20 novembre 2012

UMP: Sarkozy a-t-il préparé le fiasco ?


Nicolas Sarkozy ne voulait pas partir. C'était la seule conclusion que nous pouvions tirer du fiasco électoral à l'oeuvre à l'UMP.

Quand il s'est retiré, au soir du 6 mai dernier, il était difficile d'imaginer qu'il oeuvrerait à la transition du pouvoir au sein de son ancien parti. L'UMP n'avait plus de président depuis qu'il était lui-même président de la République. Car la Sarkofrance et l'UMP ne faisaient qu'une et indivisible depuis mai 2007. Réunions de travail, points hebdomadaires, rencontres avec les parlementaires, tout se faisait dans les locaux même de l'Elysée. Les orangeades, cafés et petits-fours étaient offerts par la République reconnaissante au premier parti de France.

Quand il s'est retiré, on le savait trop narcissique pour aider ses proches à reconstruire un outil de reconquête électorale pour 2017. Il s'imaginait en recours caché. Sarkozy, jeune comme de Gaulle en 1946, attendait son mai 1958 entre la plage du Cap Nègre et les richissimes villas marocaines ou canadiennes que des milliardaires lui prêtaient. Son RPF (*) était logé entre la rue de Miromesnil et la Villa Montmorency à Paris.

A minima, on espérait que Sarkozy aurait mis les formes. Une association de financement de son action avait été créée par quelques proches reconnaissants. C'était l'un de ses obscurs micro-partis personnels qui fleurissaient un peu à gauche mais surtout à droite depuis une décennie. On espérait que Sarkozy soutiendrait Copé ou Fillon. Le premier n'était pas vraiment sarkozyste mais il avait repris toute l'antienne extrême-droitière de l'ami Patrick Buisson. Le second était un fidèle premier collaborateur trop faible pour critiquer le bilan, trop fier pour se retirer après la défaite.

La recomposition interne de l'UMP fut étonnante: Alain Juppé, la figure tutélaire du chiraquisme, refusa de s'engager. Une fraction des plus à droite du parti (le Monsieur Sécurité Eric Ciotti, le chantre du Cancer social Laurent Wauquiez) s'engagèrent auprès de François Fillon. Des centristes tels Jean-Pierre Raffarin préfèrent Jean-François Copé pour son sens du débat interne... Ahem...

Lundi vers 23 heures, plus de 24 heures après la clôture des votes internes, le résultat était enfin proclamé. Jean-François Copé, le candidat prétendument inattendu, l'emportait de peu et son rival lui concédait la victoire.  Copé président de l'UMP, c'était l'aboutissement d'un jusque-boutisme qui favorisera la recomposition du centre.

Ou pas.

Sarkozy recevait beaucoup, téléphonait souvent, mais ne soutenait personne. En fait, nous comprîmes trop tard, dimanche 18 novembre dans la soirée, qu'il faisait campagne pour le bordel à l'UMP et lui-même en 2017.

Ce Congrès de Reims version UMP avec triches, menaces et déchirements, il l'avait voulu, souhaité, favorisé.

Merci Nicolas.

Nous t'attendons.




(*) Rassemblement du Peuple Français créé par le général de Gaulle en 1947

9 commentaires:

  1. Mordious, on s'achemine vers un "Règlement de compte à OK Corral" ici.

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  2. Je félicite Copé pour son putsch malsain à souhait, une fois passer l'envie de vomir, il y a comme une envie de rire, un effet kiss cool inatendu.

    Bravo et merci à l'UMP pour cette mascarade.

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  3. L'effet Kiss Cool, c'est aussi de se marrer en pensant à celles et à ceux qui ont choisi le mauvais cheval : Wauquiez, Pécresse, Ciotti ....

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    1. oui et Barouin aussi, l'homme qui sauva le monde, au sein d'une mystérieuse organisation nommée "Blackswan" et qui fait passer Daniel Graig pour une danseuse du Blochoï

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  4. il ne lui reste plus qu'à parachever la fusion de ses partisans avec le FN et Fillon n'a plus qu'à reojindre Borloo
    tout sera clair comme un pastis

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  5. Cela serait un peu vache de la part de Fillon de se barrer avec ses sympatisants, imaginez Copé seul avec Morano et Dati, la poisonnière et le top model.

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  6. Mardi 20 novembre 2012 :

    Fillon : "Cette fracture est à la fois politique et morale".

    A l'issue de la proclamation des résultats de la Cocoe, l'ex-Premier ministre a pris acte lundi soir de sa défaite face à Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP, en soulignant la "fracture à la fois politique et morale" au sein du parti, ajoutant qu'il se prononcerait sur son propre avenir "dans les jours qui viennent".

    "Je prends acte du résultat, j'aurais préféré m'en satisfaire (...) Au-delà des nombreuses irrégularités de ce scrutin que j'aurais pu contester, ce qui me frappe surtout ce soir est que la fracture qui traverse notre camp politique est désormais manifeste, cette fracture est à la fois politique et morale. La réduire et la dépasser, tel est l'objectif que désormais je m'assigne. Je ferai connaître dans les jours qui viennent les formes que prendront mon avenir et mon engagement politique", a-t-il déclaré depuis son siège de campagne parisien du 7e arrondissement.

    UMP : "Plus jamais ça" pour Laurent Wauquiez.

    "Plus jamais ça. C'était juste médiocre", a réagi mardi Laurent Wauquiez, soutien de François Fillon, au lendemain de la campagne pour la présidence de l'UMP, qui s'est soldée par la défaite de l'ancien Premier ministre face à Jean-François Copé.

    "Je ne suis pas fier parce que le spectacle qu'on a donné au cours des deux derniers jours était au fond aussi pitoyable que grotesque", a réagi sur Radio Classique le député UMP de Haute-Loire, en dénonçant "une somme d'irrégularités (...) à faire pâlir n'importe quelle démocratie naissante".

    http://www.romandie.com/news/n/UMP_Plus_jamais_ca_pour_Laurent_Wauquiez201120120928.asp

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  7. Fillon en subissant sous Sarkozy a préparé son fiasco.
    Point barre.
    Les choses sont claires : la droite moisie a gagné une guéguerre.
    Reste plus qu'à attendre la mésalliance avec la marine et le bateau fera honte aux restes de la droite.

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  8. Voici quelques extraits du communiqué de Moody's, agence au service des financiers voyous, texte traduit par l'AFP, qui prouve aux naïfs et autres crétins défendant la stratégie libérale et aveugle de François Hollande, qu'on va droit dans le mur. Moody's déclare donc que "la perspective de croissance économique à long terme de la France est négativement affectée par de multiples défis structurels, dont sa perte de compétitivité graduelle et soutenue, et les rigidités durables de ses marchés du travail, de biens et de services. (...). Hormis des taxes et cotisations sociales élevées, le marché du travail français est caractérisé par un haut niveau de segmentation, résultat d'un législation très protectrice pour les CDI. (...) A mort, le CDI ! Cela ne vous rappelle rien ?

    De plus, "l'exposion de la France à l'Europe périphérique à travers ses liens commerciaux et son système bancaire est disproportionnée".

    Enfin, coup de grâce et c'est Moody's qui l'écrit, "la France ne bénéficie pas d'un accès à une banque centrale nationale qui puisse financer sa dette en cas de perturbation des marchés". Bravo aux technocrates et politiques abrutis (merci au brillant autant que désintéressés Giscard), qui ont créé la BCE. Ce n'était pas suffisant, il fallait et il faut toujours rester enfermé dans le carcan d'une monnaie unique SUREVALUEE , qui nous étouffe et dont Hollande refuse de sortir ou même de discuter. Bien au contraire, Hollande a continué à prendre des engagements pour la France pour 70 Mds d'euros (pour rappel : 1000 Mds d'euros prêtés aux banques en 3 mois fin 2011-début 2012).

    Donc, résumons la situation :1. un marché du travail trop rigide,2. un coût du travail trop élevé, 3. un engagement auprès de débiteurs à risques, 4. une absence de banque centrale et 5. une monnaie unique surévaluée. On peut y ajouter une concurrence monétaire (dollar, yuan) et commerciale mondiale déloyale avec une économie européenne en récession. N'en jetez plus !

    On fait quoi maintenant ? Qu'est-ce que vont choisir nos chers dirigeants entre les deux solutions :
    - La première : Hollande respecte ce qu'il avait promis et il choisit une autre voie sur les plans économique et politique, sachant que ce sera évidemment difficile, mais c'est la plus saine.
    - La seconde : Hollande continue à accorder encore plus de réductions d'impôts, de subventions, d'avantages divers variés aux entreprises sans contrepartie et à reculer sur le droit du travail en espérant - son credo - une diminution du chômage. Dans ce dernier cas, il va continuer à appauvrir la France et les Français sans faire baisser le chômage.

    Pourquoi ce qui existe depuis plusieurs dizaines d'années devrait-il d'ailleurs s'arrêter ? Je veux parler de la liquidation de l'industrie, des délocalisations innombrables, de la libéralisation des échanges sans aucune protection pour nous, Français ... Les socialistes, eux, parlent d'échanges justes.

    Que ceux qui croient à une relance par la recherche et l'innovation, au patriotisme des patrons ou aux vertus d'une stratégie libérale "Canada dry" se lèvent fièrement et que les autres arrêtent de rire nerveusement en préparant leur mouchoir !

    On pourrait bien grincer des dents avant cinq ans. Le changement, le vrai, c'est maintenant ou ... jamais, en tout cas avec les socialistes.

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