21 novembre 2012

Copé/Fillon: du chaos au fiasco.





Quelle histoire ! Quelle misère ! Quel spectacle !


Il n'est jamais bon de tirer sur une ambulance, mais celle-ci - l'UMP - multiplie les tonneaux sur la route comme victime d'un mauvais carambolage.

Après une journée de votes internes dimanche dernier, l'UMP a mis une journée de plus à communiquer le résultat du gagnant. Jean-François Copé n'avait pas attendu cette confirmation pour officialiser sa victoire...

Puis, Nicolas Sarkozy a félicité Jean-François Copé pour son élection à l'arraché à la tête de l'UMP. L'histoire ne dit pas s'il a également consolé François Fillon. Le tour se serait joué avec 98 voix d'écarts. Une misère...

On croyait que les plaies se panseraient, même difficilement. Fillon avait pris acte de sa défaite, mais quelques partisans menaçaient de quitter le navire. Leur mentor avait refusé la vice-présidence de l'UMP.

A la rubrique UMP, la justice s'ajoutait au spectacle. Le même Nicolas Sarkozy devait revoir le juge, l'un de ceux qui enquêtent sur ces affaires de l'ancien quinquennat. En l'occurence, l'ancien monarque risquerait la mise en examen dans le dossier Bettencourt.

Et Mediapart nous rappela les amitiés du sieur Copé. Le domicile de François Léotard, ancien ministre de la Défense entre 1994/1995,  venait d'être perquisitionné dans l'affaire Karachi. Jean-François Copé était l'homme de la piscine, cette piscine de l'ami Ziad Takieddine que ce dernier lui prêtait à Antibes entre 2003 et 2005. On se souvient du cliché publié par Mediapart en juillet 2011. L'homme d'affaires est déjà mis en examen pour différents motifs dans le volet financier du Karachigate. Copé aida souvent son ami. Notamment quand il était ministre du Budget de Jacques Chirac et que Takieddine pourtant millionnaire grâce à des contrats de ventes d'équipements militaires français était exonéré d'impôt sur le revenu en France.



Mais mercredi 21 novembre, nouveau coup de théâtre. 

D'après Reuters, la réintégration des votes de Wallis, Nouvelle-Calédonie et Mayotte permettait à Fillon de passer devant Copé ... avec 26 voix d'avance ... Fillon demandait à Alain Juppé d'assurer de façon transitoire la direction de l'UMP (AFP) tandis que son équipe de campagne, Eric Ciotti en tête, contestait officiellement l'élection de Copé et revendiquait la victoire (AFP).

Au final, cette désagrégation du premier parti du pays est une mauvaise nouvelle pour la démocratie, et un (maigre) soulagement pour la gauche.

L'UMP est sans gouvernail.

On peut imaginer que les Copéistes ne se laisseront pas faire. Même si François Fillon l'emportait in fine, le parti est scindé en deux bataillons d'environ 90.000 supporteurs. Qu'en pensent la centaine de milliers d'abstentionnistes UMP ?

Marine Le Pen, qui osa qualifier les deux prétendants de candidats de centre-gauche dimanche dernier, peut se frotter les mains.

Eric Ciotti avait finalement raison: « le débat démocratique n'est pas dans notre culture à l'UMP ».

13 commentaires:

  1. Illégitime le Copé !

    C'est le feuilleton le plus drôle de la fin de l'année !
    Une ou deux histoires de culs en plus et ce sera la totale !

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    1. y a toujours une histoire de Copé dans la piscine en suspens

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  2. Copé devrait faire appel à Michelle Alliot-Marie pour calmer ces dangereux anarcho-autonomes, fouteur de pagaille, pire que ceux de Tarnac !

    J'essaye, à mon modeste niveau, sans esprit partisan, de trouver une solution acceptable. :-)

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  3. Comme dans "Le Maitre et Marguerite " de Boulgakov, les vétements s'envolent, les masque tombent.

    Jean-Francois, y a la baleine blanche, Moby Dick, vas y fonce !!!!!

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  4. et demain et après demain le Tzarkkk devant deux juges !!!

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  5. UDR parti de de Gaulle (et des gaullistes)
    RPR parti de Chirac (et des chiraquiens, exit les gaullistes)
    UMP parti de Chirac puis de Sarkozy (et alors exit les chiraquiens)

    Ciotti a raison, un parti bonapartiste, dédié à l'élection ou la réélection de son chef, n'a pas de culture démocratique.

    Le RPR fonctionnait d'ailleurs selon le principe du centralisme démocratique, cher au PCUS.

    Dans un tel parti, c'est le chef (et son clan) qui décide de tout. Quand il n'y a plus de chef, sinon incontesté au moins incontestable, c'est la chienlit démocratique qui s'installe comme dans un vulgaire parti écolo.

    Et ça veut donner des leçons de bonne gouvernance...

    MWARF !

    Zgur_

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  6. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  7. Reprocher à Fillon de ne pas se laisser mettre et être contre le mariage gay, avouez qu'il faut être tordu, non ?

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    1. Copé pourrait bien l'avoir dans le fillon, mais à mon avis, faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain ! L'homme à qui on enlève le croissant de la bouche a des ressources ...

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  8. Euh je crois que le moins pire pour l'UMP se serait peut-être de la refaire cette élection !! Parce que là franchement, la réalité dépasse la fiction : un scénario à rendre jaloux les meilleurs dans l'art de construire les histoires haletantes avec multiples et improbables rebondissements !!

    Tout ceux qui se sont poilés du PS lors de l'élection exécrable de Martine Aubry à la tête du PS ont l'air malin ce soir !!

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  9. Oh mais alors là si Copé devait être battu de 26 vois après l'avoir initialement emporté de 98 voix, quel beans ! Acceptera-t-il une vice-présidence ; jouera-t-il le rassemblement derrière le chef ... Tournera-t-il la page considérant que le temps de la campagne sera alors révolu ... Il nous tarde de savoir ! En attendant Fillon est dans la situation de Ségolène ! Sauf qu'il est moins isolé dans son parti (134 parlementaires avec lui tout de même sur un total de 194 : c du lourd !!)

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  10. Citation de l'inénarrable Rocard, le représentant auprès des pingouins et manchots des deux hémisphères, sur le geste fait par le gouvernement en direction des entreprises : "un signal a été donné aux entreprises, il était temps". Tel que. J'ajouterais qu'on n'aurait pu le faire avec son ami Mitterrand, il y a une vingtaine d'années quand il était aux commandes, ce Monsieur, non ?

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