11 juin 2012

Législatives: le référendum anti-Sarkozy se confirme

Dimanche la France votait, encore. C'était le troisième tour, celui qui devait donner une majorité législative, ou pas, à François Hollande. L'abstention était crainte, à juste titre. L'UMP espérait limiter les dégâts. Elle joua à l'autruche, masquant sa déception.

Tout l'après-midi, quelques militants UMP avaient réactivé leurs comptes Twitter pour faire fuiter, en langage codé, quelques prédictions sondagières interdites issues de sites d'information belges ou suisse. Ils nous promettaient une UMP largement en tête du scrutin. Il n'en fut rien. Les prétendus gaullistes qui faisaient campagne pour la cohabitation en furent fort marri. Leur camp était en passe de perdre ce troisième tour électoral.

Le second échec de Sarkozy
«Pari gagné pour le PS et ses alliés, qui arrivent en tête » titrait le Figaro au soir du premier tour. Dans la soirée, les premières estimations donnaient 35% au Parti socialiste (contre 24,5% en 2007), 5% à son allié écologiste EELV (3,3% en 2007); 8% au Front de Gauche (versus 4% pour le PCF en 2007). Pour le camp écolo-socialiste, la progression est d'environ 13 points par rapport au même scrutin ! Six ministres, dont le premier, avaient été élus au premier tour, tout comme 13 autres députés de gauche (contre 8 à droite).

L'UMP ne pouvait même pas se féliciter d'être arrivé en tête de ce premier tour. Avec 35% des suffrages, elle faisait jeu égal avec le PS qui pourtant présentait moins de candidats pour cause d'alliance à gauche. En 2007, le parti unique de la droite avait atteint près de 40% des suffrages exprimés au premier tour (39,54%). L'UMP avait donc perdu 5 points en 5 ans, limité les dégâts, et même recouvré quelques couleurs par rapport au score de Nicolas Sarkozy le 22 avril dernier.

Bref, ce scrutin confirmait le référendum anti-Sarkozy du 6 mai dernier.

La France radicalisée ?
Le Rassemblement Bleu Marine n'atteignait plus les 17% du premier tour présidentiel. Avec 13% des votes exprimés (contre 4% en 2007), le parti frontiste faisait presque aussi bien qu'en 1986 mais un réflexe de survie utile en faveur de l'UMP avait clairement joué en quelques semaines. A cause de l'abstention, le nombre de triangulaires était tombé plutôt bas, une trentaine à peine.

Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, sa nièce Marion Maréchal-Le Pen dans la 3ème circonscription du Vaucluse, et l'avocat Gilbert Collard dans la 2ème circonscription du Gard, étaient seuls en tête devant l'UMP et le PS.

Plus globalement, l'UMPFN rassemblaient donc une grosse moitié des suffrages exprimés. Le centre indépendant avait quasiment disparu: le Modem de François Bayrou subissait en effet un nouveau revers, avec 2% des suffrages (contre 7% voici 5 ans). Et son leader n'était même pas certain de l'emporter à cause d'une triangulaire dans son propre fief.

Responsabilité médiatique
L'abstention fut élevée: plus de 4 Français sur 10 ne s'étaient pas déplacés. Le score était plus élevé qu'en 2007 (42% contre 40%). La campagne, disait-on, n'intéressait pas grand monde. Il est vrai qu'elle n'apportait pas d'arguments nouveaux à la précédente. Ce mécanisme institutionnel est une souffrance pour l'électeur. Le camp perdant à l'élection présidentielle s'échine à convaincre qu'il aurait dû gagner. Le gagnant réclame une majorité pour appliquer le programme sur lequel il a remporté la présidence.

Mais cette fois-ci, les médias portaient une responsabilité plus importante. L'attention médiatique s'était concentrée sur des choses futiles, quelques prétextes de communication lancés ici ou là, les premiers pas de la présidence normale de François Hollande. Bien sûr, ce dernier a rapidement voulu afficher quelques ruptures symboliques à chaque fois qu'il le pouvait (déplacements, composition du gouvernement, photo officielle, charte, premiers décrets). Il fallait normaliser le fonctionnement institutionnel du gouvernement.

Mais les commentateurs politiques, pour une large part, se jetèrent sur le futile et le symbolique jusqu'à l'écoeurement. Cette présidence normale, qui n'aurait dû susciter que quelques commentaires normaux, a généré d'interminables analyses lassantes et inutiles. Pire, Nicolas Sarkozy lui-même, bien que retiré de la scène politique dès le 7 mai au matin, fut l'objet de commentaires-fleuves à l'occasion de la moindre de ses apparitions. Le JDD, voici 8 jours, lui consacra même sa une !

Pourtant, les sujets sérieux ne manquaient pas. Quel média a-t-il consacré quelques pages ou minutes d'antenne à la description des programmes législatifs des différents candidats. Le programme ecolo-socialiste était connu, certes. Mais celui de l'UMP avait été masqué pendant la présidentielle.

L'autruche UMP
« Mes premières pensées vont pour tous nos candidats de l'UMP et du Nouveau Centre.». Jean-François Copé répéta l'argument sur toutes les ondes, toutes les chaînes. Lui-même, dans sa circonscription de Meaux, n'avait pas été réélu dès le 1er tour. Mais il était assuré d'une victoire au second, avec 45% des suffrages. Il voulait aussi et surtout s'assurer les faveurs de l'appareil contre son rival François Fillon. « Beaucoup de Français sont en fait très préoccupés. (...) Beaucoup se sont inquiétés des promesses de Monsieur Hollande.» Concernant les circonscriptions où l'UMP avait été disqualifiée, le secrétaire désigné de l'UMP refusa de répondre: « En ce qui concerne les situations éventuelles de duels, et bien, on verra demain.»

L'UMP avait convié un bureau politique à 15 heures, deux heures avant celui du FN. C'était bien commode. L'ancien parti sarkozyste refusait donc de se prononcer ce soir-là en cas de duel FN/PS. L'idée d'un bureau politique demain après-midi était la dernière parade du moment.

Nadine Morano soulignait sa proximité de valeurs avec le Front national: «La triangulaire est évitée (...). Je voudrais appeler les électeurs du Front national qui partagent nos valeurs, mes valeurs, à se retrouver sur ma candidature au second tour ». Dans la 16ème circonscription des Bouches-du-Rhône, le candidat UMP disqualifié, Roland Chassain avait expliqué au journal d'extrême-droite Minute que « si Mme Laupies est en mesure de gagner, il n'y aura pas de front républicain. (...) Pour moi, c'est tout sauf Vauzelle! ».

A Bordeaux, Alain Juppé, qui n'était pas candidat, excluait à l'inverse tout rapprochement avec le FN.

Qui fallait-il croire ?

Dans quel état Nicolas Sarkozy avait-il laissé l'UMP ?

14 commentaires:

  1. France 2 hier était une officine de propagande UMP
    tribune offerte à tous les ténors UMP ppour appeler les électeurs FN à se reporter sur eux
    vivement que pujadas soit retourné à sa maison mère , le daily-dassault

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  2. Franchement, pas de quoi être fier du score du PS : comme aux présidentielles, c'est ric-rac avec l'UMP. De plus, le FN fait d'excellents scores au plan national, hélas. La plupart de nos compatriotes sont veules et fin prêts à se faire tondre par la finance.

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  3. PS + EEV = 40% (50 circonscriptions ont été concédées à EELV et manquent dans le résultat PS)

    on a trop tendance à l'oublier

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    1. Plus de la moitié des circonscriptions concédées n'étaient absolument pas gagnables pour le PS, a fortiori pour EELV. Il faudrait plutôt y voir un moyen de financer EELV, car le financement de la vie politique est assuré par le versement d'un montant par vote à l'occasion des élections législatives. Du coup le pari est gagnant-gagnant quand même. Surtout compte tenu du maigre résultat d'Eva Joly à l'occasion de la présidentielle.

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  4. Oui, les médias...
    Presse qui roule...comme le dit Pagny...
    http://spartakiste.blogspot.fr/2012/06/restons-mobilises.html
    http://spartakiste.blogspot.fr/2012/06/chaque-voix-compte.html

    Sérieusement dans l'état de décomposition où 5 ans de sarkozysme nous a laissé, on s'en tire pas si mal et il faut continuer!
    Ce n'est que le premier round!
    Bisous à tous!

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  5. je suis propriétaire de ma voix... et pas un parti ne me dira ce que je dois faire... je suis grande assez ! et responsable !
    mais je vois que le PS tout seul est bien petit.... puisque l'on compte l'UMP toute seule ??? logique de faire le même calcul à gauche ??
    ou alors gauche plurielle = droite plurielle !

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  6. Mais pardi, vous votez pour qui vous voulez. A votre âge c'est une découverte un peu tardive quand même.

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  7. Nicolas Sarkozy sera jugé par l'histoire.

    Juan est l'héritier de ceux qui accusèrent De Gaulle de faire un coup d'Etat. Leurs opinions m’indiffèrent.

    La gauche va l'emporter non pas par adhésion mais par logique institutionnelle. Et c'est tant mieux. L’usurpateur n'aurait pas démissionné en cas de défaite.

    Le choses sérieuses vont commencer dans 7 jours.

    Le compte à rebours a déjà commencé.

    La politique économique de la gauche ne sera pas mise en oeuvre. Il ne se passera rien si ce n'est de l'agitation médiatique, jusqu'au moment ou les marchés vont dire stop.

    Dans le pays, les musulmans vont venir réclamer leur facture. Les banlieux vont exploser et tout va partir en vrac.

    A ce moment la, les socialistes vont quitter le pouvoir sous les hués. Il faudra juste empêcher le FN de prendre le pouvoir ce qu'ils espèrent.

    Et la on appliquera vraiment une politique de droite.

    C'est le sens de l'histoire. En cela Mélenchon a tout compris.

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    1. Oui l'histoire jugera Nicolas Sarkozy, les électeurs, eux, ont déjà fait connaître leur jugement en attendant que quelques magistrats professionnels se penchent sur son cas en toute sérénité.
      On vous l'a déjà dit, si la constitution actuelle ne vous convient pas, contactez votre député, votre sénateur, votre maman, que sais-je et allez chouiner dans leurs girons respectifs pour obtenir qu'on la change ou taisez-vous. Vous faites un bien piètre "indifférent" aux opinions qui ne sont pas les vôtres, radotant vos sornettes de factieux à l'infini, promettant le chaos à l'instar du Général lorsqu'il consultait les français à l'occasion d'un référendum.
      On vous a compris.
      Et maintenant prenez donc vos gouttes.

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    2. Nou, on est content. Bientôt débarrassés des mercenaires de l'ultra libéralisme, mais notre bon mis-troll est tristounet. Il est rattrapé par les faits, qui, eux, ne mentent pas, mais c'est plus fort que lui, il ne peut pas s'empêcher d'en faire trop, de rappeler "De Gaulle" et le "coup d'Etat". Et Jules César, mon pote, poignardé traitreusement par son fils adoptif, le Jules, alors qu'il avait tant fait pour Rome ! Sans compter l'assassinat d'Henri IV, qui n'a toujours pas été élucidé ! Pourquoi ? Le + croustillant, c'est quand mis-troll, dans un moment d'égarement,écrit :"il faudra juste empêcher le FN de prendre le pouvoir". Alors là, j'lui mets 10 sur 10 avec le super-bonus et je lui signale juste qu'il devrait en tirer les conséquences et en parler à ses amis de l'UMP, qui déroulent le tapis rouge au FN et ne vont pas tarder, quand ce n'est pas déjà fait (voir Morano) à faire cause commune avec lui contre la gauche honnie. On va bientôt ne reparler, mon pote et, là, tu nous expliqueras que tu comprends toujours pas ? Rendez-vous avant la fin du mois de juin avec l'ineffable Copé, qui fêtait votre victoire hier soir, hi, hi ! Et un lol d'honneur pour le parisien libéral !

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  8. France : la droite ne fera pas barrage à l'extrême-droite.

    La droite française n'appellera pas à voter contre l'extrême-droite dans les 20 circonscriptions au second tour des législatives dimanche, qui mettront aux prises un candidat de gauche et un candidat du Front national, a-t-on appris auprès du parti conservateur UMP.

    Cette décision du ni-ni (ni Front national, ni gauche) a été prise lors du bureau politique de l'UMP lundi alors que le Parti socialiste avait appelé la droite à appliquer le désistement républicain. L'un de ces duels opposera notamment Marine Le Pen à un candidat socialiste à Hénin-Beaumont (nord).

    "Pas question d'appeler à voter pour le Front national, ni d'appeler à voter pour le candidat socialiste", a lancé lors de cette réunion le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé.

    Le ni-ni constitue déjà une semi-victoire pour le Front national, qui appelle à une recomposition de la droite, car il revient à mettre sur un même plan extrême-droite et gauche.

    Par ailleurs, l'UMP a demandé le maintien de tous ses candidats partout où ils sont qualifiés pour le second tour dans une triangulaire avec un candidat socialiste et un candidat du Front national, a-t-on indiqué à l'AFP.

    La consigne de l'UMP sur le maintien en toutes circonstances connaît des ratés, certains candidats distancés par la gauche et le Front national étant tentés de jeter l'éponge pour gêner le Parti socialiste, dans le sud-est.

    C'est le cas de Roland Chassain, arrivé 3ème à Arles dans les Bouches-du Rhône, qui a annoncé lundi à l'AFP qu'il se retirait pour tenir sa position qui est : "tous contre Michel Vauzelle, le député sortant socialiste".

    Il pourrait être imité par un autre candidat de l'UMP, Etienne Mourrut, dans le département voisin du Gard.

    (©AFP / 11 juin 2012 17h17)

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    1. Cela sert à quoi de balancer un résumé de dépêches AFP sur un blog ?
      En général, c'est fait le matin pour les patrons du CAC 40 qui le lisent à l'arrière de la limousine, histoire d'avoir l'air moins cons en arrivant au bureau.
      t'as pas des trucs plus intéressants à faire, sérieux ?

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    2. Hé,les amis, juste une petite remarque : il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier entre l'UMP, son état-major, ses militant, à quelques très rares exceptions,et le FN. Les leaders de l'UMP nous l'ont démontré mille fois. Ils ont les mêmes idées, les mêmes obsessions. Aujoud'hui, le FN fait entendre une autre petite musique dans la mesure où ils chassent sur les mêmes terres que l'UMP. Une fois les élections passées, on va vite voir qui est ami avec qui, comme on dit. Copains comme cochon ?

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  9. Sakura, la faille dans le raisonnement, c'est qu'il n'y a pas eu de libéralisme sous Sarkozy. Lis plutot ca

    Mise au point sur les idées libérales
    Non : il n'y a pas eu de mesures libérales en 5 ans, ou presque.

    Tel est le message que les libéraux transmettent à la gauchosphère, comme Gauche de Combat, Jegoun, Dedalus Sarkononmerci (!), les privilégiés parlent aux français, Clémentine Autain et bien d'autres rouges de rage mais aussi à ces soit disant ultra libéraux que sont Laurent Wauquiez (qui a déclaré "Une dérive ultralibérale de l'UMP serait une mauvaise idée : parce que la crise a montré les limites de cette doctrine et parce que la droite, en France, ce n'est pas cela") ou tous les gens de la Droite Pop.

    la suite sur :
    http://leparisienliberal.blogspot.fr/2012/04/mise-au-point-sur-les-idees-liberales.html

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