9 février 2012

Sarkozy a fait adopter son programme en conseil des ministres

Il est grand temps qu'il se lance, ses dernières grandes annonces ont fait flop. Il pensait focaliser le débat politique à nouveau sur lui, et prouver que son job de président avait encore des urgences.

Mais le résultat, dévoilé en conseil des ministres ce mercredi, est décevant.

Les mesures n'étaient que du bricolage.

A l'UMP, on s'active pour lui trouver une salle suffisamment grande pour accueillir sa déclaration de campagne. 

Des  mesurettes
Mercredi, le conseil des ministres adoptait les « mesures fortes » présentées par Nicolas Sarkozy le 29 janvier dernier sur 10 chaînes de télévision. Il restera au Parlement à les adopter, chose impossible dans les 73 jours qui nous séparent du scrutin présidentiel.

Comme souvent avec le Monarque, le bruit était plus fort que la réalité.

La taxe sur les transactions financières a beaucoup amusé et déçu. Elle rapporterait 1,1 milliard d'euros. Elle a peu à voir avec la Taxe Tobin dont prétend s'inspirer Nicolas Sarkozy... Le Monarque l'a finalement réduit à une taxe de 0,1 % du montant des transactions réalisées sur les actions de sociétés françaises cotées dont la capitalisation excède le 1 milliard d'euros, une autre de 0,01% sur les ventes de CDS, Rien n'est prévu dans le projet gouvernemental pour allouer ce produit au développement des pays pauvres, et l'on voit mal comment cette taxe freinera la spéculation (si tant est que Sarkozy en eut l'objectif). Comme nous l'annoncions voici 5 semaines, Sarkozy a rétabli l'impôt de Bourse qu'il avait lui-même supprimé... Sa communication est plus modeste que les coups de talons sur les estrades européennes: cette taxe « vise à créer une juste participation du secteur financier à l’effort de redressement des finances publiques ».

L'augmentation de la TVA de 1,6 point est une mesure plus claire et sans embrouille. Injuste, elle est aussi dangereuse en cette période de crise. Le gouvernement lui prête de nombreux avantages: « Elle bénéficiera aux secteurs les plus exposés à la concurrence internationale (80 % des emplois du secteur manufacturier et 97 % des emplois de l’agriculture sont concernés) et contribuera à redonner de la compétitivité aux produits français, sans peser sur l’inflation. Le Gouvernement lutte ainsi contre les délocalisations et contribue à la création d’une centaine de milliers d’emplois.»

Le 29 janvier dernier, le Monarque avait affirmé qu'elle n'entrainerait aucune hausse des prix. Cette profession de foi était bien approximative. Depuis, des économistes se sont penchés sur la chose.

L'argument selon lequel la concurrence freinera la hausse des prix ne tient pas pour tous les secteurs. Pire, s'il devenait valable, cela signifierait que les entreprises auraient décidé de prendre sur leurs marges pour ne pas répercuter la hausse sur les consommateurs. Ce qui reviendrait à les affaiblir alors que Sarkozy proclame que son idée doit les renforcer. Après une augmentation de 3 points de la TVA en 2006, l'Allemagne a connu une remontée d'un point de la TVA en deux ans (1,7% d'inflation en 2006, 2,7% en 2008).

A l'inverse, l'alourdissement de la CSG sur les revenus du capital (de 8,2% à 10,2%) est anecdotique, pour ne rapporter qu'un gros milliard d'euros.

Les entreprises seront heureuses de l'allègement promis de leurs cotisations familiales. Pourtant, il serait présomptueux de considérer que leur situation compétitive s'en trouvera transformée: « La cotisation famille, dont le taux est de 5,4 %, sera totalement supprimée jusqu’à 2,1 SMIC (2 290 € nets), puis partiellement jusqu’à 2,4 SMIC (soit 2.620 € nets).» Cet allègement ne sera pas modulé en fonction des secteurs d'activité ou de la taille des entreprises. On aurait pu imaginer qu'il fallait favoriser ceux plus exposés à la concurrence internationale. Et bien non...

Concrètement,  comme le détaille le Nouvel Obs, « la réduction de charges s’élèverait à 120 euros par mois pour un salarié payé 1,6 SMIC, elle atteindrait 158 euros au niveau de 2,1 SMIC. Puis elle irait en décroissant jusqu'à 2,4 SMIC. » Quelque 14 millions de salariés seront concernés par la mesure. Sans rire ni preuve, le ministère des finances est formel: « « Le gouvernement estime que la réforme créera environ 100.000 emplois ».  « Certaines estimations se situaient à 70.000 ou 80.000 emplois créés, d'autres à nettement plus de 100.000, nous avons pris une moyenne » a-t-il confié aux Echos.

Vous avez bien lu: 25 millions de foyers vont payer 12 milliards d'euros de TVA supplémentaires pour ... 100.000 emplois éventuellement créés dans 3 ans.

Le grand soutien à l'apprentissage se traduit par un relèvement d'un petit point du taux d'apprentis par entreprise de plus de 250 salariés: de 4 à 5%... à horizon 2015 ! On est saisi par « l'urgence ». Le durcissement des sanctions contre les entreprises désobéissantes n'est pas explicité.

Le gouvernement acte aussi « la constitution du capital de la nouvelle banque de l’industrie pour un milliard d’euros ». Et ce « toujours pour renforcer la compétitivité de l’industrie française et afin d’en faciliter le financement » ... En fait, il recycle. Le milliard provient d'un « redéploiement » de crédits. En gros, on a pris du budget ailleurs, et hop ! Une nouvelle annonce ! En l'occurrence, ces fonds ont été prélevés sur les 35 milliards d'euros du Grand Emprunt décidé .... il y a 3 ans. Mieux, Les Echos précisent que « Bercy justifie cette décision en estimant que certains programmes s'avèrent aujourd'hui surdimensionnés et peuvent donc être un peu rabotés. ».

Les autres mesures n'ont pas été davantage détaillées par la communication gouvernementale que lors de leur présentation du 29 janvier.

Et toujours de l'inquiétude
A l'UMP, il paraît que les militants sont toujours inquiets. Leur Monarque rate sa campagne et cette seconde augmentation de TVA en moins de six mois est une mauvaise nouvelle. Même les habituels snipers de la cellule Riposte paraissent inefficaces. Prenez Laurent Wauquiez. L'équipe du blog Desintox de Libération l'a surpris en flagrant délit de mensonge pour justifier, maladroitement, la TVA sociale: « Ma première crainte, c’était que le changement ne porte que sur la TVA. Ce n’est pas le cas. Il y a la moitié de l’augmentation qui est faite sur une augmentation de la CSG sur le capital.» La moitié de l'augmentation ? Wauquiez était donc nul également en calcul.

A l'UMP, on trépigne. « en coulisses, tout est prêt » nous assure-t-on. Il y a le QG à deux pas du siège de l'UMP, le livre réécrit par d'autres et que le candidat hésite toujours à publier, des salles déjà réservées. Même TF1 a un créneau début mars pour son émission politique, le dernier de tous les candidats.

Tout est prêt, mais prêt pour quoi ? Annoncer de énièmes nouvelles « mesures fortes » pour le prochain quinquennat ? Le candidat Sarkozy vient d'adopter son programme en conseil des ministres. Qu'a-t-il d'autre à dire ?

L'équipe de campagne se démène pour trouver discrètement un stade à la hauteur des envies du Monarque. L'UMP a dû démentir que le Palais Omnisport de Paris Bercy ait été réservé pour le 24 février. Quand on soupçonna le Stade de France qui aurait la cote, un conseiller élyséen s'est énervé: « c'est débile! Ca coûterait plus cher en chaufferettes et vin chaud qu'en location » (une confidence recueillie par Nathalie Schuck, du Parisien).

A l'UMP, on se démène aussi pour éviter que Marine Le Pen ait ses 500 parrainages. Pour contrer les critiques, le Monarque a confié qu'il était favorable à des parrainages citoyens .... mais pour plus tard. La ficelle est bien grosse. 

Mercredi soir, Nicolas Sarkozy était l'invité d'honneur du dîner du CRIF. François Hollande était présent.

Il y a un mois, un conseiller élyséen assurait à Paris Match que les courbes sondagières de François Hollande et de Nicolas Sarkozy se croiseraient début février. Nous y sommes.

Début février, François Hollande et Nicolas Sarkozy se sont bien croisés, mais au dîner du CRIF.

Pas dans les sondages.



16 commentaires:

  1. Ha! ça fait du bien ce matin, l'arroseur arrosé,
    il a lancé toutes ces cartouches, ce n'est pas lui qui disait dernièrement que Hollande n'avait plus rien à proposer? Il aura juste à nous parler de son cher bilan, là ça va commencer à être drôle, enfin.solange

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  2. C'est vrai, le Stade de France est un peu cher et l'une des dernières fois où Sarkozy s'y est est rendu, le 13 / 10/ 2007, ce fut pour assister à la défaite du XV de Laporte face à l'Angleterre, en 1/2 finale de la Coupe du Monde. Sarkozy,la scoumoune pour destin...

    Andy

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  3. La taxe sur les La taxe sur les transactions financières a beaucoup amusé et déçu financières a beaucoup amusé et déçu

    rien de ce qui est purement spéculatif n'est taxé (matières premieres, change, produits dérivés...)
    alors , ils peuvent s'en donner à coeur joie, lésmarchés

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  4. Je ne suis pas un roi de la prose comme Juan le virtuose mais je m' y essaye.
    En sarkoland, s'agite et s'exhibe le monarque sans couronne. ce bouillon de verbiage, sans vergogne et tout en dérapage de haute volée, allant jusqu’à guéant-o-isez les discours méphitique et autres éléments de langage. occupant le champ médiatique à toute en échauffer les oreilles, à défaut d'être audible, le sarkoshow devient cirque ambulant, ce dernier étant au moins divertissant. ce tapage médiatique assourdissant truffé de contrevérités, mensonges et autres controverses focalisent l'attention à des fins d'obnubiler et anesthésier un peuple moins dupe, mariée de l'été 2007 éblouie par des promesses enchanteresses, quelle désillusion !!!
    ce gouvernement des riches partisans des niches troque l'habit d'humble pour celui de puissant. l'approximation est sa devise, la réaction son credo! surréagissant à tout va comme une girouette à tous les vents, sans cape, ce petit capitaine voudrait nous protéger de la "richesse" quelle soit intelleutuelle ou pécuniaire !!! Syndrome du "Titanic" ou panique à l'occasion, il est plus que temps de le débarquer...

    SI TOI UN

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    1. Est-ce que vous écrivez en français ?

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    2. Quel(s) mot(s), il convient de t'expliciter ?

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    3. Merci Anonyne de 01:04 AM
      Que ces vilaines choses là sont joliment dîtes !
      Vous devriez continuer à commenter ce triste Sire.
      Une autre SI TOI UN.
      Merci à Juan, toujours juste et ciselé...
      JBL1960

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    4. C'est quoi ce sabir????

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    5. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement
      Et les mots pour le dire arrivent aisément.
      Boileau

      Vous avez dû oublier vos gouttes ce matin ?

      Père Linpinpin

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  5. La très embarrassante Légion d'honneur de Patrice de Maistre.

    M. de Maistre se fend d'un courrier, le 28 juin 2007, adressé à Eric Woerth : "Cher Eric, je viens d'apprendre que vous avez présenté ma candidature à l'ordre national de la Légion d'honneur. Je ne sais si je la mérite, cependant je suis très touché par votre demande et vous en remercie chaleureusement. Recevez toute mon amitié." Quinze jours plus tard, il obtient sa rosette. Et le 17 juillet 2007, Eric Woerth paraît réjoui de la nomination de son ami : "Cher Patrice, dit-il dans une lettre, avec toutes mes félicitations et mes amitiés..."

    Quatre mois pour obtenir une Légion d'honneur. Il est rare que la procédure soit à ce point accélérée. Le secrétaire général de la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur en atteste. Interrogé le 30 juillet 2010, Luc Fons rappelle que, en ce qui le concerne, les nominations font l'objet d'une instruction durant entre six mois et un an. "Que pensez-vous d'un délai qui serait compris entre mars 2007 et juillet 2007 ?", l'interrogent les policiers. "Je n'ai aucun avis...", répond, prudent, M. Fons.

    Si le délai, très court, est surprenant, une autre incohérence intrigue les enquêteurs. Les deux hommes, Patrice de Maistre et Eric Woerth, semblent frappés d'amnésie quand on les questionne sur le processus d'obtention de la médaille. Entendu le 16 juillet 2010 par les enquêteurs, M. de Maistre a la mémoire défaillante. Les policiers lui demandent si M. Woerth est intervenu en sa faveur. "Non. Pas de mémoire", répond le gestionnaire de fortune. Le 29 juillet 2010, Eric Woerth est à son tour questionné par la brigade financière. "Je n'ai pas un souvenir précis du cheminement des choses, dit-il. Je ne suis pas sûr d'y avoir eu un rôle. Mon cabinet a dû être interrogé, m'en parler, et j'ai donné mon accord. (...) C'est ainsi que l'on peut dire que mon cabinet a soutenu la candidature de M. de Maistre."

    Des propos clairement contredits par l'enchaînement des faits. Lors de cette audition, réalisée au ministère du travail, les enquêteurs ne disposent pas encore de la lettre du 12 mars 2007, signée par Eric Woerth. Ils ne peuvent donc placer le ministre devant ses contradictions. Mais ils ne se privent pas de convoquer à nouveau Patrice de Maistre. "J'affirme ne jamais être intervenu directement auprès d'Eric Woerth", maintient le gestionnaire de fortune. Les policiers lui présentent alors la lettre du 12 mars 2007, dans laquelle Eric Woerth indique à Nicolas Sarkozy que son attention a été appelée par M. de Maistre. "J'ignorais l'existence de cette lettre", se défend le gestionnaire de fortune, dénonçant une "formule un peu générale" rédigée par Eric Woerth.

    Devant l'insistance des enquêteurs, il lâche : "Je comprends qu'on suspecte que M. Woerth soit intervenu dans le cadre de l'obtention de ma Légion d'honneur en contrepartie de faveurs que je lui aurais faites et notamment l'engagement de sa femme..." Puis il se ressaisit : "Je ne lui ai pas directement demandé cette décoration de même qu'il ne m'a jamais demandé d'engager sa femme..."

    Mais la brigade financière dispose des enregistrements clandestins opérés au domicile de Liliane Bettencourt. On y entend M. de Maistre, le 23 avril 2010, dire à Mme Bettencourt, à propos de l'embauche de Florence Woerth : "J'avoue que quand je l'ai fait, son mari était ministre des finances, il m'a demandé de le faire. (...) J'l'ai fait pour lui faire plaisir..."

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/09/13/la-tres-embarrassante-legion-d-honneur-de-patrice-de-maistre_1571555_3224.html

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  6. Bouhhh ... Les financiers qui jouent en bourse vont trembler on va leur prendre 4 centimes par opération

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  7. Référendum sur les chômeurs !
    A quoi servent les hôpitaux psychiatriques ?

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  8. Jeudi 9 février 2012 :

    France : l'ex-ministre Eric Woerth à nouveau inculpé, cette fois pour recel.

    L'ex-ministre français du Travail Eric Woerth, un proche de Nicolas Sarkozy, a été mis en examen jeudi pour recel, après avoir déjà été inculpé la veille pour trafic d'influence dans le cadre de l'affaire Bettencourt, a indiqué le parquet de Bordeaux (sud-ouest).

    Ancien trésorier du parti UMP du président Nicolas Sarkozy, M. Woerth a été auditionné jeudi pour la deuxième journée consécutive par les juges qui enquêtent sur des accusations de financement politique illégal et sur des soupçons de favoritisme en lien avec la milliardaire Liliane Bettencourt, héritière des cosmétiques L'Oréal.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___France_l_ex_ministre_Woerth_a_nouveau_inculpe_cette_fois_pour_recel090220121902.asp

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  9. Une image qui permettrait peut-être de mieux se sensibiliser à l'incurie de ce gouvernement. Un foyer avec pour revenu de 2000 euros/mois et des prêts à rembourser de 1000 euros/mois! Jusque là tout pourrait aller bien, quoique. Sur un coup de folie, de mauvaise gestion, de dépense inconsidérée, ce foyer se retrouve endetté jusqu'à devoir rembourser 1600euros/mois. Magnifié aux milliards, c'est la dette de 600 milliards d'euros ajoutés aux 1000 milliards en cours que va nous léguer Sarközy au foyer FRANCE.

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  10. Break news - Info blitzlichtampe ! Woerth aurait recelé 150 000 € ?
    Le trésorier de SARKOZY EN EXAMEN !
    Woerth: der Sturz des Kassierers von Sarkozy, der 150 000 € verbirgt hät
    ...Damit Angela gut realisiert...Unglaublich ! Et un peu de retenue SVP -Ohne prejudicier der Vermutung innocence...Toute présomption d'innocence sur d'autres personnes ayant existé n'est pas exclue...

    Mit woerth ist alles möglich - Avec Woerth tout est possible..

    Andy

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  11. Un peu de poésie, bordel ! Gel sur l'Europe - Sarkozy dans son entretien au Fig Mag ( Groupe Mougeotte ? ) : « Voyez le long manteau d'églises et de cathédrales qui recouvre notre pays ».

    Sarko ist nicht ganz normal...C'est un poète...

    Andy

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