28 août 2012

Crise et cacophonie: c'est la rentrée !

C'est la rentrée, tous les ministres sont rentrés, certains n'étaient pas partis. Le gouvernement clarifie certaines des propositions.

Les critiques pourraient-elles être plus précises ? Pas forcément.

Big Brother ? Ben non!
Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l'Economie Numérique, a fait oeuvre de pédagogie dans les colonnes des Echos: « Nous sommes opposés à la surveillance généralisée et au filtrage. Nous restons très attachés à ces principes. La question n'est pas de limiter la liberté d'expression et les capacités d'innovation liées à la neutralité du Net ». Certains s'inquiétaient déjà du rapprochement annoncé (et nécessaire) de l'ARCEP qui régule les tuyaux numériques et le CSA qui régule l'audiovisuel... et leurs tuyaux. Aussitôt annoncé, aussitôt quelques-uns stressèrent. La France allait-elle filtrer le Net comme la Chine ? Mouarf! pouvions-nous répliquer. Certains aiment le procès d'intention comme si nous étions encore en Sarkofrance. Echanger est devenu difficile.

Pourtant, chez Fleur Pellerin comme Aurélie Filippetti, il n'y avait que du bon sens: « L'arrivée de la télévision connectée nous conduit à nous interroger sur les modes de régulation des contenus accessibles à partir des supports de diffusion multiples. C'est autant une question sur les contours de la régulation que sur les institutions »

Renoncements fiscaux ? Ben non!
Le ministre du Budget n'est pas à un poste enviable. Il sabre, coupe, économise, taxe. Parfois, comme ses prédécesseurs, il ne connaît pas tous les secteurs qu'il « impose ». Cahuzac a un atout. A l'inverse d'Eric Woerth, premier des ministres du budget de Nicolas Sarkozy, on ne lui connaît aucun conflit d'intérêt avec une milliardaire évadée fiscale. Il n'est pas non plus trésorier du parti socialiste ni d'aucun autre parti, comme l'était Eric Woerth. Il n'organise aucune réunion de collecte de fonds pour le Parti, comme le faisait M. Woerth quand il était ministre.

Mais Jérôme Cahuzac fait mal et fera mal. Le « redressement dans la justice » est d'abord une douleur. Il avait au moins une bonne nouvelle pour ces jours: la fiscalité du Livret A, malgré le relèvement (promis par Hollande) du plafond de versement, ne sera pas alourdie.

Jeudi 23 août, Cahuzac a prévenu d'un prochain plafonnement à 10.000 euros par an du bénéfice des niches fiscales. Et aussi qu'un retour de la publicité sur les chaînes de France Télévision était à l'étude. Sacrilège pour la droite et pour la gauche ! Cette dernière mesure était l'un des cadeaux fait aux chaînes privées en 2008. Avant la crise, même la gauche espérait une télévision publique sans coupures publicitaires. Mais il fallut compenser par une nouvelle ponction fiscale.Vendredi dernier, sa collègue de la Culture a remis cette pendule à l'heure - pas de retour de la pub sur France Télévisions après 20 heures.

Espérons que Mediapart est (provisoirement) rassuré.

Chamailleries nucléaires ? Ben oui !
« Pour ma part, je considère que le nucléaire est une filière d'avenir » a déclaré Arnaud Montebourg chez BFM-TV dimanche soir... Interrogé lundi matin sur Europe 1, Manuel Valls abonde sur les propos de son collègue. Quelle surprise ? Qui croyait que François Hollande avait décidé d'abandonner le nucléaire ? L'UMP bien sûr ! Rappelez-vous la campagne ! Nicolas Sarkozy nous assurait qu'Hollande voulait tout fermer, tout abandonner. C'était faux, mais ça a laissé quelques traces.

Sans davantage de surprise, voici que quelques écologistes dont Noël Mamère sautent sur l'occasion: « S'il n'y a pas d'explication et s'il n'y a pas de remise en cause des déclarations d'Arnaud Montebourg, nous serons en droit, nous, écologistes, de nous interroger sur la validité des accords que nous avons passés dans cette majorité».

Le nucléaire est un chiffon rouge trop facilement agité, trop facilement décrié.

Lundi soir sur CANAL+, même Jean-Luc Mélenchon a lui aussi exprimé son désaccord avec les propos de Montebourg. L'ancien leader du Front de Gauche faisait sa rentrée télévisuelle. Il confia combien il ne croyait plus au nucléaire.

Baisser le prix de l'essence ? Ben, comment ?
Au plus fort de la campagne, Nicolas Sarkozy expliquait qu'on n'y pouvait rien si les prix de l'essence flambaient. François Hollande promis d'en bloquer le tarif quelques semaines si l'inflation se poursuivait.

Quand les prix de l'essence baissèrent quelques semaines après l'élection, il y eut quelques (crétins) UMPistes pour s'inquiéter que le gouvernement Ayrault n'ait toujours pas figé ces tarifs. On s'amusait. Voici que l'inflation a repris. C'est assez prévisible. Les ressources fossiles sont limitées et les tensions sur l'approvisionnement ne manquent pas.

Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, a promis: cette semaine, le gouvernement allait concéder une baisse des taxes pour modérer les tarifs. On espère 2 à 4 centimes de baisse pour les consommateurs. Les principales organisations de défense des consommateurs ont été reçues lundi, avant une réunion avec les  distributeurs ce mardi.

Le chômage explose? Ben oui !
Les statistiques du chômage à fin juillet sont tombées. Evidemment, les chiffres sont mauvais, très mauvais. La hausse est historique: près de 3 millions de personnes n'ont exercé absolument aucune activité en juillet dernier (2.987.000 pour être précis, soit +41 300 chômeurs de plus en un mois). Quinze mois que cela dure. La fin de tous les CDD du premier semestre renchérit la facture. Au total, le nombre des personnes inscrites à Pôle emploi en recherche active d’emploi atteint 4.733.000.

Jean-Marc Ayrault a concédé qu'il devrait sans doute revoir à la baisse la prévision (de 1,2%) de croissance du PIB l'an prochain (« effectivement, il y a une baisse de la croissance partout, même l'Allemagne ) . Son budget 2013 serait « honnête, sincère, réaliste et volontariste » a-t-il déclaré sur France 2. Contre le chômage, « Nous prenons entreprise par entreprise et avec les partenaires sociaux nous essayons d'apporter des solutions concrètes. (...) En même temps il faut engager les réformes de structure. (...) Le résultat vous pourrez le mesurer chaque jour mais vous pourrez aussi le mesurer à la fin du quinquennat (...) notre action s'inscrit dans la durée ».

Leur action s'inscrit dans la durée.

A droite, l'UMP avait déclenché les hostilités, c'est-à-dire ses primaires.

Nous allions nous régaler. 










8 commentaires:

  1. Hollande en voulant être normal fait de la politique "à la papa" comme avant la période frénétique et agitée de Nicolas Sarkozy. J'ai entendu des propos de J. M. Ayrault repris à la radio ce matin. Il y avait tant d'impuissance dans sa voix que j'en aurais presque pleuré si je n'avais pas eu à me concentrer sur ma conduite automobile pour me rendre au burlingue.
    En même temps les chiffres du chômage... aïe, aïe, aïe. La popularité du chef de l'Etat... ouille.
    Gouverner c'est prévoir... on attend toujours qu'on nous le démontre.

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  2. Merci encore pour vos billets ... On rigole bien à lire vos incohérences.

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  3. On se surpasse au PS. Voilà F. Rebsamen qui plaide pour le maintien cumul des mandats pour les sénateurs au motif que la chambre (dont les socialistes n'ont cessé de dire qu'elle ne servait à rien lorsqu'ils n'y étaient pas majoritaires) est la représentation des collectivités locales. Faudra t-il que tous les sénateurs soient des cumulards pour siéger dans la Haute Assemblée ?
    Fait-il semblant de faire l'âne ?
    Quoiqu'il en soit il se confirme chaque jour davantage que certains socialistes, et pas des moindres même au gouvernement, n'ont pas compris ni entendu la demande de changement exprimée par les citoyens à l'occasion des deux récents scrutins.

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  4. http://survie.org/francafrique/gabon/article/regime-gabonais-le-parti

    se positionner clairement... dur dur...

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  5. @nofate: merci d'être passé.
    @jpd83: vrai sujet !
    @Brucolaque: le non-cumul des mandats va faire hurler nombre de caciques, au PS comme ailleurs. Cela va faire partie de ces promesses que nous devrons rappeler en temps utiles. Pour l'instant, tout cela n'est que travail d'approche et posture de négo...

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  6. Oui, il faudra rappeler la promesse du non-cumul des mandats. En temps utile ? Des militants socialistes jugent que c'est maintenant, le temps utile, et propose de signer une pétition, qui est ici :
    http://www.non-cumul-maintenant.fr/index.php

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  7. La baisse du prix de l'essence n'est vraiment pas, et à plus d'un titre, une bonne idée. D'abord, retirer trois cents millions d'euros de recettes au budget de l'Etat, à un moment où le Président de la république prône le retour à l'équilibre budgétaire, est surprenant, d'autant que l'économie réalisée par les consommateurs serait de dix centimes par litre. Un coût faramineux pour un bénéfice maigrelet. Enfin, il s'agit bien là d'une mesure symbolique.

    Pour ce qui concerne le cumul des mandats, sans parler de l'imposition de leurs "revenus", nous sommes nombreux à attendre que tous les politiques mettent enfin en oeuvre leurs engagements. Cela pourrait contribuer à favoriser la parité, la mixité sociale et à rétablir la confiance des citoyens dans leurs représentants et leurs discours.

    Le principe de réalité, à ce que je sache, doit bien s'appliquer à chacun d'entre nous ou ne concerne-t-il que celles et ceux à qui il s'applique sans états d'âme ?

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  8. Carburants: Parisot craint l'impact sur les finances publiques et les distributeurs


    Les mesures annoncées par le gouvernement pour faire baisser les prix des carburants vont nuire aux finances publiques et aux distributeurs, et ne peuvent être qu'une "solution provisoire", a jugé mercredi la présidente du Medef Laurence Parisot. (c) Afp
    Les mesures annoncées par le gouvernement pour faire baisser les prix des carburants vont nuire aux finances publiques et aux distributeurs, et ne peuvent être qu'une "solution provisoire", a jugé mercredi la présidente du Medef Laurence Parisot.

    "Ca ne peut être qu'une solution provisoire qui permet d'avoir un peu d'air, un temps pour respirer", a-t-elle déclaré sur France 2, après l'annonce mardi par le gouvernement d'un mécanisme prévu pour trois mois, qui fera baisser les carburants de six centimes par litre en mettant l'Etat et les industriels à contribution.

    Mais "ce n'est pas très bon pour les finances publiques de l'Etat" et "ce n'est pas très bon non plus pour les entreprises qui distribuent, qui sont obligées de comprimer leurs marges au risque même d'être à perte pendant quelques mois", a-t-elle ajouté.

    Pour contrer l'effet de la hausse des carburants sur les ménages, Mme Parisot appelle à "investir massivement" dans la recherche sur les moteurs moins gourmands et les énergies nouvelles.

    A ce titre, "il ne faut pas interdire le débat comme certains voudraient le faire à gauche comme à droite" sur les gaz de schiste, une source d'hydrocarbures potentielles dont l'exploitation est risquée pour l'environnement aux dires de leurs opposants.

    Par ailleurs, Total a annoncé que le groupe ne pouvait "pas faire plus" que la diminution de 5 ou 6 centimes de ses tarifs en vigueur dès ce mercredi, a indiqué le PDG du groupe, Christophe de Margerie.

    "On ne peut pas faire plus parce que nous sommes limités par nos marges, et cette fameuse histoire de vente à perte", a plaidé le PDG du groupe, Christophe de Margerie, au micro de RTL.

    "Sur une période courte, nous pouvons vendre à perte", mais pas "sur un an", a-t-il rappelé.

    Or, "en baissant de 3 centimes (les tarifs, en plus de la diminution de taxe de trois centimes décidée par l'Etat, ndlr) sur certaines stations, bien évidemment, nous allons vendre provisoirement à perte", puisque "la marge d'une station c'est un centime", a-t-il expliqué.

    Par ailleurs, M. de Margerie a reconnu que si les cours mondiaux du pétrole brut continuaient à grimper, cela serait répercuté sur les prix à la pompe, contrecarrant les efforts du gouvernement pour les faire reculer. Mais il a souligné que cela n'arriverait pas forcément, en raison de facteurs qui pourraient entraîner une détente des cours pétroliers.



    l'effet des hausses incessantes sur le portemonnaie des moins riches elle s'en tape !

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