1 février 2012

Sarkozy: le Président des fadettes stresse pour sa réélection

Il avait l'air fatigué ou pressé d'en finir, lundi soir à l'issue du sommet européen informel qui s'est tenu à Bruxelles. Il n'était pourtant pas tard, 21h30 à peine, quand Nicolas Sarkozy se montra sur la traditionnelle estrade réservée aux mini-conférences de presse de ce genre de rencontres.

Modeste sur l'Europe
Il aurait pu sur-vendre le résultat des échanges européens du jour. Il en a tant l'habitude. Pour une fois, il avait même quelque chose à vendre. Après tout, les chefs d'Etat et de gouvernement se retrouvaient dans un climat plus apaisé que d'habitude. Le sommet est apparu presque normal. La Grèce est toujours là, elle n'a pas fait faillite.

Certes, l'accord avec ses créanciers publics et privés tarde à se concrétiser. Certes, le premier ministre britannique David Cameron s'est moqué de la taxe française sur les transactions financières. Mais 25 des 27 Etats de l'Union européenne ont tout de même enfin validé le nouveau traité qui prévoit une discipline budgétaire (que Nicolas Sarkozy s'empressa de qualifier de « règle d'or » ) et ses sanctions quasi automatiques en cas de dérapage des déficits publics. Il faudra encore un sommet en mars, avec le texte définitif, puis une ratification plus tard dans l'année (et notamment, en France, après les élections présidentielle et législative).

Nulle révolution, donc, mais Nicolas Sarkozy nous avait habitué à sur-vendre de biens plus modestes résultats.  

Ce lundi soir, il avait la tête ailleurs. Il était pressé. Il ne lâcha que 17 minutes aux journalistes présents.

Son esprit était resté en France, dans sa campagne qui ne décolle pas. Il semblait inquiet. « Bon... Mesdames et Messieurs, ce ne sera pas une conférence de presse parce qu'au fond tout s'est passé comme prévu » A peine résumé les avancées du jour, il demanda à l'assistance: « S'il y avait une ou deux questions, j'y répondrai bien volontiers et après je rentrerai à Paris ». Quelle curieuse formule ! Il y a quelques mois, le président français chérissait ces tribunes européennes. Elles confortaient sa stature de chef d'Etat, sa stratégie de présidentialisation. Mais cette fois-ci, il était pressé d'en finir, anxieux de son intervention ratée de la veille.

Le choc de confiance n'a pas eu lieu. Ces annonces ont été jugées incompréhensibles, confuses, insuffisantes ou injustes.

Rendez-vous précipité avec 400 parlementaires
En revenant sur Paris, il convoqua donc tous les parlementaires UMP, députés comme sénateurs, à 11h30 mardi matin à l'Elysée. La réunion fut ainsi décidée à la dernière minute. Les voeux à la presse, prévus de longue date à 11h furent décalés, sans crier gare, à 17h. Certains parlementaires furent prévenus par SMS. Il fallait remonter le moral des troupes, sénateurs comme députés. Les premiers ont perdu leur majorité en septembre dernier. Les seconds craignent une bérézina en juin prochain. Tous continuent de s'interroger sur cette drôle de non-campagne de leur mentor. Même à l'Elysée, les conseillers du Monarque s'inquiètent de leur sort après le 6 mai. On cherche des ambassades, des investitures ou des postes dans le privé.

Par rapport à 2007, quelle différence ! A l'époque, le candidat de la Rupture avait motivé ses foules, conquis les médias, emmené sondeurs et sondages avec lui. En ce début février de 2012, chaque coup d'éclat du Monarque fait choux blanc. Le tout premier sondage réalisé à la suite de l'intervention présidentielle de dimanche soir a douché certains espoirs: c'est François Hollande qui a gagné 2 points !

Devant ses parlementaires, Nicolas Sarkozy a donc tenté d'avoir les mots qu'il fallait. Quelques participant(e)s « live-tweetèrent » comme souvent ce qui se disait dans l'enceinte du Palais. Sur la TVA sociale, il s'est moqué de ses critiques: « On me dit suicidaire. Je suis le suicidaire le plus en forme de France ». Au passage, il critiqua le recours devant le Conseil Constitutionnel contre la loi pénalisant la négation du génocide arménien, déposé par quelques parlementaires de son camp:

Il justifia que c'est la crise qui « rend possible la TVA sociale ».

Il confia qu'il était « pressé d'aller à la rencontre des Français », sans toutefois reconnaître sa candidature: « le plaisir est dans l'attente ».  « Je vous demande d'être patients et ne pas tomber dans tous les pièges. Le moment n'est pas encore venu. ». D'après la députée Valérie Rosso-Debord, il fut grandiloquent: « la vérité c'est que le peuple français est plus courageux que les élites qui baissent les bras ».


A en croire quelques participants, Nicolas Sarkozy fut « très applaudi ». Nous sommes rassurés. Le capitaine du Titanic France est toujours là.

Mardi, on apprenait une autre bonne nouvelle: l'avionneur Dassault parvenait enfin à vendre ses Rafales à l'étranger: l'Inde lui commanderait 126 avions de chasse. Cocorico ! « Il reste à finaliser un certain nombre de choses » prévenait le secrétaire d'Etat au Commerce Extérieur Pierre Lellouche. « À ce stade, je veux être prudent, on est dans une phase de négociation exclusive ». Fallait-il se satisfaire ? Seuls 18 avions sur 126 seront achetés en France. Les autres seront en fait fabriqués... en Inde.

C'est toujours curieux, ces grosses ventes d'armes juste avant une élection présidentielle.

Rappelez-vous le Karachigate. 17 ans après, l'histoire se répèterait-elle ? En janvier 1995, quelques semaines avant le scrutin présidentiel, deux intermédiaires avaient été ajoutés par le gouvernement Balladur dans la vente de sous-marins Agosta au Pakistan.

Nerveusement décontracté avec la presse
Mardi vers 17 heures, à l'Elysée toujours, le Monarque reçu enfin les médias. les photographes étaient invités mais sans leurs appareils. Interdiction de filmer. Le

Les voeux furent courts, 24 minutes à peine. Une partie de l'assistance eut l'indécence d'applaudir à la fin.

Sarkozy avait commencé son show par une boutade: « Mesdames et messieurs, bienvenue... je dois dire que j'ai hésité... avant de vous présenter mes voeux... C'est pas à cause du Off... Quand j'fais un Off, ça devient le On le plus repris dans l'histoire de mes interviews... C'est pas à cause de ça... Non, je me suis posé des questions... est-ce qu'un président de la République a des voeux à présenter à la presse ?»

Personne ne réagissait... On sentait la fin de règne, le dernier tour de piste, celui des adieux. « Des voeux personnels ? C'est sûr. Journalistes, vous avez droit à des voeux de bonheur ». Sarkozy souriait d'un sourire si large qu'il lui barrait le visage d'une oreille à l'autre. Il attendait les rires qu'on entendit à peine. « vous n'êtes pas interdit du droit au bonheur personnel »... La ficelle était grosse. Devant une assemblée qu'il supposait hostile, le recours à l'humour est toujours facile.

Nicolas Sarkozy eut ensuite quelques mots plus sombres, en l'honneur du journaliste Gilles Jacquier, tué en Syrie il y a deux semaines, ou en souvenir de France Soir et de la Tribune disparus.

Il a cajolé son assistance, après ce premier passage goguenard: «Au début de sa carrière, on a envie de séduire (...) Ensuite, on en revient, on se trompe, on prend pour de trahisons ce qui n’est que liberté professionnelle. On s’aime beaucoup moins.»

Le Président des fadettes eut de grands mots sur l'indépendance et l'exigence de la presse. On rigolait en silence. «Laissez à la sphère de l’auto-information la pulsion de l’information immédiate et gardez l’information crédible.»

Il avait son opinion, grandiloquente encore, sur l'avenir de l'information: «Passée la pulsion adolescente des premiers temps, l’ennivrement de la quantité de l’information, le citoyen va revenir à une forme d’information plus explicative, plus pédagogique ».

Il avait évidemment envie de parler de cette campagne à laquelle il ne participe pas officiellement: «La seule façon de progresser, c’est d’être critiqué. Et là, franchement, merci ! J’ai fait des progrès considérables.»

Le show était triste. Il ressemblait au dernier tour d'un clown dépassé. Nicolas Sarkozy avait rechuté. Il était retombé dans cette familiarité qui lui réussit tant en 2007.

Mais nous sommes en 2012.

17 commentaires:

  1. on nous l a déja fait le coup des contrats qui n ont finalement jamais aboutis , Sarkozy n'a rien ramené comme contrats commerciaux importants , du vent rien que du vent
    je n avais rien jusqu alors contre fillon ,bien que ... mais quand je le vois ce soir au sujet des rafales ,il est pitoyable , le bon chien de son maître
    arfff l attente est longue d ici les urnes
    quant aux voeux en rafale du tyran , on s en bat les couettes pour ne pas dire plus pour rester polie

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Entendu dans le journal de 7 h sur France culture : "L'Etat français s'est déjà considérablement engagé pour soutenir le Rafale. Il a fait l'acquisition de 286 Rafale pour 43 milliards d'euros (http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4384747 - 6'20). Un coût discrètement réévalué il y a quelques semaines sous la forme d'une rallonge de ... 3 milliards d'euros en faveur de Dassault."

      Une subvention à l'export déguisée permettant de peaufiner l'offre commerciale proposée à l'Inde ? En pleine période d'austérité !

      Par ailleurs

      Supprimer
  2. Sarko aurait pu leur parler de ces journalistes étrangers qui trouvent qu'en France les journalistes (des média dominants) sont plus des valets cire-pompe auprès des oligarques politiques et financiers que des "ouvriers de l'information objective".Les fadettes viennent confirmer en creux que ceux et celles qui veulent informer leur lecteurs ne sont pas les bienvenus en Sarkozie.

    RépondreSupprimer
  3. je trouve sidérant la façon qu'il a de s'accaparer la pensée des francais et qu'il la communique à ses députés.C'est le GOUROU de l'année. solange

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. cette façon aussi de parler à des débiles profonds ,genre on va vous expliquer ,vous reexpliquer ,vous allez bien comprendre , c est insultant ,méprisant ,bonne journée à tous

      Supprimer
  4. "Personne ne réagissait... On sentait la fin de règne, le dernier tour de piste, celui des adieux. « Des voeux personnels ? C'est sûr. Journalistes, vous avez droit à des voeux de bonheur ». Sarkozy souriait d'un sourire si large qu'il lui barrait le visage d'une oreille à l'autre. Il attendait les rires qu'on entendit à peine. « vous n'êtes pas interdit du droit au bonheur personnel »... La ficelle était grosse. Devant une assemblée qu'il supposait hostile, le recours à l'humour est toujours facile."

    le clown était triste voire ridicule, il était le seul à s'amuser de ses plaisanteries (vu à la télé au JT de 20 heures)

    RépondreSupprimer
  5. je suis sidéré de la façon dont les médias ont relaté cet 'humour' supposé (voir les flashes de canal et france5 à 19 heures !). il s'est octroyé un pouvoir et une arrogance (tiens-tiens) sans précédent (battue la séance de 2008 !). et florence dauchez et philppe gaudin qui appellent ça de l'humour ou une 'humeur taquine'... y aura-t-il en france un journaliste du niveau des anglo-saxons qui puissent le renvoyer dans ses cordes ou en faire un portrait sans complaisance ? sans doute pas.

    RépondreSupprimer
  6. @Anonyme de 12.50: Oh combien vous avez raison avec votre phrase de conclusion! Je ne vois aucun journaliste ayant le courage que manifestent les journalistes anglo-saxons. C'est à pleurer (abc)

    RépondreSupprimer
  7. Il a commencé ses voeux en s'interrogeant sur l'opportunité de les faire. Je l'ai regardé faire des grimaces en se tortillant derrière son pupitre environ 20 secondes, la salle gloussait un peu (politesse ou embarras ?). Et puisque le président est sans pudeur ni retenue, mal à l'aise, j'ai zappé. C'est mal je sais, mais regarder un Président faire sa mijaurée de la sorte est un spectacle affligeant et déplaisant

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Qu'est ce qui est mal? si c'est de regarder un pignouf doublé d'un énergumène gesticulateur, nous raconter ses bobards, ce n'est pas mal du tout de regarder autre chose.

      Supprimer
  8. bonjour juan et amis blogueurs les voeux du nabot à toutes les corporations coût 6 millions d'euros ( d'aprés le canard enchainé) les economies budgetaires c'est pas pour lui et sa clique je vous dit il est pire que LOUIS XIV et pendant ce temps des français qu'il a lui méme precarisés ne peuvent plus se chauffer ou manger convenablement.HONTE!!!!!! aux electeurs si ce sale mec repasse, faites pas les cons VOTEZ HOLLANDE !!!!!!!!!!

    RépondreSupprimer
  9. T'as l'air de croire que ce sera mieux avec Hollande, laisse-moi rire ! C'est toujours les mêmes qui payons quelque soit les mecs au pouvoir : les uns pour les riches, les autres pour les pauvres... Et les classes moyennes (attention sous ce terme on met tout et n'importe quoi ; je te parle d'une classe moyenne qui gagne dans un couple chacun 2000/2500€ par mois. Qu'est-ce qu'on a jamais fait pour nous ? Rien !!! C a fait un moment que je suis écoeurée et c'est pas près de s'arranger

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. tu te plains avec 4500 E par mois,
      je dis quoi, moi avec une retraite de 1600E à deux par mois, il y en à d'autres c'est encore plus bas, j'aimerai bien les avoir tes 45OOE, merde arrêtez de vous plaindre pour des trucs comme ça, ça devient ridicule et indécent.

      Supprimer
    2. 4500 euros par mois... Damned. C'est riche ça.

      Supprimer
  10. Bonsoir à tous.
    Si j'ai bien compris l'information concernant le sommet de Bruxelles, même là notre monarque à talonettes était pressé de partir. Le compte-rendu comporte 198 pages et son intervention seulement 13 lignes.
    Il semble bien que là non plus, il n'avait rien à dire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. erreur de relecture. Il s'agit de 18 pages et non 198.

      Supprimer
  11. ta retraite à 1600 € moi, je ne l'aurai certainement pas en gagnant 2200 € par mois avec 42 annuités derrière alors oui je me plains

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.