10 janvier 2012

Sarkozy vise un second tour contre Marine Le Pen

Ils sont finalement quatre. Depuis quelques semaines, certains commentateurs n'attribuent qu'à quatre candidats des chances de qualification au second tour. Pour les autres, c'est peut-être injuste, mais la sphère médiatico-sondagière les a visiblement évacué. Ces quatre sont Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et François Bayrou.

Il est très intéressant de voir comment se dévoile, jour après jour, la tactique de Nicolas Sarkozy pour approcher sans trop dégâts d'un scrutin qu'on lui promettait ingagnable voici 4 mois.

Taper sur François Hollande
La rage déployée contre François Hollande par les ténors du clan sarkozyste est évident. Elle dépasse le combat électoral habituel. Depuis des semaines, les consignes sont claires. Il faut attaquer Hollande chaque jour et sur n'importe quel sujet: son physique, son comportement, ses propositions, son calendrier, ses proches ou ses alliés, le Parti socialiste, etc. La moitié du gouvernement a été mobilisée sur l'affaire. C'est à se demander quand ces ministres prennent encore le temps d'assurer la mission pour laquelle ils ont été nommés. Nadine Morano est aussi active sur Twitter et dans les médias que son agenda officiel est vide. Laurent Wauquiez avait peu à défendre sur son action en matière d'Enseignement Supérieur, sauf l'assouplissement d'une circulaire inefficace et inique de ... son collègue Claude Guéant.

Se cacher
Nicolas Sarkozy ne s'expose pas, refuse de s'afficher candidat. Il se planque. Personne n'est dupe, mais rares sont les médias qui insistent sur une facette de cette posture: Nicolas Sarkozy attaque caché. Il ne cite jamais publiquement Hollande, Le Pen ou Bayrou. Il préfère des propos faussement « off », ou laisser ses sbires mener l'attaque frontalement. le « Président-courage » fustige en coulisses, attaque de biais, préfère les allusions à la critique directe. Quelle stature !

Cacher son programme
Ce que Nicolas Sarkozy n'a pas fait... est à lire dans le programme de l'UMP. On l'avait oublié, mais l'UMP a un programme. Les ténors de Sarkofrance, ministres ou conseillers élyséens, s'échignent à tacler la prétendue absence de programme de François Hollande. Ils se refusent tout autant de commenter les propositions des autres candidats. Le programme de l'UMp, lui, a un curieux statut. Dès septembre dernier, on nous avait prévenu que le candidat Sarkozy ne se sentirait absolument pas lié par ces nouveaux engagements. En gros, c'est un texte qui... ne sert à rien.

Faire monter Le Pen
En juillet 2010, l'offensive anti-immigrés incarnée par le discours dit de Grenoble a fait choux blanc. Depuis, c'est Claude Guéant, ministre de l'intérieur, qui entretient la flamme. A coup de petites phrases et sales mesures, il laisse les thématiques principales du Front National perdurer dans l'espace médiatique.

Proposer n'importe quoi
Nicolas Sarkozy n'a peut-être pas de programme, mais il déploie une énergie folle à faire croire qu'il a encore des idées. Fin décembre, ses conseillers promettaient qu'il prendrait des « mesures fortes », après l'échec du second discours de Toulon. Pour sa première semaine de janvier, il a donc annoncé une TVA sociale, une taxe financière prétendument inspirée du projet Tobin, et la suppression du collège unique.  « Hollande a choisi de gérer un patrimoine virtuel, celui des sondages. Moi, je vais lancer des idées et prendre des risques », aurait-il confié lui-même au JDD. Prendre des risques ? Nicolas Sarkozy est immobile depuis plus d'un an. Il a abandonné sa seule grande réforme prévue pour 2011 (sur la dépendance), raté une demi-douzaine de sommets européens, pour finir à 100 jours du scrutin à lâcher une avalanche de propositions plus ou moins contradictoires avec sa propre politique. Prenez la TVA sociale, quoi de plus crétin que d'augmenter de 3 ou 5 points une TVA parmi les plus élevées d'Europe en pleine récession ?

Préserver François Bayrou.
Ce n'est pas la plus petite des surprises de cette drôle de campagne. En 2011, Nicolas Sarkozy avait choisi de préserver François Bayrou de toute attaque. Il observait avec inquiétude les velléités indépendantistes de Jean-Louis Borloo qui avait quitté le gouvernement en novembre 2010. Quand ce dernier fut débranché en septembre dernier, le soulagement fut grand. Certes, le paysage des candidatures restait encombré, mais François Bayrou était aussi un sérieux atout pour mordre le flanc droit de la candidature Hollande. Ces derniers jours, on s'est félicité des ralliements de quelques ex-UMP tels Philippe Douste-Blazy (l'un des fondateurs du parti!) ou Jean Arthuis . Bizarrement, la réaction élyséenne fut très modeste, surtout si on la compare au déchaînement de rage sourde qu'ont subi les quelques soutiens de Borloo à l'automne (Rama Yade, Dominique Paillé, etc).


Le candidat centriste a nié, en décembre, avoir conclu tout pacte secret avec Nicolas Sarkozy. On n'en demandait pas tant !



18 commentaires:

  1. cette tva sociale est une vraie provocation ,continuons donc à tirer à boulet rouges sur "le pauvre monde" pour enrichir encore et encore les nantis de la sarkozy.de mon ile très très loin ou parait il " la misère est moins pénible au soleil", je lis chaque jour la décadence de la pauvre france .merci Juan pour ce travail de titan au jour le jour depuis si longtemps ,ça doit être épuisant !!

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  2. Si le nabot se represente c'est une bonne nouvelle.
    Cela veut dire que tout n'a pas été vendu, pillé et qu'il reste de l'argent à détourner.
    Enfin il reste surtout des guerres à faire, la Syrie, l'Iran et la Corée du nord.
    C'est Dick Cheney le patron de toute manière.

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  3. si ca se trouve c'est lui, ns ,qui leur demande de retourner leur veste comme éclaireur? solange

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  4. diviser pour mieux régner
    cet adage est toujours aussi vrai

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  5. Un pied dans la taxe Tobin, un pied sur Jeanne d'Arc! On savait qu'il était prêt à tout, qu'il n'avait aucune conviction personnelle, que sa perfusion de sondages lui tenait lieu de boussole, et il arrive encore à étonner.
    Attention, le danger n'est pas écarté. Face à Le Pen au 2e tour, c'est la place de Mélenchon.

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  6. Il y a aussi, en parallèle, un travail de pseudo-analyse des journaleux, comme quoi élire Hollande ou Sarközy ne changera en rien (sous entendu autant garder celui qui est supposé avoir l'expérience).

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  7. Excellent billet qui reflète tout à fait mon analyse de la situation... sara1

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  8. Quitte à devoir choisir entre deux programmes identiques (ou impuissances), il me semble que Hollande a infiniment plus d'humanité, de conviction, d'intégrité, de crédibilité, d'humour et de dignité que le nabot à talonnettes flanqué de son catastrophique bilan.

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  9. Le Gouvernement Français s'affole de la Hongrie et sa nouvelle constitution, mais finalement la France de Sarkozy n'est franchement pas très différente de la nouvelle Hongrie. Opposition interdite, qu'un chef: LUI, le monarque, celui qui sait tout etc... Pauvre France. Heureusement pour moi, j'habite l'étranger,mais cette France fait peur. Je vous souhaite beaucoup de courage, BATTEZ-VOUS, il faut qu'il parte!!!! (abc)

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  10. Le PS monte au créneau pour réagir face aux propos de François Fillon, lundi, lors de ses voeux à la presse. Le Premier ministre avait accusé François Hollande de dramatiser la situation de la France et de faire de la "scorpionite".

    Qui est le plus "anti", le PS ou l'UMP? L'"anti sarkozysme primaire", expression dans la bouche des cadres de la majorité depuis cinq ans pour dénoncer le manque de programme de leurs adversaires à maintenant son penchant socialiste: "l'obsession de l'anti-hollandisme."

    Son auteur est Arnaud Montebourg, qui réagissait aux critiques de François Fillon sur le candidat PS, ce mardi matin sur RTL. "Le gouvernement veut faire diversion par rapport au bilan du sarkozysme, a déclaré le troisième homme de la primaire. Du coup l'obsession de l'anti-hollandisme fleurit sur toutes les bouches ministérielles".

    "Je dois faire peur pour que le premier ministre me consacre ses voeux"


    La "scorpionite", dénoncée par le Premier ministre à l'encontre de François Hollande "n'est pas à la hauteur des choix profonds que le pays a à faire" a poursuivi le député PS de Saône-et-Loire. "Dix ans de pouvoir, 600 milliards de dette en plus, 75 milliards de déficit commercial, un million de chômeurs en cinq ans de plus: il faut en parler, savoir si on a de quoi être fiers et s'il faut continuer", assène-t-il.

    Hier soir, François Hollande a réagi lui-même aux propos de François Fillon, sur le plateau du Grand journal de Canal+.

    "Je dois faire peur pour que le Premier ministre (me) consacre quelques minutes de ses voeux aux Français. Il devrait les rassurer, il devrait leur dire tout va bien, nous avons bien dirigé le pays plutôt que de parler de moi" a déclaré le candidat PS.

    "En disant que la France est en mauvais état, je ne fais que traduire ce que constatent nos compatriotes", a-t-il ajouté, estimant lui aussi que "ce n'est pas agréable de voir que nous avons 1 million de chômeurs de plus qu'en 2007, ce n'est pas satisfaisant que de constater que nous avons une dette qui a augmenté de 600 milliards d'euros depuis 2007".

    Fillon: "Cette diabolisation est infantile"

    Lundi lors de ses voeux, François Fillon a pilonné le candidat PS François Hollande, l'accusant de diaboliser de manière "infantile" le bilan du quinquennat Sarkozy.

    "A écouter M. Hollande, tout n'est qu'échec, inéquité, désolation, bref notre pays est dans le gouffre. Je veux combattre cette maladie, cette 'scorpionite'. J'ai bien compris qu'il s'agit de passer de l'ombre à la lumière et ce faisant de résumer l'élection présidentielle à la personne de Nicolas Sarkozy, a-t-il argué, assénant: Cette diabolisation est infantile". Dépeignant le candidat PS comme un homme ayant "la main qui tremble", le Premier ministre a fait valoir qu'"aux commandes de la France, il faut du réalisme, du cran, une capacité à voir loin et à agir vite".

    Dans une interview aux Echos publiée ce mardi, le ministre de la Défense Gérard Longuet en a remis une couche. Il a pointé une "différence profonde entre le président, qui accepte les réalités économiques et en tire les conséquences" et le candidat socialiste "qui escamote le réel". Selon lui, "les Français ont le choix entre un candidat de l'initiative et un candidat du silence. L'initiative génère des tensions, mais le silence crée le doute sur la France, ce qui est pire dans l'épreuve".

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  11. Voici en 2007 ce qui était écrit sur l'analyse de la personnalité de NS:
    Mental guerrier, agressivité et impulsivité pas toujours contrôlées.
    Être marqué par les mauvais choix, jugement faussé, discernement troublé.
    Possibilité de méchanceté voire cruauté.
    Orateur qui sait sentir les foules, ruse, cynisme, manipulation, goût du pouvoir.
    Cultivé mais dont les connaissances manquent de fondations solides et parsemées de lacunes.
    Comptes à régler avec son enfance.(petite taille, railleries de tous genres...)
    Chute possible causée par de mauvais choix de sa part ou le retrait de soutiens occultes.
    Actuellement (2007) sous la coupe de puissances avec lesquelles on ne rigole pas.
    Succès grâce à des partenaires puissants, mais les scandales rôdent.
    En 2012 et après 5 ans au pouvoir, ces phrases prennent tout leurs sens, ses discours, ses revirements, ses promesses non tenues, ses paroles déplacées, toute sa personnalité est marquée par cette analyse qui malheureusement disait juste.

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  12. Sarkozy applique à la lettre les conseils de Patrick Buisson "opération avril 2002" !

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  13. Que François Hollande fasse sa campagne au lieu de jouer au chat et à la souris avec Sarkozy. Lui aussi avance masqué, et je ne pense pas que ses petits calculs lui seront tellement profitables. Les Français ont assez de la politique politicienne, et ça fait le jeu de M.Le Pen.

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  14. Fillon, c'est pas le type qui avait dit en arrivant au pouvoir que la France était en faillite?
    c'était pas de la scorpionite à l'époque?
    Sur que la meilleure stratégie pour le (sale) petit mec, c'est de se retrouver face à la blonde au 2ème tour.
    Pas la peine de taper sur Bayrou, suffit de lui envoyer des soutiens du calibre de Douste-Blazy...
    (pour mémoire, il s'était fait épingler par Libé lorsqu'il avait prétendu avoir du s'absenter d'une convention UDF pour sauver un malade. il avait quitté les lieux en hélico prétendait-il. après vérification, aucun hélico n'avait survolé la ville ce jour-là. en fait ce courageux petit monsieur ne voulait pas être obligé de voter une résolution.triste sire.)
    donc feu roulant sur Hollande.
    et clin d'oeil à MLP : Gueant aujourd'hui se félicitant d'avoir expulsé près de 33 000 étrangers en situation irrégulière. Vite, la cuvette je vais gerber.

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  15. Analyse que je partage entièrement.De plus certains ommentaires sont d'une justesse et d'une lucidité stupéfiantes.La France que nous aimons (je suis étranger installé à l'étranger)saura se défendre et relever la te^te.Beaucoup de gens se demandent comment les français d'habitude si brillants et si lucides ont pu confier leur pays à pareil individu qui est si peu français dans sa sa sensibilité, dans son inculture,dans son tempérament...Je me demande s'il y a encore quelqu'un, français ou pas, qui pourrais supporter encore cinq de plus avec lui.

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  16. bien sur cela fait longtemps que Sarko rêve de ça ; se retrouver au second tour face à Marine , c'est d'ailleurs sa seule et unique chance d'être réélu !! ( c'est ce qu'il pense !) refaire le coup de 2002 Chirac -Le Pen ...
    Mais les français ne seront pas toujours aussi cons ... à sa place je me méfierai quand même ; et puis il est même pas sur d'être là au second tour ... et si si Marine avait 75% ou plus de voix au premier tour ?? ..! ce serait marrant (!!)

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  17. Je partage également cet avis, j'aurais même rajouté un petit passage sur le peu de choix qu'ont les français aux élections et aussi sur la n on prise en compte de l'abstention.

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