10 octobre 2012

Ton député, tu le préfères fonctionnaire ou avocat ?

C'est un sujet rituel, un marronnier de l'actualité politique: le statut de nos élus. Carrière, salaires, avantages.

Tout y passe et c'est bien normal. Nous sommes en démocratie.

Ces derniers temps, certains se sont mobilisés pour convaincre les élus socialistes de respecter leur promesse de non-cumul. On savait bien qu'après une belle décennie de victoires aux élections locales, de véritables baronnies s'étaient constituées. Et la promesse serait difficile à appliquer.

On pouvait être agacer de constater que les plus virulents contre le cumul des mandats étaient moins les électeurs (qui réélisent souvent avec gourmandise et/ou aveuglement leurs élus cumulards) que quelques éditocrates souvent cumulards eux-mêmes dans de multiples médias.

En juillet dernier, Mediapart avait réactivé un autre sujet de préoccupation citoyenne, les frais de nos élus. Au Royaume Uni, les parlementaires se font rembourser sur justificatifs. En France, nos députés et sénateurs bénéficient d'une enveloppe forfaitaire dont ils disposent à leur guise. Claude Bartolone, nouveau président de l'Assemblée nationale, a promis un peu de ménage mais tout cela reste bien modeste.

La démocratie a un coût mais est-elle au juste prix ?

Voici que des députés UMP et UDI lancent une autre polémique, le statut de leurs collègues fonctionnaires. Trente-sept d'entre eux ont déposé un amendement qui sera débattu en décembre prochain sur le sujet, un amendement repéré par le site Mediapart. Le dit texte est court, très court.
« Art. L.O. 142-1. – La qualité de membre de la fonction publique est incompatible avec la réalisation d'un troisième mandat consécutif de député. ».
Il reste curieux, étrange, mais salement prévisible que ces mêmes députés n'aient pas détecté d'autres professions incompatibles avec l'exercice du mandat de député. On pense à Renaud Muselier, longtemps député UMP marseillais (avant d'être vaincu en juin dernier), qui était également directeur d'une clinique privée.

L'Assemblée compte parmi ses députés  7 journalistes, 18 chefs d'entreprises, 78 cadres du privé, 38 avocats, 54 médecins, pharmaciens et chirurgiens (dont Jérôme Cahuzac, ministre du budget, qui a rendu son mandat à son supplément), et 16 exploitants agricoles.

«Et au bout de combien de mandats comptent-ils demander aux députés exerçant une activité privée, d'avocat d'affaires ou de médecin, de faire un choix?»  s'est demandé René Dosière .

Nul ne sait.


5 commentaires:

  1. J'aimerais bien que mon député soit colonel avec un peloton d'éxécution pour les pourris de droite et de gauche.
    Avec le mariage gay, on est pas sur la même longueur d'onde.
    Affirmatif.

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  2. 185 fonctionnaires siègent dans la nouvelle assemblée contre 172 dans la précédente. Sans doute la possibilité pour un fonctionnaire de mettre sa carrière entre parenthèse le temps d'une législature et de la reprendre ensuite s'il le souhaite ou s'il perd une élection favorise cette sur-représentation. Les salariés n'ont pas cette opportunité;
    D'où l'absence d'ouvriers ou d'employés dans la représentation nationale. Plus occupés à s'accrocher à leur emploi comme la bernique à son rocher. Trop éloignés donc de l'élévation de pensée nécessaire à l'élaboration de la Loi dans le sens de l'intérêt général. Et c'est un grand bonheur que les titulaires d'emploi dans les professions intellectuelles et/ou libérales supérieures soient là pour rendre cet indispensable service à la Nation dans un esprit totalement désintéressé.

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  3. à temps plein
    c a d non cumulard en terme de mandat ni en terme de jobs

    on a vu dans la précédente législature ce que le cumul député - avocat d'affaire - chef de parti a provoqué dans l'intellect de JFC

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  4. Pour les médecins, on peut p'être s'arranger avec le laboratoire Servier. Pour les autres, cadres du privé, avocats, on trouvera bien des solutions et ça libérera des (bonnes) places pour que la démocratie vive mieux et cesse d'être un espace clos. J'vous parle même pas des sénateurs, on devrait en parler des sénateurs. Des postes aussi bien rémunérés et dotés d'avantages, qu'inutiles.
    Les premières économies devraient commencer par la suppression de cette chambre, où l'on dort si bien ...

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  5. Un bon homme politique, honnête, correct, intelligent, dévoué, travailleur, c'est un homme politique mort.

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