16 juillet 2012

Jospin sort de sa retraite pour Hollande

Il l'a fait ! François Hollande a confié une mission des plus officielles à Lionel Jospin.

C'est cocasse: Lionel Jospin préside enfin quelque chose, une commission chargée de « la rénovation et de la déontologie de la vie publique. » L'Elysée a annoncé la composition de cette dernière lundi 16 juillet, après que François Hollande en est dévoilé le projet lors de sa première interview du 14 juillet.

Peu de temps après son élection, Hollande avait déjà publié une charte éthique pour ses ministres. Elle reprenait des mesures adoptées sur le tard par le gouvernement Fillon, quand ce dernier sombrait après les scandales Joyandet, Blanc, Hortefeux, et Woerth au printemps 2010.  

Sarkozy aimait bien les commissions pour meubler son inaction ou court-circuiter des oppositions. Il en nomma une belle trentaine en cinq années de mandat ! Il les installait sur des sujets futiles ou sur lesquels il avait déjà décidé. Ainsi, quand la «Commission de réflexion pour la prévention des conflits d’intérêts dans la vie publique » qu'il avait nommée pour éteindre la polémique née de l'affaire Woerth/Bettencourt lui fit des recommandations trop strictes, il précisa qu'il ne se sentait pas lié par ses conclusions.

On peut croire, à ce stade, que François Hollande suivra les recommandations de la commission Jospin.

Outre Lionel Jospin, la commission comprend les personnalités suivantes:
- M. Olivier Schrameck, Président de section au Conseil d'Etat: c'était l'ancien dircab de ... Jospin en 1997; il était déjà membre du Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions présidé par Edouard Balladur sous Nicolas Sarkozy;
 - Mme Chantal Arens, Présidente du Tribunal de grande instance de Paris
- Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ancienne Ministre de Nicolas Sarkozy, récemment auteure d'un livre critique sur la dernière campagne de Nicolas Sarkozy;
- Mme Julie Benetti, Professeure à l'université de Reims
- M. Jean-Claude Casanova, Membre de l'Institut, Président de la Fondation nationale des sciences politiques; a participé à une précédente commission installée par Nicolas Sarkozy sur la rénovation des institutions en juillet 2007;
 - M. Jean-Pierre Duport, Préfet de région honoraire
- M. Jean-Louis Gallet, Conseiller à la Cour de cassation, Vice-président du Tribunal des conflits
- Mme Marie-Christine Lepetit, Chef du service de l'Inspection générale des finances, ancienne proche conseillère d'Alain Juppé, placée à l'IGF en février dernier sous Sarkozy;
 - Mme Wanda Mastor, Professeure à l'université de Toulouse I
- M. Ferdinand Melin-Soucramanien, Professeur à l'université de Bordeaux IV
- Mme Agnès Roblot-Troizier, Professeure à l'université d'Evry
- M. Dominique Rousseau, Professeur à l'université Paris I
- Mme Hélène Ruiz-Fabri, Professeure à l'université Paris I

S'il faut critiquer, on regrettera l'absence totale de personnalités de la société civile tels que des représentants d'associations. On n'y trouve que fonctionnaires: professeur(e)s, préfet, conseiller d'Etat, magistrats.

S'il faut donner des bons points, on louera la parité, ou la très faible représentation du milieu politique. Non pas que ces éminents membres n'aient pas d'opinion, mais on ne compte que trois purs « politiques » (Jospin, Shrameck et Bachelot-Narquin). La présence de Roselyne Bachelot est d'ailleurs une excellente nouvelle.



7 commentaires:

  1. nous verrons bien si la montagne accouche d'une souris ou si jospin saura imposer aux éléphants d'être moins gourmands
    qui vivra verra
    on a une idée du délai de remise du rapport ?

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. Contrairement aux sportifs, même les meilleurs, les politiques ne prennent jamais leur retraite, quels que soient leur état de forme et leur bilan. Pourquoi ? Et faut-il s'en réjouir ?

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  4. La déontologie est aux politiques ce qu'un peigne est aux chauves (proverbe chinois), non je plaisante...

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  5. A bobcestmoi, le rapport doit être rendu début novembre 2012.
    Difficile d'y croire à cette modernisation (moralisation ?) quand on voit comment les députés socialistes nouvellement élus (cumulards à souhait) tentent d'enterrer au plus vite tout ce qui pourrait mettre fin à la très française pratique du cumul des mandats.
    Déjà qu'ils se vautrent lamentablement sur la suppression de l'exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires lors de l'examen du collectif budgétaire en cours. Quels ânes.

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  6. C'est encore trop tôt pour juger.
    Par contre, Bachelot, j'aime bien l'idée, quoi que du coup, elle nous prive du one-woman-show qu'elle nous promettait lol

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  7. Oui continuons à temporiser. A l'instar de l'audit des comptes publics par la cour des comptes qui n'a rien dévoilé que nous ne sachions déjà. Cette nouvelle commission sur la vie politique, le cumul des mandats, les conflits d'intérêts se contentera de confirmer ce qui était écrit dans les rapports des commissions précédentes dont celle de Balladur en 2007, resté pour l'essentiel lettre morte.
    Je ne vois pas ce que le temps (il est trop tôt pour juger.. Il est toujours trop tôt pour se défaire de vilaines habitudes) fera à l'affaire.

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