16 novembre 2012

Christophe Barbier a la couverture décomplexée



Il paraît qu'il s'est expliqué, devant les journalistes de sa propre rédaction, rassemblés par la Société des Journalistes. Certains avaient été heurtés par la couverture de trop, sur le coût de l'immigration.

Pour Barbier, la justification était simple, c'était du marketing moderne. La France s'était droitisée et il fallait lui répondre. Christophe Barbier était le Patrick Buisson des newsmagazines ! Buisson, cette âme damnée de Nicolas Sarkozy qui conseilla à son mentor de faire campagne à l'extrême droite, à coup de déchéance de nationalité et autres tests ADN.

L'outrance était donc un moyen pour atteindre la fin, c'est-à-dire de bonnes ventes.

La presse va mal et l'on serait tenté d'être indulgent avec les efforts marketing de certains canards pour s'adapter au lectorat. Certains médias ont trouvé la bonne formule, comme Mediapart ou Arrêt sur Images, l'abonnement pas cher et numérique pour des investigations et des enquêtes.

L'Express sortait d'une période où l'abonnement s'achetait avec un réveil-matin ou un stylo imitation Montblanc. La vente au numéro, autre nerf de la guerre, se déclenche à l'instinct. Il faut la formule qui choque et qui claque. L'hebdomadaire Marianne fut longtemps accusé d'antisarkozysme bruyant ou primaire dans l'ancien quinquennat. Jamais Marianne ne cédait à l'utilitarisme publicitaire du spécial immobilier ou francs-maçons.

Depuis mai dernier, le journal avait changé de ligne, sans détour ni hésitation. Il n'était pas à gauche, simplement centriste ou libéral. En 2008, il nous arrivait de traiter certains journalistes de l'hebdomadaire de Laquais de Sarkofrance, comme ce 23 septembre 2008.
Il y a quelques semaines, le lecteur critique de l'EXPRESS pouvait tomber de sa chaise en lisant son hebdomadaire favori.

Trois "journalistes" avaient conjugué leurs efforts pour écrire l'un des articles les plus complaisants qu'il nous ait été possible de lire cette année sur Nicolas Sarkozy. Eric Mandonnet, Romain Rosso et Ludovic Vigogne (ce sont eux) ont titré leur méfait: "Sarkozy devient un autre président."

"Pendant le mois d'août, Nicolas Sarkozy s'est mesuré à deux géants, la Chine et la Russie. Et a connu les affres du chef des armées, après l'embuscade afghane. Il ne pourra plus exercer la fonction présidentielle comme avant."
Depuis mai 2012, Christophe Barbier n'a éprouvé aucune hésitation. Il fait campagne pour le renouveau de la Droite Forte. Il regrette l'ancien régime. Il ne trouve aucune excuse à la nouvelle administration. 

Autrement dit, à sa manière, Christophe Barbier faisait campagne pour la destitution de François Hollande depuis le mois de mai dernier.

L'homme n'écrit plus grand chose. Il officie chaque matin sur iTélé. Il vient de rempiler pour la saison. Il décante le soir sur d'autres plateaux télé. Il enregistre son édito video qui est ensuite rapidement posté sur le site de l'Express.

Et il choisit la couverture de l'hebdomadaire, c'est sa contribution principale à la production hebdomadaire du magazine qui l'emploie... Comme un acte manqué, chaque semaine depuis le 6 mai dernier. Christophe Barbier faisait dans le Hollande-Bashing et la course à l'électorat du Rassemblement Bleu Marine.

Tout y passait jusqu'à cette dernière couverture, sans doute pas la dernière, sur le vrai coût de l'immigration, photo d'une femme en Niqab entrant dans une CAF un enfant à la main. Le parfait cliché que le FigMag n'osait plus en illustration de première page... Dreuz, ce site crypto-Bleu Marine, loua le courage du sieur Barbier.

Nous pouvions vomir en silence, et résilier notre abonnement.

Après cette séquence hebdomadaire étonnante, nous attendions la prochaine couverture de l'Express sur "les ratonnades, et alors?"

Un titre pareil, ça ferait vendre, non ?

17 commentaires:

  1. Vous avez vous ses fringues ? c'est du beauf en boite ce Barbier, Carlita c'est un nez rouge qu'elle aurait du lui offrir pas une écharpe.

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    1. Il devrait faire la tournée "âge tendre et tête de noeud". Y serait excellent avec son style vintage années seventies, la barbe !

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  2. mais on va vous bascher les gauchistes...vous n'avez fait que cela pendant 5 ans à tord tout le temps et à raison ( parfois) juan n'avait aucune indulgence pour sarkozy, meme une mesure qui pouvait etre bénéfique etait critiquuée, broyée...
    à nous de vous pourir la vie, de vous faire vomir devant nos attaques, de vous concasser, broyer sous la critique..detruire la france gauchiste , c'est un devoir !

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    1. Laisse tomber, critiquer la gauche on va le faire nous même, ta bêtise est vraiment trop ennuyeuse, retourne sur le blog du Figaro avec les vieilles personnes qui rédigent leurs testaments.

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    2. "A nous de vous pourir la vie, de vous faire vomir devant nos attaques, de vous concasser, broyer sous la critique, de detruire la france gauchiste". Il est allumé, ce mec. C'est Hulk ou quoi, en survitaminé. Peace and love, man, il est parti ton sarko-ko. Scuse-nous d't' avoir fait de la peine ! Ca fait toujours ça quand on perd un ami très CHER. Et ça, ton ami, il était très cher. On pouvait plus s'le payer, vlà tout !

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  3. Mais quel vain cirque donné autour de ces couvertures crétines, toutes choses égales par ailleurs cela me rappelle la une de Marianne traitant Nicolas Sarkozy, alors président en exercice, de voyou de la République.
    Du vent.

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    1. Non ce n'est pas un vain cirque cher Brucolaque car je puis vous assurer que le spectacle offert par une certaine presse a qqe chose de surréaliste tant le ton horrifié qu'on y constate semaine après semaine EN UNE provoque un certain malaise dû à un décalage perceptible entre l'impression ressentie par la population et l'impression catastrophiste traduite et prescrite par cette presse ultra engagée dont on sent assez nettement le procès en illégitimité.

      Or instruire aussi médiocrement en donnant ainsi dans l'excès un procès en illégitimité alors que la France a scrutin après scrutin voté contre la droite, c'est un peu fort de café !

      Et si malaise il y a, il n'est pas tant vis-à-vis de la majorité actuelle, président en tête, mais vis-à-vis de cette frange de la droite qui ne digère pas sa défaite et se sert de ses médias pour évacuer sa rancoeur et dissiper ses aigreurs.

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    2. Ah bon c'est donc la faute de la presse si le gouvernement est infoutu de vendre correctement sa politique.
      La presse n'est pas unanimement contre la majorité actuelle. il n'y avait qu'à lire les articles qui ont suivis la conférence du presse du Président. Ils étaient lui étaient plutôt favorables.
      Alors oui la presse écrite est dans un sale état financier, elle doit vendre et pour cela est prête à mettre n'importe quoi en une et à se contredire à l'intérieur des pages.
      Qu'elle penche à droite ou à gauche.
      Cessez donc de couiner au climat délétère qui s'installe, il est là depuis longtemps et sera encore là après si les problèmes liés à l'immigration ne sont pas enfin traités.

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    3. Eh je n'ai pas parlé de "la faute de la presse" mais d'une "certaine presse". Et vous faites bien d'attirer notre attention sur les pages intérieures ("n'importe quoi en une et à se contredire à l'intérieur des pages") car j'ai moi-même évoqué ce qui s'exhibe "EN UNE".

      Quant aux erreurs de communication du gouvernement : oui et alors ! pas de quoiq fouetter un chat ! Qui trop embrasse mal étreint !

      La conf de Hollande : je ne l'ai ni vue ni entendue ; et le peu que j'ai lu à droite à ce propos paraissait effectivement relativement équilibré. J'ai aussi lu par ailleurs, dans un titre qui ne lui était pas forcément des plus favorables, Mediapart je crois, qu'en fait Hollande a été plutôt bon. Ce qui n'est pas fait pour me surprendre.

      Et je le dis d'autant plus aisément que je ne manque pas une occasion de dire que Hollande et le PS ne sont pas politiquement de gauche et qu'ils n'ont aucune légitimité à revendiquer le qualificatif socialiste de leur parti.

      J'ai voté Hollande contre Sarkozy (moindre mal) sans illusion et sans attente particulière. Avec Hollande je ne risque que des bonnes surprises, car en digne mitterrandien, je le crois capable de marcher sans complexe, et avec bcp d'habileté, sur les traces de son prédécesseur.

      Et ce qui affole autant la droite, éditorialistes en tête, c bien l'habileté de Hollande, "le Grand Nul" qui a déjà envoyé une fois une droite populiste et démago au tapis :)

      Quant au climat délétère je suis d'accord avec vous qu'il ne s'installe pas et qu'il n'a cessé de croitre depuis 2002 avec une accentuation depuis 2007 ! Ce qui se répend dans le paysage médiatique c'est l'espèce de ressentiment hors-sol d'une certaine droite dirigeante ...

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    4. Bravo, Brucolaque ! C'est trop bon ton coup du "toutes choses égales par ailleurs" ! J'ai l'impression d'entendre Jean-Marc Sylvestre ou Jean-Claude Trichet.

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    5. Un journal fait paraître une une provocatrice et comme un bleu vous tombez dans le panneau de la pseudo indignation à trois francs six sous et vous vous prenez pour un grand penseur et pire un justicier.
      L'archétype de l'imbécile.

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    6. Mon cher Brucolaque, tu mélanges tout. C'est peut-êt' ça ton "toutes choses égales par ailleurs", non ? Tu renvoies tout le monde dos à dos, les crapules et les gens respectables. Tu as dû oublier avec ta cervelle de moineau les injures racistes, les provocations et les humiliations, qui étaient le lot quotidien de la politique à la sarkozy. Je te rappelle, amnésique congénital, que c'est la raison qui a conduit Marianne à titrer "voyou", mais, dans ton petit monde de chevaliers blancs bien proprets sur eux, old fashion, ça ne se fait pas. On respecte l'adversaire, fût-il une crapule !

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    7. Faudrait voir à entrer dans le présent. Nicolas Sarkozy a été battu, il a quitté le pouvoir, la majorité a changé de couleur et de pratiques.
      Vous ressassez le passé révolu avec tant de plaisir qu'on se demande si vous ne le regrettez pas.
      La critique peut être acerbe et mordante sans pour autant descendre dans le caniveau.

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    8. Faudrait voir à entrer dans le présent. Nicolas Sarkozy a été battu, il a quitté le pouvoir, la majorité a changé de couleur et de pratiques.
      Vous ressassez le passé révolu avec tant de plaisir qu'on se demande si vous ne le regrettez pas.
      La critique peut être acerbe et mordante sans pour autant descendre dans le caniveau.

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  4. Avez vous vu la nouvelle campagne de pub pour le journal les échos (N.b. propriété du groupe de Bernard Arnault l'éxilé fiscal) à la télé qui fustige l'indécision ? "L'indécision ne mène nulle part. Place aux décisions" une pub qui fait allusion de manière assez peu subtile à F. Hollande en reprennant les critiques faites par la droite de F. Hollande quant à la prétendu indécision du président... Bien sûr, on ne mentionne pas le nom de l'intéressé mais de fait compte tenu des prises de position du groupe et du journal, on se doute bien à qui il est fait allusion ! C'est édifiant ! Si l'on ajoute les couvertures du journal le Point, de l'Express et je ne vous parle même pas du Figaro, ni des pages de pubs que s'offrent certains chefs d'entreprise pour fustiger les décisions du gouvernement, je crois bien n'avoir jamais vu une telle campagne de dénigrement tous azimuts. A mon sens les couvertures de l'express ne relève pas tant d'un choix éditorial à but lucratif que d'une forme de propagande de plus en plus ouvertement organisée au profit d'intérêts privés!

    http://www.ozap.com/actu/dans-leur-nouvelle-campagne-de-pub-les-echos-fustigent-l-indecision/443538

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    1. Il y a qqe chose de gênant dans ces campagnes où la droite arrogante s'érige en donneuse de leçons au mépris des institutions légitimes ! Un calcul à court terme qui quelque part comporte un petit quelque chose de suicidaire !

      Une sorte de fanfaronnade de désespérés hableurs où la bêtise le dispute au manque d'imagination et d'enthousiasme. Une espèce d'exercice contraint dans un mauvais tempo car accompli précipitemment !

      De mauvais généraux qui se gargarisent de leur puissance de frappe médiatique et économique sans tenir compte de l'adhésion ou non de la population à leur offensive très probablement perçue comme prématurée et solitaires ...

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