6 février 2012

Sarkozy avec des ouvriers du bâtiment: autopsie d'un ratage médiatique

Jeudi 2 février,  le Président de la République se déplaçait sur un chantier du bâtiment avant un discours sur sa politique du logement.

Le déplacement avait été décidé suite à l'allocution multi-diffusée du dimanche précédent. Une soudaine vague de froid frappait le pays dont l'Ile-de-France. Le ratage médiatique fut complet, et presque incroyable quand on connaît les moyens et l'énergie dédiés à l'opération par les services de l'Elysée.

Nicolas Sarkozy avait refusé de reporter le déplacement malgré le froid. Il était arrivé en hélicoptère... sans rire (l'Essonne est en Ile-de-France pour celles et ceux qui ne le sauraient pas). La veille, La Fondation Abbé Pierre avait publié son 17ème rapport sur le mal-logement. La visite tombait à propos. Il fallait aussi faire de la pédagogie sur la énième proposition confuse en faveur du logement: dimanche, le Monarque avait promis d'assouolir de 30% les surfaces constructibles.

Jeudi, les premières images et videos d'un Nicolas Sarkozy souriant au milieu d'ouvriers multi-couleurs sont rapidement relayés par les médias. On entend un candidat présumé refuser de répondre à un employé du chantier sur son éventuelle candidature. la boutade ne dupe personne. Les photos sont nombreuses, presqu'autant que les participants au chantier. Nicolas Sarkozy put croiser près d'une centaine d'employés.

Assez rapidement, sur Twitter puis dans leurs médias respectifs, les journalistes accrédités relèvent la manipulation. Pour le Monde, Arnaud Leparmentier s'agace des habituelles et donc prévisibles petites phrases sans intérêt dans un article publié le soir même et titré « La visite bien orchestrée de Sarkozy pour revendre sa "France de propriétaires "». On est déjà surpris que le Monarque ait pu visiter un chantier un jour de grand froid. Les ouvriers présents étaient donc présents par courtoisie républicaine. On leur avait demandé de faire semblant de travailler. Ils portaient des casques et leur tenue de travail. Pire, Nicolas Sarkozy insista lourdement sur la température qui, normalement, les empêchait d'être présent:

Le lendemain, il y a pire. Europe 1 révèle, témoignages d'employés du chantier à l'appui, que les communicants de Nicolas Sarkozy avaient demandé davantage d'ouvriers. L'entreprise avait dû rameuter des employés d'autres sites et des fournisseurs. Le spectacle était complet: on avait même des figurants.
"Ils voulaient plus de monde autour de Nicolas Sarkozy". Un cadre du chantier de Mennecy, dans l'Essonne, qu'a visité jeudi le chef de l'Etat, s'est confié anonymement à Europe 1. Selon lui, l'Elysée aurait organisé dans les moindres détails ce déplacement, allant jusqu'à demander de doubler les effectifs le temps du passage du président.
A L'Elysée, on était furax. L'opération était plantée. Vendredi, l'affaire s'emballe. Le Nouvel Obs (à 8h50), Ouest France, La Nouvelle République, La Voix du Nord, et quelques dizaines d'autres encore.

Dans la journée, l'Elysée dément avoir voulu gonfler les effectifs du chantier: « C'est  n'importe quoi ! ». La justification est drôle: « tous les ouvriers présents étaient  concernés par le chantier, l'entreprise les avait conviés ». Conviés par -8 degrés... Ouarf !

Un conseiller élyséen fut même « ulcéré », rapporte Nathalie Schuck du Parisien, des réactions médiatiques négatives. « C’est fou de croire qu’on fait de la mise en scène! Oui, c’est organisé, oui on dit aux gens : Attention, le président vient, mais on n’embauche personne! »...

Sans rire, c'est fou.

Il manquait une explication: mais pourquoi donc des ouvriers étaient-ils sur un chantier alors que le code du travail aurait du les y empêcher d'y travailler ? Mais pourquoi donc Nicolas Sarkozy ne portait-il pas de casque ce jeudi ?

Mais pourquoi ?




19 commentaires:

  1. Les ouvriers sont la variable d'ajustement de la Com de Sarkozy...L'hélicoptère pour l'Essonne, c'est pour la sécurité, on ne va pas déminer un RER..comme dirait Fillon ... A moins que cet hélico soit le remake d'Apocalypse snow..

    Andy

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    1. Mennecy est sur l'autoroute du sud, par contre pas de RER

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    2. C'était une image pour le RER. Mennecy est fort bien desservi notamment par les Lignes
      24.11
      24.12
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      Sarko nous ferait quand même pas un malaise vagal dans le bus, non ?

      Andy

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  2. et on imagine bien que les ouvriers REQUISIONNES n ont pas eu le choix , c est ça ou c est la porte ,surement peu de volontaires pour venir par moins 8 degrés applaudire l affreux mais bon faut payer les crédits ;la cantine des gosses ,le chauffage et tutti quanti ,pas le choix
    dialogue social , démocratie, on vous dit ,c est pour votre bien tout ça , m enfin !!!
    le pire, c est que d ici avril je me demande de quelles bassesses ils sont encore capables ,à vomir !!!

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  3. Oui vraiment à vomir, il devrait être attaché avec chaine et cadenas à l'élysée puis perdre la clé, comme ça vous auriez peut-être la chance d'avoir encore un peu d'argent dans vos coffres pour le prochain. solange

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  4. coucou Solange ,je vois que nous sommes toujours fidèles au poste ,et les premières à commenter ,ça fait du bien de voir que dans tous les coins du monde malgré le décalage horaire , on arrive a se rassembler pour commenter et échanger ,merci Juan pour ce blog d échanges toujours bien documenté et on croise les doigts pour que ça bouge enfin, bon lundi à tous

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    1. Il y a quelque chose de formidable dans cette mascarade, c'est qu'ils ne voient pas à quel point ils sont puants et minables, ils sont persuadés de savoir communiquer. Ca c'est l'UMP, l'arrogante saloperie qui jamais ne doute d'elle même.

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    2. Les cons osent tout, bon d'accord.

      Mais les cons cocainomanes soutenus par une secte apocalyptique qui use et abuse de principes maffieux, cela fout, quand même, un peu les jetons.

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    3. Bonjour boudeficelle! je ne veux pas te décevoir mais je suis une québécoise qui réside en france depuis 7 ans alors je n'ai pas de décalage avec toi, désolée. solange

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  5. quand la tsarine catherine II visitait son pays on la faisait passer devant des décors de carton-pâte pour lui masquer la réalité!

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  6. Finalement voici en une séquence un aperçu révélateur de la France idéale de NS : un monde artificiel, virtuel, mis en scène pour complaire à ses caprices de mythomane narcissique truqueur. Cet homme ne compose pas avec le réel ; il le truque ! le façonne ; il triche avec ! ca s'appelle de la manipulation à des fins de propagande. Et dans le cas de la sarkofrance c'est révélateur d'une pathologie dégénérative où "peu importe la réalité car il n'y a que la perception qui compte !" Laurent Soly, directeur adjoint de campagne de NS pendant la campagne de 2007.

    Et vous comment percevez-vous NSdB ?

    Comme un individu à la psychologie immature qui lancé dans une quête éperdue de reconnaissance se croit obligé de jouer à être un surhomme pour avoir le droit d'exister. Et en ce domaine comme ailleurs, l'inflation est sans fin qui repose sur les mêmes mécanismes que toute forme d'addiction qui elle même est une réponse inappropriée à une défaut (carence) psychologique.

    Ainsi cet individu narcissique éprouve-t-il le besoin constant d'occuper la scène médiatique pour se rassurer tant bien que mal puisqu'il souffre d'une vacuité angoissante. Il n'a pas de fondations psychiques solides et il compense ce handicape par une agitation permanente qu'en vertu des règles du marketing il justifie avantageusement en les présentant comme un fort activisme illustrant un puissant volontarisme : une volonté de surhomme pour combler un déficit psychologique qui en quelque sorte en fait un sous-homme, dans le sens d'infra !

    Ce personnage se shoote en pratiquant l'agitation et la manipulation à haute dose : pris dans des mécanismes d'une logique infernale, cette stratégie de la fuite en avant pourrait bien le précipiter au fond du précipice qui est au bout de la route sur laquelle lui et sa suite roulent à tombeau ouvert sans pouvoir changer de direction et incapable de vouloir stopper le véhicule car ce serait pour cette folle équipée la mort psychique !

    Ca passe ou ça casse doivent-ils se dire ! On n'a plus le choix, il faut foncer. Quitte à foncer dans le mur On imagine assez facilement un côté secte dans le fonctionnement du clan qui gravite autour de NS. Ses fidèles n'existent principalement que par le chef qui les a faits ce qu'ils sont : ils sont dépendants formellement et psycho-affectivement. Alors tout ce petit monde fait corps autour du gourou pour prolonger l'illusion de la toute-puissance du chef !

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    1. Très très bonne analyse, j'aime.Solange

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    2. Moi aussi, (abc)

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    3. Oui, juste et bien dit ! Cela mérite une large diffusion ! J'aime bien les mots "secte" et "gourou". En effet, il fonctionne surtout comme le gourou d'une secte d'affidés et non pas comme Président de la République.
      Affidé : qui se prète en agent sûr à tous les mauvais coups (Robert)
      Père Linpinpin

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  7. Nicolas Sarkozy avait refusé de reporter le déplacement malgré le froid. Il était arrivé en hélicoptère... sans rire (l'Essonne est en Ile-de-France pour celles et ceux qui ne le sauraient pas)

    Mennecy - Paris : moins de 50 km
    l'hélico est un super gaspillage de pognon et de temps (avec les temps de transfert entre les modes de locomotion)

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  8. C'est un procès qui tombe mal pour Nicolas Sarkozy, à deux mois et demi du premier tour de l'élection présidentielle. A partir du lundi 6 février, la 15e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Nanterre juge cinq hommes, dont Thierry Gaubert, un ex-collaborateur de M. Sarkozy lorsque celui-ci était ministre du budget dans le gouvernement d'Edouard Balladur (1993-1995).

    M. Gaubert est accusé, notamment, d'escroquerie et de prise illégale d'intérêt dans une affaire de détournements de fonds issus du "1% logement", un dispositif qui collecte de l'argent auprès des entreprises pour financer la construction d'habitations (sociales et privées). L'audience, présidée par la juge Fabienne Siredey-Garnier, doit durer deux semaines.

    Il y a encore six mois, M. Gaubert n'était pas connu du grand public. Mais il a acquis une notoriété soudaine, en septembre 2011, lorsque le juge Renaud Van Ruymbeke l'a mis en examen pour "recel d'abus de biens sociaux" dans l'affaire de Karachi, relative au financement de la campagne de M. Balladur lors du scrutin présidentiel de 1995.

    Les faits qui valent à M. Gaubert de comparaître devant le tribunal de Nanterre remontent aux années 1990. A cette époque, il présidait Habitation française, un collecteur du "1%" implanté dans les Hauts-de-Seine, et Habitation pour tous, une association satellite. Il est soupçonné d'être impliqué dans des opérations immobilières financées par Habitation française et dont ont tiré profit des sociétés dans lesquelles il détenait des parts.

    Lui sont également imputées des dépenses excessives et contraires à l'intérêt du collecteur pour un montant total de 1,27 million d'euros entre 1992 et 1997 (frais de missions, réceptions, cadeaux…). Enfin, on lui reproche les interventions d'Habitation pour tous, qui a agi comme un collecteur du "1%" sans y être habilité.

    L'affaire a éclaté fin 1998 début 1999, à la suite de plusieurs rapports de contrôle, dont l'un, extrêmement sévère, de l'inspection générale des finances. Quatre procédures d'instruction ont été ouvertes en 1999 et jointes en avril 2003. Plusieurs magistrats instructeurs se sont succédé sur ce dossier ultratechnique qui a prospéré dans une relative indifférence – avant de capter l'attention quand l'affaire Karachi a rattrapé M. Gaubert.

    C'est le juge d'instruction Richard Pallain qui a rédigé l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. Il est allé beaucoup plus loin que le parquet de Nanterre, dirigé par Philippe Courroye – un magistrat réputé proche du président de la République. Le ministère public avait d'abord estimé que le renvoi de M. Gaubert devant une juridiction pénale n'était pas requis. Puis il avait, au vu de nouveaux éléments, considéré que l'ex-collaborateur de M. Sarkozy devait être jugé pour "prise illégale d'intérêt" dans une opération immobilière – tandis que le juge Pallain, lui, a retenu des charges plus nombreuses et plus variées.

    Dans cette affaire, certaines parties civiles trouvent que le parquet s'est montré bienveillant à l'égard de M. Gaubert. Opinion qui rejoint celle exprimée par Isabelle Prévost-Desprez, juge à Nanterre, dans le livre de nos collaborateurs Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Sarko m'a tuer (Stock, 2011): "Le parquet de Nanterre, je l'ai vu à la manœuvre à plusieurs reprises pour protéger Sarkozy, assure-t-elle. Par exemple dans l'affaire du 1% logement avec Thierry Gaubert."

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  9. Dans son édition du 12 octobre 2011, Le Canard enchaîné a abondé dans le même sens.

    M. Courroye a écrit à l'hebdomadaire satirique pour réfuter l'idée selon laquelle le ministère public aurait volontairement ralenti le déroulement de l'instruction : aux yeux du procureur, la procédure a pris beaucoup de temps à cause des magistrats instructeurs et des avocats des prévenus. Ces derniers ont effectivement été très combatifs, multipliant les recours (questions prioritaires de constitutionnalité, demande d'annulation de l'ordonnance de renvoi, etc.). Résultat : l'audience, qui aurait dû se tenir en octobre 2010, a été repoussée à trois reprises.

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/02/06/thierry-gaubert-devant-la-justice-pour-detournement-de-fonds_1639197_823448.html

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    1. La Justice a suivi son cours et le temps a, pour une fois, été utile. La date ne peut pas mieux tomber...
      Dites-moi qui sont vos amis...

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  10. On connait depuis longtemps maintenant le goût prononcé du Président pour la mise en scène de ses apparitions calibrées au millimètre. De la taille des figurants aux plans serrés de l'équipe TV de l'Elysée pour masquer l'insuffisance d'une foule en liesse dont on apprendra plus tard qu'il s'agit de militants UMP triés sur le volet. La dénonciation excessive (plusieurs jours d'assommantes soit disant révélations sur le sujet) par la presse est tout aussi consternante car le Président est coutumier du fait. Le premier pêche par absence de sincérité, la seconde par excès de zèle. Le tout est factice. Hélas.

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