10 janvier 2012

Taxe Tobin: Sarkozy est-il imprudent ou incompétent ?

C'était sa dernière idée. Il en a porté la mise en scène jusqu'à Berlin: la Sarkofrance allait se doter d'une taxe Tobin, une taxe sur les transactions financières, sans attendre ces partenaires européens ni a fortiori un accord du G20 qui n'est jamais venu.

Nicolas Sarkozy suivait sa tactique électorale du moment, proposer tous les jours ou presque une mesure « forte » qui provoque son concurrent socialiste François Hollande. Il cherchait aussi à compenser l'effet désastreux d'un relèvement annoncé de la TVA vers les 23 ou 24%.

Seulement voilà, cette nouvelle taxe Tobin version Sarkozy n'a trompé personne, excepté peut-être le Figaro de lundi 9 janvier. Dès l'après-midi du 9 janvier, tandis que Nicolas Sarkozy s'affichait à Berlin auprès d'Angela Merkel, le quotidien le Monde publiait un long article d'Arnaud Leparmentier qui débusquait l'arnaque: «  De la taxe Tobin de Sarkozy à l’impôt de Bourse ». Et oui, la taxe Tobin version Sarkozy n'était finalement qu'une belle arnaque.

Sarkozy a la mémoire défaillante
Le 16 novembre 2007, les députés UMP votaient la suppression d'une taxe sur les transactions financières pourtant centenaire en France, l'impôt de Bourse. Attac s'en était indigné. Même les Britanniques ont toujours une taxe similaire, un droit de timbre de 0,5 % et « qui rapporte selon Bercy 2 à 3 milliards de livres par an ». En France, l'impôt de Bourse était plus modeste, il taxait les transactions de moins de 153 000 euros à 0,3 %, puis s'abaissait à 0,15 % au-delà, pour un produit estimé à moins de 300 millions d'euros par an.

En décembre dernier, il y a quelques semaines à peine, le secrétaire d'Etat Pierre Lellouche s'opposait au Sénat à toute taxe sur les transactions financières, la jugeant « contre-productive »... On reste bouche bée, on ne comprend plus...

Mieux, une autre taxe sur les transactions financières existe déjà dans notre code des impôts depuis 2001... Une mesure votée en novembre 2001, comme l'a rappelé François Hollande lundi soir sur Canal+ comme notre confrère Menilmuche, pour le cas où les autres pays européens l'appliquent enfin.

Sarkozy menace l'Europe
Est-ce vraiment le moment de faire cavalier seul ? L'Europe a besoin d'une gouvernance plus forte. Nicolas Sarkozy lui-même l'a dit été répété ces derniers mois. Les intervenants financiers (prêteurs, agences de notation, traders) ont largement fait comprendre aux gouvernements de la zone euro que la dispersion politique aggravait la situation économique et financière; qu'il fallait une meilleure coordination.

Et pourtant, notre Monarque national s'est mis bille en tête, un dimanche de janvier 2012, de faire voter une taxe sur les transactions financières et, pire, de le crier sur les toits comme un désaccord majeur qu'il avait avec le reste de ses partenaires européens.

Cet homme-là sait-il seulement ce qu'il fait ?

Cette irresponsabilité est d'autant plus grave que la situation, encore fragile, semblait se stabiliser quelque peu: la BCE s'est mise à prêter à taux bradé à toutes les banques européens dans les derniers jours de décembre. Mais la récession est là, et une prochaine dégradation brutale, passée la trêve hivernale, n'est pas à exclure. L'Italie risque une nouvelle dégradation de sa note de crédit.

Sarkozy se contredit
Nous avons l'habitude, mais mieux vaut le rappeler. Lundi, sur toutes les télé et radios de France, de précédents propos de Nicolas Sarkozy en 1999 contre toute taxe Tobin furent rediffusés en boucle. Le Monarque pouvait s'abriter sur la Grande Crise pour justifier ce énième revirement personnel.

Lundi, tandis que Sarkozy fanfaronnait à Berlin, les marchés financiers étaient à nouveau fébriles.


« Ma conviction, c'est que si nous ne montrons pas l'exemple, cela ne se fera pas.» déclara le président français. Angela Merkel a souri, lors d'une conférence de presse commune hier après-midi. Puis elle a dit qu'elle attendrait le calendrier européen. « Côté allemand, le but est d'avoir une déclaration d'intention des ministres des Finances d'ici début mars».
 
Le Monarque a ajouté qu'il n'était pas question de dévoiler l'affectation d'une telle taxe franco-française avant le sommet du 18 janvier (qu'il rebaptisa « sommet sur la crise »). Cette taxe Tobin version Sarkozy ne serait donc que cela, une pillule pour faire avaler la TVA sociale... ?

« Le vrai risque, actuellement, ce serait de ne pas prendre de risque » expliquait Nicolas Sarkozy ces derniers jours. Mais pour la France, le vrai risque n'est-il pas de laisser un pareille incompétence plus longtemps aux commandes ?


8 commentaires:

  1. Anonyme a dit…
    Voici en 2007 ce qui était écrit sur l'analyse de la personnalité de NS:
    Mental guerrier, agressivité et impulsivité pas toujours contrôlées.
    Être marqué par les mauvais choix, jugement faussé, discernement troublé.
    Possibilité de méchanceté voire cruauté.
    Orateur qui sait sentir les foules, ruse, cynisme, manipulation, goût du pouvoir.
    Cultivé mais dont les connaissances manquent de fondations solides et parsemées de lacunes.
    Comptes à régler avec son enfance.(petite taille, railleries de tous genres...)
    Chute possible causée par de mauvais choix de sa part ou le retrait de soutiens occultes.
    Actuellement (2007) sous la coupe de puissances avec lesquelles on ne rigole pas.
    Succès grâce à des partenaires puissants, mais les scandales rôdent.
    En 2012 et après 5 ans au pouvoir, ces phrases prennent tout leurs sens, ses discours, ses revirements, ses promesses non tenues, ses paroles déplacées, toute sa personnalité est marquée par cette analyse qui malheureusement disait juste.
    10 janvier 2012 14:27

    RépondreSupprimer
  2. c'est probablement pour faire oublié le scandale de sa petite carlita qu'il s'énerve de la sorte. solange

    RépondreSupprimer
  3. Qui a cru une seule seconde à cette taxe Tobine française venant du "Petit"?

    Pendant que l'on parle de cette taxe qui n'est qu'un enfumage de première classe, le "Petit" continue à remuer du vent. Il a tellement de mépris pour le peuple, qu'il est persuadé qu'il arrivera à faire prendre des vessies pour des lanternes au plus grand nombre. Il se croit encore en 2007.

    RépondreSupprimer
  4. Le danger c'est qu'avec cet enfumage, de nombreuses gens peu informées ou conditionnées par le matraquage médiatique quotidien risquent de faire réélire Sarközy.
    Comment faire prendre conscience ?

    RépondreSupprimer
  5. Les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy bientôt saisis par la justice.

    La justice va examiner les comptes de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy.

    Les comptes de campagne pour l'élection présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy font désormais l'objet d'une réquisition judiciaire.

    Le millier de documents déposés à la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) retraçant les dépenses et surtout les recettes déclarées par le candidat devrait être prochainement passé au peigne fin par des juges d'instruction.

    Selon nos informations, ces réquisitions toucheraient un des volets de la tentaculaire affaire Bettencourt instruite à Bordeaux.

    Depuis près d'un an le juge Jean-Michel Gentil mène des investigations tous azimuts ayant notamment conduit avant Noël à la mise en examen de François-Marie Banier et du gestionnaire de fortune Patrice de Maistre.

    Mais le nom d'Eric Woerth, ancien président de l'association de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy et trésorier démissionnaire de l'UMP (chargé de récolter des dons) est également abondamment cité depuis le début de l'affaire, notamment par la comptable Claire Thibout qui avait affirmé avoir assisté à des remises d'enveloppes contenant de l'argent liquide au maire de Chantilly au sein de la maison Bettencourt.

    L'ex-ministre du Budget pourrait par ailleurs être prochainement entendu par les juges.

    http://www.sudouest.fr/2012/01/10/les-comptes-de-campagne-de-nicolas-sarkozy-bientot-saisis-par-la-justice-601017-4705.php

    RépondreSupprimer
  6. Tobin or not Tobin ?

    Le mal c'est le capital... oui mon Général


    C'est la tête, à la tête ou dans la tête...
    Il faut imaginer le mal heureux
    pour avoir accès au bonheur
    Le mal se fait du bien... c'est ça le malheur
    Parce que le mal ne se fait jamais mal...
    il est malin !

    http://www.lejournaldepersonne.com/2012/01/tobin-or-not-tobin/

    RépondreSupprimer
  7. Ce n'est plus un homme politique, c'est un malfrat, capable de tout.

    RépondreSupprimer
  8. pauvre France
    si tu savais ce qu'ils font en ton nom !

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.