en matière de sûreté, de sécurité, de non prolifération et de préservation de l’environnement ».

Il a aussi tenté de vendre la technologie nucléaire française un peu partout dans le monde et même dans les pires autocraties. Même la Libye du boucher Kadhafi eut droit à son contrat. Tout comme l'Algérie, la Tunisie (de Ben Ali), l'Afrique du Sud, l'Inde, l'Arabie Saoudite, Abou Dhabi, l'Egypte. Notre Monarque avait même précisé, en novembre 2007, que l'Iran avait droit au nucléaire civil s'il renonçait à son programme militaire.

Nicolas Sarkozy a joué au Docteur Folamour.

Un irresponsable qui donne aujourd'hui de leçons.


10 commentaires:

  1. Personnellement l'accord PS-EELV me paraît être un rideau de fumée (beaucoup de belle parlote pour pas grand chose de concrêt) afin de dissimuler les négociations qui ont eu lieu parallèlement concernant les circonscriptions.
    Politicard et puant.
    J'ai l'impression de revivre les années Hollande à la tête du PS.
    Donc les gesticulations de la majorité me semble être conformes à l'habituel jeu de rôle politicien et ne mériteraient même pas d'être relevées.

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  2. y a rien à dissimuler
    le système électoral français (uninominal à 2 tours) est une machine à broyer les petits partis sauf à s'allier avant avec un grand parti pour ne pas avoir sa concurrence dans certaines circonscriptions et pouvoir envisager d'avoir quelques élus

    c'est ce que fait EELV , c'est son droit le plus strict

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  3. J'en parlerai à mon Chevènement.

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  4. Chevenement c'est Hibernatus, il y a un temps de latence dans son cerveau, il se presente aux primaires socialistes et personne n'ose lui dire qu'elles sont terminées. Moi je lui dirais que François Mitterand soutient sa candidature pour rigoler. mdr

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  5. "L'objet n'était même pas un contrat de gouvernement. Il ne s'agissait que d'un accord électoral..."
    Mais alors pourquoi ne pas appeler les choses par leur nom Bor.. de M... ? C'est aussi de cela que les citoyens ont marre. Qu'on n'appelle pas les choses par leur nom et qu'on ne leur explique pas clairement et simplement les choses.
    Bien évidemment que ni l'un ni l'autre n'allait appliquer le programme de l'autre ! Sinon il n'y aurait pas deux partis, deux candidats et deux programmes !
    Moi je dis et je répète que tout le problème vient de l'élection du président de la république au suffrage universel direct qui est une monstrueuse connerie sans nom. Il génère ce genre de quiproquo, ou encore le coup d'Eva Joly qui se met en "recul" pendant que le parti fait sa petite tambouille, et encore je ne parle même pas du "coup du 21 avril" qui fait que, au final, on se demande bien pourquoi il y a plus de deux candidats à cette élection puisque voter pour un autre que ces deux là est un crime abominable. On mêle à la présidentielle, la législative.
    Le France ne parvient pas à se débarrasser de ses relents royalistes. La Fronce est toujours inconsciemment royaliste. Elle va élire son roi.
    Alors contentons-nous de les législatives, que les chambres se choisissent un président pour toute la législature et basta !

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  6. Concernant le prix de l'électricité d'origine nucléaire, je crois avoir lu en son temps que ce prix ne prenait pas en compte le coût du démantèlement des centrales. Or, même si on continue à produire de l'électricité nucléaire, les centrales actuelles ne sont pas éternelles, il faudra bien un jour en démonter pour en construire d'autres. A ce moment là le prix de l'électricité devra prendre en compte le coût de construction d'une nouvelle centrale et le coût de démolition d'une ancienne et là je crois que personne n'en connait réellement le montant.

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  7. Superphénix, arrêté an 1998, est en cours de démantèlement, jusqu'en 2027 (trente ans). Il a fallu dix ans pour le contruire. Ce sur-générateur a fonctionné pendant environ onze ans.
    Selon Wikipedia, sur les 58 réacteurs français, 16 ont plus de trente ans ; l'âge moyen d'un réacteur en France est de 26 ans ; la durée de vie généralement planifiée est de 40 ans.
    Toujours selon Wikipedia : au rythme actuel, les réserves mondiales d'uranium couvrent trente et un ans de production.

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  8. Laissons un moment de coté les considérations politiques, le qui et le comment, les hystériques d'EELV et autres alignés du ps.
    Bien à l'abri, masqué par l'habituelle absence politique crois le lobby nucléaire.
    AREVA, fort de son tarif bloqué pendant 25 ans ( 73$ la livre ), estime qu’il reste de 70 à 90 ans de réserves mondiales
    au rythme de consommation actuel (RCA)
    Estimation qui ommet comment seront remplacés les 40% proviennant du recyclage des armes nucléaires Russe.

    Pour l'OCDE, c'est même mieux, les réserves d’uranium exploitables au prix de 130 dollars le kilo pourraient suffire pendant encore 100 ans RCA, en ommettant toutefois la spéculation boursiere, cette matière première ayant presque doublé, preuve de sa raréfaction.

    Mais tout cela ne sont que des chiffres, et comme le pétrole, nous continurons à en acheter quelque soit sont cout.

    Le pire est qu'ils ne sait pas comment "démenteler" les centrales, pas plus qu'ils ne savent que faire des déchets.
    La durée de vie passe alors de 40 à 60 ans d'exploitation comme par magie, on inaugure des sites d'enfouissement (laboratoire de Bure), sans solution viable, on retarde l'échéance, encore et encore.
    Quelle blague de mauvait gout.

    Cerise sur le gateau, sarkollande nous en construit une nouvelle avec l'accord de machin-les verts, moyennant circonscriptions.

    C'est pas beau la politique ?

    Vu le cadeau, nos descendants vont vraiment nous adorer.
    Quand à nous, les bombes, les centrales, on ne nous a pas demandé. Il faut faire avec et vu le temps qu'il faudra pour passer à une autre énergie, autant s'y mettre tout de suite

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  9. La gauche doit s'unit coûte que coûte pour battre sarko ; il est évident que ses portes flingues vont réagir sur le plus petit détail , au premier tour tout le monde se compte (et il y va du financement de ces partis ) au second tour par contre pas une voix de gauche ne devra manquer , car je ne peux imaginer un autre 21 avril , donc il faudra se serrer les coudes

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  10. Je n'ai aucune connaissance sur le sujet, toutefois il me semble peu probable de stopper le nucléaire en France d'un claquement de doigt, il faut être tout simplement réaliste.
    Par contre le lobby nucleaire doit laisser des solutions alternatives se mettre en place. Il faut que le pourcentage d'électricité produit en France par le nucleaire diminue petit à petit... Mais il est vrai que tellement de potes à Sarko sont planqués dans ces organes, dont Proglio bien sûr, 65 piges au compteur et qui a vu ses revenus indécents augmenter. Penser à son cul est la première valeur de ces copains du Président;

    L'électionde Sarko en 2012 va tout simplement dépendre du nombre de riche restant en france. Comme ils sont pro Sarko, tous les petits patrons, chef d'industrie, aristocrates, voteront pour lui...On verra s'il y en a autant en 2012 qu'en 2007....

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