5 mars 2012

A Bordeaux, le Président des Riches invoque sa République

Samedi, Nicolas Sarkozy était à Bordeaux. Son discours du jour devait être sur l'immigration et la République. Ce fut grave. La veille, son ministre de l'intérieur avait fait un lien direct entre droit de vote des étrangers et nourriture halal dans les cantines scolaires. Il devint assez rapidement la risée des réseaux sociaux, et objet de gêne jusqu'à l'UMP. Nathalie Kosciusko-Morizet, pourtant porte-parole du candidat Sarkozy, ne put soutenir l'ignoble raccourci qu'elle qualifia de « pas nécessaire ».

A Bordeaux, Nicolas Sarkozy proposa peu. Nous étions habitués. Il s'attarda un peu plus que d'habitude sur son bilan. C'était plus rare.

Dans sa République...
« Chers amis, je suis venu vous parler de la République ».

« Dans la République » fut l'introduction d'une succession de déclamations du candidat. Il avait décidé d'enfoncer de nombreuses portes ouvertes mais aussi d'insister sur quelques rares éléments de son propre bilan. 

« Dans la République, on ne se comporte pas comme des voyous». Nicolas Sarkozy pensait-il à l'affaire Woerth, bloquée autant que possible par les services de police et un procureur ami ? A l'affaire Karachi qui précipita le Monarque à étendre le secret défense à des bâtiments entiers ?

«Dans la République, un chef d'entreprise ne part pas avec un parachute doré quand il a mis son entreprise en difficulté. » Nicolas Sarkozy pensait-il à sa promesse de 2007, non tenue en 2012 ?

« Dans la République, il est légitime que les allocations familiales soient suspendues quand les enfants ne vont pas à l'école.» Nicolas Sarkozy rappela, comme il aime à le rappeler, cette maigre statistique: 33.000 rappels à l'ordre ont permis à autant d'élèves de reprendre la voie de l'école. Pourquoi ne pas suspendre le droit de vote aux expatriés fiscaux ? Il est toujours plus facile de prendre les plus pauvres à la gorge. Il n'ont pas le choix que d'obéir.

« Dans la République, quand on est condamné à une peine, la peine doit être exécutée»
Quel est le président qui laissa la justice, et notamment les prisons, s'engorger sans réforme ni moyens, malgré un durcissement inefficace des lois répressives ? La surpopulation carcérale est devenue un tel problème que Rachida Dati, alors Garde des Sceaux, dut concevoir un aménagement des peines et Sarkozy lancer, en fin de quinquennat, la construction de 20.000 places supplémentaires de prison.

« Dans la République, il n'y a pas de place pour la burqa. Dans la République, il n'y a pas de place pour ce qui fracture, ce qui divise. » Dans sa République, y-a-t-il de la place pour Nicolas Sarkozy, l'homme de la Rupture, du clivage permanent, du bouc-émissaire systématique ?

... on est amnésique
Il annonça ainsi qu'il souhaitait élargir la notion de récidive, mais aussi interdire la libération d'un prisonnier « tant qu'il n'a pas purgé les deux tiers de sa peine, quelle qu'elle soit ». Etait-ce une critique de sa première loi sur les peines planchers ?

Il a proposé un droit d'appel des victimes en cas de procès d'assise et de remise en liberté d'un accusé: « La victime a le droit de donner son avis sur la remise en liberté de celui qui en a fait une victime ». C'était curieux. Pourquoi n'a-t-il pas forcer la main de son propre gouvernement ? Son propre Garde des Sceaux Michel Mercier avait récusé une proposition de loi de l'opposition sur cet exact sujet. En juin dernier, il expliquait que « l'adoption de cette disposition est source de grands dangers ».

Il défendit l'introduction des jurés populaires en des termes grandiloquents. On aurait cru que la République l'avait attendu pour la chose. C'était évidemment faux. Le Monarque n'avait introduit que deux jurés populaires dans les jugements de délits de catégorie 5. Comme la justice peine en moyens, il avait fallu simplifier la procédure d'assises, celle réservées aux crimes. Un comble ! Mais de cela, à Bordeaux, il ne fut pas question. Sarkozy préféra réclamer l'extension de la mesure « à tous les tribunaux correctionnels, à la mise en détention provisoire et à l'application des peines ».

Il nous refit le coup de la République irréprochable: « Le président de la République n'exclut pas de l'administration tous ceux qui ne sont pas de son parti ». Il n'osa rappeler combien de proches il avait placé aux plus postes, y compris dans le secteur privé.

Il nous refit le coup de la Rupture. Mais nous étions en 2012, et non en 2007. On se demanda pourquoi il insistait vouloir nous « rendre la parole ». Nous l'avait-il pris ?
« Je veux vous rendre la parole. Je veux rendre la parole au peuple pour aider la République »

... on fait peur
Mais surtout, Sarkozy reprit quelques propos du fameux et funeste discours de Grenoble. « L'immigration est un atout, une richesse mais pourquoi ne pas avouer qu'elle peut être aussi un problème ».

Il voulait agiter quelques chiffons rouges. Maintenant qu'il n'est plus que candidat, il pouvait reprendre à Claude Guéant le discours frontiste qu'il lui avait délégué depuis l'été 2010. Contre l'immigration, Nicolas Sarkozy avait plein d'idées pour faire peur. En premier lieu, le mythe de l'invasion: « Nul ne peut nous demander de renoncer à notre mode de vie au nom d'une condition religieuse ».  Il ressortit quelques vieux clichés de ses discours sur l'identité chrétienne.

La première grande proposition du jour fut « l'étiquetage des viandes en fonction de la méthode d'abattage ». On était gêné, comme toujours, quand on voyait l'ancien vainqueur de 2007 sombrer dans la caricature. « Reconnaissons à chacun le droit de savoir ce qu'il mange, halal ou non ». Il courrait en fait après Marine Le Pen, signe d'un stress évident, d'une inquiétude de campagne réelle et sourde. La candidate du Front national avait tenté de lancer une polémique, voici 10 jours, sur la viande halal consommée en Ile-de-France. Dix jours plus tard, Sarkozy donnait ses gages à Melle Le Pen. C'était triste. 

Il n'y a pas de place dans la République pour le rejet de l'autre, pour la xénophobie, pour le racisme

La seconde proposition du jour fut sur le regroupement familial. Le Monarque avait déjà annoncé, il y a 15 jours, de revoir les conditions du regroupement familial. Il ressassait l'argument sans qu'on comprenne quel problème il voulait résoudre: « il faut mettre des conditions au regroupement familial : un travail, un logement décent, l'engagement à apprendre le français. Il ne peut plus y avoir de regroupement familial automatique.»

Que n'avait-il agi depuis 2002, voire, pire, depuis 2007 ?

Il a terminé pour son traditionnel à l'aide. La version sarkozyste de l'assistanat. « J'ai besoin de vous. J'ai besoin de votre courage. J'ai besoin de votre énergie. J'ai besoin de votre enthousiasme »

Ce samedi, Nicolas Sarkozy voulait donc défendre sa vision de la République, une vision amnésique, clivée, et caricaturale.


17 commentaires:

  1. Pour reprendre l'analogie avec les panzerdivizions, on est passé de juin 1940 à Août 44 : c'est le repli en ordre dispersé au prix de quelques ultimes rudes combats et d'actes désespérés de triomphateurs défaits !

    L'UMPereur de la nuisance et de la malfaisance, des coups tordus, des coups bas et des coups foireux jette dans la bataille les dernières forces d'un UMPire en déroute.

    Fidèle à son style, il compense le manque d'envergure et de finesse du personnage par un déploiement ostentatoire de clichés racoleurs taillés à la serpe. Il fait une démonstration de force, bat en retraite le front haut, le verbe martial et le ton perfide.

    Il jouit d'embrouiller la France et de distiller son poison dans les veines du pays. Une sorte de politique de la terre brûlée.

    C'est triste effectivement de devoir subir ces manifestations d'abaissement récurrentes.

    Connaissant la psychologie du personnage et sa capacité de nuisance et de malfaisance hors norme, on se demande jusqu'où ira cette armée en déroute avec à sa tête un général dont la petitesse et l'inconsistance (les deux étant liés) où il se débat depuis toujours vont nous apparaître sous une lumière de plus en plus crue ...

    Le candidat sortant ressemble nettement plus à un chef d'une horde barbare qu'à un président de la République.

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  2. ça doit être horrible de travailler avec ce personnage par les temps qui court, pauvres adeptes plus personne ne sait ce qu'il dit. Pour ce qui est de notre acteur préféré, tout ce que l'on sent chez-lui c'est la peur et la haine et on ne sais pas ce que cela va donner. Solange

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  3. Le quatro conservateur5 mars 2012 à 08:20

    Quatre grands chefs de gouvernements conservateurs auraient décidé de ne pas recevoir François Hollande : une malédiction pour le candidat-sortant puisque cela revient à faire que ce dernier risque d'être perçu, à tort ou à raison, comme le candidat de l'étranger !

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  4. Une droite aux abois5 mars 2012 à 08:30

    A droite, c'est barre à droite toute dans une fuite en avant éperdue et pathétique avec l'UMP qui chasse sur les terres du FN obligeant ce dernier parti de l'impasse à revenir à ses fondamentaux : sécurité et immigration !

    Il est très peu vraisemblable désormais que cet affaissement sur elle-même de la droite conservatrice engagée dans une lutte fratricide lui rapporte quoi que ce soit à court terme, le contraire étant même plus probable ; en revanche, il est certain qu'à moyen terme, cette orientation primaire de politique bas de gamme ne mène nulle part si ce n'est à la division et donc à la catastrophe.

    Cette droite néfaste et aux abois n'a aucun avenir dans une nation saine. Elle ne peut s'imposer que dans un contexte de destructuretaion de la cohésion du pays ! En dressant une partie des Français contre une autre. La politique du pire en qq sorte !

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  5. Le croisement des courbes5 mars 2012 à 08:32

    Le staff des stratèges et communicants du candidat-sortant nous ont annoncé le croisement des courbes : ce qu'on attend de savoir c'est quand et avec qui !

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  6. la france a surtout besoin qu'on le pousse vers la sortie

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  7. Vladimir Sarközy de Nagy-Bocsa - Boutin plafonne toujours dans les baromètres à 21 - 23 %.

    Vivement demain que Guaino se fasse étriller sur France Inter - 8H20 par Cohn - Bendit .

    Et pourvu que le Dany le rouge ne le traite pas de sale con, çà fait jamais plaisir.

    Andy....

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  8. EN DIRECT. Fillon : la tranche à 75% est "une proposition imbécile" et le Premier ministre trouve absurde que l'on puisse penser que les chefs d'Etat européens s'appellent pour parler de Hollande.

    L'idiot de Sablé est un petit collaborateur pleutre de sarko qui ne lit plus déjà que la gazette de la deuxième circonscription de Paris,

    Fillon sauvé par la canicule de 2003 sera térassé par la torride Rachida ....

    Andy...

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  9. Baroin : «Je n’imagine pas un axe de chefs d’Etats contre François Hollande qui est, il faut dire les choses, totalement inconnu sur la scène européenne et internationale, qui n’a pas l’autorité nécessaire pour discuter au niveau des chefs de gouvernement et des chefs d’Etat et qui surtout, par ses positions depuis plusieurs semaines, en quelque sorte les insultes, leur dit "je vais renégocier, je ne suis pas d’accord avec ce que vous avez fait et vous allez voir ce que vous allez voir"».

    Hollande un candidat par effraction pour Barouin en quelque sorte..

    Sacré Baroin qui se décide enfin à entrer dans la pestilentielle.

    Il y occupera une place de choix.

    Andy....

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  10. Lundi 5 mars 2012 :

    Martine Aubry affirme que Merkel ne souhaite pas rencontrer Hollande.

    La chancelière allemande, Angela Merkel, a fait savoir qu'elle ne souhaitait pas rencontrer François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, a indiqué lundi la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, sur i>Télé.

    François Hollande "avait demandé par courtoisie un rendez-vous avec Mme Merkel. Elle a dit qu'elle ne le souhaitait pas. Il a répondu : Dont acte", a dit la responsable socialiste.

    http://www.lepoint.fr/politique/election-presidentielle-2012/aubry-affirme-que-merkel-ne-souhaite-pas-rencontrer-hollande-05-03-2012-1437866_324.php

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  11. Vive Sarközy pour l'étiquettage de la viande halal! Vive Sarközy ministre de la santé! Désormais, on pourra se goinfrer de boeuf bourré aux hormones et aux antibiotiques sans l'angoisse que ce soit halalisé.

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  12. Bonjour,

    Ce personnage est FOU ! Ceux qui l'on élu devraient aller se confesser d'avoir mis la France entre les mains d'un pervers narcissique prêt à tout pour rester à l'Elysée.Gageons que sa clique et lui mettront tout en oeuvre pour mettre la France à feu et à sang. De là à les imaginer posant des bombes " islamistes" dans Paris, il n'y a qu'un pas. Il leur reste assez de temps pour commettre des dégâts importants. 2 mois, c'est beaucoup lorsque l'on a Copé, Guéant, Longuet et Sarkozy au pouvoir. Le pire est à venir, allumez des cierges, ça peut servir. Billet à lire http://0z.fr/MoY-K

    A2N

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  13. Trève humanitaire, vigilance et démence5 mars 2012 à 18:58

    La démence qui a gagné le camp de la droite conservatrice invite l'opposition à une trève humanitaire tout en maintenant un état de vigilance soutenue jusqu'au dénouement de la séquence électorale.

    Désormais, j'allègerai ma participation à l'activité de la cellule riposte anti-candidat-sortant. Je me contenterai de jeter un oeil rapide aux inepties qui ne vont pas manquer de se succéder au cours des sept prochaines semaines.

    La droite conservatrice est acculée dans son marigot aux relents nauséabonds où elle s'est enfermée elle-même autant qu'elle y a été poussée, et ne parviendra pas à s'en extraire ; d'où la promesse d'une campagne fétide de ce côté-là de l'échiquier politique !

    Même si cela est en partie tragique, il convient d'observer cette déliquescence accélérée avec une certaine distance tout en restant vigilant eu égard aux réactions imprévisibles de cette entité qui se sent et se sait cerner : une accélération de la fuite en avant provoquée par l'étreinte du désespoir pourrait conduire ces apprentis-sorciers dans le déni du réel à des actes extrêmes auxquels nous devons néanmoins nous tenir près !

    Soyons préparés à toutes les éventualités, y compris aux pires !

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  14. c'est quand même incroyable de voir que cette bande d'incapable (on voit le bilan au bout de 5 ans ... )peut s'imaginer que la France leurs appartient !!!!
    ils ne sont qu'arrogance ,mépris , surestime d'eux même ,menteurs ,embobineurs , brefs des gens abjectes que je ne veux plus voir aux pouvoir mais en prison pour certain ...
    Benoit

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  15. Halal suite : Sarkozy a pour sa part plaidé samedi à Bordeaux en faveur de «l’étiquetage de la viande en fonction de la méthode d’abattage». Hier, dans l’Aisne, il est d’ailleurs revenu sur le sujet devant la presse : «Un sondage disait, il y a dix jours, que le premier sujet de préoccupation des Français, c’est cette question de la viande halal», a-t-il lancé...

    Bonne idée que cet étiquetage. Et si jamais on étiquetait tous les candidats ?
    Sarko bocsa serait immédiatement retiré de la consommation.

    Sarko pal est avarié. And it smells. Il pue. Pouah !

    Personne ne lui dit ?

    Andy...

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  16. Cette fois Fillon plonge dans la campagne. La grenouille de bénitier " premier ministre ? " a suggéré aux grandes religions de revenir sur les «traditions ancestrales» d’abattage rituel des animaux, qui selon lui ne correspondent plus aujourd’hui «à grand-chose alors qu’elles correspondaient dans le passé à des problèmes d’hygiène».

    Dixit la grenouille à titre personnel.Elle va faire un boeuf.

    Une Grenouille vit un Bœuf Qui lui sembla de belle taille.
    Elle qui n'était pas grosse en tout comme un œuf...
    Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille
    Pour égaler l'animal en grosseur
    Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
    Nenni. M'y voici donc ? Point du tout. M'y voilà ?
    Vous n'en approchez point. La chétive Pécore
    S'enfla si bien qu'elle creva....

    Quand on veut péter plus haut que son cul.

    Andy....

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  17. Chiffonniers : Selon la dernière livraison de l'institut BVA, le candidat socialiste gagnerait par 59% contre 41% au président sortant.

    François Hollande et Sarkozy, en léger recul d'un point, obtiendraient respectivement 33% et 25% des voix si le premier tour de l'élection présidentielle avait lieu dimanche, selon le sondage de BVA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France publié lundi 5/3/2012.

    " Sans en faire immédiatement des combats de chiffonniers ou des chocs de valeurs ou de principes" Juppé est dans le vrai.

    Son chiffonnier sarkozy va sortir en haillons de la confrontation...
    En lambeau,en loque,en guenille, défroqué, en hardes...

    En un mot,complêtement spolié... A poil.

    Andy...

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