6 septembre 2012

Contre la crise sociale, Hollande agit-il enfin ?

Laissons Christophe Barbier, le patron de l'Express, recommander, en direct sur CANAL+, l'abandon d'une fraction des congés payés.  Ami de l'épouse de l'ancien monarque, Barbier s'interroge chaque semaine sur les cocus de Hollande ou les raisons de Sarkozy.

Il cherche sa posture d'opposant prétendument réaliste au gouvernement Hollande. Si Mélenchon et le Front de Gauche avaient été plus forts, il aurait sans doute pris le maquis quelque part en Suisse.

La crise est d'abord sociale, et, en sus du redressement des comptes publics, il faudra bien s'y atteler. Cette crise fait des morts, provoque des désespoirs. Les quelques « goodies » de l'été (hausse du SMIC, suppression de la hausse de la TVA, baisse du prix des carburants, revalorisation de la prime de rentrée scolaire) sont de vrais efforts, mais largement insuffisants. Quand un bénéficiaire du RSA s'immole dans une CAF, on attend autre chose qu'une compassion nécessaire. C'était un symptôme, et pas des moindres, l'un des plus terribles, de l'état de désespérance sociale du pays.

La Suisse, donc, est le pays le plus compétitif du monde d'après le Forum Economique Mondial. Suivent Singapour, la Finlande, la Suède, les Pays-Bas et l'Allemagne. La France, après une décennie ratée dont quatre années de crise, a glissé hors du podium des 20 premières places ( 18ème position en 2011,  15ème place en 2010).  Immédiatement, d'aucuns se sont précipités pour répéter leur antienne connue en faveur d'une dérégulation du marché du travail.

Au passage, on notera que le fameux coût du travail des bons élèves européens de la classe est ... plus élevé qu'en France... Rappelons ce constat, explicité en février dernier par l'INSEE, pendant la campagne présidentielle: « Un pays avec un coût de production élevé peut être plus compétitif qu'un autre avec un faible coût de production, si sa productivité est supérieure ». Dans le même rapport, l'INSEE rétablissait quelques idées reçues et encore propagées: la France a un coût du travail similaire à celui de l'Allemagne. Et les pénibilités physiques sont tout autant importantes que par le passé.

Mercredi, le gouvernement a justement livré un document d'orientation sur l’emploi et la compétitivité aux partenaires sociaux. Le texte doit fixé le cadre des négociations entre patronat et syndicats. Les premiers s'inquièteront à peine que l'horrible terme de flexibilité ait été remplacé par l'adaptabilité. La nuance pourrait faire peur. Elle fait peur, mais à gauche, pas à droite. Les licenciements boursiers ne sont pas évoqués, évacués d'un texte qui doit laisser place à la concertation. Mais, d'après le Nouvel Obs, les licenciés  « conserveront leurs droits à la formation et leur mutuelle.» Encore heureux !!

Les seconds - les syndicats- seront heureux de lire que le gouvernement souhaite un renforcement du pouvoir des représentants du personnel, une modération des cotisations patronales en fonction de la proportion de CDI. Sur le chômage partiel, le dispositif proposé est calqué sur le modèle allemand: baisse des salaires et des horaires pour six mois maximum, 60% du salaire net de prise en charge publique; 50% des cotisations patronales financées par l'Etat).

La semaine dernière, la loi sur les emplois d'avenir a été déposé à l'Assemblée. Ce mercredi, le contrat de génération a été présenté en conseil des ministres. Le texte prévoit la négociation d'un accord collectif dans les entreprises de 300 salariés et plus, qui doit conditionner le maintien des allègements de cotisations dites « bas salaires ». Et pour les autres (moins de 300 salariés), les contrats de génération bénéficieront d'une aide forfaitaire « pour le jeune recruté en CDI pendant 3 ans et pour le salarié de 57 ans et plus jusqu'à l'âge de la retraite.» En France, rappelait le Monde, 30% des 15-24 ans seulement sont en activité, contre 48% en Allemagne et 34% en moyenne en Europe (à 27). Les 55-64 ans ne sont que 41% en situation d'emploi, contre 60% en Allemagne. Et l'an dernier, les trois quarts des recrutements du privé ont été ... des CDD. Pas étonnant que le chômage s'envole cette année !

Le logement est l'un des autres sujets sociaux par excellence. La multiplication des niches fiscales pour favoriser la propriété bourgeoise n'auront rien fait pour réduire la pénurie de logements, et surtout abordables.

Mercredi, la ministre du Logement présente donc les grandes lignes d'un projet de loi sur l'habitat social. Elle fixe la barre très haut, largement au-dessus de ce qu'elle peut atteindre en un quinquennat: « 1.700.000 familles attendent un logement social. » A droite, on hurle. On attend que Christophe Barbier, celui de l'Express, s'inquiète de la dépense publique. Quand le plafond du livret A a été relevé, Benoist Apparu (ex-secrétaire d'Etat au logement de Nicolas Sarkozy) dénonça l'inutilité de la mesure. L'UMP a mal pour les banquiers, c'était touchant. Mais voici que Cécile Duflot complète le dispositif. Elle durcit une loi SRU que des communes comme celles du Président des Riches s'évertuent à trahir ou contourner depuis une décennie.

Comme annoncé en début de semaine, le taux de logement sociaux sera relevé de 20 à 25% pour les communes de plus de 3.500 habitants situées dans les agglomérations de plus de 50.000 habitants. Et les sanctions pécuniaires multipliées par cinq. L'Etat va même libérer plus facilement près de 2.000 d'hectares de terrains publics pour les communes en manque d'espace. Peut-on se réjouir ? Presque. Deux mille hectares, ce n'est pas grand chose. Mais De quels logements sociaux parle-t-on ? Et le logement d'urgence ? La ministre promet qu'un maximum de 50% des nouvelles constructions pourront être des PLS (logements sociaux intermédiaires). Elle ajoute que l'application de la loi ne sera pas uniforme. On verra en fonction des efforts déjà accomplis.



11 commentaires:

  1. Deux mesures fortes ont déjà étés prises par le gouvernement, le mariage homosexuel et le retour des cours de morale à l'école, nul doute qu'il va maintenant rentrer dans le dur des problèmes comme la couleur du lilas dans les jardins publiques ou la taille des timbres postes, moi j'y vais j'ai du boulot.

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  2. tu t'es trompé: le mariage gay est pour 2013. Sur l'Education, la premiere mesure a été 1000 profs de plus. Les cours de morale sont un gadget pour des gens comme toi et amuser Libération.

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  3. La morale

    sous SARKO : réac facho petain collabo

    sous flanby Payons : humaniste sociale droitde l homme civique

    cherchez l ' erreur

    LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOLLL

    MAIS bien entendu la gauche va nous dire que c est mieux avec eux hahahaaaa

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  4. MINCE ALOOOORS !!!

    Trois jours après la rentrée scolaire, des enseignants et des parents d'élèves manifestent contre le manque de moyens.

    Des enseignants et des parents d'élèves ont protesté jeudi dans des établissements de la région parisienne, déplorant un manque de moyens trois jours après la rentrée scolaire, a-t-on appris de sources concordantes.

    À Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), des parents d'élèves ont bloqué le collège Iqbal Masih, alors que des professeurs se sont mis en grève pour obtenir davantage "de salles de classe, de personnel et de surveillants". "Les effectifs enflent : il y avait 590 collégiens l'année dernière, il y en a 696 cette année", a expliqué à l'AFP Jean-Jacques Clément de la fédération de parents d'élèves FCPE. "Il manque deux salles de classe", a-t-il ajouté. "Deux préfabriqués doivent être ajoutés dans la cour, le premier le 15 septembre et l'autre pendant les vacances de la Toussaint", a répondu Mathieu Hanotin, vice-président PS du conseil général chargé de l'éducation.

    "Situation absurde"

    Également à Saint-Denis, des professeurs du collège Henri Barbusse ont voté la grève, déplorant que le poste d'infirmière ainsi que des postes de professeurs n'aient pas été pourvus. "Nous les recevrons le 11 septembre", a indiqué à l'AFP l'inspection d'académie. Concernant le poste d'infirmière, "il y a un problème de recrutement au niveau national", souligne cette source.

    Dans l'Essonne, des parents d'élèves occupent en journée l'école maternelle de Longpont-sur-Orge, après l'annonce de la fermeture d'une classe, sur les trois qui existaient. La maire (DVG) Delphine Antonetti a fait état auprès de l'AFP d'une "situation absurde, nous avons le même nombre d'élèves (que l'année précédente) et on nous supprime une classe".

    Bien entendu c est la fôôôte à SARKO on est bien d 'accord ???

    hahahahaa

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  5. Le gouvernement agit, certes.
    Les mesures annoncées vont toutes entraîner des dépenses supplémentaires, financées surtout par des hausses d'impôts.
    Dommage. C'est une erreur qui coûtera cher au contribuable et sera politiquement dévastatrice dans les prochaines semaines. Déjà l'arrivée des avis d'imposition 2011 font grogner même s'ils sont le résultat du gel du barème décidé par le gouvernement précédent. Que dire lorsqu'il faudra à nouveau puiser dans les portefeuilles pour remettre la sécurité sociale à flot. N'avoir pas compris qu'il fallait des réductions de dépenses est calamiteux.
    Enfin certaines collectivités locales commencent à envisager de faire des économies en réduisant leur armée mexicaine.
    Sur le logement j'entendais ce matin qu'il était envisagé de rétablir une sorte de "Besson-Robien-Scellier" mais en mieux.
    Donc de créer probablement une nouvelle niche fiscale.
    Y a t-il un plan, une cohérence et si oui lequel ?

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  6. @ Juan Sarkofrance

    Si 1000 profs de plus t'en met plein les mirettes, j'imagine que Paris-plage pour toi c'est Copacabana !

    Tu veux un Carembar, Juan ?

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  7. @Justice: merci de ton passage. Constructif. Out.

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  8. Ah, crise fiscale aussi : http://www.lefigaro.fr/impots/2012/09/06/05003-20120906ARTFIG00571-impot-sur-les-societes-pas-de-coup-de-pouce-pour-les-pme.php

    Le gouvernement va encore démentir avant d'avouer que finalement, ben oui, on y a pensé.

    Ils n'ont pas encore compris qu'ils devront faire le sale boulot que les gouvernements précédents n'ont pas voulu entreprendre pour ne pas perdre : en finir avec les déficits, apurer la dette, redresser les comptes sociaux, reconstruire un système de protection sociale qui arrive au bout entre chômage de masse asséchant les recettes et des dépenses qui galopent en raison du vieillissement et de l'évolution technologique. Et au final probablement ils perdront les élections de 2017. Ils auront fait leur devoir au détriment peut-être de leur carrière. Bast, mais je m'emporte !

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  9. @ tous nos amis de droite, y compris les plus virulents

    Il me faut vous rappeler, fidèles admirateurs de notre ancien monarque, que François Hollande a pris plus de mesures favorables aux Français que celui-ci n'en a mis en oeuvre en cinq ans.

    Vous rappelez-vous du slogan "travailler plus pour gagner plus" adressé par ce cher (pour le budget du pays) Nicolas aux salariés, qui a été remplacé au lendemain de son élection par "enrichissez-vous plus en payant moins (d'impôts, de taxes, de cotisations, de droits de succession ..." au bénéfice des rentiers et des multinationales !
    Remarquez, vous pouvez trouver "ça bien". Soit, mais ne venez pas nous expliquer que la gauche ne tient pas ses promesses, quand la droite a roulé les trois-quart des Français dans la farine pendant cinq ans ! La preuve en est que la plupart de ceux qui s'étaient laissé séduire l'ont lâché en rase campagne.

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  10. @ Juan Sarkofrance

    Tu as voulu boxer et tu t'es pris une fessée c'est pas grave sache que que moi je boxe que du poid lourd, du Mickael Jackson, du Mike Tyson, du Adriano Celetano bonjour chez toi Juan .

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  11. j'l'ai laissé celle-là, car elle est bien bonne, ta réplique. Bien testostérone et tout et tout. J'entends le RAAAAAAA de satisfaction avec les coups sur le torse. Bravo garçon !

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