22 février 2012

Sarkozy: la surdose d'images et de mise en scène.

Il paraît qu'il a une machine de guerre. Elle est grippée. Nicolas Sarkozy s'est pourtant largement déployé mardi 21 février: visite surprise à Rungis pour tacler Le Pen, petit-déjeuner à l'Elysée pour rassurer, un déplacement dans un usine puis dans un village dévastée par la tempête.

Bref, ce mardi, le Monarque voulait occuper le terrain.

Il nous avait promis une « Blitzkrieg », une curieuse expression propagée par ses communicants.

Depuis jeudi dernier, la mayonnaise sarkozyenne ne prenait pas.

Cela sonnait faux, parfois stupide, souvent improbable.

Derrière Le Pen
La polémique a bien pris, et le projet est enterré. Jean-Louis Borloo ne pourra pas prendre la place d'Antoine Frérot à la tête de Véolia. Mais Nicolas Sarkozy était passé à autre chose. Il s'est presque moqué de l'affaire, agacé: « j'apprends que Borloo est au cœur de la Sarkozie, qu'il est mon ami intime. C'est la bonne nouvelle du jour! » (dixit Nathalie Schuck du Parisien)

Ce fut une surprise. Il s'est pointé vers 4 heures du matin à Rungis. Le déplacement n'avait pas été annoncé au programme officiel, mais le Président des Riches avait embarqué une flopée de journalistes avec lui. Il tenait à développer son image de candidat du peuple: « j'adore cet endroit. Ici, on fait un carton! ». Les récents sondages sont toujours mauvais, malgré sa « Blitzkrieg » depuis mercredi dernier. L'électorat était volatile, surtout chez Sarkozy.

Il y avait surtout urgence. Marine Le Pen avait lancé un improbable polémique sur la viande halal en Ile-de-France. Et le candidat des Riches est très attentif à chiper ce qu'il peut de l'électorat frontiste.


En mai 2008 déjà, il s'était livré à l'exercice, à Rungis. A l'époque, Carla Bruni-Sarkozy l'avait accompagné. Cette fois-ci, elle est restée dormir. «Carla voulait venir mais avec la petite, ce n'était pas possible» a confié son « mari ». A Rungis, le plus grand marché de produits frais d'Europe, le président-candidat a serré beaucoup de mains, bu un café noir, rencontre
é quelques bouchers pour mieux fustiger la récente outrance de Marine Le Pen: «La polémique n'a pas lieu d'être. On consomme chaque année en Ile-de-France 200 000 tonnes de viande et il y a 2,5% de viande casher et halal ». Un employé, interrogé par BFM-TV, commenta sobrement: « Faudra qu'il nous propose du nouveau vraiment nouveau ».

Le « QG de démonstration »
Quelques heures plus tard, il n'était déjà plus à son « QG de démonstration » de la rue de la Convention, mais à l'Elysée, pour son traditionnel petit-déjeuner des responsables de la « majorité ».

Il voulait rassurer sur ses déclarations du weekend. A Marseille, il avait pourtant confié qu'il envisageait une part de proportionnelle dans le scrutin législatif « de l'ordre de 10%»... Quel revirement !

A l'UMP, les députés n'aiment pas trop la perspective d'une introduction d'une dose de proportionnelle dans les les prochaines élections. On est aussi un peu tendu, l'entrée en campagne n'a eut quasiment aucun effet sur les sondages de premier et de second tour : « Quand j'ai parlé de cela, ce n'était pas pour les élections à venir. Ceux qui évoquent l'hypothèse d'un changement pour les prochaines élections ne sont pas autorisés à le faire, c'est une stupidité ».

Sarkothon en Charente
Ensuite, il a pris le TGV pour la Charente-maritime. Il redécouvre le train. Cela fait plus « peuple » que le jet privé, comme la semaine dernière à Annecy. En Charente, il voulait faire d'une pierre deux coups. Rencontrer la « France des usines » et les malheureux de Xynthia.

Sur place, il eut donc un mot, à distance, l'air grave et sérieux, pour les employés d'Arcelor-Mittal à Florange: «Je ne veux pas que Florange meure. Bien sûr il y a la crise, moins de demande d'acier, mais on fera tout pour que Florange rouvre ». A 60 jours du scrutin, Nicolas Sarkozy fera tout pour être réélu. On aurait adoré l'entendre faire la même déclaration devant ce délégué CGT de Florange qui, les larmes aux yeux, criait aux caméras: « on a la rage ! »

A Florange, une grosse centaine de salariés d'une intersyndicale CFDT, CGT, FO et CFE-CGC avaient décidé de devenir le «cauchemar» du candidat Sarkozy. Depuis lundi, ils occupaient les bureaux de la direction de l'usine d'Arcelormittal. Le groupe indien avait fermé « temporairement » l'établissement.

La déclaration du Monarque n'avait séduit personne. Les réactions ont fusé: « Mais qu'est-ce qu'il croit Sarko? Que Florange se rallume comme un four de pizza? » ou encore: « Nous, ce qu'on lui demande, ce n'est pas qu'il parle avec les dirigeants d'ArcelorMittal, mais qu'il téléphone directement à Lakshmi Mittal pour qu'il arrête de détruire notre outil de travail ».

Depuis 2007, la France a perdu 900 usines et à nouveau 100.000 emplois industriels.

Sarkozy a bien rencontré des ouvriers, mais pas ceux de Florange. Il avait préféré Alstom à Aytré. Une trouille de dernière minute, sans doute. Il a quand même déjeuné à la cantine de l'entreprise avec les salariés de l'entreprise. Il eut quelques phrases bizarres, debout sur une estrade, à propos de la prise de participation de l'Etat dans Alstom: « Preuve que ça va mieux, l’Etat a pu revendre les actions en faisant des bénéfices ». 


Mais il n'eut pas un mot pour commenter les 4 millions d'euros de stock-options du PDG de l'entreprise.

Candidat fictif ?
Depuis jeudi dernier, le Monarque joue au candidat du peuple. Ses communicants avaient rodé la scénographie. Sarkozy accepte des caméras plus proches, il marche même dans la rue (dans le XVème arrondissement, n'exagérons rien), il sourit aux passants, il donne de l'accolade. Ses photographes officiels nous donnent des clichés de sa vie quasi-quotidienne: « Sarkozy au travail », « Sarkozy à la cantine », « Sarkozy dans la rue », etc. De temps à autre, à la télévision, on apercevait l'habituelle cohorte des inévitables gardes du corps planqués aux alentours.

Cette mise en scène était ridicule. On savait bien que les exigences de protection d'un président l'empêchaient à cette proximité. Pourquoi se forcer à une telle mascarade ? Faut-il prendre l'électrice et l'électeur pour des abrutis ?

Mercredi soir, Nicolas Sarkozy sera sur France 2. David Pujadas s'est personnellement rendu au QG de démonstration. Allait-il chercher les questions ou les réponses ? On espère que le candidat sortant exposera son programme.

Il serait temps.

Il ne reste que 60 jours.



20 commentaires:

  1. Il n'y en a pas de programme, il décide jour après jour de la connerie qu'il va faire, ce n'est plus qu'une caricature. Plus ça va aller pire ce sera, il censure tout ce qui le dénigre,il est en train de virer fou,un gourou n'accepte pas aucune remise en question de son pouvoir, sinon il meurt.Je le sais j'ai été éduquer par un gourou de merde.Solange

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  2. "Ses photographes officiels nous donnent des clichés de sa vie quasi-quotidienne: « Sarkozy au travail », « Sarkozy à la cantine », « Sarkozy dans la rue », etc. De temps à autre, à la télévision, on apercevait l'habituelle cohorte des inévitables gardes du corps planqués aux alentours."

    et bientôt

    sarko sur le pot, sarko au lit, sarko change une couche, etc

    le final sera :

    sarko fait ses valises

    OUF

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    1. "sarko fait ses valises" :

      Inscription au pot de départ de Nicolas Sarkozy (sauf coup d'Etat !) :
      http://www.facebook.com/events/129035897133233/

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    2. Bonne idée ce pot de départ, pour une fois on va trinquer mais dans le bon sens!

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  3. Quand il a Sarkozy en invité, David Pujadas n'est qu'un porte-parole. Pour les autres il sait se faire porte-flingue.
    Tu as raison Juan, il a toute la journée pour réviser des questions qui sont déja écrites. Ne lâchons rien.
    Humafred

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  4. il a dit "à 57 ans, on est pas foutu, on peut encore faire une formation pour changer de métier", il parlait sûrement pour lui...

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  5. Escort girl de luxe22 février 2012 à 09:25

    "«Carla voulait venir mais avec la petite, ce n'était pas possible» a confié son « mari »"
    ==> elle aurait au moins pu remettre à son époux un thermos de café pour en offrir aux travailleurs

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    1. C'est d'un comique, comme si Carlita s'occupait en permanence de Giulia. Et comment font les mères de famille qui, elles, doivent aller au turbin tous les jours? Quel con!!! (abc)

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    2. Escort girl de luxe22 février 2012 à 20:03

      Et dire que "l'époux" en question croit qu'il y a des Français suffisament abrutis pour gober ces sornettes !! Il prend vraiment ses électeurs pour des cons c'est pas possible !!

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    3. Un con, ça ose tout, etc... donc toutous à sa mémère. Reniflons la queue du chat et promenons-nous dans les bois !! Bois d'aubépines et de genêts avec DSK à ses cotés... c'est d'saison. Epouillons! Epouillons! Qu'il n'en reste rien, même pas un franc six sous !

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  6. Nicolas Sarkozy est un tricheur. Il ne sait pas faire autrement, c'est pire que lui ! Il a toujours triché pour parvenir à ses fins, car ce qu'il veut à tout prix, depuis toujours, c'est "manger à la table des Grands". Tout lui est bon : mensonges, mises en scène et manipulation des médias... Cacher ce qui fâche et mettre en lumière des choses sans conséquences... tout est si vite oublié ! Par exemple : qui parle des actions fortes des gens contre les fermetures de classes...qui parle de ces entreprises qui mettent leurs projets de licenciements massifs en veilleuse jusqu'en mai....

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  7. Suivez l'actualité de vrais politiques, proches des gens...car ça existe...
    http://www.christinedeveyrac.fr/
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Christine_de_Veyrac
    http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/4347/Christine_De%20Veyrac.html
    https://www.facebook.com/chdeveyrac

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    1. ironie, humour, propagande ????

      Les vrais politiques proches des gens, ouaf ouaf
      proches de Sarkozy....oui !!

      jpd83

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  8. Exemple de blitzkrieg : l'invasion de la Pologne par l'Allemagne. Les communicants de sarko ont dû faire science - po sans Kultur générale...

    59 jours encore d'immunité présidentielle pour le deuxième pompe sarko de la caserne Balard....

    Squarcini ou les dents de la merde, pour sarko, le dauphin de Hollande ...

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  9. Tellement pourri ce type, qu'il est obligé de critiquer sa propre gestion de son quinquennat pour pouvoir être réelu, il peut tuer père et mère pour le pouvoir. Drôle de mec tout de même. Plus que 60 jours, tenons bon les gars...

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  10. A propos de la visite de l'usine Alstom, on a appris de la bouche de Ségolène Royal que l'essentiel de la survie de la société était liée à la construction de trains de type RER.
    Commandés par les régions (PS).
    Si on l'avait attendu, les rails seraint surement vides.

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  11. Bonjour,

    Les Français sont pris pour des veaux. C'est Bolloré qui en parle le mieux à propos du sondage aux petits oignons pour bien cuisiner le petit peuple.http://0z.fr/itKP4

    A2N

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  12. Sarkozy, l'invité du 20 H de Pujadas. L'homme du Fouquet's ( son pécher originel ) veut «réformer complètement» la prime pour l'emploi (PPE)... Dès le début de son laborieux baffouillis, c'est à cause de sa timidité maladive.., on comprend que ce gadget consisterait à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Mais Pierre et Paul, dans la galère depuis trop longtemps, n'écoutent plus le ventiloque candidat depuis belle lurette...

    On s'accroche car il y a la météo après. Pujadas semble semble avoir sauvé ses congés à la neige, demain.

    58 jours, le décompte infernal s'égrène, inexorable..pour l'infime, le riquiqui sarko.

    Andy....

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  13. "On espère que le candidat sortant exposera son programme"

    On aimerait avant qu'il réponde de son calamiteux bilan. Il serait temps.

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  14. vivement son depart, "est le plus loin possible au state
    retour a l'envoyeur

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