30 novembre 2012

Logement, UMP, Communistes: le changement, c'est maintenant. Ou bien ?


Nous pouvions éviter de traiter du énième rebondissement des déchirements de l'UMP. Nicolas Sarkozy avait encore échoué à réconcilier les deux impétrants. Une ministre allait faire réquisitionner des logements à l'approche du grand froid. C'était une sacrée nouvelle, mais il faudra juger sur pièce.

Et des sénateurs communistes continuaient leur croisade anti-Hollande au point de voter avec l'UMP.

Il fallait comprendre.

Sarkozy échoue, encore
Qui était dupe ? Nicolas Sarkozy s'est encore planté. La situation est cocasse. L'ancien sauveur que le Point ou l'Express nous présentaient comme le Recours éventuel s'est littéralement vautré à tenter de réconcilier les deux rivaux. Il a déjeuné avec Fillon (mardi) puis Copé (jeudi).

En vain.
« S'il est attentif et préoccupé par la survie de sa famille politique, il est, aujourd'hui, au-dessus des contingences et des divisions partisanes. »
Brice Hortefeux
Le déchirement est complet, ou presque. Selon l'Express, Valérie Pecresse a traité Jean-François Cope de "fasciste". Vraiment ? Sarkozy a joué au pyromane, allumé le feu pour affaiblir Fillon. Lequel est parti.

Car l'ancien secrétaire général, désigné par Sarkozy en 2010, est bel et bien président. L'UMP s'est scindée en deux, et bientôt trois groupes à l'Assemblée. Car des non-alignés (sic! On se croirait au Liban ou en Irak !) ont menacé d'une autre sécession.

On a tout entendu. Jeudi soir, voici donc Raffarin qui suggère une commission de conciliation, tout en déplorant que l'UMP ne soit pas adaptée à la "démocratie moderne". Merci Jean-Pierre !

Quand au négociateur surdoué, il prépare désormais ses vacances de Noël. Il était temps.

Duflot agit, ou bien
Le 27 octobre dernier, la ministre Cécile Duflot promettait la réquisition de logements dans des bâtiments publics avant l'hiver. Elle venait de rencontrer des responsables associatifs.

Un mois plus tard, un jeudi soir, France 2 livre un étonnant reportage dans le journal télévisé de David Pujadas sur combien il est compliqué d'expulser des locataires incommodants quand on est propriétaire... On appelle cela, de la contre-programmation.

Cécile Duflot, depuis un mois, est sous pression. Jeudi 29 novembre, ce même jeudi où une chaîne publique de télévision nous illustrait la nouvelle par cet improbable reportage, la ministre livrait une première salve: trois missives seront adressées aux préfets de régions jugées tendues - Île-de-France, Rhône-Alpes et Paca - « pour se mettre en situation de procéder à des réquisitions d'ici la fin de l'année ». Ces dernières ne concerneront que des habitations appartenant à des personnes morales. 

Encore les cocos ?
Au Sénat, les élus communistes poursuivent leur travail d'opposition avec l'UMP. Ils progressent: maintenant, ils votent désormais vraiment comme l'UMP, comme sur la loi de financement sur la Sécu pour 2013.

Merci.

Bien sûr, ils votent comme l'UMP mais pour d'autres raisons. Ils les ont écrites, dans une tribune. Ou raconté, sur quelques estrades médiatiques. Leur vote est paraît-il clair. Ils votent « contre l'austérité ». Il faut être concret dans la vie. Mercredi, leur abstention a signifié le refus - provisoire et donc inutile - d'un relèvement des impôts contre les plus fortunés au motif que ce dernier était ... insuffisant.

Ahem.

On tousse.

Pourtant, ils persistent. Le Groupe communiste, républicain et citoyen du Sénat a plongé dans l'absurde: «Nous l’affirmons avec force : nous sommes acteurs du changement. » Ils viennent de (re)voter le statu-quo fiscal... Une bouderie, rien d'autre. Nous aurions pu les croire et les comprendre quand ils écrivaient: « Notre seule ambition est de répondre aux attentes et exigences de notre peuple. » Mais l'attitude - soutenir l'UMP pour le statu-quo fiscal... est politiquement incompréhensible.

La démocratie est mature quand elle comprend que seul le résultat compte. S'il s'agit de créer un rapport de forces vis-à-vis d'élus socialistes peu disposés au moindre compromis « sur leur gauche », la démarche se comprend. D'ailleurs, au PS, Harlem Désir s'est décidé à rencontrer les élus d'opposition de gauche. Sauf Mélenchon. Bizarre.

Mais cette fois-ci, au Parlement, cette opposition devenue systématique est inutile, stérile, contre-productive. Quand la gauche y était unie sous Sarkozy après les élections partielles de septembre 2011, freiner d'improbables réformes sarkozystes était un objectif louable du point de vue de l'opposition: l'alternance était possible quelques mois plus tard. Mais nous sommes au début d'un quinquennat. Les communistes du Sénat espèrent sans doute, ou peut-être, quelques succès électoraux aux prochaines municipales.

Il faut l'espérer, car sinon, la disparition est proche. En l'état, le projet de loi de finances de la sécurité sociale a donc été refusé une seconde fois au Sénat, grâce à un vote négatif des sénateurs communistes sur le volet recettes.

Dont acte.

Il faudra expliquer pourquoi le statu-quo est préférable à un progrès insuffisant.


Pourquoi tant de haine ?


17 commentaires:

  1. C'est habituel chez eux et pour godwiniser mes propos ( j'exagère, je sais !), rien de plus facile que d'évoquer leur terrible slogan de janvier 1933 : "Enfin nous avons Hitler ! ". L'histoire hoquette....

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  2. "La démocratie est mature quand elle comprend que seul le résultat compte."

    le résultat est clair et constant :
    dézinguer l'ennemi de toujours LA SOCIAL DEMOCRATIE
    ce qui se déclinait il y a qq années dans les formations PC CGT :
    Il faut garder un volant de mécontentement pour la veille du grand soir

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  3. "Il faudra expliquer pourquoi le statu-quo est préférable à un progrès insuffisant."

    C'est de la tactique médiatique tactico-tactique Juan : un peu dz compréhension !

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  4. Mélenchon compare F Hollande à Louis XVI

    il le décapite avant ou après avoir été nommé 1er ministre ?

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  5. A moi, cette démarche m'est complètement compréhensible. Il ne s'agit pas de favoriser le statu-quo, puisque les textes reviennent au Parlement et ne sont pas enterrés. Il n'y a rien de vain puisqu'il s'agit de se laisser une chance de passer des amendements. C'est la démocratie parlementaire.

    Tu n'as toujours pas répondu à la question sur ces amendements, que le PS défendait dans l'opposition et refuse aujourd'hui dès qu'ils sont présentés par les cocos. Tu parles "d'élus socialistes peu disposés au moindre compromis « sur leur gauche »". On le voit. Peut-être alors faut-il leur consacrer 1 ou 2 billets de cet acabit et les faire bouger eux, plutôt que de faire des associations à deux balle, faire semblant de ne pas comprendre, alors même que tu admets que les progrès sont insuffisants compte-tenu de la composition des assemblées.

    Les tranches intermédiaires entre les 45 et les 75%, tu prends ou pas ? Si non, continue. Si oui, demande des comptes à qui les refuse.

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  6. Vendredi 30 novembre 2012 :

    Sondages de l'Elysée : fâcheuse affaire pour Nicolas Sarkozy ?

    Eclaircie à Bordeaux, nuage à Paris. Le bulletin de météo judiciaire de Nicolas Sarkozy ressemble au temps d'automne: variable. Alors que l'ancien chef de l'Etat voit s'éloigner la menace d'une mise en cause dans l'instruction des abus de faiblesse commis au détriment de la milliardaire Liliane Bettencourt, il pourrait être impliqué dans l'affaire des sondages commandés par l'Elysée sous sa présidence, entre 2007 et 2012.

    Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris, le 12 octobre, à la suite d'une plainte pour "favoritisme", "violation du Code des marchés publics" et "détournements de fonds publics" déposée par Anticor. Cette association spécialisée dans la lutte contre la corruption dénonce l'inflation de sondages présidentiels lors du précédent quinquennat.

    En cinq ans, l'Elysée a déboursé près de 9,4 millions d'euros en sondages.

    D'après elle, Nicolas Sarkozy s'intéressait à une flopée de sujets peu en rapport avec sa fonction. C'est ainsi qu'en 2008 plusieurs enquêtes interrogent les Français sur le mariage du chef de l'Etat avec Carla Bruni. D'autres études portent sur les qualités requises pour être un bon premier secrétaire du Parti socialiste, sur les sympathisants du PS et la question de l'islam, sur le climat politique en Ile-de-France ou encore sur l'affaire... Bettencourt. Entre prestations de conseil et enquêtes d'opinion, l'Elysée a déboursé, au total, près de 9,4 millions d'euros en cinq ans.

    La plainte souligne également les conditions dans lesquelles les contrats ont été conclus avec les instituts de sondages. Deux d'entre eux sont particulièrement visés: Publifact, dirigé par Patrick Buisson, par ailleurs conseiller officieux du président de la République, et Giacometti-Péron & Associés. En s'appuyant sur un rapport de la Cour des comptes de 2009, Anticor regrette en outre que ces marchés n'aient pas fait l'objet d'une mise en concurrence, comme l'exige pourtant la réglementation, mais d'accords passés de gré à gré.

    A ce jour, un obstacle majeur empêche cependant la mise en cause de Nicolas Sarkozy: l'ancien président bénéficie, en vertu de l'article 67, alinéa 2, de la Constitution, d'une inviolabilité pour les faits commis pendant l'exercice de son mandat. "Nous espérons démontrer que ces abus sont détachables de la fonction présidentielle, estime cependant Me Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor, et que Nicolas Sarkozy peut donc être poursuivi."

    L'entourage de l'ex-chef de l'Etat conteste cette analyse au nom de la séparation des pouvoirs. Le président ne peut être redevable en rien de la justice ordinaire. De toute façon, indique-t-on de même source, si ces actes étaient répréhensibles, seule la Haute Cour de justice pourrait être valablement saisie.

    Jusqu'à présent, Anticor n'a pas été en mesure de surmonter l'obstacle. Une première plainte, déposée en 2010 pour favoritisme, avait été bloquée par le parquet. Le juge d'instruction, désigné après constitution de partie civile par l'association, n'avait pu démarrer son enquête, malgré sa volonté d'informer. La Cour de cassation doit d'ailleurs statuer sur ce point de droit le 19 décembre.

    En revanche, les sondeurs concernés, dont le principal bénéficiaire, Patrick Buisson, ne sont pas à l'abri de poursuites. Après publication du rapport de la Cour des comptes, une nouvelle société, Publi-Opinion, avait passé un contrat de prestation de services avec l'Elysée. Mais le dirigeant de l'entreprise n'était autre que Georges Buisson, fils du conseiller présidentiel.

    http://www.lexpress.fr/actualite/politique/sondages-facheuse-affaire-pour-nicolas-sarkozy_1193329.html

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  7. Vu comment tu soutiens les socialos, tu devrais ôter "gauchisant" de blog politique gauchisant. Les gens de gauche se sentent insultés, là.

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    1. "Les gens de gauche se sentent insultés, là."

      Les gens du Front de Gauche peut-être, mais les gens de gauche non.

      Au fait, les sénateurs communistes, ils sont en place grâce à quels grands électeurs ? Y aurait pas des vilains socialos là dedans ?

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    2. Ouais, ouais, on parle de la gauche, de l'extrême gauche, mais moi j'aime bien aussi les zécolos. Ainsi, Delphine Batho déclare au sujet de la transition écologique - belle formule techno pur jus - qu'"on ne laissera aucun acteur sur le bord de la route (1) et qu'il n'y aura pas de sujet tabou". J'espère bien, mon neveu. Pourquoi ne parlerait-on pas de gaz de schiste, de nucléaire, bande de malotrus ? Et ça commence bien, les gars : la première réunion a eu lieu hier. A huit clos.
      Etonnant, non ?

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    3. A propos de la formule "on ne laissera aucun acteur sur le bord de la route", je signale, chers amis, que cette expression est utilisée par les socialistes depuis 1990 "à toutes les sauces" et dans toutes les situations. Une formule inspirée par un ingénieur des Ponts, un haut fonctionnaire social-démocrate, peut-être ! Ceci dit, depuis 1990, mes amis, il y en a quand même quelques-uns qui s'y trouvent sur le bas côté.

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    4. oula Basilou, je ne t'ai pas attendu pour étudier les brevets de gauchitude. Vas consulter les Coulisses de ce blogs (à droite de l'écran) si tu en as la patience.

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  8. Gros titre dans la presse :"pour l'UMP, il reste une possible porte de sortie". "François Couillon et Jean-François Flipé au bord de l'épuisement, dit le journaliste, n'ont plus trente-six solutions et Nicolas Sarkozy n'en voit qu'une : un référendum par internet."
    Moi, je veux voter. j'ai deux noms en réserve : Kim Jong Un, le dictateur le plus sexy encore en vie, et Margaret Thatcher pour les nostalgiques du conservatisme réac et de la répression ouvrière. Vite, donnez-moi les codes d'accès et vive l'UMP/RUMP réunies.

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  9. Où avez-vous vu que les "cocos" ont voté de la même façon que l'UMP ?

    Relisez mieus les CR : L'UMP a voté contre, le PS a voté pour, le PC s'est abstenu !

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    1. Je crois qu'il ne s'agit pas de faire preuve ici d'objectivité. Il semble davantage s'agir de disqualifier le PCF. Cà a l'avantage d'éviter de de répondre leurs avertissements.
      Les procédés rhétoriques classiques y sont : répétition (2 articles consécutifs), associations fallacieuses etc. Les réponses aux critiques n'y sont pas.

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    2. Eh, les copains, remember ! Les socialistes n'ont-ils jamais voté (et souvent) avec la droite ? En votant pour ou en s'abstenant, y compris quand il s'agissait de textes défavorables à leurs électeurs. Remember !

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  10. Waouh, les amis. Encore une victoire du gouvernement de Monsieur Ayrault : ArcelorMittal est d'accord pour investir 180 millions d'euros sur cinq ans, maintenir en état de fonctionnement les hauts fourneaux s'ils doivent être utilisés plus tard (hi, hi, seriously) dans le cadre du projet européen de captage de CO2 Ulcos, et pour opérer au fil de l'eau des réductions d'effectifs parmi les 629 salariés en jeu, mais sans licenciements secs.

    Vous avez compris, les copains. Si vous en connaissez un rayon côté gestion des ressources en entreprise, Monsieur Mittal va faire exactement ce qu'il avait prévu de faire en prenant AU MIEUX un peu plus de temps. Bilan final : moins 629 emplois et fermeture de la filière chaude.

    Comme dit Richard Bohringer dans le film "une époque formidable" de Jugnot :"chausse-pied et vaseline". Encore une fois bravo !

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