14 août 2012

La loi et l'ordre à Amiens ?

Mauvaise coïncidence.

Un billet sur la loi et l'ordre publié une vingtaine d'heures avant quelques scènes de (semi)guerre à Amiens. Cela ressemblait à Villiers-le-Bel (2007) ou à Grenoble (2010).

Seize policiers blessés cette nuit-là. Des tirs à balle réelle, dénoncent les syndicats.

Mardi, le ministre Valls se fait huer par quelques riverains quand il vient constater les dégâts. Le quartier venait d'être classé parmi les 15 «zones de sécurité prioritaire» définis par le ministre, qui y prévoyait d'y renforcer les forces de l'ordre à la rentrée.
« Je ne suis pas venu pour qu'on passe au Kärcher ce quartier. (...) Je ne suis pas venu pour mettre en cause une communauté, des jeunes dans leur ensemble, je suis venu dire qu'ici (...) la loi et la justice doivent passer. Il ne peut pas y avoir dans notre pays une autre réponse.»
Dans le Var, le président Hollande rend hommage à deux (femmes) gendarmes tuées deux mois plus tôt dans l'exercice de leurs fonctions.

Le père  de l'une d'entre elles n'apprécie pas. Il se dit «sensible au fait que François Hollande vienne». Il énonce trouver normal que les ministres de l'intérieur (Valls, encore lui) et de la Défense (Le Drian) soient venus à chaud, mais « pas normal » que Hollande déboule un 14 août sous prétexte qu'il est dans le Var. «Aujourd'hui, il est trop tard. Tout ceci est une opération de communication et là, on n'est plus dans le normal» a-t-il déclaré à une nuée de journalistes pressés autour de lui. Le déplacement était pourtant prévu.

Rien de précipité. Une date justement choisie « à froid».

La loi et l'ordre à Amiens comme ailleurs est un sujet vaste comme la souffrance sociale, un « cri de rage », explique le sociologue Laurent Muchielli.

Un manque de policiers ou des gendarmes (ils étaient 150 dans la nuit de lundi à mardi), d'éducateurs sociaux, d'emplois (11% de chômage et beaucoup plus dans ces quartiers; et rappelez-vous Goodyear), de justice, et d'éducation quelque 500 postes ont été encore supprimés cette année par l'ancienne mandature dans l'académie de Picardie. La proportion de lycéens non scolarisés est de 9%, auxquels s'ajoutent 7% d'élèves en situation de décrochage.

Il faudrait donc du temps pour expliquer que les caricatures xénophobes et les réponses simplistes de la boulimie législative récente ne servent à rien.

Un temps que ni Hollande ni les simples citoyens du pays n'ont malheureusement.


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5 commentaires:

  1. ce qui me gêne quand même dans ce genre d'évènement qui embrase une cité c'est bien que le jeune en cause cherche à fuir les keufs (véhicule volé, pas de permis , drogue dans les poches, etc ?) et on accuse la police d'être responsable du plantage du môme
    que je sache à Amiens les flics n'ont pas joué NYPD et ne lui ont pas balancé 7 balles dans la peau

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  2. Les casseurs trouvent toujours des prétextes...et que les pères de policiers fassent de la politique alors que leur fils est mort, je trouve cela...bof. Même si sa douleur se respecte.

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  3. @romain: surtout que je n'ai pas compris sa réaction: on aurait dit qu'il préférait une venue à chaud, bien instrumentalisée comme Sarkoo savait le faire...

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  4. Rares sont les Français à ne pas être convaincus que la fermeté est nécessaire pour garantir l'ordre et la sécurité. Il ne s'agit là de faire l'apologie d'une politique de sécurité, mais de se mettre d'accord sur ce qui constitue le socle de cette politique. Aussi, pour être efficace, doit-elle s'appuyer sur des mesures cohérentes et complémentaires en matière économique, sociale, de justice et de politique pénitentiaire. A défaut d'ouverture sur ces questions, la politique de sécurité se bornera à réprimer les délits avec la tentation constante d'en faire toujours plus dans la sévérité, voire la brutalité, au moins en apparence, pour des résultats médiocres. Il n'est que de voir le nombre de lois votées et de déclarations fracassantes faites entre 2007 et 2012 par NS et ses gouvernements successifs

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  5. @ Juan & Romain

    La réaction du père de la victime semble vous avoir choquée. C’est la votre qui elle me choque.

    Peut-être Monsieur Bertaut ne voulait-il pas tout simplement que la mort de son enfant soit récupérée à des fins politiques ? Sachant que nous vivons dans une société hautement médiatique dotée d’un cycle d’information en continu, peut-on lui reprocher ces doutes légitimes ?

    Et puis passer donner ses condoléances 57 jours âpres les faits simplement parce qu’on est dans le coin, c’est un peu embêtant tout de même. D’autant plus que cela correspond aussi comme par hasard à un moment ou Monsieur Hollande se fait attaquer sur la sécurité qui n’est pas l’un de ses sujets de prédilection.

    Aurait-il fait le voyage si au lieu d’aller passer ses vacances dans le Var il était parti en thalasso à la Bourboule ?

    Et puis il y a tout les cortèges qui accompagne une Présidence Normale… la foule, les photographes, la bises aux enfants, le bon mot pour l’élu du coin… bref tout ce tintamarre qui n’est pas forcement très compatible avec ce que ressent un père faisant le deuil de son enfant.

    Et puis c’est son droit après tout. Tout le monde n’est pas forcement une groupie de François Hollande. On n’est quand même pas encore obligé de tomber en pamoison à chacune de ses interventions.

    Accuser Monsieur Bertaut d’instrumentaliser la mort de sa fille à des fins politiques et absolument ignoble. Je ne suis pas cependant surpris que certains contributeurs de ce blog aient allégrement franchi le pas. La défense à tout prix de leur idole et leur engagement politique les aveuglent.

    Et pour finir et parce qu’il nous faut bien parler politique, la situation de Monsieur Hollande est intéressante :

    Compte-tenu des événements d’Amien et de l’émotion qu’ils suscitent, va-t-il revenir sur sa promesse électorale d’abroger les peines planchers et surtout de demander à Madame Taubira de la mettre en sourdine ?

    Les promesses électorales et les grand élans droit-de-l’hommistes c’est bien, mais la réalité des sondages c’est mieux.

    L’avenir nous le dira.

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