21 septembre 2012

Médias: ces cumulards qui nous commentent

Vous les avez forcément entendus, vus, ou lus.

A moins de ne jamais vous intéresser à l'actualité, de ne jamais lire un quotidien - fut-il régional; ne jamais écouter les tranches matinales des radios nationales; ne jamais regarder un quelconque journal télévisée.

Ils sont journalistes. Ou plutôt, ils ont une carte de presse. Leur job n'est pas de produire de l'information. Ils ne sont à l'origine d'aucun scoop, d'aucune information.

Leur job est d'analyser, de commenter. Un peu comme un blogueur politique, mais avec une vraie rémunération à la clé et un abattement fiscal supplémentaire de 30% pour frais professionnel.

Ces derniers temps, l'un des sujets de prédilection de ces éditocrates est de comparer l'exercice du pouvoir par François Hollande avec ses propres promesses. Ce serait louable s'il ne s'agissait que de Fact-checking, cette heureuse nouvelle mode médiatique qui consiste à vérifier les faits. Mais s'agissant d'éditocrates, ils n'en sont plus ou pas là. Ils commentent.

Jean-Michel Aphatie est l'un des plus célèbres. Il déteste le cumul des mandats, mais il cumule beaucoup lui-même: journaliste à RTL, il officie également quotidiennement dans le Grand Journal de Canal+. Il n'aime pas le cumul des mandats. Et quand en 2008, Jean-François Copé critique sa consoeur de RTL Laurence Ferrari sur son propre cumul des mandats, il sort de ces gons contre cet « argument que les responsables politiques resserviront, nous sommes désormais face à une stratégie de communication. Et cette stratégie là, il faut lui tordre le cou pour sa fausseté, son étrangeté et aussi, osons le mot, sa violence ».

Christophe Barbier est directeur de la publication de l'Express. Il officie également quotidiennement sur iTélé, chaque matin et aussi le soir. Il est régulièrement invité sur France 5 dans l'émission C'EST DANS L'AIR animée par Yves Calvi. Le cumul des mandats, c'est sa marotte. En août dernier, il s'indignait: « Aubry a raison, il faut oxygéner la démocratie en faisant place aux femmes, aux jeunes et aux représentants de la diversité ! »

Qui va oxygéner nos médias ?

Bruno Jeudy est patron de la rédaction du JDD. Il « éditorialise » également l'actualité sur iTélé, l'an dernier comme depuis la rentrée. On le retrouve aussi de temps à autre sur France 5, Yves Calvi aime cumuler les éditocrates autour de sa table.

Nicolas Demorand, le patron de la rédaction de Libération, était moins présent l'an dernier. Le voici qui déboule dans la nouvelle émission LE SUPPLÉMENT animée chaque dimanche par Maïtena Biraben.

L'an dernier déjà, Le Monde puis Télérama s'étaient attardés sur ces cumulards de l'éditocratie.

Et pourtant, rien n'a changé.

Personne, nulle part, n'est dérangé par cet étrange état de fait.

Les plus cumulards de nos éditocrates sont les plus vindicatifs contre le cumul des mandats...


11 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. Les nouveaux chiens de garde… Excellent livre de Serge Halimi dénonce cet état de fait.

    RépondreSupprimer
  3. Ce qui est certain c'est que moi "petite gens" je serais ravie d avoir ne serais-ce qu'un tout petit job dans ces grandes maisons "Média". comme moi les petites gens trouvent très injuste ces cumuls de postes et par truchement de salaires.
    Mais si je veux être un temps soit peu réaliste et objective, je considère que, comme disait ma Tata Paulette , tout travail mérite salaire, malgré les rémunérations sans doute excessives.

    RépondreSupprimer
  4. Attention au coup de fatigue et aux amalgames fâcheux. L'élu, généralement cumulard, vilaine habitude franco-française, vit de l'argent public qu'il tire de ses mandats (et il sait y faire l'animal), en plus il est décideur aussi dans les dépenses et les recettes publics.
    Le journaliste vit de sa plume, qu'il porterait dans la plaie s'il ne ratait pas trop souvent sa cible pourtant grosse comme un éléphant dans un couloir large comme celui d'un formule 1.
    Tous les journalistes ont compris que le citoyen est las (au mieux) et furieux (au pire) des détestables habitudes des élus qui additionnent les mandats et les rémunérations. D'ailleurs pour tenter de sauvegarder quelques bribes de pouvoir, les socialistes ne proposent-ils pas de conserver les mandats mais de ne garder qu'une indemnité (la plus importante je présume) ?
    A force d'imposer la rigueur vulgum pecus et de refuser de se l'appliquer un peu, forcément à un moment donné, ça coince et il faut lâcher du lest.
    Combien de temps lutteront-ils encore pour ce combat d'arrière-garde ?

    RépondreSupprimer
  5. Brucolaque: "L'élu, généralement cumulard, vilaine habitude franco-française, vit de l'argent public qu'il tire de ses mandats (et il sait y faire l'animal), en plus il est décideur aussi dans les dépenses et les recettes publics.
    Le journaliste vit de sa plume, qu'il porterait dans la plaie s'il ne ratait pas trop souvent sa cible pourtant grosse comme un éléphant dans un couloir large comme celui d'un formule 1."

    Je ne peux pas être d'accord avec cette comparaison. Le journaliste (à plus forte raison, l'éditorialiste de presse écrite) bénéficie copieusement des largesses de l'Etat, que ce soit par le fameux abattement de 30% ou, plus sûrement encore, par les subventions injectées dans la presse écrite ou dans l'audiovisuel public (Yves Calvi n'officie pas sur des chaînes privées, il me semble... ) ou par le simple fait que les grands propriétaires de médias en France, si on excepte l'Etat, sont des groupes dont le chiffre d'affaires dépend largement des commandes de l'Etat (Dassault, Bouygues, Lagardère, Bolloré, etc.)

    La critique serait valable si ces "cumulards" n'étaient pas aussi ouvertement connivents avec des hommes politiques d'un certain bord, ou avec des groupes ayant un intérêt économique dans les décisions politiques prises au plus haut niveau.

    Bref: ces gens-là ne sont pas en place pour défendre les intérêts de leur audience (lecteurs ou spectateurs), mais ceux des propriétaires de leurs groupes de médias, et plus généralement d'une oligarchie connivente qui se retrouve autour des mêmes tables dans des dîners mondains.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Chez Yves Calvi les journalistes cumulards ne se font pas payer sauf erreur de ma part.
      Pour la connivence je pense que tous les journalistes devraient faire leur examen de conscience pas seulement ceux qui causent dans les étranges lucarnes. Et là c'est beaucoup plus gênant. Aujourd'hui plus personne n'ignore que C. Barbier est un proche de C. Bruni et de l'ancien Chef de l'Etat.
      Si vous pensez qu'un journaliste exposé médiatiquement depuis des années est encore crédible après avoir dit a peu près tout et son contraire pour rester sous les feux de la rampe vous avez un problème.

      Supprimer
  6. Critiquer le cumul des mandats ou des fonctions ne consiste pas à remettre en cause les qualités éventuelles des cumulards.

    Il s'agit de contester un usage, qui concentre les pouvoirs politiques, journalistiques ... entre quelques mains, toujours les mêmes. Cette pratique si courante crée un système quasi féodal, qui soumet les citoyens à la domination d'un seul homme. En effet, comment les citoyens d'une ville, qui ont un maire, à la fois sénateur et président de conseil général peuvent-ils espérer réaliser ou obtenir quoi que ce soit sans son accord ?

    En outre, le cumulard peut capter au profit de ses propres intérêts ou de ceux de ses électeurs budgets, avantages, subventions et autres dotations tant nationales, régionales que locales.

    Enfin, cette mauvaise habitude constitue un frein sérieux à la suppression de différentes structures politiques ou administratives : communes, communautés de communes, cantons, départements, régions, sénat, qui offrent de si "jolis fromages".

    Pourquoi faudrait-il y renoncer ? Au nom de la démocratie et de l'exemplarité. Ce n'est pas rien, non ?



    RépondreSupprimer
  7. y en a des qu'on voit jamais chez calvi :
    mermet et sa bande , dont le célèbre professeur Lordon par exemple

    qq'un a une explication ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Z'ont mieux à faire et c'est pas très difficile.

      Supprimer
  8. t'aurais aussi pu mettre en titre

    ces cumulards qui nous co-mentent

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.