20 août 2012

Grèce: le vent tourne.

La déclaration devrait faire du bruit. Dans une interview publiée lundi par le quotidien allemand Frankfurter Rundschau, l'un des membres du directoire de la BCE a prévenu qu'une sortie de la Grèce de la zone euro serait « gérable », mais qu'elle serait « très coûteuse ».

1. La sortie de la Grèce de l'euro se valide un peu plus chaque semaine dans les mentalités européennes. Il y a deux ans, quand les premières difficultés grecques furent enfin dévoilées au grand public, ce scenario était synonyme de catastrophe nucléaire: « Une sortie de la Grèce serait gérable, (...); elle serait accompagnée par une perte de croissance et un chômage en hausse, et serait très couteuse. En Grèce, dans toute l'Europe, et également en Allemagne » a prévenu Jörg Asmussen.

2. L'actuel gouvernement grec semble plus attaché à l'eurozone que certains de ses partenaires européens: « Nous devons survivre et demeurer au sein de la zone euro, parce que c'est l'unique choix qui peut nous protéger d'une pauvreté que nous n'avons encore jamais connue », a ainsi expliqué l'actuel ministre grec des Finances M. Stournaras ce dimanche. A l'inverse, l'Allemagne ou la Finlande donnent des signes de faiblesses de solidarité...

3. A écouter/lire Asmussen (un économiste et ancien membre du SPD), on pourrait sourire si le sujet n'était grave: le maintien de la Grèce dans la zone euro est également coûteux! La Grèce vient de parvenir à rembourser 3 milliards d'euros de prêts à la BCE. Mais à quel prix... 4,43% d'agios! Par ailleurs, l'économie grecque semble complètement plantée, dans un contexte européen par ailleurs dépressif.

4. La facture ne cesse de s'alourdir. Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel samedi dernier, les représentants de la Troïka (Union européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne) réclament quelques 14 milliards d'euros d'efforts supplémentaires dans les 2 prochaines années. D'après le Financial Times,  le Premier ministre grec, Antonis Samaras, devrait demander cette semaine à Angela Merkel et François Hollande d'échelonner son plan d'austérité jusqu'en 2016...

8 commentaires:

  1. Et donc le fameux volet de croissance dont Francois Hollande nous rebattait les oreilles pendant les élections ne vous semble-t-il pas avec du recul un peu court?

    Ces marrant mais ce que l'on nous a vendu comme la panacée à tous nos problèmes ne fait même plus parti des éléments de langage du gouvernement... Pfuit! Disparu!

    Son obtention a tout de même été fêtée comme une grande victoire de Francois Hollande sur Madame Merkel.

    Tant de bruit et de fureur pour si peut de résultat?

    C'est quand même bien ingrat d'être un President Normal

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  2. c'est lallemagne ou c'est la france qui s'exprime dans cet article

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  3. Rappelons pour faire bonne mesure que Sarkozy avait renoncé à toute initiative dans le domaine économique européen et qu'il suivait aveuglément les mesures préconisées par Mme Merkel. Avez-vous oublié le fameux duo Merkozy ? Pour ce qui concerne le volet de croissance, proposé et obtenu par François Hollande, il a été jugé utile, mais insuffisant, notamment par nombre de commentateurs et internautes de gauche. Insuffisant d'abord parce que le montant consacré à ce volet de croissance était trop faible (120 Mds d'euros) pour avoir un effet de relance significatif sur l'économie européenne. Ensuite parce qu'il ne permettrait pas de sortir de l'impasse de la monnaie unique. C'est une évidence. Il existe pourtant des alternatives intéressantes, notamment celles qui sont prônées par des experts économiques reconnus, mais les dirigeants européens ne réussissent visiblement pas à sortir de leur aveuglement idéologique et à dépasser le cadre qu'ils se sont (et nous) ont imposé. Ils préfèrent, comme on commence à l'entendre dire, accepter (ou encourager) la sortie de la Grèce de l'euro plutôt que de rediscuter des règles absurdes qui régissent l'union économique européenne. Que l'on soit de droite ou de gauche, faut-il s'en réjouir ?

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  4. Des règles absurdes qui régissent l'UE ?
    Amusant quand on se souvient que ces règles ont été discutées par les représentants de tous les Etats concernés, adoptées par les parlements respectifs, et par les citoyens parfois au travers de référendum.
    Puis on les a piétinées allègrement, pulvérisant les limitations de déficit et d'endettement qui garantissait la solidité de la monnaie commune, sans se douter qu'un jour, la situation financière de certains Etats serait tellement dégradée qu'il faudrait envisager de les sortir de l'Union monétaire.
    Alors des gens pleins de sapience diront que ces règles sont absurdes et permettent l'oppression de tout un peuple qui pensait que son avenir serait avec les grands Etats européens alors qu'il n'était qu'un minus habens économique pas même fichu d'avoir un cadastre à jour.
    Bon maintenant qu'on a dit ça, qu'est ce qu'on fait avec la Grèce ? on continue de l'étrangler gentiment jusqu'à l'asphyxie ou en bon créancier soucieux de ne pas tuer son débiteur on lui consent plus de temps pour remplir ses engagements ?

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  5. Bon maintenant qu'on a dit ça, qu'est ce qu'on fait avec la Grèce ? on continue de l'étrangler gentiment jusqu'à l'asphyxie ou en bon créancier soucieux de ne pas tuer son débiteur on lui consent plus de temps pour remplir ses engagements ?

    poser la question c'est y répondre
    mais mme merkel ne se pose jamais de question

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  6. On sacrifie la Grece pour sauver l'Espagne.

    La sortie manu militari de la Grece de l'euro donne la couverture politique a Mme Merkel pour etre plus flexible sur l'Espagne.

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  7. Comment peut-on continuer à penser qu'il est possible de faire vivre 27 pays, si différents en termes de puissance économique, de compétitivité ..., avec une monnaie unique ? Avons-nous oublié les dévaluations successives, les querelles sur le franc fort, la suprématie du deutsch mark ? L'espoir de dirigeants bornés cherchant à faire converger par la contrainte les économies et les budgets européens est un non-sens. La monnaie unique est une impasse, dont l'Europe devra sortir.

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  8. La monnaie unique est partagée par 17 Etats et non 27. Elle ne s'impose pas, les Etats choisissent librement de l'adopter ou non. Les candidats doivent répondre à des critères stricts. La Grèce ayant bénéficié d'un coup de pouce français et allemand lors de la création de l'Euro. N'était-elle pas (la Grèce) le berceau de l'Europe, il fallait donc qu'elle en soit.
    Si vous ne voulez plus des dévaluations compétitives dont l'Italie abusait, d'un DM omnipotent, d'un franc flottant la solution est dans une monnaie unique dont la stabilité ne peut être assurée que par la convergence des économies des Etats qui y adhèrent.
    Sinon c'est toujours mieux avant.

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