12 janvier 2012

Nicolas Sarkozy, présumé innocent... d'incompétence.

Une nouvelle a fait grincer quelques dents. Les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 intéressent la justice.

Le principal intéressé n'a pas réagi, même officieusement. En revanche, Jean-François Copé a prétexté la présomption d'innocence.

Sarkozy est présumé innocent de beaucoup de choses en ce moment.

Il n'est pas candidat, il se maîtrise quand il s'exprime, il modère ses supporteurs. Un véritable conte de fée et de courtoisie démocratique.

Présumé innocent. 


Sarkozy, solidaire... haineux
Mardi, les voeux de Nicolas Sarkozy à l'économie solidaire avaient été occultés par la polémique grossière déclenchée sur les sbires de Sarkofrance contre la proposition socialiste en matière de quotient familial.

Son discours avait été aménagé à la hâte, avec le concours probable du jeune Guillaume Peltier. Ce dernier, ancien frontiste, a paraît-il le sens de la formule. Il conseillait officieusement quelques pontes de la cellule Riposte élyséenne. Il serait prochainement nommé secrétaire national de l'UMP.

Nicolas Sarkozy, donc, préféra parler de ... politique familiale. Comme c'était étrange. Officiellement, c'était une coïncidence. Il ne s'exprimait qu'en tant que chef de l'Etat, s'empressa-t-il de préciser.

Il a donc rappelé qu'il avait créé 200 000 places d'accueil pour les enfants de 3 ans. Il a juste oublié de précisé qu'il avait simplement doublé les effectifs des crèches. Seules 12.000 places en crèches ont réellement été créées depuis 2007, et « le taux de scolarisation à deux ans a connu une chute brutale depuis 2002, en raison des réductions d’effectifs : il est passé de 35% à 13,6% à la rentrée 2010 » (cf. Nouvel Obs).

Mercredi en fin d'après-midi, Nicolas Sarkozy présentait ses voeux aux parlementaires, pour l'essentiel UMP. Il tacla les collectivités locales (majoritairement à gauche), et s'escrima à paraître enfin irréprochable. Il laissa ainsi entendre qu'il avait déjà renoncé à nommer son secrétaire général à la tête de la Caisse des Dépôts. Xavier Musca patientera. La nomination de ses proches pendant les 3 mois précédents l'élection ne serait pas « opportune ».

Y-en-a-t-il encore à caser ?

Les sarkozystes dérapent encore
Mercredi, les esprits étaient à peine calmés. L'UMP enrageait encore du débat  sur le quotient familial lancé par l'équipe Hollande. Après les accusations d'assassinat de la veille par Laurent Wauquiez, Nadine Morano traita François Hollande d'homme dangereux. Fichtre ! Voici le candidat socialiste portraituré en Mesrine de la campagne 2012 !

La séance des questions au gouvernement fut l'occasion de dérapages inédits dans les rangs UMP. Le président de l'Assemblée, pourtant tenu à un relatif devoir de réserve, a choqué à l'occasion de ses voeux, en comparant une défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle à une situation de guerre... « 2012 sera une année de vérité, notre pays est à l'heure des choix. Il peut soit poursuivre une politique courageuse de modernisation et de restauration de notre compétitivité, soit exhumer un programme archaïque et utopique (...). Ne nous y trompons pas : si nous ratons ce rendez-vous de la responsabilité et du courage, les conséquences économiques et sociales pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre ». 


Un peu plus tard, dans l'hémicycle, la ministre du Budget Valérie Pécresse s'est attaquée à son tour à François Hollande, en truquant les chiffres qu'elle avançait comme argument.

En petit comité, devant des députés UMP, Jean-François Copé s'est pavané avec des expressions grossières. La confidence est venue d'un participant, rapportée par le Parisien: « chez nous, c'est massacre à la tronçonneuse » s'est félicité Copé.  

Un vrai sens du débat !

Egarés par tant de hargne, certains perdent le sens de la mesure. Mercredi, Christian Estrosi, ancien ministre de Sarkofrance, a déclaré que « le Fouquet's est une brasserie populaire.»  Dans ce restaurant devenu si célèbre depuis cette soirée privée du 6 mai 2007 avec le nouvel élu Sarkozy, le verre de Perrier frise les 10 euros...

A l'UMP, il faut qu'ils tiennent. Tous les candidats sont là, sauf le leur. Sarkozy a prévu de se cacher jusqu'au 6 mars, voire le 16, dernier jour de dépôt des parrainages. L'information émane de Frédéric Gerschel, du Parisien, ce jeudi 12 janvier. Sarkozy cherche l'exemple de Mitterrand en 1988. Comme s'il sortait de 5 ans de cohabitation avec François Fillon. Cet homme-là, immobile depuis un an, s'inspire d'un prédécesseur socialiste empêché par une cohabitation avec Jacques Chirac. Allez comprendre....

Des ministres hors sol
Lors du Conseil des ministres tenu le matin même à l'Elysée, le Monarque et ses collaborateurs firent mine de travailler. L'ordre du jour ressemblait à une campagne officieuse. François Baroin était ravi d'annoncer un déficit budgétaire réduit de 4 milliards d'euros par rapport aux prévisions de septembre dernier, soit 92 milliards d'euros et 5,7% du PIB. « L’accélération de la baisse du déficit de l’État résulte à la fois d’une excellente maîtrise des dépenses et d’encaissements de recettes plus élevés qu’anticipés, entièrement consacrés à la réduction du déficit.» En fait, le gouvernement a pu compter sur 1,1 milliard d'euros d'impôts supplémentaires (taxe intérieure sur les produits pétroliers, impôt sur le revenu, impôts sur le patrimoine et sur les revenus des capitaux mobiliers), 800 millions d'euros de survente des licences 4G, et 900 millions d'euros de report de versement de la seconde tranche d'aide à la Grèce (la solidarité européenne !).

La veille, l'une des 3 agences de notations, la franco-américaine Fitch avait prévenu qu'elle ne dégraderait pas la note de la France cette année. Ouf ! Ses deux concurrentes maintiennent la pression mais la Bourse de Paris et le gouvernement voulait s'accrocher à cette chimère. L'OFCE prévoyait quand même une récession en France pour l'intégralité de l'année 2012 en France (-0,2%). C'est la crise internationale, nous direz-vous... Et bien non. L'OFCE prévoit un + 0,4% en Allemagne; un 0% dans la zone euro; + 0,5% au Royaume-Uni; +1,4% aux États-Unis et +2,4% au Japon.

On applaudit.

Mercredi, la ministre de l'apprentissage se félicita un peu vite de la progression du nombre de contrats en alternance sur les onze premiers mois de l’année 2011, en hausse de 8,3% par rapport à la même période en 2010. Discrètement en fin d'année, le gouvernement avait signé un décret prolongeant jusqu'au 30 juin 2012 l'aide pour toute embauche d'un jeune sous contrat d'apprentissage ou de professionnalisation supplémentaire (cf. décret n° 2011-1971 du 26 décembre 2011 (JO du 28). Nadine Morano était aussi très contente des 500 millions d’euros d' « investissements d'avenir», dont la programme, pourtant annoncé voici deux ans, semble bien tarder à se mettre à en oeuvre: douze premiers projets ont enfin été sélectionnés pour ...62 millions d’euros (soit 11% du budget total).

Sa collègue des Solidarités Actives, Roselyne Bachelot, a profité de ce conseil pour promettre une loi-cadre pour « faciliter la reconnaissance de l’économie sociale et solidaire ».

Luc Chatel n'avait rien à dire, ce mercredi, sur l'aggravation de l'échec scolaire. L'Afev, l'Association de la fondation étudiante pour la ville, avait lancé un appel. Elle suit des jeunes en difficultés dans les quartiers. Elle appelait à un soutien. Le ministre de l'Education n'a pas réagi.

Xavier Bertrand, ministre du Travail, est également resté silencieux. Et pourtant...

35 heures, l'intox sarkozyste
Le chômage augmente, les heures supplémentaires aussi. C'est l'un des échec les plus dramatiques de l'obstination idéologique sarkozyenne.

La Dares vient de publier, mercredi 11 janvier, un bilan des heures supplémentaires au troisième trimestre 2011 dans les entreprises de plus de 10 salariés des secteurs concurrentiels.

Le nombre moyen d’heures supplémentaires par salarié à temps complet atteint 10,6 heures au 3ème trimestre 2011, en hausse de 4,3 % par rapport au 3ème trimestre 2010.
Cette hausse est plus forte chez les entreprises soumises aux 35 heures (+5%). Elle est quasiment nulle pour celles qui ont une durée collective du travail supérieure à 35 heures (+0,7%).

Pour mémoire, une fraction de l'UMP, emmenée par Jean-François Copé, milite pour une suppression de la référence à un temps de travail hebdomadaire. Le programme présidentiel-sans-candidat que le parti a adopté n'ose pas trancher: « Nous devons franchir une nouvelle étape et inciter les employeurs et les employés à ouvrir des négociations sur le temps de travail, dès 2012 en échange d’une augmentation des salaires et sans remettre en cause la durée légale du travail de 35 heures » (page 6).

Les UMPistes ont conscience que le sujet est explosif: sans durée légale du travail, pas d'heures supplémentaires (défiscalisées ou pas).

Trimestre après trimestre, cette analyse de la Dares permet de démonter un autre mythe sarkozyen: les 35 heures seraient un carcan. Les entreprises soumises à cette durée collective devraient donc légitimement davantage recourir aux 35 heures que celles soumises à des durées supérieures... d'autant plus que ces heures supp' sont défiscalisées pour l'employeur comme pour l'employé.

Et bien... non.

On constate même l'inverse: les salariés (à temps complet) aux 35 heures effectuent 4 fois moins d'heures supplémentaires que les autres (6,7 heures en moyenne, contre 28,2 heures)... 

On applaudit.


7 commentaires:

  1. l'innocent de la république !

    en d'autres temps on l'appelait lou ravi du village

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  2. relisez vos affirmations sur le recours aux heures supplémentaires, il y a une contradiction flagrante
    dans un paragraphe, vous indiquez que ce sont les entreprises soumises aux 35 h qui ont une plus forte hausse des HS et dans le dernier passage, vous indiquez le contraire.
    Ou alors, c'est moi qui n'ai rien pigé.................

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  3. @ Anonyme 02:01 AM

    Troublant, mais pas contradictoire. D'abord, il parle de l'augmentation des heures supplémentaires, ensuite du nombre d'heures supplémentaires effectuées. Le tendance à la croissance des heures supplémentaires peut être plus élevée dans les entreprises soumises aux 35 h, qui, dans le même temps, peuvent très bien y avoir moins recours que les autres. À la longue, il y aurait rattrapage.

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  4. @Anonyme de 2:01: c'est exactement comme ZapPow l'a dit: il faut distinguer le volume d'heures sup dans les deux catégories, et leur évolution respective. Cordialement

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  5. Jusqu'à présent le comportement de l'UMPire de la nuisance et de la malfaisance est en tout point conforme à ce que l'on pouvait prévoir : des attaques ad hominem concertées ; le but recherché étant de faire du bruit et de compter sur l'effet de répétition pour ancrer dans la tête des citoyens hébétés la réalité que l'UMPereur de la manigance souhaite imposer : abrutir la population en l'ensevelissant sous un déluge de propos tantôt agressifs vis-à-vis de Hollande, tantôt laudateurs pour le président-candidat-roi-de-l'embrouille.

    En arrière-plan, il sera procédé régulièrement à une dramatisation de la situation de telle sorte que la population voit son moral plombé et soit maintenue dans un état de sidération, d'abattement et de renoncement. Ainsi, en se présentant comme un personnage actif, volontariste, plein d'énergie et d'initiative, homme de terrain, en maniant l'empathie, il entend, en violant leur psychisme autant que de besoin, amener une majorité de Français prostrés à se rendre à la tentative d'extorsion de leur consentement par épuisement et refus de combattre : comprendre réfléchir, faire de la politique. Harrasser, terrasser la pâte jusqu'à épuisement des facultés d'exercer son libre arbitre.

    Après avoir été suffisamment travaillé psychologiquement par le biais d'une entreprise méthodiquement orchestrée, le corps électoral aura été mis en situation de voter (de s'en remettre) pour le "grand" manipulateur. Lequel, dans le même temps, pour blinder sa stratégie de conservation du trône, aura fait exécuter un plan précis visant à ce que le candidat Hollande soit vidé de sa substance, soit dépossédé de son pouvoir de mobilisation par bombardements successifs et intensifs, un coup de sa personnalité, un coup de son programme, diaboliquement diabolisé et présenté comme le résultat d'une démarche insensée de gens pas du tout compétents et à la hauteur d'une crise dont lui seul aura pris la mesure.

    Une crise qu'il s'approprie désormais depuis plusieurs mois, avec laquelle il a entamé une relation intime, soutenue, au point se se fondre, de faire corps avec elle. En se livrant à un mano a mano régulier il (se) met en scène régulièrement avec les manifestations de la crise. Le monde est en crise et à chaque fois qu'il y a un accès de violence de cette crise, tSarkomzy se porte au chevet de la crise, il affiche sa sollicitude qui est grande. Il accompagne ses soubresauts. Tel un père qui veille, il est toujours prêt à intervenir qd sa fille la crise fait des siennes. La crise chahute le monde, le menace mais lui dans le rôle de père protecteur qu'il s'est taillé ne la lâche pas ; il l'a à l'oeil, ne lui laisse pas de répit, la marque au short. Il est celui qui la terrassera. Il est donc devenu incontournable de par sa stature unique qui crève le paysage cathodique.

    Cette perception doit s'imposer au fil des épisodes savamment mis en scène depuis plusieurs mois maintenant selon un storytelling qu'il affectionne tant. Le but est qu'il apparaisse et soit ressenti comme un pilier indispensable et irremplaçable désormais de l'édifice constitué du monde assailli par la crise et soutenu par le personnage héroïque et donc rassurant qu'il s'emploie à incarner.

    Pendant ce temps, alors qu'il se taille une stature de rempart insubmersible qui se bat sans faillir avec la crise dans un corps à corps incessant, il organise ses troupes en panzerdivision chargée de pillonner les positions du camp adverse aux fins d'empêcher leur leader de se couler dans le costume d'un candidat crédible.

    En travaillant à sa survalorisation le rival s'en trouve automatiquement dévalorisé. Dévalorisation renforcée par ailleurs en déployant méthodiquement un feu roulant de manoeuvres étudiées pour attaquer, torpiller le capital de crédit dont l'impétrant socialiste est investi au départ de la compétition.

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  6. (suite et fin de l'essai de déstorytellisation)

    Une stratégie théatrale qui joue des ressorts de la psychologie qui ne surprend plus. Tout comme on n'est pas surpris de voir Opinion Way dresser un paysage sondagier où tSarkomzy grapille son retard ... comme prévu. Nous n'avons plus affaire à un homme mais à un être qui voudrait accréditer l'idée qu'il est habité d'une puissance démiurgique avec laquelle il défie toutes les forces coalisées contre lui avec l'assurance d'un demi dieu qui vient à bout des obstacles qui se dressent sur son chemin ... Le personnage se vit en Hercule s'acquittant de ses travaux avec une énergie hors du commun qui le place au-dessus du commun ! Un personnage contre qui vous abdiquer toute volonté d'indépendance et à propos duquel vous comprenez vite que la seule solution raisonnable est de se placer sous sa protection.

    Tout cela bien sûr n'est que du vent (comme titré dans Le Canard de cette semaine) et le ballon aura beau grossir il finira par exloser car le peuple de France rappelera cet individu maléfique à la réalité !

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  7. "Le niveau du RSA, inférieur de moitié au seuil de pauvreté, prendra une autre importance pour les familles surendettées dès le 1er janvier 2012.

    La réglementation prévoyait jusqu'à récemment la possibilité d'une saisie sur salaires par les créanciers sous réserve de laisser un minimum social (en l'occurrence le RSA, ajusté en fonction du nombre de personnes à charges).

    Aujourd'hui, cela ne sera plus le cas, la loi a changé le 13 décembre dernier.

    Depuis 1er janvier, « la fraction insaisissable est « fixe », PEU IMPORTE LE NOMBRE DE PERSONNES COMPOSANT LE FOYER du salarié, la fraction correspond au RSA pour une personne seule, soit 466,99 euros pour 2011 ». "

    RAPPELONS QUE LA RETRAITE D'UN SENATEUR (pour les députés, je ne sais pas), NE PEUT ETRE SAISI EN CAS DE SURENDETTEMENT.
    Il peut faire faillite avec une entreprise par exemple, avoir de multiples créanciers et vivre très confortablement.

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