28 octobre 2012

L'appel de trop de 98 grands patrons



Ils sont adhérents de l'AFEP, et ils ont paraît-il signé une tribune commune dans les colonnes du JDD. Un appel au président Hollande pour qu'il baisse le coût du travail et ne touche pas trop à leurs impôts.

Ces gens-là voulaient-ils appeler au débat ou réactiver la lutte des classes ?

Certains font décidément du bruit pour rien.

L'appel
Les signataires engagent l'AFEP,  l'Association française des entreprises privées.

« Nous, dirigeants des plus grandes entreprises privées françaises, proposons au gouvernement un pacte pour relancer la croissance et l'emploi. Il traduit notre ambition pour la France et est conçu dans un esprit de dialogue. La France affiche un déficit sans précédent de son commerce extérieur, de ses paiements courants, de ses finances publiques et de ses comptes sociaux. Les marges de nos entreprises sont historiquement basses. Le chômage sape la cohésion sociale et exclut notre jeunesse. La France doit se transformer en profondeur. Il est urgent d'agir maintenant et collectivement. Nous préconisons une réponse globale adossée à des mesures simples et concrètes. »
Les rares propositions concrètes sont, pêle-mêle, 60 milliards d'euros d'économies (soit 3 points de PIB) au cours des cinq prochaines année; une baisse de 30 milliards d'euros des cotisations sociales (soit trois fois plus que la mesure Sarkozy annulée par Hollande), via un relèvement de deux points de la TVA et des économies budgétaires; une baisse de l'impôt sur les sociétés; la préservation du crédit-impôt-recherche (qui a dit qu'il serait menacé ?); et l'autorisation d'exploitation du gaz de schiste. 

La réponse... et les questions
Comme l'a rapidement demandé notre confrère Politeeks, il nous manque quelques informations essentielles pour entendre ces demandes avec un peu de sérieux.

Combien d'aides publiques ont-ils reçues ? Pour quels résultats ?

Quelle politique de dividendes (37 milliards d'euros versées l'an dernier rappelle Melclalex) ?

Quelles sont les plus fortes rémunérations ? Quelle politique de stock-option et d'attribution d'actions gratuites ?

Quelles sont leurs activités exposées à la concurrence ? Combien de bénéfices ont-ils délocalisé ?

Pourquoi réclamer une baisse de l'IS alors que ce dernier ne représente que 8% des bénéfices chez les groupes du CAC40 ?

Nous pourrions multiplier les questions évidemment sans réponse à adresser à ces managers de haut vol visiblement coincés dans leur bulle.

A moins qu'il ne s'agissait que d'une tribune manipulée ?

9 commentaires:

  1. C bien Juan fautr pas oublier de faire du social ! C où qu'on signe !!

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  2. Bon, là, ça ne va plus. De deux choses l'une, ou tu vérifies ton orthographe et ta syntaxe ou bien personne ne viendra plus te lire. Au choix ? ne changes rien alors ! #JDCJDR

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  3. les risques sont nationalisés les bénéfices privatisés...

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  4. J'ai mon ancien patron là dedans, je pourrais lui rappeler quelques chiffres sur les aides reçues, les exonérations de cotis, les juteux marchés publics, la bonne opération de rachat d'ASF, les stocks options etc.....

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  5. C'est cool votre liste de question, Juan, mais comme la décision ultime d'embaucher ou de développer leur activité en France est du ressort de ces 98 patrons, Monsieur Hollande devra tout de même les écouter. Les caisses de l'état sont vide et avec la réduction des déficits, elle ne sont pas près de se remplir. S'il veut avoir une chance de gagner en 2017, il faut que la reprise soit là et cette dernière dépendra en grande partie du privé et donc en partie de ces 97 bonhommes.

    Ce qui est bien avec une gauche qui n'aimeras les entreprises, c'est que ça a un coté libérateur. Il n'y a pas de cadeau à faire à un camps qui de toute façon ne vous aime pas. Autant se lâcher.

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    1. "La décision d'embaucher ou de développer leur activité en France appartient aux 97 dirigeants" (aux actionnaires, plutôt non !).

      Lu récemment, "Dacia (donc Renault) verse chaque année 4,5 millions d'euros à la commune de Pitesti en Roumanie". Et au Maroc, combien ?

      Et combien d'impôts paient ces entreprises en France ? Peanuts.

      C'est ça l'embauche et le développement de leur activité en France ?

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  6. AAhh c'est donc ainsi que l'on doit voir les choses monsieur canard? Ils ont le pouvoir donc il faut accepter baisser la tête et fermer sa gueule?
    Mais avec toutes les aides dont ces charmants signataires ont déjà bénéficié sans pour autant que cela relance quoique ce soit, pourquoi croirait-on soudain qu'ils s'en serviraient à bon escient? Autant demander à tout le monde de leur envoyer directement un chèque en blanc aux maîtres du monde non ?

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  7. Merveilleux, for..or...ormidable ! Avez-vous lu l'appel des 98, Charles-Henri ! "Le pacte est conçu dans un esprit de dialogue". Ces messieurs sont trop bons avec nous et avec la démocratie. Ils sont prêts à discuter.

    Autre perle, "le chômage sape la cohésion sociale et exclut notre jeunesse". Les larmes nous montent aux yeux et les regrets nous assaillent. Ils ont raison les grands patrons des multinationales. Si avait supprimé le CDI et remanié le droit du travail en l'allégeant, on n'en serait pas là où on en est aujourd'hui. De plus, ils sont efficaces, les grands patrons, ils ne se perdent pas dans les détails, comme l'évasion fiscale, la part croissante des bénéfices des actionnaires, les rémunérations himalayennes des dirigeants, les subventions et aides multiples sans contrepartie ... Enfin, des gens qui réagissent. C'est d'ailleurs pour ça qu'on les appelle des réactionnaires.

    Pour être tranquilles, je propose qu'on s'inspire de ce qui se fait de mieux dans le monde : adoptons le Code du travail chinois, plébiscitons la constitution coréenne et copions les pratiques démocratiques russes !

    Et pour nous aider à convaincre le bon peuple, manifestons dans la rue, il n'y a pas de raison que seule la gauche (irresponsable) défile !

    Nous vivons vraiment une époque formidable !

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  8. 37ME de dividendes non distribués c'est 37 ME de réduction des charges pesant sur les entreprises du CA40C

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