samedi 7 mai 2011

209ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, en 2011, apprend toujours à être président

« Je ne vous trahirai pas. Je ne mentirai pas. Je ne vous décevrai pas.» C'était son slogan de vainqueur, au soir du 6 mai 2007. Il y a donc 4 ans. 209 semaines plus tard, pour ce quatrième anniversaire, Nicolas Sarkozy nous avait préparé une belle séquence, partiellement ruinée par la mort d'Oussama Ben Laden.

Une interview de Carla, un long entretien de Sa Personne dans l'Express, un meeting de l'UMP, et même un séminaire gouvernemental sur le « bilan » de ses 4 ans de mandature. Nous y sommes, c'est la dernière ligne droite. Dans un an, J-365, nous serons fixés. Bref, la persistance de mauvais sondages a encouragé Nicolas Sarkozy à accélérer la cadence.

Show médiatique
Lundi, les Français devaient se précipiter dans les kiosques à journaux pour dévorer la longue interview de la Reine Carla par 6 lectrices et lecteurs du Parisien. Après le mariage planétaire de Kate et Williams, la béatification télévisée de l'ancien pape Jean-Paul II pour laquelle la Sarkofrance catholique dépêcha son premier ministre, on allait tout savoir de ses états d'âmes, de ses envies pour 2012, voire, mieux, de sa grossesse dévoilée trois jours avant. Un bébé Sarkozy pour 2012, quel coïncidence merveilleuse ! Manque de chance, la veille, un commando américain avait tué l'ennemi public numéro un, Oussama Ben Laden lui-même, dans la banlieue de la capitale pakistanaise. Barack Obama en avait fait l'annonce quelques heures plus tard à la télévision. Le président américain, une fois de plus, avait ruiné une belle séquence médiatique franco-française concoctée à l'Elysée.

Quelle tuile ! Oussama avait volé la vedette à Carla !

A lire le Parisien, on comprit quand même que Carla Bruni-Sarkozy était toujours « charmante », « abordable », et « très amoureuse ». Si elle n'évoqua pas sa grossesse, elle cachait son « petit ventre » de la curiosité du photographe présent. On apprit qu'elle était devenue « ultra-sarkozyste » (le contraire nous aurait surpris),  qu'elle n'était « plus du tout, du tout de gauche », qu'elle voulait, pour la campagne de 2012, « peut-être participer plus à la vie politique, l'accompagner à des meetings. » Sarkozy est candidat. Sans blague ?

Ouvriers contre écolos
Lundi toujours, le candidat Nicolas avait reçu quelques représentants d'associations écologistes pour déjeuner. Il s'agissait de faire le bilan du Grenelle. Conciliant, le Monarque promit un audit de la Cour des Comptes sur les coûts du nucléaire. Mais le lendemain, le ton avait changé. Visitant une centrale nucléaire à Gravelines, dans le Nord, il fustigea les « irresponsables » qui ont « perdu leur sang-froid » à cause de la catastrophe de Fukushima. « On n'a pas le droit de jouer sur des peurs moyenâgeuses pour remettre en cause des choix qui font la puissance de notre pays.» Il faut le comprendre. Le candidat parlait devant des techniciens d'EDF, casqués comme il les aime pour ses photos de campagne.

Il avait décidé de se payer les écologistes pour mieux flatter quelques ouvriers. Pas un mot sur le vrai débat atomique, l'évaluation des risques, le recyclage de centrales à bout de souffle, ou la sécurité des salariés. A Fukushima, on a découvert un peu tard que l'électricien TEPCO, l'EDF local, n'avait pas pris les mesures de sûreté nécessaire pour ses propres personnels.

Un peu plus tard, il alla se faire photographier devant les 8 cercueils des Français tués dans l'attentat de Marrakech, sur le tarmac d'Orly. Devant son pupitre, il put jouer au George Bush de pacotille, et promettre que le crime ne resterait pas impuni; que la France traquerait les coupables des années durant s'il le fallait. Sarkozy n'est jamais aussi bon que dans ces hommages aux victimes. Il n'avait pas besoin de promettre une traque séculaire. Dès le lendemain, les autorités marocaines annonçaient l'arrestation de 3 suspects. L'un d'entre eux aurait déjà avoué.

Mauvais sondages
Les interprétations sondagières du moment sont souvent trompeuses. A droite, les supporteurs du Monarque expliquent qu'il est normal que les Français soient mécontents, vu la gravité du contexte international. On tente de nous faire oublier que Sarkozy bat des records d'impopularité depuis ... novembre 2007. Cet homme-là a déçu avec une rapidité déconcertante : d'agitation médiatique en débordements bling bling, Sarkozy a désacralisé sa fonction, décrédibilisé la parole politique, affaiblit la voix de la France.

A gauche ou dans les cercles médiatiques, on insiste sur les records d'impopularité que Sarkozy battrait à un an de l’élection présidentielle. Il s'agit de nous faire croire que la bataille électorale qui s'annonce est au pire pliée d'avance, au mieux prometteuse d'un suspense incroyable. La dernière enquête de TNS-Sofres crédite ainsi le Monarque de 17% d'opinions favorables sur son bilan. Jamais, note la Sofres, n'a-t-elle mesuré un tel mécontentement vis-à-vis du bilan d'un président sortant à un an du scrutin suivant. On nous rappelle que Valéry Giscard d'Estaing en 1980 en était à 43%; François Mitterrand en 1987 à 56% et Jacques Chirac en 2000 à 49%. Les comparaisons sont délicates. On oublie que ces deux derniers présidents sortaient chacun d'une cohabitation immobile.

Tout est fait pour nous faire croire que Nicolas Sarkozy n'a plus ses chances. Et pourtant...

La reconquête
Pour son quatrième anniversaire à l'Elysée, le Monarque livra une longue interview au magazine l'Express de Christophe Barbier. Pour une fois, il ne voulait pas laisser aux autres, commentateurs ou opposants, le monopole du bilan. 4 ans de critiques ou de louanges, ça finit par laisser des traces. Comme toujours, les questions étaient pour l'essentiel complaisantes, et les réponses systématiquement lénifiantes. Rien d'incisif sur les conflits d'intérêts, les pressions sur la justice ou les médias, le Bling-bling, les promesses non tenues car irréalisables. Non, Sarkozy avait le champ libre pour promettre une nouvelle politique étrangère fondée sur ... les droits de l'homme et la démocratie. Sans rire ! Il pouvait mentir sans contradiction, comme sur la prime des 1000 euros, qu'il promet pour 8 millions de salariés quand à peine 2 millions seront réellement concernés.

Il fallait le lire pour le croire... Sarkozy était hors sol, dans sa bulle.

Il pouvait jouer au modeste, au Président humble et enfin habité par sa fonction : « être président, cela s'apprend à chaque minute » fut la version 2011 du « j'ai changé » de 2007.

A l'Elysée, la cellule de campagne constituée autour de Franck Louvrier, de Patrick Buisson, de Pierre Giacometti, et du fidèle Brice Hortefeux, est déjà au travail. Elle avait préparé les éléments de langage et demandé aux troupes de défendre leur Monarque. Le story-telling était au point : primo, Sarkozy a sauvé la France de la catastrophe. Le contexte international prétendument inédit est l'excuse majeure du maigre bilan. Secundo, Sarkozy a initié toutes les réformes promises. Tertio, la rupture a bien eu lieu et les Français vont enfin s'en apercevoir.

Obéissant, François Fillon convoqua donc « ses » ministres pour un « séminaire ». L'artifice était un peu gros. Il s'agissait surtout de motiver la presse à venir l'écouter prononcer 25 minutes de discours contraint en faveur de 4 années de réformes. Obéissant toujours, il parla de « révolution culturelle ». On croyait que le gouvernement devait ... gouverner le pays. Mais ce matin, la trentaine de ministres devaient plutôt plancher à huit-clot sur la cause électorale de leur Monarque.

A l'UMP, Jean-François Copé organisa un meeting pour lui aussi participer à la reconquête de l'opinion. Trois cents militants plutôt âgés écoutèrent sagement leur secrétaire. Copé exigea du sang-froid, insista sur la gravité des crises subies depuis 5 ans, loua le leadership de Nicolas Ier.

Le 6 mai au soir, les jeunes militants lancèrent cequafaitsarko, un site... pour jeunes. Le bilan de leur mentor est si maigre que l'exercice fut bien difficile. Ils rappelèrent que 160.000 jeunes actifs « pourraient » bénéficier du RSA Jeunes. En septembre dernier, Marc-Philippe Daubresse, alors secrétaire d'Etat à la jeunesse, ne promettait que 15.000 bénéficiaires. Ils ne seraient que 5.000.

Henri Guaino, ce conseiller en discours, partit... discourir. « Sarkozy a sauvé la France du désastre ». Rien que ça ! L'ancien gaulliste n'a pas la formule modeste. Copé, mercredi soir, ajouta : « on vient de se prendre cinq crises en cinq ans : une crise monétaire qui a a failli ruiner les épargnants, une crise économique, une crise sociale, une crise environnementale, une crise géopolitique. » Vendredi, Brice Hortefeux, sur RTL, complétait sur toutes ces réformes initiées et les premiers succès. Et Nicolas Sarkozy aurait affronté avec brio la plus grave crise « depuis 1929 ».

Les mensonges
Bref, les superlatifs mensongers, voire grossiers, ne manquaient pas cette semaine. Les uns après les autres, les proches du Monarque justifièrent l'impopularité de leur patron par cette crise inédite. On réécrit toujours l'histoire pour excuser ses propres fautes. 2007-2011 serait une période plus grave que la seconde guerre mondiale, la fin des Trente Glorieuses et son chômage de masse, ou les deux chocs pétroliers ou la révolution iranienne. Même le réchauffement climatique, la fonte des glaciers, la disparition de la couche d'ozone et la pollution des sols seraient des phénomènes récents apparus à peine Sarkozy élu. Plus c'est gros, plus ça passe.

Le Monarque Nicolas serait ce Grand Leader, ce Président visionnaire, qui, initiant la Rupture (car, rappelez-vous, « il faut changer pour rester soi-même »), protégea les Français des ces catastrophes à répétition. A l'occasion de ce 6 mai 2011, nous avons publié un court résumé alphabétique des promesses non tenues du candidat Sarkozy. La liste réelle est bien plus longue. Pouvoir d'achat, droit de l'homme, emploi, solidarité, justice, sécurité, il n'y a pas un item où le bilan du Monarque ne soit pas négatif.

Même contre la crise, l'argument sarkozyen est fallacieux. La France a mieux résisté que d'autres grâce à son modèle social, ses cinq millions de fonctionnaires, ses 2 millions de chômeurs indemnisés, sa dizaine de millions de retraités dont les pensions ne sont pas gagées en Bourse (malgré les tentatives encore récentes de l'UMP de favoriser la retraite par capitalisation).

En 2007, le candidat Sarkozy promettait de rompre avec ce fichu modèle qui nous a sauvé du désastre.

En 2008, Sarkozy n'était pas le pompier, mais le pyromane. Pour 2012, il compte sur notre amnésie collective.

Ami sarkozyste, prépare-toi. Cette campagne est la dernière.

vendredi 6 mai 2011

L'abécédaire des promesses non tenues de Nicolas Sarkozy (2007-2011)

Nicolas Sarkozy ose tout. C'est même à cela qu'on le reconnaît. Jamais président, toujours candidat, le voici qu'il souffle sa quatrième bougie à l’Elysée. Il fait déjà campagne pour sa réélection. Dans les colonnes de l'Express, il confie le contraire : « je n'ai pas le droit de me livrer à des calculs si loin d'une échéance qui n'est pas encore dans la tête des Français.»

L'homme est sans gêne, mais cela ne le gêne plus.

Voici donc notre troisième mise à jour de l’abécédaire de ses promesses non tenues, réalisé une première fois en décembre 2008, une seconde fois en mai 2010. A l'Elysée, on se concentre déjà sur la réélection du candidat. Les thèmes se rodent. La protection des Français remplace la rupture.

Le Monarque use et abuse des moyens présidentiels pour sa propre cause. En mai 2010, il avait déjà fait publié au premier feuillet d'auto-justification publié par les communicants de l'Elysée sur les trois années d'action écoulées.

Les citations suivantes sont de Nicolas Sarkozy. Elles émanent de son propre abécédaire des promesses à tenir (que vous pouvez retrouver, puisque l'UMP l'a discrètement retiré du Web, sur le site Intox2007).

Afrique
« Je favoriserai le développement des pays pauvres, en cessant d'aider les gouvernements corrompus, en mettant en place une Union méditerranéenne avec les pays du Sud, en donnant la priorité à l'Afrique. Je m'intéresse à l'Afrique et je la respecte. » Le 26 juillet 2007, Nicolas Sarkozy a prononcé l'un des discours les plus humiliants du pays à l'égard de l'Afrique. Son « homme africain » n'était « pas assez entré dans l'histoire.» Son conseiller spécial, non élu mais très bavard, Henri Guaino, en était l'auteur. Sarkozy, pendant et après sa campagne, a aussi consolidé la Françafrique, ces réseaux occultes, hors diplomatie, qui mélanges gros intérêts privés et petites corruptions individuelles.
Son Union pour la Méditerranée lui a permis d'embrasser Bachar el-Assad, le boucher syrien qui, trois ans plus tard, tua plus de 400 manifestants contestataires.

Agriculture
« Je soutiendrai l’agriculture et l’industrie agroalimentaire » En 4 ans, Sarkozy a beaucoup parlé de l'agriculture. Il a tout promis mais n'a pas fait grand chose. Depuis sa déculottée aux élections régionales en 2010, il a multiplié les déplacements en terre agricole. Et nos paysans des temps modernes ont tout entendu : identité nationale (discours répété deux mot pour mot à 6 mois d'intervalles en 2009), désert médical, prêts bonifiés pour les nécessiteux (50 millions d'euros, quel effort), défense du bois, revalorisation des tarifs de rachat d'électricité, etc. L’agriculture avait subi la crise de plein fouet, plus tôt que les autres, à cause de la flambée des prix de l'énergie. En 2008, il promettait de réformer la PAC... par anticipation. En 2009, son ministre, le débauché Le Maire voulait que les producteurs de fruits et légumes remboursent des aides européennes.

En 2010, le Monarque promet la garantie des prix producteurs. Finalement, il n'impose qu'un engagement glissant de modération de marges mais pas de prix plancher. La grande distribution est ravie. En désespoir de cause, et de preuve, il recycle la suppression de la taxe professionnelle comme unique argument électoral. De Salon en Salon, il se glisse dans la peau d'un Chirac immobile qui flatte les croupes et les égos.

Allocations Familiales
« J’aiderai les familles à chacune des étapes de leur existence. En particulier, j’allouerai des allocations familiales dès le premier enfant. » Dès avril 2008, les familles en furent pour leurs frais, en apprenant que les bonifications accordées pour les adolescents ne seraient plus versées dès les 11 ans, mais après 14 ans.

Allocations chômage
« Comme souvent en France, en matière de chômage ou en matière de minima sociaux, on indemnise chichement, mais longtemps. Alors qu'il faudrait indemniser fortement, mais brièvement pour que chacun soit incité à reprendre rapidement un emploi. Je propose que l'allocation chômage ne puisse pas être inférieure au salaire minimum, mais que nul ne puisse refuser plus de trois offres d'emploi correspondant à ses compétences. » Les allocations chômage n'ont pas été réévaluées comme promis. Pire, un demandeur d'emploi sur deux n'est pas indemnisé par pôle emploi. En octobre 2008, au plus fort de la crise, le dispositif de l'offre raisonnable d'emploi a été adopté : trois offres refusées déclenchent une suspension des allocations chômage pendant 2 mois.

Autorité
« Je ne crois pas à la République sans un minimum d'ordre, l'ordre républicain, je ne crois pas qu'on peut tout faire, je crois à la justice, mais je crois aussi à la fermeté. » Depuis qu'il est élu, les violences aux personnes, et même les incivilités aux représentants de l'ordre n'ont cessé d'augmenter.

Banlieues
« Si je suis élu je mettrai en œuvre un grand plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers, pour qu’aucun ne soit laissé de côté, pour que chacun puisse tenter sa chance, pour que chacun ait un emploi.» Le plan Marshall n'a pas eu lieu. Nommé en mai 2007, virée en novembre 2010, Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Ville, a tout tenté, tout avalé. Elle y a sans doute cru. Et comme son chef, elle a pris ses mots pour des actes : site web participatif (en juin 2007), «plan anti-glandouille » (août 2007), plan « Banlieues Espoirs » en février 2008 soi-disant doté d'un milliard d'euros. Au final, elle s'abrita derrière le plan ANRU (34 milliards d’euros) pour la rénovation urbaine mis en place  … en 2004. En décembre dernier, son remplaçant, l'ancien communiste devenu centriste Maurice Leroy prévient : « Je ne suis pas Merlin l'Enchanteur, je n'ai pas de baguette magique. »

Bouclier Fiscal
« Pour redonner confiance aux investisseurs, (…) il faut d’abord réconcilier la France avec la réussite. Or, au-delà de notre culture collective, nous savons que l’une des difficultés concrètes est fiscale. C’est pour cela que j’ai toujours défendu l’idée d’un bouclier fiscal qui limite à un pourcentage donné les prélèvements qui peuvent s’accumuler, une année donnée, sur le revenu d’un même contribuable. Je crois à un bouclier fiscal à 50 % intégrant la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). Autrement dit, nul ne paiera au fisc plus que la moitié de ce qu’il a gagné.»
Mesure phare du paquet fiscal, l’abaissement du bouclier fiscal de 60% à 50% des revenus, ajouté à l’intégration de la CSG et de la CRDS dans son assiette, n’a pas produit les effets escomptés : les exilés fiscaux ne sont pas revenus en masse en France. Les investissements étrangers en France n’ont pas varié. Au printemps 2010, le bouclier fiscal devient un boulet électoral, le symbole de cette présidence des riches.

A l'été 2010, Sarkozy accepte de s'en séparer. Il feint l'harmonisation fiscale avec l'Allemagne et promet une grande réforme de la fiscalité.... du patrimoine. Un argument crétin. En mars 2011, François Baroin présente le projet. Les Très Riches auront un dernier cadeau : le bouclier ne sera supprimé qu'en 2012 (1000 contribuables se partageront 370 millions d'euros), mais l'ISF sera assoupli dès 2011, pour 1,3 milliard d'euros.

Capitalisme

« Je n’accepte pas, et des milliers d’entrepreneurs avec moi, que le travail salarié et l’esprit d’entreprise soient bafoués par les rémunérations et les privilèges excessifs que s’octroie une toute petite minorité de patrons. Je n’accepte pas qu’au niveau mondial, pour des raisons de pur profit, on joue avec les salariés et avec les usines comme on déplace des pions sur un jeu de société. » Contre les délocalisations, Sarkozy s’est réfugié derrière des incantations. Sur la régulation du capitalisme mondial, ses discours aux accents gauchistes ont fait rire à l’étranger. Et chaque année depuis 2007, le Monarque promet qu’il édictera une loi sur le partage de la valeur ajoutée. On attend toujours. En mars 2011, alors en campagne, il lance cette idée de prime de 1000 euros, l'une des idées les plus stupides du moment : elle sera réservée aux entreprises qui augmentent leurs dividendes ; le montant devra être négocié par entreprise, et l'Etat exonère de cotisations sociales.

Carte scolaire
« Je remplacerai la carte scolaire par une obligation de mixité sociale, géographique et scolaire des effectifs, qui pèsera sur les établissements. » Sarkozy a simplement supprimé la carte scolaire, mais de la façon la plus inefficace et hypocrite qui soit : les parents seront servis parmi les 10 établissements qu'ils auront choisi... Rien que ça. Le résultat est terrible. Les établissements les plus défavorisées sont gravement déstabilisés. Et se plaignent, en vain. L'obligation de mixité sociale n'a jamais été proposée, votée, ni appliquée.

Chômage
« Depuis vingt-cinq ans, on vous dit que le plein emploi est impossible et que le chômage est une fatalité. Rien n’est plus faux. »
La défiscalisation des heures supplémentaires, mise en œuvre en octobre 2007, a accéléré la destruction de l’emploi intérimaire. En avril, le gouvernement ajoutait la diminution des indemnités chômage pour les sans-emploi qui refuseraient plus de « deux offres raisonnables », effectif depuis octobre 2008. La crise achève de détruire les espoirs d’une reprise de l’emploi.

Le chômage n’a jamais baissé en Sarkofrance. On compte près de 5 millions de chômeurs. Quelques 500 000 personnes sont toujours « sorties » des statistiques chaque mois, alors que les offres collectées dépassent à peine les 200 000. Pire, le nombre de fins de droits s’est accru et Sarkozy a ignoré le problème pendant 6 mois. En avril 2010, il lâche une aumône (460 euros par mois), un « filet de sécurité exceptionnel » à celles et ceux qui accepteront une formation ou un contrat aidé. En 2011, la part du travail à temps partiel augmente, tout comme le chômage longue durée et des seniors. Dès janvier, les crédits de la politique de l'emploi ont été sabrés. Le nombre de contrats aidés chute, par décision du Monarque.

Croissance
« Ma stratégie économique, c’est de libérer les forces de travail en France pour créer ce point de croissance qui nous permettra de résoudre les questions de déficit.»
De 2007 à 2009, le gouvernement Sarkozy a systématiquement menti, en surévaluant systématiquement ses prévisions de croissance. L’éclatement de la bulle spéculative des subprimes et l’inflation du cours des matières premières a plongé le monde et la France dans la récession puis la croissance molle. La France résiste grâce à un modèle social que Sarkozy voulait détruire. En 2010, Sarkozy joue enfin la prudence, pour un an, en promettant 0,75% contre finalement 1,5% obtenu. Mais pour 2011-2013, il faut déchanter. Les conjoncturistes prévoient 1,7% à 2%. La Sarkofrance s'accroche à 2-2,5%. Personne n'y croit.

Déficits publics
« La maîtrise de nos finances publiques est un impératif moral autant que financier. Les jeunes générations ne peuvent accepter que les générations actuelles vivent à leur crédit .»
Avant même le déclenchement de la crise mondiale au second semestre, les déficits publics s'envolent et la promesse d'équilibre budgétaire en 2012 devient obsolète. Le paquet fiscal de l’été 2007, prévu à 15 milliards d’euros, en coûte toute de même la moitié, et pour aucun résultat. En mars 2008, Fillon suspend la promesse de réduire de 68 milliards d'euros pendant la mandature les prélèvements obligatoires. Hors effet de la crise, Nicolas Sarkozy a gâché quelques 23 milliards d'euros de recettes fiscales depuis 2007, dénonce la Cour des Comptes. Le déficit public est passé de 3,4 % du PIB en 2008 à environ 8 % en 2009 puis 7% en 2010. A bout de souffle (budgétaire), Sarkozy a quand même lancé un « Grand Emprunt » de 23 milliards d’euros fin 2009, pour des « grandes » priorités.

Pour 2011, la non-reconduction du grand emprunt et du plan de relance devrait permettre de descendre à 5,7%. Pour 2012, ce sera « difficile », prédit Baroin. Et depuis 2007, la dette publique a allègrement franchi la barre symbolique des 1 500 milliards d’euros.

Dette
« Je m'engage à ramener la dette en dessous des 60% du PIB d'ici 2012.» En 2011, la dette publique s'élève à 81% du PIB. On la prévoit à 84% l'an prochain. Sarkozy a tout promis, même n'importe quoi.

Droits de l'Homme
« Je veux être le Président d’une France qui se sente solidaire de tous les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes martyrisées, de tous ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et par les fanatismes.»
Dès juin 2007, Sarkozy est allé saluer, conforter la quasi-totalité des dictatures du monde, au nom des intérêts bien compris de Sarkofrance. Qui n'a pas sa centrale nucléaire ou ses avions Dassault ? Les courbettes de l'automne 2010 devant le président chinois frappent les esprits, Sarkozy a même fait placer des figurants chinois dans les rues de Paris et de Nice. En août 2008, il était déjà l'un des rares dirigeants occidentaux à se rendre à l'inauguration des J.O. de Pékin.

En décembre 2007, Sarkozy accueille le colonel Kadhafi en grandes pompes à Paris. On espérait plus de retenue. Plus généralement, le soutien ostensible aux pires dictatures du moment (Libye, Tunisie, Syrie), le silence prudent face aux exactions israëliennes à Gaza début 2009 ont brouillé l'image de la France. La diplomatie française est désormais raillée pour sa partialité, tantôt donneuse de leçon, tantôt complice silencieuse de ses dictatures-partenaires commerciaux. En août 2010, la France est même fustigée par l'ONU, la Commission européenne, le Conseil européen et même la Cour européenne des droits de l'homme à cause de sa chasse aux Roms. En décembre puis janvier, Sarkozy ignore le printemps arabe, et préfère soutenir jusqu'au bout les autocrates Ben Ali et moubarak. Depuis le 19 mars dernier, il tente de se refaire une virginité politique sur le dos (bombardé) de Kadhafi en Libye.

Education
« Dans les quartiers où s'accumulent tous les problèmes de l'exclusion et du chômage, je propose de créer des classes de quinze élèves dans les collèges et les lycées.» Ou encore : « Il faut d'abord que nos enseignants exercent leur métier dans de bonnes conditions. Ils sont la clé de la réussite de tous les élèves.» Depuis 2007, Nicolas Sarkozy réduit d'environ 15.000 postes dans l'enseignement chaque année. En septembre prochain, quelque 1.500 classes supplémentaires seront supprimées. Les programmes scolaires (primaires puis secondaires) ont été allégés pour mieux absorber les réductions d'effectifs. En janvier 2010, des meurtres d'élèves en plein établissement rappellent qu'on manque d'encadrement et provoquent grèves et protestations de parents et de professeurs.

Environnement
« Le développement durable doit devenir une dimension essentielle de toute l’action publique. Ce n’est pas un choix, c’est une urgence, une nécessité.» En janvier 2007, Nicolas Sarkozy signe le pacte écologique de Nicolas Hulot; en mai, il créé un super-ministère du développement durable (mais sans l’agriculture ni l’énergie); en octobre 2007, il organise un Grenelle de l’environnement où il met sur un même pied d'égalité pollueurs et écolos. Les ONG déchantent. Dès décembre, José Bové fait la grève de la faim pour obtenir un moratoire contre la culture d'un maïs transgénique. Sarkozy vend du nucléaire partout, même aux pires dictatures. Le malus-bonus écolo pour l'acquisition de voitures début 2008 fait patienter jusqu’à la « première loi Grenelle », un catalogue de bonnes intentions dont le financement fut reporté à l'examen d'une seconde loi votée en octobre 2009 par le Sénat.

La loi de finances 2010 est légèrement teintée de vert pour faire bonne figure, mais le plan de relance de 2009 a dédié davantage de moyens financiers aux infrastructures polluantes (autoroutes, etc) qu’au développement durable. En décembre 2008, Sarkozy obtient in extremis un compromis minable sur l'engagement européen à l'horizon 2020 (à peine 4% de réduction des émissions carbone sur son territoire). Le sommet de Copenhague en décembre 2009 est un échec, et la taxe carbone franco-française, forfaitaire et injuste, est retoquée en décembre par le Conseil Constitutionnel avant d’être abandonnée en mars. « L’environnement, ça commence à bien faire » explique Sarkozy aux agriculteurs en mars. En mars 2011, l'accident de Fukushima au Japon, provoqué par un tremblement de terre suivi d'un tsunami qui fit près de 30.000 morts, ne déclenche aucune prise de conscience : Sarkozy défend l'exception nucléaire française et refuse tout débat sur ses risques.

Europe
« L’Europe doit nous permettre de faire à plusieurs ce que seuls nous faisons moins bien: notamment la politique migratoire et le développement, la politique industrielle et la recherche, le développement durable.»
L’histoire bégaye. Le traité simplifié de Lisbonne, ratifié en janvier, retoqué par un référendum irlandais en juillet, fut charcuté en décembre suivant. La présidence française de l’union européenne n’a pas servi la cause européenne. Sarkozy a joué les Etats (et surtout la France), contre l’Europe ; et troublé le couple franco-allemand avant de tenter de le conforter. En décembre 2009, il vote, avec Merkel, pour un Président sans charisme ni autorité. L’Europe reste un nain politique, qui a révélé son impuissance à chaque occasion : crise financière de l’automne 2008, récession économique ensuite, sommet de Copenhague en décembre 2009, défaillance de la Grèce en avril 2010 puis de l'Irlande (en octobre). Depuis le printemps 2010, la politique européenne de Sarkozy se résume à suivre l'Allemagne. La France est sous surveillance des marchés et des agences de notation.

Finances
Pendant la campagne de 2007, Sarkozy eut quelques phrases contre les patrons-voyous qui délocalisent leurs usines dans la nuit. Mais depuis, le Monarque s'est trouvé d'autres boucs-émissaires, plus détestables encore, banquiers irresponsables et traders sans morale sont accusés d'avoir précipité le capitalisme au bord du gouffre. Sarkozy a grondé, crié, promis. Suppression des paradis fiscaux ? Ils sont toujours là, ils ont simplement changé de nom. Restriction des bonus de traders ? La « super-taxe » a été adoptée très tardivement ( décembre 2009), sous la contrainte de l’exemple britannique. Limitée à l'année 2010, elle ne rapportera que 360 millions d'euros. Régulation de la finance ? Sarkozy a repris à son compte quelques mesures britanniques bien timides exigeant l’étalement des versements de bonus aux traders.

Fiscalité
Début 2009, sous la contrainte de manifestations monstres, Sarkozy lâche 2,6 milliards d’euros d’allègements et aides sociales, dont la suppression du deuxième tiers de l’impôt sur le revenu. Les déficits publics sont tels qu’on imagine mal comment éviter, évidemment après 2012, une vaste cure d’austérité.
Le paquet fiscal de l’été 2007 a permis de défiscaliser certains investissements dans les PME innovantes. C’est bien la seule mesure « économique ». Pour le reste, la France compte toujours 500 niches fiscales, pour un coût annuel de 74 milliards d'euros. Début 2010, la Cour des Comptes accuse Sarkozy d’avoir plombé de 6 milliards d'euros d'exonérations fiscales supplémentaires le budget de l'Etat en 2009, soit 0,3 points de PIB. Dernier cadeau en date, la baisse de la TVA sur la restauration. Sarkozy protège les riches et niches (qu’il plafonne en pourcentage des revenus imposables, ce qui signifie qu'un gros revenu aura droit à une grosse niche...) et exonère un peu plus les droits de succession. En 2010, réforme des retraites oblige, il redresse quelques taux marginaux sur les hauts revenus et le capital, qui ne représentent que 15% de l'effort. En 2011, Sarkozy accepte, enfin, de supprimer le bouclier fiscal. Mais il compense d'un joli cadeau, un allègement de l'ISF pour un milliard d'euros.

Président des Riches il est, président des Riches, il restera.

Golden Parachutes
« Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes. » Cette mesure ne fut jamais votée, ni même proposée. Pire, Sarkozy a inventé le golden parachute pour ministre qui peut désormais automatiquement récupérer son mandat de député à sa sortie du gouvernement.

Gouvernement resserré

« Si je suis élu, mon gouvernement sera limité à 15 ministres pour être plus efficace. »
A chaque remaniement, le gouvernement a grossi de nouveaux secrétaires d’Etat jusqu'à compter 40 membres, sans compter le nombre record de collaborateurs les cabinets ministériels (+400 personnes dès 2007). En novembre 2010, Sarkozy réduit son équipe à 30 membres, et allège la taille des cabinets. Autant de hauts fonctionnaires qui repartent dans leur corps d'origine ou, pour certains plus chanceux, pantoufler dans de grandes entreprises privées.

Identité nationale
« J’aime cette France de toutes les couleurs et de toutes les religions où s’entremêlent tant d’histoires, de souvenirs et de cultures. J’aime cette France de la diversité, des différences et des mélanges
Grand ministère régalien créé en mai 2007 avec Brice Hortefeux, l’identité nationale est devenue un funeste débat, lancé le 2 novembre 2009. Dérapages verbaux, mise en scène préfectorale ridicule, propositions inutiles, et surtout, succès électoral du Front National. Eric Besson est prié de se taire. 


En 2008, Brice Hortefeux avait fait adopter un pacte européen interdisant les régularisations massives. Début 2009, son successeur Besson flanche avec la polémique sur le délit de solidarité réactivé par le film Welcome de Philippe Lioret. L'immigration, thème majeur de Sarkozy en campagne, reste une diversion qui n’intéresse plus grand monde. Sous couvert de quelques nominations symboliques au gouvernement (Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara), depuis évacuées, Sarkozy s'est permis ce que jamais la France n'a connu depuis la France de Vichy: création d'un ministère de l'Identité nationale, regroupement familial durci jusqu'aux tests ADN, tests de Français, quotas ethniques par métier, rafles et traques jusque dans les écoles, industrialisation de la rétention, affaiblissement de la Cimade dans la gestion des CRA, tribunaux pour étrangers, rafles ciblées de Roms et gitans. En juin 2009, Sarkozy se saisit de la burqa et fait voter une loi pour 200 cas symboliques. Besson trouve péniblement ses 27 000 sans-papiers à expulser (dont 17 000 à Mayotte), mais aussi 5 000 « aidants ». Le coût des expulsions est évalué à 25 à 27 000 euros l’unité.
En novembre 2010, Claude Guéant devient ministre de l'intérieur et absorbe le ministère de l'identité nationale. La course au Front national est relancé. Il promet de réduire l'immigration légale, et déclare comprendre ces Français qui ne se sentent plus chez eux.

Insécurité
La lutte contre l’insécurité est l’ADN politique de Nicolas Sarkozy. C'est aussi son plus gros échec. 2007 exceptée, les violences aux personnes ne cessent de progresser depuis 2002. La police souffre d’une politique du chiffre inutile et stressante. Et, « révision des politiques publiques » oblige, les effectifs des forces de l’ordre sont réduits. En 2012, on comptera moins d'effectifs policiers et gendarmes qu’en 2002… Sarkozy et ses proches tentent des parades tous azimuts. Le 30 juillet 2010, Sarkozy indigne la France et le monde en liant immigration et insécurité. Le « voyou de la république » promet 30 ans de prisons contre les meurtriers de policiers et la déchéance de nationalité pour les immigrés criminels (une mesure qu'il abandonnera en mars dernier). Michèle Alliot-Marie créée, en janvier 2008, des « unités territoriales de quartier », une police de proximité qui n’avoue pas son nom, supprimée en 2010. En mars 2011, Guéant relance des « patrouilleurs ».

Immobilier

« Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement
En 2007, Nicolas Sarkozy nous vantait les vertus du crédit hypothécaire. Votées dès 2007, les mesures de soutien à la propriété se révèlent inutiles, coûteuses et anachroniques. La crise des subprimes a éclaté. La France manque de logements. La défiscalisation des intérêts d'emprunts n'a servi à rien. Les faillites boursières et le resserrement général du crédit ont achevé les ambitions présidentielles. A l'automne 2010, la mesure est supprimée, au profit d'un dispositif de prêt à taux zéro accessible à tous... même aux plus riches.

Logement
« Enfin, je souhaite mettre en place concrètement le droit au logement opposable. Une personne qui travaille doit pouvoir se loger autrement que dans sa voiture ou dans un camping. »
Le 18 décembre 2006, le candidat Sarkozy promettait de résoudre le problème des SDF d’ici à 2008. Près de 350 d'entre eux meurent toujours de froid chaque année. En janvier 2008, Fillon lance un plan pluri-annuel pour prévenir les expulsions locatives et un programme de «réhabilitation des centres d'hébergement et d'augmentation des capacités.» En mars 2010, Benoist Apparu, son secrétaire d’Etat au Logement, préfère créer une « hotline » téléphonique. Le droit au logement opposable, qui fêtait sa seconde bougie à l’automne dernier, est resté lettre morte pour plus de 80% de ses bénéficiaires potentiels.

Pauvreté
« S’agissant des personnes pauvres, je mettrai en place la réforme proposée par Martin Hirsch, président d’Emmaüs France : la création d’un revenu de solidarité active au profit de ceux qui reprennent un emploi.»
Grande (et unique) mesure sociale de la mandature, le Revenu de Solidarité Active a été mis en œuvre en juillet 2009, avec deux ans de retard. Son financement (1,3 milliards d’euros) ne concerne que les classes moyennes, bouclier fiscal oblige. L’ampleur du flicage requis pour contrôler les bénéficiaires ne lasse pas de surprendre. En 2009, ces derniers étaient 1,1 million, dont plus de 500 000 émargeaient avant au RMI. La pauvreté n’a pas reculé pour autant. Martin Hirsch quitte le gouvernement en mars 2010. En mars 2011, le dernier rapport de l'INSEE sur les inégalités de revenus note que la part de très pauvres a augmenté.

Pouvoir d'achat


Cf. "Travailler plus pour gagner plus."

Prisons
« Je suis également partisan d'une grande loi pénitentiaire permettant à notre démocratie de définir ce qu'elle attend de ses prisons et de se donner les moyens de sa politique dans ce domaine. » La rénovation des prisons et des conditions de détention est l'un des grands échecs de la présidence Sarkozy. Les records de surpopulation sont dépassés de mois en mois. Le 5 mai 2011, Michel Mercier, garde des Sceaux depuis novembre, promet 6 milliards d'euros d'investissement pour 70.000 places supplémentaires d'ici 2018. 

République irréprochable
Ce mandat fut celui de tous les excès : augmentation du traitement présidentiel de 172% en janvier 2008 ; nouvel Airbus présidentiel pour 176 millions d'euros ; dérapage des frais de la Présidence ; multiplication des voyages d'ordre privé ;  légions d'honneur de complaisance, nomination personnelle des patrons de l'audiovisuel ; grâce présidentielle pour Marchiani ; arbitrage favorable pour Bernard Tapie (200 millions d'euros de coût) ; nomination de proches à la tête de banques (Dexia, Banques Populaires) ;  cumul des salaires pour le patron d’EDF ; relations d'affaires historiques avec Jacques Servier ; réunions du Premier Cercle des donateurs ; 

nomination (avortée) du fiston à la tête de l'EPAD ; voyages en jet ou yacht privé prêtés par des amis... Que reste-t-il ? En juillet dernier, Sarkozy a dû rappeler à ses ministres qu'il valait mieux qu'ils payent eux même leurs dépenses personnelles...

Retraites

« Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer, de même que les 35 heures continueront d’être la durée hebdomadaire légale du travail. Que ce soit un minimum, cela me va très bien. Ce que je n’accepte pas est que cela soit aussi un maximum.» Après 6 mois de grossières manipulations (fuites dans la presse aussitôt démentie, concessions mineures, estimations financières floues, publication retardée des bilans de la Dares, etc), la réforme des retraites fut adoptée le 27 octobre 2010. Elle est injuste et insuffisante. Elle cumule un allongement de la durée de cotisations (accepté par quasi-tous les partis), un recul de l'âge minimal de départ de 60 à 62 ans, et de l'âge maximal pour une retraite pleine de 65 à 67 ans. La pénibilité est confondue avec l'invalidité physique médicalement constatée à 60 ans : 10% minimum mais à condition d'avoir été exposé au moins 17 ans à des facteurs de risques professionnels. Et la disposition exclut les travailleurs non salariés.
Dès 2007, Sarkozy a dégradé le régime par petites touches: suppression des pré-retraites de 57 à 60 ans, revalorisation a minima des pensions ( moins que l'inflation en 2008), et … défiscalisation des intérêts d'emprunts immobiliers et des heures supplémentaires qui ont creusé  le besoin de financement des caisses des retraites de quelques 2,5 milliards d'euros par an...  Sarkozy n’aura tenu qu’une promesse, celle de revaloriser de 25% en 5 ans le minimum vieillesse de 700.000 retraités... Pour les 11 autres millions, les déremboursements médicaux a grevé leur pouvoir d'achat.

Depuis novembre dernier, Sarkozy fait un service après-vente mensonger : sa réforme n'a pas résolu le problème : il y a toujours 16 milliards d'euros de déséquilibre annuel, et, dès 2013, il faudra se remettre à l'ouvrage.

Santé
« Je ne pense pas qu’il y ait matière à beaucoup d’économies dans la santé. Compte tenu de l’allongement de la durée de la vie, du progrès médical et de l’aspiration bien naturelle de nos concitoyens à vivre en bonne santé, l’investissement dans la santé sera forcément majeur. »
 Le 1er janvier 2008, Sarkozy créé de nouvelles franchises médicales entrent pour économiser quelques 650 millions d'euros par an sur le dos des malades. S’ajoutent environ deux cents déremboursements de médicaments supplémentaires et une augmentation de 5% du tarif des mutuelles cette année. En 2011, mille autres médicaments perdent 5 points de remboursements. Le forfait hospitalier augmente de 2 euros. Sarkozy doit rassurer les marchés.


Seniors

« Je mets d’ailleurs les entreprises devant leurs responsabilités. On doit garder les quinquagénaires dans les entreprises »
Les entreprises avaient jusqu’au premier janvier pour conclure un plan d’emploi des seniors, sans contraintes ni engagements. En mai 2008, les (futurs) retraités apprenaient que (1) leur pension n'augmenterait que de 1,9%, (2) les pré-retraités de 57 à 60 ans devraient pointer prochainement au chômage, (3) la durée de cotisation retraite passerait mécaniquement à 41 ans et (4) qu'ils risquent d'être radiés du chômage après deux refus d'emploi comme tout chômeur. 60%* des seniors (55 à 65 ans) ont été ainsi précarisés en quelques jours.


Travail le dimanche
Nicolas Sarkozy, travaille lui-même rarement le dimanche, mais il aime faire du shopping sur les deux côtés des Champs-Elysées. Adoptée à l’été 2009, la loi sur le travail le dimanche n’a servi à rien si ce n’est fragiliser un peu plus le petit commerce
 de proximité.

Travailler plus pour gagner plus
En 2011, l'UMP et Sarkozy expliquent que le pouvoir d'achat des Français a résisté malgré la crise. C'est oublié deux choses : primo, la résistance française est due à la qualité du système social et public national. Secundo, le candidat avait promis du vent : votée dans l'urgence dès juillet 2007, la loi TEPA exonérait les heures supplémentaires d'impôt et de cotisations sociales. Effet d'aubaine, les entreprises ont pu en profiter. Le marché de l'intérim s'est effondré dès le mois d'avril. En 2007 déjà, les Français n'ont pas travaillé plus. Le pouvoir d'achat a-t-il cru pour autant ? Non. L'envolée des prix de l'énergie et des matières premières, conjuguée à une faible augmentation des salaires, a sabordé l'efficacité du dispositif. En 2008, le pouvoir d'achat des Français a baissé, le chômage technique s'étend, les destructions d'emploi se multiplient. En 2009, la crise est là. Mais Sarkozy s'obstine. Comme nous l'écrivions voici presque deux ans, on ne cherche pas à travailler plus, mais à travailler tout court.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


jeudi 5 mai 2011

Urgent : Sarkozy, candidat des Riches cherche rupture

Finalement, Nicolas Sarkozy a tout perdu. Il avait beau jouer à George Bush de substitution pour réclamer la vengeance devant 8 cercueils des victimes françaises de l'attentat de Marrakech, mardi sur le tarmac d'Orly, il a quand même tout perdu.

De 2007 et des discours d'Henri Guaino, il ne reste rien. Si Sarkozy citait aujourd'hui Jaurès, il serait sifflé. S'il osait se réclamer de Blum, il pourrait être lynché.

Le candidat des Riches, celui du cumul des mandats et du Premier Cercle, l'aveugle du printemps arabe, le meilleur ami des Kadhafi/Assad; l'homme du bouclier fiscal à 50%, celui qui a tout cédé pendant la crise géorgienne, rien compris pendant la crise boursière; l'homme qui voulait développer les « subprimes à la Française » en 2006... Celui-là même tente de changer d'image.

Il pourrait réussir.

A l'UMP, l'équipe du projet
Exit le pouvoir d'achat, la république irréprochable et la rupture. Sarkozy est devenu comme Chirac, un roi fainéant qui radote les mêmes anecdotes et messages d'un déplacement à l'autre. En coulisses, à l'UMP, une petite équipe travaille à décliner son programme. A l'Elysée, quelques conseillers dépensent des millions en sondages pour se convaincre du positionnement : Sarkozy serait le président protecteur qu'il nous faut. 


Les bases de la campagne électorale 2012 du candidat Sarkozy se précisent. Un grand quotidien du soir les détaillait mercredi 4 mai : l'école, l'Etat social, l'orthodoxie budgétaire, et la défense de l'environnement, de l'agriculture, et du nucléaire. On nous livre même les noms des participants du fameux groupe qui planche sur le programme du Monarque :
  • Jean-Baptiste de Froment, jeune conseiller technique à l'Education à l'Elysée. Il avait été désigné par Claude Guéant, le grand vizir quand il était encore secrétaire général de l'Elysée, de faire l'officier de liaison entre l'Elysée et l'état-major de l'UMP. Froment est l'oeil de Moscou, c'est-à-dire de Sarkozy.
  • Emmanuel Moulin,sur la fiscalité et l'économie. Ancien directeur adjoint de cabinet de Christine Lagarde, ancien de l'ENA et de l'ESSEC et banquier d'affaire de Citigroup.
  • Boris Ravignon, en charge de l'environnement, un jeune élu ardennais à l'origine de certains déplacements élyséens dans sa région, inspecteur des finances de formation, il travaille aux études à la prospective pour Sarkozy depuis 2004.
  • Hugues Moutouh, ancien préfet controversé de la Creuse, déjà présent dans l'équipe de campagne sarkozyenne de 2007, rapidement diplômé professeur de droit public, mais surtout proche de Claude Guéant.
  • Sybille Veil, jeune mais déjà ex-conseillère planquée dans un placard doré à l'Assistance publique des hôpitaux publics où une « direction du pilotage de la transformation » a été créée spécialement pour elle...
Et ça bosse ! 

Emmanuelle Mignon, qui a quitté le navire sarkozyen pour Europacorp, a été remplacée par Bruno Le Maire, que l'on croyait pourtant ministre de l'agriculture à temps plein. Ce dernier prend donc le temps de consacrer chacun de ses lundis matin à étudier les propositions de son équipe, et à peaufiner le programme ... du Parti socialiste.


1000 euros de prime financée... par la Sécu !
Côté social, les contours de la prime Sarkozy se précisent aussi. Le Monarque a rendu ses derniers arbitrages, et un texte de loi sera envoyé pour avis au Conseil d'Etat. Il y a urgence. Le Monarque a besoin de remplacer ses totems sacrifiés, il faut une relève. Les hochets de remplacement sont modestes, comme cette prime salariale de 1000 euros pour les sociétés qui augmentent leurs dividendes. L'Elysée voulait surtout déminer une polémique détestable pour son image. Quelque 43 milliards d'euros de dividendes vont être distribuées ces prochaines semaines, au titre de l'année dernière.  : annoncée à 1000 euros, elle serait peut-être de 1200 euros. Mais son montant ne sera pas légalement automatiquement fixé (comme l'est, par exemple, la participation). Il devra être négocié, entreprise par entreprise. Et « à défaut d'accord avec les organisations représentatives du personnel, la fixation des modalités revient à la seule direction de l'entreprise », explique le Figaro.

Le gouvernement Sarkozy se contentera de créer une nouvelle niche fiscale, en exonérant de cotisations sociales jusqu'à 1.200 euros les primes versées, à l'exception de la CSG-CRDS (8 %) et du forfait social (6 %). On croyait que les régimes sociaux (maladie, retraites, etc) étaient déficitaires. Le Monarque se paye un cadeau sur le dos de la Sécurité sociale. Formidable !

Toujours réservée aux entreprises de plus de 50 salariés, elle ne serait plus forcément versée en cash mais en nature, comme, précise le Figaro, qui livre cette exclusivité, « un surplus de participation ou d'intéressement, une prise en charge d'une mutuelle ou encore une distribution d'actions gratuites ». L'UMP de Copé parle même de chèque vacances. On pourrait leur suggérer des bons de loterie, des tickets restaurants, une carte musique jeune, un CD de Carla Bruni, voire, indispensable pour quelques 8 millions de Français, ... des tickets d'alimentation.

Finalement, c'est une inégalité de plus, un cadeau réservé à quelques millions, un jolie story-telling pour lequel même le MEDEF joue le jeu. Laurence Parisot a demandé aux patrons des entreprises du CAC 40 de faire un geste « exceptionnel ». Quel cirque ! Les 2,2 millions de sans-emploi, les retraités, les autres dizaines de millions d'entreprises, rentables ou pas mais dont les dividendes n'augmentent pas, les 5 millions de fonctionnaires, tous ceux là sont exclus de cette nouvelle grande idée sarkozyenne.

La défense du pouvoir d'achat se résume à bien peu de choses.

352 millions d'euros financés par les impôts
Si la fameuse prime « sociale » sera financée par la Sécurité sociale, le bouclier fiscal, pour sa dernière année, plombera les comptes publics. Il y a 3 jours, Philippe Lecoeur, sur son blog Contes Publics, rapportait combien quelques contribuables empochaient, une nouvelle fois, un joli pécule : 32 foyers sont parvenus à déclarer moins de 3.600 euros de revenus annuels mais au moins 16,5 millions de patrimoine... Et 925 contribuables (6% des bénéficiaires) vont récolter 352 millions d'euros de remboursement d'impôt, soit 60% du total versés.

Dans 8 jours, le 11 mai prochain, le ministre du Budget François Baroin présentera le fameux projet de loi qui réduit l’ISF à deux petites tranches d’imposition (contre six) et des taux joliment abaissés à 0,25 % pour un patrimoine compris entre 1,3 million et 3 millions d’euros, et 0,5 % au-dessus de 3 millions.

Une prime pour (certains) pauvres, un bouclier pour quelques riches, c'est tout un programme !




mercredi 4 mai 2011

A Gravelines, Sarkozy flatte les ouvriers contre les écolos

Nicolas Sarkozy passe à l'action, du moins le croit-il. Agacé sans doute que l'attention médiatique ait été récupérée par son confrère Barack Obama depuis lundi matin, avec l'exécution d'Oussama Ben Laden, le Monarque français a décidé de frapper un grand coup : ce mardi, le président « atomique » avait décidé de se payer les écologistes pour mieux flatter quelques ouvriers.

Evidemment, aucun contradicteur n'était présent. Il prêchait presque des convaincus. Le Monarque est toujours courageux « à distance » raisonnable de l'adversaire. Le plus grave est qu'il n'aborda pas le seul débat qui vaille, en matière nucléaire : quel prix environnemental et humain assume-t-on pour notre confort électrique ?

Ouvriers ...
La photographie fut, comme souvent, très réussie : Sarkozy, souriant et entouré d'ouvriers casqués, tous ou presque de la même taille que lui, s'affiche en une du site Elysée.fr. Comme souvent, il livra une « allocution informelle » au beau milieu de la centrale de Gravelines, qu'il visitait. On ne sait pas encore combien d'employés avaient décidé de boycotter ou bouder la présence présidentielle, comme dans les Ardennes. Sarkozy, cependant, était en terrain favorable : la filière nucléaire, c'est son dada.
«J'ai voulu venir à la centrale de Gravelines. Et je voudrai vous parler sérieusement d'un sujet grave et sérieux. J'ai voulu venir avec Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson, avec son président Henri Proglio, après le drame de la centrale japonaise. Je voulais venir ici pour manifester la confiance de la France et des Français dans la filière nucléaire française et dans le savoir-faire des agents d'EDF et des sous-traitants qui tous travaillent depuis plusieurs décennies pour assurer l'indépendance énergétique de la France et la compétitivité de la France. »
Quel beau rôle ! De méchants écologistes, d'horribles grincheux nostalgiques du char à voile et de la carriole à chevaux avaient osé critiqué les dangers, définitifs, de l'industrie nucléaire civil après le drame de Fukushima. « Je veux que les choses soient claires... face au manque de sang-froid de tant d'observateurs qui ne connaissent en rien au nucléaire... font des amalgames... et disent des choses qui ne sont pas respectueuses du travail de nos ingénieurs et de nos techniciens.... En tant que chef de l'Etat, j'ai confiance dans la sécurité du parc nucléaire français.»

Mais de quoi parle-t-on ? Depuis le 10 mars dernier, la Sarkofrance toute entière résiste au débat au motif qu'il faudrait garder son sang-froid et ne pas réagir à chaud. Le silence qui enveloppe l'état atomique national reste assourdissant. L'entreprise TEPCO, formidable géant japonais de l'électricité nucléaire, ne racontait pas d'autres sornettes à ses techniciens de Fukushima, souvent sous-traitants. Une poignée de ces derniers a été envoyée sur les pires fronts radioactifs pendant des semaines et des semaines après la catastrophe. En France, nous assura-t-on, il n'y aucun risque. Nous ne sommes pas près de subir tremblement de terre puis tsunami de l'ampleur de ceux qui touchèrent le Japon le 10 mars. Bien sûr. Nos centrales, vieilles de 30 ou 40 ans, ont été construites sans de telles précautions anti-sismiques.

S'il voulait être crédible et protecteur, Nicolas Sarkozy aurait pu détailler les mesures de protection déployées pour les employés de Gravelines, comme des 58 autres centrales françaises. Ceux de Fukushima ont découvert bien trop tard que TEPCO, leur employeur direct ou, s'agissant des sous-traitants, indirect, n'avait pas pris les mesures de sûreté nécessaire pour ses propres personnels.

Mais non, Sarkozy avait choisi, comme souvent, la facilité : liguer quelques techniciens EDF contre les critiques pour son seul bénéfice politique immédiat.

Ce mardi, le Monarque pouvait donc, enfin, jouer son rôle de président protecteur et compréhensif devant quelques ouvriers et salariés d'EDF. L'argument était plus facile, à défaut d'être crédible, que devant des ouvriers ardennais il y a 15 jours. Et EDF, de surcroît, est une entreprise publique ! Coup double !

Inévitablement, au bout de ses 14 minutes d'« allocution informelle » sans débat ni question, le président français eut son petit couplet sur la réforme des retraites. C'est toujours le même. On écoute distraitement la répétition. « Je sais qu'il y a eu des désaccords entre nous. Mais ma façon de vous respecter, c'est de parler des sujets, ce n'est pas d'avoir peur, ce n'est pas de les mettre de côté.» Il ne put s'empêcher d'avouer la grosse ficelle : « Je pense que le nucléaire nous rassemble. »

L'assistance écoutait distraitement. On voyait surtout des téléphones en tous genres levés en l'air pour filmer ou photographier l'allocution. Sarkozy, bête de foire ?

... contre les écolos ?
Les critiques de Nicolas Sarkozy contre les opposants au nucléaire sont donc d'abord montées d'un cran, lors de sa visite de la centrale de Gravelines, dans le Nord. « J'ai confiance dans la sécurité du parc nucléaire français » a-t-il d'abord déclaré devant des salariés de la centrale. « Je n'ai pas été élu pour le remettre en cause. Il ne sera donc pas remis en cause. Nous allons continuer à investir dans le nucléaire.» Jusque là, pas de surprise...

Mais un peu plus tard, alors qu'il « monologuait » lors d'une table ronde sur la politique énergétiques, le voici qu'il lance sa formule du jour : « On n'a pas le droit de jouer sur des peurs moyenâgeuses pour remettre en cause des choix qui font la puissance de notre pays.» Il a même qualifié d'« irresponsables » celles et ceux qui réclament un moratoire des investissements atomiques.

On ne sait pas s'il a traité de « moyenâgeux » ses visiteurs d'hier. Il avait invité à déjeuner quelques représentants d'ONG écolo pour faire un « bilan d'étape » du Grenelle de l'Environnement. Du nucléaire, il fut pourtant question. Des témoins ont rapporté que les désaccords subsistent. Mais Sarkozy voulut se montrer conciliant en promettant un audit de la filière par la Cour des Comptes. Mardi, le ton était bien différent.

Second accrochage, pré-annoncé celui-là, l'installation prochaine d'un terminal méthanier à Dunkerque, pour 1,5 milliard d'euros de travaux et investissements. Saisissant l'actualité malheureuse, le Monarque demanda une minute de silence, lors de sa table ronde, en l'honneur de Camille, 10 ans, tuée pendant l'attentat de Marrakech, et de Patrick Roy, député socialiste du Nord emporté par un cancer du pancréas la veille. Mais il voulait surtout insister sur son « cadeau.» Le futur terminal est prévu pour 2014-2015, et fournira en gaz naturel liquide la France, l'Allemagne, l'Angleterre et le Benelux : « J'avais promis à Dunkerque et à ses élus que nous ferions un investissement majeur, et c'est aujourd'hui que j'ai l'occasion d'annoncer l'installation du terminal » . Les salariés de TOTAL l'attendaient. Les écologistes la redoutaient. La zone contient déjà 13 sites SEVESO. Et ce 14ème sera à proximité d'une centrale nucléaire.

Quand on aime le risque, on ne compte pas !




mardi 3 mai 2011

Carla se fait voler la vedette par Oussama.

C'est vraiment pas de chance ! Après des jours de préparation, l'épouse du président français livrait enfin son entretien aux lecteurs du Parisien, ce lundi 2 mai. Tout avait été calé. Trois jours après un mariage planétaire, vingt-quatre heures après la béatification de l'ancien pape Jean-Paul II. Un scénario imparable...

Quel suspense... ruiné par une intervention américaine ! Dans la nuit de dimanche à lundi, des forces spéciales tuèrent d'une balle dans la tête Oussama Ben Laden, le leader d'Al Qaïda.

Carla, ultra-sarkozyste.
Fallait-il lire, ou écouter, l'interview donnée par Carla Bruni-Sarkozy à 6 lectrices et lecteurs du quotidien le Parisien, vendredi dernier, et publié ce lundi 2 mai ? Elle a eu droit à trois pleines pages, et des qualificatifs sirupeux en quantité présidentielle :
« très gentille », « charmante », « abordable », et même  « très simple » et « très amoureuse ». On nous avait déjà confié l'essentiel : elle n'a pas confirmé ni démenti sa grossesse. L'une des témoin(e)s a rapporté, tout de même, qu' « elle cache son petit ventre avec son voile chaque fois qu'un photographe s'approche.»  Carla n'avait pas prononcé deux phrases que Nicolas Sarkozy, qui passait par là, s'est incrusté quelques instants. L'information nouvelle mais faussement surprenante était ailleurs. L'épouse a simplement révélé qu'elle n'était plus de gauche, mais plutôt « ultra-sarkozyste.» Quelle information !
« Si vous saviez le mal qu'il se donne jour et nuit, à toute heure ! Je suis ultra-sarkozyste. Je crois en lui. Je ne suis plus du tout, du tout de gauche. (...) Si je suis égoïste, je dis un mandat ça suffit. (...) Si je pense à mon pays, à la France, je dis que ce serait mieux qu'il continue. Deux mandats, ce serait bien. C'est lui qu'il faut, avec son énergie, son déroulement, sa force. »
Et sans que personne ne lui demande quoi que ce soit, la voici qui ajoute : « En plus, contrairement à ce qu'on croit, il a un sang-froid fantastique. Il n'est pas nerveux, il est vivant ». Sans rire ?

Sur la campagne qui démarre, l'ex-mannequin joue les ingénues, plus naïves encore que sa marionnette des Guignols de l'Info : « Je peux l'accompagner sur le terrain, écouter les gens; aider ceux qui me le demandent, peut-être participer plus à la vie politique, l'accompagner à des meetings. Je ne sais pas comment cela se passe une campagne présidentielle ».

Comme la Reine a été correctement briefée, elle expliqua aussi que son époux était désormais ouvert et sage : « Ce qui le passionne, c'est entreprendre, construire. Avant, il était plus bagarreur, maintenant, il a gagné en calme, en sagesse.» Mais le naturel reprend rapidement le dessus. Si Sarkozy était battu en 2012, « Je ne sais pas ce qu'il fera après » confie-t-elle. « mais je le vois mal traînasser toute la journée

Fébrile, Nicolas ? 

Barack Obama, anti-sarkozyste ?
L'effroyable fut que cet entretien ne servit finalement pas à grand chose. Le Parisien n'avait pas eu le temps (ou la volonté) de changer sa couverture. Mais l'actualité était ailleurs. Oussama Ben Laden avait été exécuté par les forces américaines. La nouvelle avait enflammé Twitter pendant la nuit. Barack Obama l'avait annoncé dans la nuit. Une branche d'Al Qaïda du Yémen l'a confirmé ensuite. Un commando est intervenu voici 8 jours. Le temps d'attendre les résultats des tests ADN pour confirmer qu'il s'agissait bien du leader d'Al Qaïda, et voici l'annonce officielle. Même Al Qaïda a confirmé l'assassinat. Il y eut, évidemment, quelques esprits grincheux pour s'énerver de la nouvelle, quelques complotistes pour douter de l'information.

Il fallut attendre quelques heures pour le communiqué officiel de Sarkofrance. Mais avant cela, la Présidence dérapa d'abord sur Twitter. Qu'on se réjouisse de la disparition de Ben Laden était une évidence. Que le premier commentaire officiel de Sarkofrance fut celui-ci était une aberration : « Pour les victimes du 11 septembre 2001, justice est faite. Ce matin, la France pense à elles et à leurs familles. » La Présidence française s'est rabaissée. On attendait un peu de retenue, et pas ce cri vengeur digne d'un mauvais western. Dans sa déclaration, Barack Obama a ménagé les musulmans. Il voulait faire comprendre, au monde mais aussi à ses propres nationaux que Ben Laden n'était qu'une icône terroriste sans rapport avec l'Islam.

Par contraste, le premier commentaire, en 140 caractères sur Twitter, de Nicolas Sarkozy était indigne. Un peu plus tard, le commentaire officiel fut plus complet, mais le mal était fait.
« L'annonce par le Président OBAMA de la mort d'Oussama Ben Laden à la suite d'une remarquable opération de commando américaine au Pakistan, est un événement majeur de la lutte mondiale contre le terrorisme. La France salue la ténacité des États-Unis qui le recherchaient depuis 10 ans. Principal responsable des attentats du 11 septembre 2001, Oussama Ben Laden était le promoteur d'une idéologie de haine et le chef d'une organisation terroriste qui a fait des milliers de victimes dans le monde entier, notamment dans les pays musulmans. Pour ces victimes, justice est faite. Ce matin, la France pense à elles et à leurs familles. »
Plus tard, l'Elysée faisait fuiter que Nicolas Sarkozy allait téléphoner à Barack Obama le soir même. Toujours ce besoin de se re-placer au centre de l'actualité...

François Fillon s'est inséré dans le journal télévisé de France 2, pour commenter l'évènement. « Ce n'est pas la fin de la guerre contre le terrorisme. (...) C'est une époque qui se termine. » Il avait raison. Sur le risque accru d'attentat, « nous sommes vigilants ». Sur les otages, il faut rester « prudents ». Sur l'Afghanistan, aucun changement n'est à attendre. Le premier ministre n'avait en fait pas grand chose à dire. La Sarkofrance voulait simplement se montrer.

Marin Karmitz, sarkozyste déçu ?
Incroyable. Vendredi dernier, Nicolas Sarkozy a tout simplement dissous un machin qu'il avait lui-même créé, le Conseil de la Création Artistique. La chose était présidée par Marin Karmitz, très efficace entrepreneur cinématographique, propriétaire des salles éponymes. Sarkozy voulait court-circuiter le ministère de la Culture et ses administrations. Le stratagème fit choux blanc.

Cette dissolution n'est en fait pas le fait du Monarque. Marin Karmitz en avait marre. Le Monarque, 48 heures avant, avait installé un autre conseil, pour l'Internet. Ses membres devraient s'inquiéter. Pour un Conseil sarkozyen, sans légitimité institutionnelle ni démocratique... le bail est de deux ans...

Sarkozy, sarkozyste toujours.
Lundi, Nicolas Sarkozy déjeunait avec quelques organisations non gouvernementales pour dresser un bilan du Grenelle de l'Environnement. On ne sait pas pourquoi il avait prévu cette rencontre ce jour-là. La grande manifestation. « On a acté un certain nombre de désaccords avec le président de la République, notamment sur la sortie du nucléaire que nous demandions tous » a commenté un responsable de France Nature Environnement. Une fois de plus... A chacun de ses déplacements, et quel qu'en soit le prétexte, Sarkozy ne cesse de répéter combien le nucléaire est essentiel.

Sarkozy a aussi promis une « consultation » sur les questions d'efficacité énergétique. La représentante de Greenpeace a prévenu qu'elle boycotterait. Le lendemain, ce mardi, il filait, un brin provocateur, à Gravelines, dans le Nord, visiter... une centrale nucléaire. Il a promis, paraît-il, un audit du coût « réel » de la filière atomique française. Comme la démarche est currieuse ? On croyait la filière déjà très transparente...


Cette semaine, Nicolas Sarkozy fête, moins discrètement qu'il y a un an, son anniversaire élyséen. 4 ans de pouvoir, 4 ans de gâchis. L'hebdomadaire l'Express, dirigé par le fidèle Christophe Barbier, lui ouvre ses colonnes.

« Le couple Sarkozy est donc de retour à l’offensive dans la presse écrite.» commente le Figaro. Gageons que le Monarque n'a pas apprécié que l'intervention de sa belle soit ainsi occultée par un autre évènement planétaire que le sien.




lundi 2 mai 2011

Sarkozy dans sa bulle

On a rapidement commenté, même à droite, l'esprit de cour qui règne à l'Elysée. A l'approche du scrutin, la multiplication des confidences d'anciens proches ou de proches témoins sur le comportement du Monarque accrédite l'hypothèse.

Nicolas Sarkozy a beau multiplier les déplacements de terrains depuis bientôt 18 mois, il reste dans sa bulle.

Dans sa bulle
Nous sommes à 355 jours du premier tour du scrutin présidentiel. La « chasse aux parrainages est ouverte », rappelait le Journal du Dimanche. Pour les petits candidats, cela devrait être assez facile. On imagine que le parti présidentiel donnera des consignes à ses élus (parlementaires, maires, conseillers généraux et régionaux, et députés européens) pour faciliter les candidatures à gauche. Et que le Parti socialiste fera de même pour favoriser l'éparpillement politique à droite. Un partout la balle au centre.

Les ouvrages politiques se succèdent, et se ressemblent. Après les « off » des deux patrons de l'hebdomadaire Marianne, les « in » d'un ancien ponte du Figaro récemment débarqué de France Télévision, voici quelques coulisses d'un ancien ministre. Hervé Morin, qui se croyait un destin à la Napoléon centriste après avoir quitté le gouvernement, s'est fait griller la politesse présidentielle par un Borloo. Le voici qui sort un livre. Déjà une confidence, un propos de François Fillon sur le Monarque : «Le Président a tellement perdu le sens des réalités qu’il en a oublié que ceux qui sont admis le long des barricades de l’avenue des Champs-Élysées ont été filtrés ».

De tous ces livres on ne retient qu'une chose : fidèles ou critiques, ces observateurs de l'intérieur nous dépeignent tous un Nicolas Sarkozy dans sa bulle. Le Président des Riches est ailleurs, hors de France, dans un cercle courtisan et déconnecté de la réalité de nos concitoyens.

On attend les réflexions de Michèle Alliot-Marie, débarquée de l'équipe Sarkozy en février dernier et surtout celle d'Eric Woerth. L'ancien ministre du Budget puis des Retraites, lâché en rase campagne en novembre 2010, aurait beaucoup à raconter. On imagine bien qu'il gardera le plus grave pour lui-même. Son procès, s'il a lieu, n'est pas encore calé.

Buter un dictateur
En Libye, samedi soir, une attaque aérienne de l'OTAN a tué le plus médiatique des fils Kadhafi, Saïf. Même si l'OTAN a nié avoir visé la famille Kadhafi, il semble bel et bien que l'élimination du dictateur soit devenue l'une des priorités du moment.

En représailles, l'armée libyenne a attaqué quelques ambassades étrangères à Tripoli. Rien que cela !

En France, aucune réaction. Il fallu attendre lundi, et la nouvelle de la mort d'Oussama Ben Laden, pour entendre Alain Juppé s'en tenir à la version de l'oTAN. On a tué par erreur. Evidemment.

Béat devant de le pape
Nicolas et Carla regardaient sans doute les cérémonies de béatification de Jean-Paul II à Rome. Le Monarque français avait d'ailleurs adressé un courrier à l'actuel pape, louant « le souvenir de cette personnalité hors du commun » qui « a non seulement marqué les esprits par l'intensité de sa foi, mais aussi par le rôle majeur qu'il aura joué dans l'histoire » et « a contribué à renverser le monde né de la guerre froide et à façonner le siècle qui est le nôtre ».  Il a même envoyé son premier ministre Fillon. On est surpris.

Oubliant ses devoirs laïcs, le président français s'est emporté : « C'est en souvenir de ce lien étroit, presque privilégié, entre le pape Jean-Paul II et la France que je tenais, Très Saint-Père, à vous exprimer, en mon nom et en celui de mes compatriotes, l'attachement que nous lui portons au moment où l'Église catholique s'apprête à l'élever à l'honneur de ses autels. »

Recycler un bankster
En Europe, le président de la Banque Centrale va changer. Nicolas Sarkozy appuie la nomination de l'Italien Marco Draghi, un ancien cadre de ... Goldman Sachs. Souvenez-vous, en septembre 2008 puis au printemps 2010, cette banque d'affaire était accusée des pires maux. Contre Lehman Brothers, disparue le 15 septembre, Goldman Sachs a été suspectée d'avoir eu la peau de sa grande rivale grâce à des complicités haut placées dans l'administration américaine. Avec la Grèce, dont elle conseillait le placement de la dette, elle a travaillé à truquer les comptes publics, notamment d'endettement, du pays. A tel point que le pays a failli sombrer en avril 2010, et la zone euro avec lui, quand la supercherie fut dévoilé

Le sieur Draghi fut, entre 2002 et 2005, vice-président de la branche européenne de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs. C'est-à-dire au premier plan. Ce ne serait pas la première fois qu'un ancien bankster, complice des arnaques boursières de la dernière décennie, se recycle au sommet des autorités publiques. Aux Etats-Unis, les administrations Bush puis Obama ont montré une grave légèreté en la matière.

Depuis septembre 2008, Nicolas Sarkozy s'est pourtant fait le chantre de la moralisation du capitalisme. Combien de fois a-t-il attaqué ces banquiers-voyous ? Combien de fois est-il monté sur des tribunes internationales pour jouer au moralisateur gauchiste de bon aloi ? Le voir adouber et soutenir, quasiment avec gourmandise, la candidature de Marco Draghi à quelque chose d'indécent ou de cynique.

Au choix.



MAJ 2/5/11 : réaction d'Alain Juppé.

dimanche 1 mai 2011

Clearstream : étouffer Villepin ?

Lundi, un second procès Clearstream débute, presque trop tôt. Dominique de Villepin a démarré sa campagne, sans l'avouer complètement. Nicolas Sarkozy, candidat lui-même, l'a dépouillé peu à peu de ses proches et de ses arguments. L'enjeu était simple, décourager toute candidature à droite. Ce procès était une pierre de plus et encombrante dans le jardin de l'opposant à droite.

En juillet 2007, Dominique de Villepin avait été mis en examen pour complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel de vol et recel d'abus de confiance. En septembre 2009, il est passé au tribunal. « Je suis ici par la volonté d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française. J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français.» avait déclaré l'ancien premier ministre au premier jour de son procès, le 21 septembre 2009. Il n'avait finalement pas tort.

Un documentaire, diffusé une première fois en salle de cinéma, puis, dans une version plus longue, de plus de deux heures, sur CANAL+ un mois plus tard, relatait le déroulement du procès. Témoignages des principaux protagonistes à l'appui, l'auteur Daniel Leconte y laissait entendre, sans trop l'affirmer non plus, une thèse bien crédible et tristement troublante : Dominique de Villepin aurait été à l'origine de la machination - i.e. la création de faux listings de comptes secrets avec notamment Nicolas Sarkozy -. Secundo, Nicolas Sarkozy l'a su dès le début et a laissé l'affaire se développer pour mieux crier à l'imposture. Le titre du documentaire était éloquent : « le Bal des menteurs ».

Quand Dominique de Villepin fut finalement acquitté fin janvier 2010, Nicolas Sarkozy, partie civile, annonça qu'il ne ferait pas appel. Et quelques heures plus tard, l'hypocrite Monarque laissait son procureur Jean-Claude Marin faire lui-même appel au nom du parquet. Il a promis qu'il accrocherait ses calomniateurs à des crocs de boucher. A l'époque, ce vendredi 29 janvier 2010, Villepin était fumasse, dénonçant la tenue d'« une réunion à la Présidence » pour orchestrer la riposte. Le même procureur Marin fut celui qui, plus tard, se chargea de saucissonner l'affaire Karachi.

Depuis, Dominique de Villepin l'opposant s'est largement calmé. Sarkozy a négocié avec Chirac quelques arrangements pour son propre procès, finalement reporté en juin. François Baroin, l'ancien fidèle chiraquien, a été débauché en 2009, comme George Tron, le député villepiniste. En novembre, c'est carrément la porte-parole de République Solidaire, Marie-Anne Montchamp, qui rejoint le gouvernement Sarkozy. La députée craignait pour sa circonscription. C'est aussi simple que cela.

Même dans l'affaire Karachi, Dominique de Villepin avait beaucoup à dire. Ancien secrétaire général de l'Elysée de Jacques Chirac, l'homme a failli tout balancé devant le juge renaud Van Ruymbeke, en décembre 2010. Il s'est ravisé. Il a simplement témoigné que Jacques Chirac et lui avaient, en 1995,l'« intime conviction » de l'existence de rétrocommissions dans le cadre de la vente des sous-marins au Pakistan, une conviction suffisante tout de même pour vouloir annuler plus de 200 millions d'euros de commissions.

En début d'année, quand notre Monarque préparait son G20, Dominique de Villepin eut l'immense honneur d'être reçu à deux reprises à l'Elysée. Les photographes attendaient devant le perron du Palais.

Dominique de Villepin est encore capable de mots durs contre le Monarque.

Mais on sent que l'homme a peur.

Il sourit souvent, masque tout le temps.