25 janvier 2012

Sarkozy: après le stress, la déprime ? Ou la manipulation ?

Nicolas Sarkozy a retrouvé ses ténors à l'Elysée pour son habituel petit-déjeuner du mardi matin. Pas question d'accélérer l'entrée en campagne a-t-il fait savoir. Pourtant, la publication par le Monde de ses confidences faussement officieuses sur son éventuel retrait de la vie politique avait aggravé le blues ambiant.

Le jour même, l'UMP distribuait 6 millions de tracts pour défendre son bilan... pour rien.

Le Monarque était boudeur, agacé, horripilé.

Au point de saborder l'opération de communication de ses fidèles.


Sarkozy déprime-t-il ?
On adore ces propos « OFF », ce « OFF » qui n'est que « IN »  tant il a vocation, dans l'esprit de son auteur, d'être répété, amplifié, commenté. Depuis bientôt deux ans qu'il s'est imposé une fausse distance avec la gestion quotidienne des affaires dans sa grande opération de présidentialisation, Nicolas Sarkozy a même usé et abusé de ce faux « OFF ». C'est toujours en coulisses qu'il critique François Hollande ou confie ce qu'il pense, toujours devant des témoins avec l'ambition d'être relayé. Petit déjeuner de la majorité (le mardi), déjeuners mensuels avec les députés et les sénateurs UMP, point politique du lundi matin, etc, les occasions ne manquent pas de lâcher ces fausses confidences stratégiques.

Enervé d'être loin quand François Hollande réussissait le lancement de sa campagne, il a donc lâché des confidences sur un éventuel retrait.  «Un homme politique qui est creux en off, c’est qu’il est nul » a-t-il confié. Avant de continuer sur une vraie bourde politique.
« En cas d'échec, j'arrête la politique. Oui, c'est une certitude.
Je suis avocat, j'ai toujours eu un cabinet et je suis passionné de tas de choses. En tout cas, je changerai de vie complètement, vous n'entendrez plus parler de moi !
Je peux voyager, prendre des responsabilités, commencer mes semaines le mardi et les finir le jeudi soir ! Franchement, ça ne me fait pas peur .
De toute façon, je suis au bout. Dans tous les cas, pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière.
L’aiguille, il faut savoir la retirer progressivement.»
Il apparaissait presque méprisant à l'encontre des Français, comme un enfant capricieux de n'être pas compris à défaut d'être aimé.

Il paraît qu'il cite Pascal, qu'il est davantage soucieux de « la trace qu'il laissera » dans le futur, écrivaient Arnaud Leparmentier et Vanessa Schneider mardi 24 janvier.

Ce mardi, il y avait de quoi déprimer.

L'agence Standard and Poor's venait de dégrader la note de trois banques françaises et de la Caisse des dépôts. A Bruxelles, la Commission promettait une récession modéréeé à la zone euro pour le premier semestre de cette année. Le soir, le ministre du Travail anticipait de mauvais chiffres du chômage en décembre, qui devaient être publié ce mercredi matin.

Un ami de Carla Bruni-Sarkozy, Michel Kazatchkine a démissionné de ses fonctions de directeur français du Fonds mondial contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. Son institution avait été accusée début janvier par Frédéric Martel dans une enquête pour l'hebdomadaire Marianne d'avoir financé pour quelque 2,7 millions de dollars une campagne de lutte contre le Sida via des sociétés d'un conseiller de l'épouse du chef de l'Etat. Le mandat de Michel Kazatchkine n'expirait que dans deux ans, mais un audit du Fond, à l'automne dernier, aurait provoqué cette démission anticipée, ce que l'intéressé dément.

Pourtant, le Monarque aurait pu se satisfaire de quelques nouveaux soutiens centristes. Dix parlementaires du parti d'Hervé Morin se sont publiquement exprimés en faveur de Sarkozy. L'opération, un lâchage attendu puisque les services élyséens avaient menacé les dissidents potentiels de représailles électorales pour le scrutin législatif de juin prochain, a fait choux blanc. L'attention médiatique était toute entière concentrée sur l'Aveu présidentiel de la crainte d'un échec.

Mardi après-midi, son ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé s'est exclamé: « J’ai vu Nicolas Sarkozy ce matin pendant une heure et demie il ne m’a pas donné du tout ce sentiment. Il a l’air totalement décidé à aller vers la victoire ».

Décidé à aller vers la victoire ?

Donc, il est candidat... ou bien.

En meeting à Marseille
Ces confidences de Nicolas Sarkozy ne trompent plus grand monde. Sarkozy livrait peut-être ses états d'âme mais il voulait se rassurer, conjurer le mauvais sort d'une mauvaise séquence.

Au petit déjeuner de la majorité, le Monarque s'en est encore pris à François Hollande, qu'il accusa de s'être « livré à une attaque absolument sans précédent contre les classes moyennes ». On ne sait pas à quoi il faisait référence, puisque le candidat socialiste, dimanche dernier au Bourget, est plutôt resté sur d'autres terrains. Ces critiques hors sol ne font plus mouche.

Nicolas Sarkozy est ensuite parti au Mucem de Marseille, en avion présidentiel. Nombre d'élus locaux d'opposition boycottèrent le rendez-vous. Ces voeux, cette fois-ci destinés au monde de la culture, s'apparentent de plus en plus à de simples meeting électoraux. Ce n'est en soi pas grave, il suffit d'assumer.

Nicolas Sarkozy n'a d'ailleurs pas dit autre chose sinon défendre son bilan et attaquer, sans évidemment le nommer, François Hollande.

Contre ce dernier, il dénonça l'abrogation d'HADOPI, accusant la gauche de « vouloir réserver à la culture le même modèle que la finance ».
« Je suis proprement sidéré d'entendre certains dire que la loi Hadopi doit être abrogée. Mais rassurez-vous : on l'abroge d'abord et après, bien après, on verra, on prendra le temps de dégager une solution consensuelle. Bref, on nous demande de pratiquer un désarmement unilatéral à l'égard du piratage. »
Il caricaturait la chose, François Hollande ayant pris soin de préciser qu'il voulait remplacer Hadopi, et non pas abandonner toute forme de répression contre le piratage numérique des oeuvres. Il démontra surtout qu'il était le grand inspirateur des railleries publiques et ad nominem que ses sbires - Jean-François Copé en tête - balançaient sans courtoisie à l'encontre de François Hollande depuis des semaines. « Si j'ai compris, il faudrait renoncer pour la pire des raisons, c'est qu'il y a un risque de faire de la peine aux jeunes. C'est simplement la facilité, toujours la facilité, encore la facilité. Dire oui, puis oui, puis oui et encore oui, parce que pour dire non il faut un minimum de courage. »

En matière d'annonces, il fut avare d'idées. Nous étions sidérés. Il paraît que les meilleures de ses propositions seront pour dimanche. Le temps sarkozyen n'est plus celui de la réalité du temps présent.

Trois jours après la présentation du programme du candidat socialiste, Nicolas Sarkozy a choisi de s'imposer sur les chaînes d'information iTélé et BFM-TV  (« parce qu'il préfère des experts » aurait expliqué l'un de ses conseillers à un journaliste). Toujours informé à la première source, le Figaro croyait savoir que le Monarque parlerait chômage, logement et compétitivité... Quelle surprise !

Au monde de la Culture, il se félicita d'Hadopi, de la progression « de 21 % de 2007 à 2012 » du budget du ministère de Frédéric Mitterrand (alors qu'il ne s'agissait que d'une grossière manipulation comptable...). Il tonna de sa grosse voix pour tout et parfois n'importe quoi, comme sur la rénovation des cathédrales (« Qu’on ne vienne pas me dire que cela vient heurter le principe de laïcité. On peut entrer dans un cathédrale sans être militant ») ou contre la crise: « La réponse de la France à la crise, c’est la culture »...

A la fin du discours, une jeune femme parvint à lui lancer: « Combien coûte ce genre d’événement, c’est honteux ! », avant d'être expulsée par la police. Une anecdote que seul le journaliste du Monde releva.

Nicolas Sarkozy est candidat, mais ce mardi, il voulait jouer au « retenez-moi-sinon-je-m'en-vais ».


22 commentaires:

  1. non on ne le retient pas ,qu il parte vite et qu on entende plus jamais parler de lui c est tout le bonheur que je nous souhaite cette année ,ouste ,dehors ,
    je me demande pourtant de quel coup foireux il en encore capable pour rester ,méfiance ,plus tordu je ne connais pas !!!!

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    1. Oui c'est vrai qu'il fait peur, c'est parce qu'il se sent coincé son instinct de survie est en marche.Mais la question que je me pose ,il est évident qu'il est en campagne est-ce que ses frais sont payés par les francais?

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    2. Si, il faut encore entendre parler de lui, pour le juger et le mettre en taule. C'est pas normal qu'il s'en sorte comme ça, trop facile, il doit rendre des comptes à la nation.

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  2. M; Hollande lui a très bien répliqué pour les classes moyennes, franchement 150,000 euros classe moyenne. on voit qu'il n'a plus la notion de l'argent.
    solange

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  3. Sarkozy: abandonner la politique!!!
    Manipulation de la part d'un narcisse capricieux.
    Totalement d'accord avec Juan quand il dit: « retenez-moi-sinon-je-m'en-vais »

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  4. se retirer ? abandonner la politique ?

    serment d'ivrogne comme aurait pu dire Borloo

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  5. c'est sur que partir dépenser au Brésil les milliards qu'il a volé aux français, cela doit le démanger sérieusement !

    Hélas pour le nabot, il devra passer devant une cour martiale pour haute trahison (avoir brader a des fonds d'investissement du moyen orient des secteurs stratégiques).
    La peine de mort a étée abolie, veinard va !

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  6. Attention, manipulation!
    Ill ne faut jamais croire Nicolas Sarkozy, sauf quand il dit qu'il n'oublie jamais ses ennemis.
    Coup de blues? De l'eau dans le gaz avec Carla?
    Rien de tout ça ne le ferait reculer. Maintenant, s'il n'est pas réélu, là sûrement il aura envie de disparaître sans faire de bruit et sans laisser d'adresse. Mais ça va être très, très difficile, avec toutes les casseroles qu'il traîne.

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  7. Vu dans le petit journal: les problèmes d'éclairage pendant son discours de Marseille, à mon avis, l'éclairagiste va pouvoir aller grossir le rang des chômeurs! Sa majesté dans le noir, m'enfin!!!

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  8. c'est comme
    "Nicolas Sarkozy avait laissé entendre qu'il se retirerait dans un monastère le lendemain de son élection pour "se retrouver face à lui-même" et "habiter la fonction présidentielle". Il a finalement préféré célébrer sa victoire à l'élection sur le yacht de Vincent Bolloré au large de Malte."

    Alors bon le "En cas d'échec, j'arrête la politique." ... on y croit à fond !

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    1. Plus qu'il veut habiter une résidence au bord de la mer, il n'y a qu'à le loger à la prison des Baumettes à Marseille, cette enflure.

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    2. On va lui peler le jonc, comme au bailli du Limousin.

      Mais que va devenir la grosse Merkel, si il n'y a plus le nain pour lui rouler des pelles, dire qu'ils ont peut-être copuler ensemble quelle horreur.

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  9. L'article résume bien la situation : Sarkozy boude, il est déçu, il en veut aux sondages ... Mais il n'a aucune envie d'abandonner la partie. Tout ce OFF, c'est du pipeau. Ces fausses confidences chuchotées (?) dans le creux de l'oreille des journalistes font partie d'une stratégie, celle de "forcer" les électeurs pour leur faire comprendre qu'il est indispensable, qu'il est le meilleur !
    Mais le fameux " retenez-moi-sinon-je-m'en-vais » peut se retourner contre lui : il se pourrait bien que les Français non seulement ne le retiennent pas, mais qu'ils le poussent vers la sortie ....

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  10. L'horreur commence juste.
    Ce type là, est la plus grande saleté que la terre a fabriqué, il vient en tête loin devant les ordures de tous genres, c'est parti, il va nous nous faire les plus grosses conneries maintenant, c'est la vengeance du serpent déplumé.
    Casse toi pauvre con!

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  11. L'air de rien...

    Comme quoi rien, ce n'est pas rien... c'est le refrain du plus grand opéra de tous les temps: "vorrei e non vorrei", "je voudrais et je ne voudrais pas"
    Puisque ça ne peut-être Tout... ce sera Rien...


    http://www.lejournaldepersonne.com/2012/01/lair-de-rien/

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  12. je me demandais pourquoi attend t-il si longtemps avant de se déclarer ????
    par peur d'affronter son bilan plus que catastrophique c'est sure non ?????.....et vu ses résultats ,attendre le plus longtemps possible avant d'annoncer qu'il ne se représentera pas

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  13. C'est un malheur que les hommes ne puissent d'ordinaire posséder aucun talent sans avoir quelque envie d'abaisser les autres.

    L’art de plaire est l’art de tromper.

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  14. "la déprime ? Ou la manipulation ?"

    ==> réaction narcissique de celui qui suffoque d'angoisse à l'idée de ne plus être le centre d'intérêt numéro 1 en France. Pour satisfaire à ce besoin psychologique impérieux, via la maitrise de l'agenda médiatique, son inconscient pulse très fort : dans ce context c'est la pulsion court-termiste qui l'emporte.

    Et plus l'angoisse est fortement ressentie, plus la réponse pourra être non pertinente, voire carrément préjudiciable. Le tout étant de reprendre pied dans les médias dans les plus brefs délais.

    Cercle infernal conduisant à l'auto-destruction car le prix à payer pour respecter cette stratégie du coup pour coup sera très élevé du fait que le sujet courre après son adversaire et ils ne sont pas chaussé pareil : l'un capte l'esprit de notre roman national ; l'autre ne comprend rien aux notes que lui rédige la plume infatuée de Gaino ! Quand l'un fait un pas, l'autre doit en faire dix pour à l'arrivée peiner à lui coller aux talons !

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  15. Les chiffres du chômage pour le mois de décembre 2011 viennent d’être diffusés :
    5 164 200 inscrits à Pôle Emploi.

    Catégories A, B, C, D, E :
    Chômage en décembre 2010 : 4 922 700 inscrits à Pôle Emploi.

    Chômage en novembre 2011 : 5 123 800 inscrits à Pôle Emploi.

    Chômage en décembre 2011 : 5 164 200 inscrits à Pôle Emploi.

    Variation sur un mois : augmentation de 40 400 chômeurs.

    Variation sur un an : augmentation de 241 500 chômeurs.

    C’est à la page 15 :

    http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle-WaR87-2.pdf

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  16. Vu sur le site du Monde :

    " Sarkozy réactive son compte Facebook pour reconquérir la Toile"
    ==> on sent la montée en puissance, la puissance du génie qui se déploie inexorablement"

    "Sarkozy : "En cas d'échec, vous n'entendrez plus jamais parler de moi"
    ==> mais si mais si Nicolas, ne soit pas mauvais joueur. Tu auras encore l'honneur de voir ton nom scander la vie de nos médias ... rubrique Justice !!

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  17. Allez prends ton cachet Nicolas ! C'est pour aller mieux, pour avoir l'air normal jusqu'au bout !

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