1 décembre 2011

2008-2011: Sarkozy à Toulon, mauvais remake.

Il l'a préparé, ce discours. Henri Guaino y planche depuis lundi. Il paraît que ce sera l'un des discours marquants du quinquennat. Comme en 2008. A l'époque, Nicolas Sarkozy était venu au Zénith de Toulon le 25 septembre. 10 longs jours après la disparition de la banque Lehman Brothers et le premier crash boursier. Trois ans plus tard, il y retourne. La démarche est curieuse. Pourquoi donc ce remake de l'un des plus détestables souvenirs de la mandature Sarkozy ?

Le discours de Toulon du 25 septembre 2008 fut emblématique de la présidence Sarkozy à plus d'un titre: une diversion, une rupture et un échec.

Une diversion
Rendons grâce à Nicolas Sarkozy sur un point au moins: le discours de Toulon avait d'abord permis de masquer 10 longs jours d'immobilisme pendant lesquels Nicolas Sarkozy était resté sans voix face à un effondrement financier et boursier qu'il ne comprenait pas. Longtemps, les communicants de Nicolas Sarkozy se sont fichus de nous, en réécrivant l'histoire d'un Monarque français à la pointe de la riposte contre la Grande Tourmente, dès les premiers instants. C'était faux. Nicolas Sarkozy n'avait rien compris.

Quelques mois auparavant, alors que la crise des « subprimes » frappait déjà les Etats-Unis de plein fouet, Nicolas Sarkozy, candidat puis président, s'échinait à vanter le tout-crédit. Quand les premiers établissements américains font faillite durant l'été 2007, la Sarkofrance ne réagit pas. Christine Lagarde nous promet toujours un grande croissance. Six mois plus tard, dès avril 2008, l'emploi intérimaire s'effondre. Les CDD échus viennent grossir les rangs des chômeurs. La défiscalisation des heures sup' avait accéléré la dégradation de l'emploi.

Ce jour-là, le 25 septembre 2008, Nicolas Sarkozy avait donc réservé le zénith comme pour un vieux concert de Johnny Halliday. Il lisait le texte de son discours avec attention, le teint quasi-blafard, les épaules tressautant trop régulièrement. 

En septembre 2008, quelques jours après la disparition de Lehman Brothers (le 15), c'est Gordon Brown, le premier ministre britannique du moment, qui fit comprendre à ses collègues européens, et Sarkozy le premier, combien l'économie risquait en fait d'un gigantesque credit crunch, un resserrement généralisé du crédit aux entreprises. Les banques ne se faisaient plus confiance les unes aux autres.

Une rupture
Le discours de Toulon fut aussi une rupture. Il symbolisa même la « rupture dans la rupture », le coup d'arrêt à nombre de réformes iniques. Sarkozy avait déjà beaucoup fait, notamment en matière économique et fiscal avec son « paquet TEPA » : défiscalisation partielle des heures supplémentaires et des intérêts d'emprunts, suppression des droits de succession pour les plus riches, renforcement du bouclier fiscal pour les grandes fortunes, etc. Mais sa feuille de route était encore longue.


A Toulon, Sarkozy dut endosser un costume imprévu: celui du régulateur et du protecteur. Il se transforma en « Sarko le Gaucho ». Il voulait sanctionner « les responsables de ce naufrage », « au moins financièrement ». Mieux, « le marché tout puissant, c'est fini ». Mais attention, « Renouer avec le collectivisme (...) serait une erreur historique ». La France aurait-elle un jour connu le « collectivisme » ? Finalement, les méchants traders ne subirent qu'une modeste et indolore taxe. Et trois ans plus tard, ils pouvaient tous nous narguer et nous menacer. Nicolas Sarkozy ne jugeait plus que par le Triple A de trois agences de notation. La réalité fut cruelle pour le petit Monarque.

Le Monarque nous livra une histoire, sa vision des causes de nos tourments du moment: quelques traders et banquiers auraient abusé du système capitaliste. Il fallait rétablir la confiance dans le système, et, croyez donc le candidat Nicolas:  « On ne rétablira pas la confiance en mentant ». Sans rire ? Trois ans plus tard, les marchés n'ont plus confiance. Sarkozy aurait-il menti ?

Un échec
Mais surtout, ce premier discours de Toulon n'a débouché sur rien. Avec le recul, le décalage entre cette nouvelle salve de promesses péremptoires et la réalité des résultats obtenus est terrible. Le bilan est loin d'être fameux.

Certes, Sarkozy promit que l'Etat se porterait garant de l'épargne des particuliers. Et la garantie fut effectivement portée à 100.000 euros par compte. Sarkozy suivait tous ses collègues européens qui avaient déjà annoncé de similaires garanties, allant même, parfois, jusqu'à nationaliser leurs banques défaillantes.

Mais en réalité, le discours de Toulon fut très pauvre en annonces ou vision.

1. Le Monarque promit d'encadrer les parachutes dorés, pas de les interdire. Il promit également de réguler le mode de rémunération des dirigeants des banques. Rien de plus. Plus tard, son soutien aux banques sans contre-parties autre que des agios le privèrent de tout levier. Il fallut attendre janvier 2010 pour que Christine Lagarde nous promette une taxe sur les bonus bancaires, finalement bien modeste (moins de 400 millions d'euros) et temporaire.

2. A l'international, Sarkozy oeuvra pour que les paradis fiscaux... changent de nom. En France, 18 mois après le discours de Toulon, la Cour des Comptes s'inquiète que les banques françaises ainsi aidées n'aient finalement pas davantage prêté aux entreprises.

3. Il proposa de généraliser les stock-options au plus grand nombre de salariés, alors que les Bourses s'effondraient. Cette mesure ne fut jamais appliquée. 

4. Il répéta surtout qu'il ne changerait pas de politique, pas d'austérité évidemment. Sarkozy pressentait-il que la dizaine de milliards d'euros annuels qu'il venait de cramer en inutiles cadeaux devait être remise en cause ? Il mentit. Nous eûmes droit à des micro-plans de rigueur à répétition, le plus souvent à sens unique.

5. Sarkozy se limita à quelques rappels bien étroits: « Je n'accepterai pas des hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français. Mon objectif est de rendre du pouvoir d'achat aux Français, non de leur en prendre ». Trois ans plus tard, on sourit. Sarkozy a créé une quarantaine de nouvelles taxes. Rien que ça.

6. Autre et maigre annonce de l'époque, la réduction du nombre de fonctionnaires se poursuivra. Pour le coup, il a tenu cette promesse. Nicolas Sarkozy avait simplement oublié de nous préciser que l'économie budgétaire serait quasi-nulle... 

Toulon est une terre de promesses... non tenues.

Les vraies raisons
Si Sarkozy vient à Toulon, ce jeudi, discourir sur l'Europe et la crise, c'est pour s'afficher président au travail, comme il y a trois ans. Depuis quelques jours, une sale musique le dérange dans les médias: Sarkozy se planque, se cache mais se montre. Il n'est pas candidat, mais il fait campagne. Il ne se dévoile pas, de peur de prendre des coups et de justifier son bilan. C'est un candidat en fuite.

Il était déjà revenu depuis à Toulon. Mais ce premier jeudi de décembre 2011, il fallait nous faire croire que l'intervention serait « historique » ou « marquante ». Le Figaro s'y est attelé dès mardi: « Ce jeudi, Nicolas Sarkozy prononcera à Toulon un deuxième discours sur la crise et l'Europe, trois ans après le discours de Toulon, devenu depuis l'une des références du quinquennat ».

La crise s'est aggravée. Le Monarque veut nous faire croire qu'il reste ce président protecteur dans la tourmente, équilibré dans l'action. Il fallait l'écouter, dès mardi, devant quelques agriculteurs silencieux. Son immodestie l'aveuglait encore.

Il n'est plus qu'une marionnette allemande. Pour ce nouveau discours à Toulon, il espérait convaincre Angela Merkel d'une énième nouvel accord franco-allemande. Les Bourses s'en fichent. Elles étaient euphoriques pour quelque heures depuis qu'un consortium de banques centrales occidentales s'étaient décidées à « matcher » la spéculation conte l'euro. Certains se sont refaits.

Ses plans de rigueur et autres déclarations ne convainquent plus. Il a oublié le chômage au détriment du chômage, qui progresse. Le candidat du travail n'est plus que le président des agences.


les mots ont un sens : Sarkozy et la crise... par politistution

9 commentaires:

  1. Toulon une référence du quinquennat ? Je me gausse doucement (c'est encore tôt). Ceux qui affirment doctement cette chose essayeraient de nous faire prendre des vessies pour des lanternes qu'on en serait pas autrement surpris (C'est le Figaro bien sûr, ils vont devenir de plus en plus drôles lorsque la campagne entrera dans le "dur").
    Le président cause, c'est le moment parfait pour vaquer à de plus saines occupations que d'ouir un discours de plus où il va encore esquinter la grammaire, la conjugaison et la syntaxe c'est trop cruel.
    Puis l'historique et le marquant avec Nicolas Sarkozy... La motivation a un coup dans l'aile, l'intérêt mou du genou et puis bof..

    RépondreSupprimer
  2. "Il l'a préparé, ce discours. Henri Guaino y planche depuis lundi."

    ==> Ca va encore donner un truc du genre : "Je comprends rien de la moitié de ce que je lis" !

    RépondreSupprimer
  3. Lu dans "Sarkozy: la marionette de Merkel" sur :
    http://intox2007.info/?p=3844
    "S’il a été un Hooliganisme en col blanc, le sarkozysme de fin de règne sent le moisi, le cadavre, le rance, la poche à urine faisandée et le vomi de fin de match du PSG. Ils n’avancent plus, ils ne sont plus conscients (Morano effect) et cherchent à bouffer les autres (chômeurs, pauvres etc..) : Les sarkozystes sont des zombies politiques."

    Il faut esperer que les conseillers en "elements de language" et autres communiquants de l'Elysee liront cette opinion largement partagee.

    RépondreSupprimer
  4. la marionnette de Mrkel va encore s'agiter au bout de ses fils

    RépondreSupprimer
  5. Les grands Présidents écrivent leurs discours...
    De toutes façons....Ce sera une grande épreuve de communication. Langue de bois, aveuglement, pipeau, encore une fois il sera terriblement ridicule. Si quelqu'un manque d'envergure c'est bien lui...
    De toutes façon avec un bras cassé comme Pecresse au budget....A part lui polir le baigneur je ne vois pas à quoi elle sert.... Et elle n'est pas seule !

    RépondreSupprimer
  6. Si on se place du point de vue des faucons américains, Nicolas Sarkozy a brillament rempli son contrat.
    1) il a fait rentré la france dans l'OTAN et en a fait un caniche
    2)Il a planté financièrement le pays, comme Bush, pour que les socialo-communistes soient pieds et mains liés.
    3) Il a fait 3 guerres pour augmenter les profits militaro-industriels.
    4)Il a debarrassé Israel d'un ennemi, Kadhafi.

    Il lui reste à bombarder l'Iran, voyez vous le problème de Sarkozy c'est pas ses fautes de syntaxe ou sa grossièreté, c'est qu'il ne sert que des intérets étrangers !

    RépondreSupprimer
  7. Crise financière : les marchés se foutent de nous, il ne faut pas céder !
    Les dirigeants européens multiplient les réunions pour trouver un plan de sortie de crise, Nicolas Sarkozy doit prononcer ce jeudi un discours sur le sujet à Toulon. Mais, pour Jean-Claude Gayssot, ancien ministre des Transports, il faut cesser d'obéir aux marchés.
    Par Jean-Claude Gayssot Ancien ministre des Transports
    Edité par Melissa Bounoua

    Arrêtons de subir ! Arrêtons de courber l’échine ! La preuve est maintenant faite que la logique financière, qui veut diriger le monde conduit à l’impasse. Octavio Paz, ce Mexicain célèbre qui a obtenu le prix Nobel de littérature, écrivait alors : "le marché est peut-être efficace, mais il n’a ni conscience, ni miséricorde." Qu’il n’ait ni conscience, ni miséricorde, cela saute aux yeux, toutes les injustices et les inégalités progressent. Mais son efficacité elle-même est contestable.


    Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Mario Monti à Strasbourg le 24 novembre 2011 (M. EULER/AFP)

    En fait, quand la recherche du gain immédiat pour quelques-uns écrase le souci de l’intérêt général, c’est le malheur et l’échec qui gagnent. Quand le virtuel l’emporte sur la valeur travail et sur l’économie réelle, et la spéculation sur une juste répartition des richesses, c’est la crise.

    La loi du marché met les peuples et les pays à genoux. Les "marchés sont inquiets" ; les "marchés sont rassurés" ; les "marchés" veulent qu’on réduise le nombre d’infirmières, d’enseignants, de cheminots, de policiers…

    La veille, c’est la chute des cours. Les "marchés" n’ont pas confiance. Le lendemain matin, ça remonte ! Ils auraient repris confiance ! Peut-être parce que l’annonce du nombre de chômeurs a augmenté ? Ils se foutent de nous !

    Résoudre la crise par le haut

    Arrêtons de céder aux "marchés" et aux politiques qui ne pensent qu’à les soutenir comme en témoigne l’alignement systématique de Nicolas Sarkozy sur Angela Merkel.

    L’heure est à la contre-attaque. Puisque ce système n’entraîne que malheur et désolation, changeons-le. A l’échelle du monde, de l’Europe et de notre pays, voyons ce qu’il est possible de faire sans attendre et pour l’avenir : taxation immédiate des transactions financières ? Mise en place d’une Agence publique de conseil et de surveillance des banques européennes ? Mise hors la loi de certains mouvements de capitaux comme les "ventes à découvert" ? Contre les paradis fiscaux ?

    Agissons pour que l’UE puisse emprunter ainsi que chaque Etat en s’appuyant sur sa propre épargne, comme le font les Japonais. Modifions le rôle de la Banque centrale européenne, afin qu’elle sorte de sa seule obsession contre l’inflation.

    Luttons contre les trois formes de dumping qui empoisonnent le monde : dumping social, dumping fiscal, dumping monétaire qui sont source de chômage, de délocalisations et de récession.

    L’heure est à la résistance, certes, mais ne doit-on pas aller au-delà et agir de manière offensive pour tordre le cou à l’actuelle dictature des marchés ? Au fond, résoudre la crise par le haut. Vive le changement !

    RépondreSupprimer
  8. C’est une première dans l’histoire de la Ve République. Un ancien Sage, membre du Conseil constitutionnel de 1989 à 1998 et tenu à ce titre au secret des délibérations, accepte de lever le voile sur les manœuvres qui, en octobre 1995, ont permis la validation des comptes de campagne des candidats, notamment ceux de Jacques Chirac et d’Edouard Balladur.

    Il détaille le rôle très politique joué par Roland Dumas, alors président du Conseil et déjà empêtré dans l’affaire Elf. Agitant le spectre d’une crise de régime, ce dernier a mis tout en œuvre pour que les rapporteurs, qui avaient relevé de très graves irrégularités dans les comptes, revoient leur copie.

    A la demande de l’ex-ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, le Conseil a dû notamment « blanchir » les 10 millions de francs en liquide (1,5 M€) sur la provenance desquels Edouard Balladur n’a jamais fourni d’explication satisfaisante.

    Le témoignage choc de l’ancien Sage devrait aussi intéresser les juges chargés de l’affaire Karachi, notamment Renaud Van Ruymbeke dont les investigations sur les circuits de financement occulte liés aux contrats d’armement se heurtent régulièrement au secret-défense.

    Le magistrat s’interroge notamment sur la provenance des fonds du candidat Balladur. Ceux-ci ne pourraient-ils pas provenir des commissions versées à des intermédiaires des contrats et dont une partie serait revenue en France sous forme de rétrocommissions? « Ma campagne a été financée dans le respect de la législation en vigueur et validée par le Conseil constitutionnel », a récemment affirmé l’ex-Premier ministre au « Figaro ».

    Selon nos confrères de Paris-match.com, il aurait également écrit à Renaud Van Ruymbeke pour détailler les conditions d’achat en juin 1996, sans recours à l’emprunt, d’une maison de campagne d’une valeur de 7,3 millions de francs. Avec le témoignage de Jacques Robert, l’étau se resserre un peu plus sur l’ancien candidat Balladur.

    http://www.leparisien.fr/faits-divers/temoignage-choc-sur-les-comptes-de-campagne-de-balladur-01-12-2011-1747282.php?xtor=EREC-109----1678153@1

    RépondreSupprimer
  9. « Le Parisien » : Vous souvenez-vous du délibéré portant sur les comptes de campagne d’Edouard Balladur ?

    JACQUES ROBERT : Parfaitement. Et ce n’est pas un bon souvenir. Je vis très mal la façon dont le droit, à cette occasion, a été tordu.

    C’est-à-dire ?

    Comme tous les dossiers électoraux, celui d’Edouard Balladur a été examiné par trois conseillers rapporteurs détachés auprès de nous par la Cour des comptes et le Conseil d’Etat. Leur rapport, présenté en séance pleinière, était sans équivoque : les comptes du candidat Balladur accusaient 10 millions de francs de recettes d’origine inconnue. Ils étaient donc irréguliers.

    Ont-ils tenté d’obtenir une explication de l’ex-candidat ?

    Oui. Ils lui ont écrit à trois reprises, par lettre recommandée, mais Edouard Balladur ne leur a jamais répondu. L’explication selon laquelle ces 10 millions provenaient de la vente de tee-shirts, esquissée par son trésorier, ne tenait pas la route. C’était une somme énorme. On s’est tous dit que Balladur se fichait de nous.

    Les comptes de Jacques Chirac, eux, étaient corrects ?

    Non. Mais les irrégularités n’avaient pas une telle ampleur.

    Comment les Sages du Conseil constitutionnel ont-ils réagi ?

    Nous étions tous très ennuyés. Roland Dumas, président du Conseil, a alors pris la parole. « Nous ne sommes pas là pour flanquer la pagaille, a-t-il dit. Les Français ne comprendraient pas qu’on annule l’élection pour une affaire de dépassement de crédits. Il faut trouver une solution. » Il s’est tourné vers les rapporteurs. « Des postes ont peut-être été majorés? Si vous baissiez cette somme, ce serait pas mal… » La séance a été suspendue. Les trois rapporteurs se sont retirés pour travailler. Au bout de cinq ou six heures, quand ils sont revenus, le montant avait été réduit, mais les comptes étaient encore largement dépassés. Roland Dumas leur a demandé de faire un effort supplémentaire. Les rapporteurs se sont retirés à nouveau. Ils ont fini par présenter des comptes exacts… à 1 franc près. Sans doute pour montrer qu’ils n’appréciaient pas d’être pris pour des imbéciles.

    En ce qui concerne Chirac ?

    Cela s’est passé quasiment de la même manière.

    Avez-vous accepté de valider ces comptes ?

    Je sais que je ne voulais pas le faire, mais, après toutes ces années, je ne me souviens pas de mon vote. Peut-être ai-je, finalement, rallié les arguments de Roland Dumas… Vous savez, le Conseil constitutionnel, c’est un peu un club. On est entre gens de bonne compagnie, on se tutoie. Claquer la porte, donner des leçons aux collègues, ça ne se fait pas. Une chose est sûre : nous n’étions pas très fiers. Nous venions de passer trois jours à huis clos. Nous étions épuisés, mal à l’aise. Nous nous sommes dispersés sans un mot, avec le sentiment que la raison d’Etat l’avait emporté sur le droit.


    Vous êtes-vous demandé d’où pouvaient provenir les fonds de Balladur ?

    Nous avions la certitude que leur origine était douteuse, mais nous penchions plutôt pour un potentat africain, une grosse fortune française ou les fonds secrets de Matignon. A l’époque, personne ne parlait de Karachi, du Pakistan ou de l’Arabie saoudite. Je ne me souviens pas que l’hypothèse de rétrocommissions liées à des contrats d’armement ait été évoquée.

    Aujourd’hui, qu’en pensez-vous ?

    Juste avant notre vote, Roland Dumas a passé une heure à l’Elysée avec Jacques Chirac. Sans doute lui a-t-il dit que la situation était délicate et qu’il avait dû manœuvrer pour faire régulariser les comptes. Mon impression, c’est que Roland Dumas, Jacques Chirac et Edouard Balladur se tenaient à l’époque par la barbichette. Et que nous avons servi de caution à une belle entourloupe.

    http://www.leparisien.fr/faits-divers/jacques-robert-on-s-est-tous-dit-qu-il-se-fichait-de-nous-01-12-2011-1747309.php

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.