Sarkozy: quand le candidat sortant se plante sur les chiffres

Ce sont trois mauvaises nouvelles, assurément. Comment les considérer autrement ? Coup sur coup, le chiffrage du programme de Nicolas-le-responsable était critiqué par un institut patronal; le FMI remettait en cause la trajectoire de redressement des comptes publics; et un sondage de l'association des directeurs de ressources humaines révélait un profond scepticisme de ces derniers sur l'une des grandes mesures, non détaillées, du candidat du peuple.

Ce mardi 17 avril, le printemps ressemblait à la Toussaint, jour des Morts. On enterrait un à un les promesses du candidat.

Sarkozy et son chiffrage incomplet
L'institut de l'entreprise, un Think Tank proche du patronat, estime qu'il manque 11 milliards d'euros de recettes ou d'économies au programme de Nicolas Sarkozy: 3,4 milliards en recettes, et le solde en dépenses.Le Figaro s'est permis de détailler l'ampleur du désastre.

Les dépenses mal chiffrées sont les suivantes:
- la réforme du permis de conduire (passage du code au lycée, permis gratuit pour les jeunes en service civique) qui coûterait entre 247 et 281 millions d'euros par an.
- la division par deux des droits de mutation, qui n'a pas été compensée;
- la prime de 500 euros pour heures supplémentaires aux professeurs de collège (un milliard par an, théoriquement compensé par la poursuite du non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux)
-  la création de 200.000 solutions de garde pour les jeunes enfants, sous-évaluée de 500 à 600 millions d'euros par an (1,5 à 1,6 milliards par an contre 1 milliard chiffré chez Sarkozy);
- la mise en place de bureaux pour les enseignants, sous-évaluée de 200 millions d'euros par an ;
- la création de 24.000 places de prison, sous-évaluée de 700 millions à un milliard (1,5 et 1,8 milliard pour l'Institut, contre 800 millions pour l'UMP).

En matière d'économies, le non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux est sur-évalué de 180 à 660 millions d'euros par an d'après l'Institut (pour atteindre, d'après lui, entre 2,2 et 4,6 milliards d'euros sur l'ensemble du quinquennat).

Comme d'autres, l'Institut refuse de prendre en compte le 1,5 milliard d'euros de rendement de la taxe contre les évadés fiscaux, une mesure trop floue et improbable pour considérer ses recettes comme prévisibles.

Au final, l'Institut valide la hausse de 46 milliards d'euros des impôts du pays entre 2012 et 2017 précédemment évoquée.

Les prévisions... éconduites
Le 5 avril dernier, il déclarait: « grâce au courage des Français, nous sommes en avance sur la trajectoire de réduction de nos déficits ».  Lors de la présentation de son programme, il y a 10 jours à peine (sic!), le candidat sortant promettait: « Il y a un rendez-vous: moins de 3% en 2013, l'équilibre en 2016 ». Dix jours plus tard, c'est la douche froide.

Malgré les « bons » résultats de 2011, le Fond Monétaire International vient de livrer des prévisions plus pessimistes pour l'avenir: en 2013, le déficit public serait encore à 3,9%. Pire, l'endettement public dépassera le cap symbolique des 90% du PIB l'année prochaine.

Un malheur n'arrivant jamais seul, le journaliste Thomas Bronnec de l'Express, révèle sur son blog que les estimations du PIB 2011 par les services de François Baroin remises à la Commission européenne la semaine dernière dans le cadre du programme de stabilité 2012-2016 varient de 1.982 à 2.000 milliards d'euros d'une page à l'autre...

Les DRH doutent
L'Association nationale des DRH a fait réaliser une étude auprès de 213 DRH de France, entre le 13 et le 30 mars dernier. Et ces derniers doutent. Quatre-vingt pour cent d'entre eux  sont sceptiques sur la promesse d'accords compétitivité-emploi de Nicolas Sarkozy. « seuls 19 % des sondés jugent la mesure "pertinente", tandis que 26 % d'entre eux estiment qu'elle sera "sans conséquence particulière ". Surtout, 49 % des DRH interrogés vont jusqu'à juger que la mesure sera "improductive". »

Le président de l'association s'en excuse presque: en fait, ses membres auraient peur de la complexité des négociations à venir, pour peu d'effts in fine. Pour mémoire, l'idée, non détaillée, est d'autoriser la réduction du temps de travail ou des salaires en « contrepartie » d'une baisse de salaires.

27 commentaires:

  1. Eh, oui, certains ont confié la gestion de la France, à un guignol qui se sait pas compter.
    Surtout ne vous trompez pas deux fois.

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  2. Il n'est pas très difficile de faire baisser les salaires en France. L'entreprise en la personne de son mandataire convoque le CE et lui tient à peu près ce discours :
    "Messieurs,
    les temps sont durs, (un silence pour laisser la foule des présents lâcher un soupir de résignation, car tous ont déjà compris que la potion sera amère) nos résultats de l'année écoulées ne sont pas fameux et nos clients font jouer la concurrence avec les entreprises des pays émergents, mais accepteraient de poursuivre leurs relations commerciales avec notre entreprise sous certaines conditions qui passe notamment par l'amélioration sensible de la productivité, ce qui signifie qu'il faudra travailler plus. Malheureusement selon nos estimations cela sera insuffisant pour rester dans la course et, chers amis, chers collègues, chers vous tous, il faudra consentir à des baisses de salaires limitées tant dans le temps que dans le montant.
    Il est de notre devoir de vous informer que nous n'avons pas de "plan B" ainsi si ces marchés ne peuvent être conservés nous serons contraints de procéder à des restructurations en redimensionnant l'outil de production pour l'adapter à nos nouveaux besoins.
    Ainsi donc vous tenez entre vos mains votre avenir comme personne avant vous, nous comptons sur votre sens des responsabilités pour faire le bon choix, celui qui s'impose et vous permet d'envisager votre avenir et celui de vos familles avec confiance et sérénité.
    Allez en paix mes frères."

    Ce n'est certes pas agréable pour un DRH de conduire de telles négociations, on risque d'être un peu molesté, et d'être parfois en retard au souper à la maison lorsque les personnels vous retiennent pour un casse-croûte non prévu après une rude journée de travail.

    Mais au regard des effets escomptés (une productivité et des comptes redressés) que sont ces petits désagréments ?

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  3. Trop modeste! L'on entend des inepties relatives à la compétitivité depuis des années. Or, un enfant de 5 ans peut comprendre qu'une fois les frontières ouvertes et la concurrence avec les pays émergents redue possible, nous ne serons compétitifs que lorsque nous aurons accepté leurs conditions de vie et de travail, en d'autres termes, 100 € et moins par mois, pas de congés, pas de Sécu, licenciement en 5 minutes, manger des insectes (l'on commence déjà la promotion dans les médias), éventuellement jeûner un jour par semaine (pour la santé, pardi), vivre à 20 dans une pièce de 25 m² et je vous fais cadeau du reste. Dire que nous serons compétitifs en réduisant nos salaires de 10 ou 20% est une stupidité sans nom. D'ailleurs, ceux qui le disent ne le croient pas vraiment. Ils font les choses petit à petit, selon le principe dit de la grenouille que l'on commence à faire cuire dans de l'eau froide. Ces traitres de leur pays et de leur peuple font tout simplement leur boulot au service du grand capital, jusqu'au sommet de l'Etat.

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    1. Les insectes sont plus des protéines écolo-compatibles que les protéines animales. Ils se reproduisent comme des drosophiles et se nourrissent de nos déchets. Sans parler de la rumination des bêtes qui augmentent encore les gaz à effet de serre.
      Pour le reste vous avez raison, tempérance, frugalité, sobriété.

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    2. Je ne conteste pas les faits que vous exposez. Cependant, mon propos portait sur le fait que les insectes ne sont pas notre nourriture habituelle, ici en Europe. Je préfère, voyez-vous, encore manger de la baguette, du fromage et un peu de viande que des drosophiles. C'est sûrement un peu trop personnel.... Si l'on entre dans la logique de survie, je suis certain que quelques racines et quelques feuilles pourraient nous maintenir en vie. Mais est-ce cela que nous attendons de la vie?

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    3. La question est : les ressources pour faire vivre une bonne partie de la population selon nos standards sont-elles disponibles ? et si oui à quel prix ?
      Voyez un peu le bazar qui s'annonce : les enjeux autour de l'eau potable, des terres agricoles, des réserves d'énergie et des matières premières, du changement des conditions climatiques.
      Vaste débat qui n'est pas le sujet du billet ni même celui du blog présent.

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    4. Et, notamment, est-ce indispensable d'être aussi nombreux?
      Je cherche un volontaire pour expliquer cela aux pays émergents et à ceux du tiers monde. Mais, effectivement, laissons ces questions pour l'instant.

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  4. moi je vote Melenchon

    C'est pas la peine de virer sarkozy si c'est pour avoir la meme politque

    et le vote utile c'est des conneries sarkozy est perdu.

    vive Melenchon

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    1. Si tout le monde raisonne comme vous, N. Sarkozy conserve toutes ses chances.

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    2. Parfaitement. Ne nous écartons pas de l'essentiel - virer sarközy et sa bande.

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    3. on va le virer le nain t inquiete pas

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  5. ALERTE A LA FRAUDE MASSIVE
    le pourcentage d'expatriés inscrits sur les listes électorales augmente de 25% pour ces élections :ils sont un million qui vont voter via les machines électroniques
    ajouter 1,5 million de métropolitains qui vont faire de mème
    on rappelle que GUEANT est chargé de la sécurité du vote électronique et que les " résultats" de ces machines dont on connait la fiabilité transiteront vers les USA(spécialistes de la décortication) avant retour pour publication

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    1. tu peux donner des preuves? Pour ce que j'en sais, c'est encore l'urne traditionnelle qui compte dans les consulats et ambassades, donc c'est normalement safe

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  6. Pas faux,surtout avec un coude à coude serré et une grosse abstention,on peut se prendre un scénario à la Bush fils 2000!
    Se méfier...jusqu'au bout,on le voit,ils sont capables de TOUT.

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    1. Je suis du même avis. Un type qui, après s'être vanté d'avoir vendu des Rafale et des réacteurs à Kadhafi, ose, devant tout le pays, dire que ce n'était pas vrai:
      http://www.lepoint.fr/politique/election-presidentielle-2012/l-embarras-de-sarkozy-sur-la-cooperation-nucleaire-avec-la-libye-18-04-2012-1452745_324.php
      est tout aussi capable de dire qu'il n'a pas perdu l'élection. Vu que nous n'avons pas eu, jusqu'à présent, à faire face à une fraude électorale massive, nous sommes quelque peu dépourvus en la matière. Vigilance!

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  7. seni sevmiyorum amk hicte sevmedim gavat

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  8. Réponses
    1. Premier message:
      il te dis que Sarko, il va le bouffer

      Deuxième message:
      Le monsieur te dis d'aller à l'école des estropiés de la langue, si tu ne comprends pas ça c'est grave tout de même, il n'y a pas plus simple.

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    2. Si c'était si simple, cela n'amuserait pas le monsieur.
      l'école des estropiés de la langue, cela ne veut rien dire, mais si c'est là qu'est allé le monsieur...

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    3. +1. Et il a joué petit bras. N'a pas osé écrire en chinetoque.

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  9. toujours à côté de ses pompes à talonettes, le sortant
    à se hausser du col il doit avoir le vertige
    bob

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  10. Bonjour,

    Nicolas Sarkozy ne se privera de ce coup de main providentiel des machines " automatiques". Il l'a fait fait devant Royal en 2007, ça n'avait alerté personne. Pourquoi ne gênerait-il alors que la prisoon lui pend au nez en cas de défaite ? Voilà qui devrait inciter à voter massivement UTILE dimanche. Sinon, l'incompétence du bonhomme est absolument ASTRONOMIQUE. Que l'on retrouve ceux qui ont permis qu'il accède au pouvoir entre 2002 et 2007. Pas difficile à tracer, il suffit de consulter les médias et leurs archives. Billet à lire http://0z.fr/6PSF2

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  11. Effectivement 2 + 2 n'ont jamais fait 7

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  12. C'est utile de dénoncer les errements de Sarközy mais en aucun cas ne considérez que la partie est gagnée. L'adversaire est coriace. Restez vigilant le bulletin à la main.

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  13. 18H30 - dimanche 22 avril 2012 - selon http://www.rtbf.be/ladeux :

    - Jacques Cheminade plafonne toujours à 0%.

    Nicolas Sarkozy, lui, toujours plus fier, peaufine in extremis un slogan avec Buisson, Douillet et Carignon.

    18H45 - dimanche 22 avril - selon http://www.20min.ch/ro/, la fine équipe est sur le point d'avoir trouvé la formule choc ...

    " Un Candidat Eternel pour une France Eternelle, c'est Possible ! "

    Bernadette Chirac approuve, elle ira célèbrer les vêpres à 19 H, puis accomplira ensuite sont devoir de citoyenne avant 20H ...

    Décidemment, sarko jouera avec nos nerfs jusqu'au bout.

    Andy....

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  14. Preuve parmi d'autres que le sortant est désormais dans la "frénésie de perdre". Eh oui, difficile de ne pas perdre au poker menteur quand désormais le peuple lit dans le jeu du menteur

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