29 novembre 2012

Ces sénateurs communistes qui cherchaient leur moment.

L'UMP nous indiffère. La star du jour, mercredi, était le Parti Communiste. ou plutôt 20 sénateurs, sans doute élus avec quelques soutiens socialistes ou écologistes, qui décidèrent de bouder le vote du projet de loi de finances.

Le résultat fut sans surprise: un rejet du texte, qui sera de toutes façons adopté à l'Assemblée; et quelques commentaires médiatiques sur le prétendu camouflet à Hollande.

UMP RUMP DUMP
Ils ont titré sur les grandes haines de la République comme pour expliquer l'inexplicable. Les stratèges du Point, qui comme ceux de l'Express s'exercent à donner des leçons de courage et d'austérité au gouvernement Hollande depuis son élection, n'osent pas dresser le triste constat: François Fillon a peur, et Jean-François Copé est prêt à tout, même à politiquement mourir.

Mercredi, le second a balancé un ultimatum au premier. La veille, les deux venaient d'accepter l'idée d'un référendum interne pour savoir si de nouvelles élections devaient se tenir. La situation, ubuesque, fait surtout l'effet d'une formidable révélation des tempéraments: obstination suicidaire, comportement de voyou, hésitations, etc.

Panique à l'UMP.  Fillon démontre qu'il a quelque courage. A midi, son groupe dissident n'était pas dissous. Nicolas Sarkozy avait encore raté. Le Figaro venait à la rescousse de son ancien mentor pour justifier qu'il pouvait ainsi intervenir dans le fiasco UMPiste, tout Sage du Conseil Constitutionnel qu'il était. 

VALLS ou pas
Manuel Valls a certes présenté la circulaire tant attendue sur les régularisations des immigrés. Les nouveaux critères seraient « exigeants mais justes », a commenté le ministre. Les associations de défense des sans-papier ne sont pas satisfaites. Les progrès, réels, ne sont pas suffisants à leurs yeux. Mais le vrai psychodrame, à gauche, était au Sénat.
« Le Sénat a rejeté, mercredi 28 novembre, par 165 voix contre 156, la première partie du projet de loi de finances (PLF) pour 2013 relative aux recettes. 

Par conséquent, l'ensemble du projet de loi de finances pour 2013 est considéré comme rejeté par le Sénat. »

Voici le communiqué officiel, publié sur le site mercredi en fin de journée. Comme pour remuer le couteau dans la plaie, il fallait se rappeler les mesures qui donc SONT REFUSEES pour le moment:
  • la revalorisation du montant de la décote applicable à l'impôt sur le revenu (article 2) ;
  • la création d'une tranche d'imposition supplémentaire au taux de 45% pour la fraction de revenus supérieurs à 150 000 € par part de quotient familial (article 3) ;
  • la contribution exceptionnelle de solidarité sur les revenus d'activité professionnelle supérieure à 1M € (article 8) ;
  • la fixation du régime d'imposition des plus-values immobilières (article 10) ;
  • le renforcement de la taxe annuelle sur les logements vacants dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements (article 11) ;
  • la prorogation du dispositif du malus automobile et l’abaissement de l'ensemble de ses tranches (article 12).
Même à gauche, la haute assemblée prouve qu'elle est aussi inutile que lorsqu'elle fut à droite durant 53 ans. Mercredi, le Sénat a en effet récusé le projet de loi de finances.

Merci les Cocos !
Tous les sénateurs communistes se sont abstenus.  Notez leurs noms. Ils expliqueront plus tard le pourquoi du comment.
Mmes Éliane Assassi, Marie-France Beaufils, MM. Michel Billout, Éric Bocquet, Mmes Laurence Cohen, Cécile Cukierman, Annie David, Michelle Demessine, Évelyne Didier, MM. Christian Favier, Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mme Brigitte Gonthier-Maurin, MM. Pierre Laurent, Gérard Le Cam, Michel Le Scouarnec, Mmes Isabelle Pasquet, Mireille Schurch, MM. Paul Vergès, Dominique Watrin.
La majorité de gauche n'était que de 6 voix. L'abstention de 6 sénateurs a donc suffit à retarder l'adoption dudit projet de loi de finances.

Ils trouvaient le projet de budget pas assez ambitieux en matière de relance budgétaire et de taxation des plus riches. Du coup, ils ont permis à la droite UMP/UDI de l'emporter contre les sénateurs radicaux, socialistes et écologistes pour refuser la loi dans son entièreté. Plutôt rien que peu ! On applaudit...

Le Sénat, on le sait, n'est pas grand chose. Un refus retarde, mais n'empêche rien. Le projet passera à l'Assemblée. Ces communistes auront eu leur « moment » médiatique dans une actualité chargée de secousses UMPistes... Pierre Laurent a pu expliquer ce vote « révolutionnaire » sur quelques ondes radiophoniques.

Bravo, merci.

L'autre nouvelle peu commentée fut cette surprenante concordance européenne pour décider de créer, au niveau des 27 Etats membres, un contrôle des agences de notation.

Mais chuuuut... L'UMP n'a pas terminé son feuilleton. Et les communistes ont encore des lois à ralentir.

Dormez tranquille.




23 commentaires:

  1. Vraiment, le mot qui me revient le plus souvent à l'esprit en ce moment est : "Consternant". UMP, RUMP, PC, EELV,... et j'en passe. Trop c'est trop. Est-ce que nos politiciens vont réussir à dépasser le stade anal et devenir enfin adultes ? C'est à désespérer.

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  2. les commnistes ont tpoujours été les alliés objectifs du capitalisme par haine de la social démocratie
    c'est pas maintenant qu'ils vont changer

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  3. Merci Pierre Laurent. En ces temps difficiles, les camarades de l'ump savent désormais qu'ils peuvent compter sur vous.

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    1. dans une interview sur Rue89 la Merluche fait une offre de service comme premier sinistre de François Hollande

      incredible ?

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  4. Attention camarades, Juan est passé en mode Foo Fighter, c'est le Jérome Le Banner du Boboland sdocialo participatif, il fait des listes, le mec, peut être même qu'il se shoot au rock socialiste américain genre Motor City 5 en bouffant du Bio ?

    Te trompe pas de cible, ma couille !

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    1. "Boboland", "socialo", "bouffeur de bio"... Et vas-y que je te ressors le vieux lexique populiste. Remarque c'est bien pratique. Ca évite d'avoir à justifier de ce que la "vraie" gauche est prise en flagrant délit d'alliance avec la droite...

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    2. Je pourrais te faire bouffer ton slip, rien que pour le plaisir comme disait Herbert, mais comme disait mon grand père, maitre sur ses terres :"il faut savoir éclairer d'un sourire, les réserves, qui chez les jeunes, nous paraissent nécessaires.
      Capito ?

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    3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  5. Pfff, Juan, tu raisonnes bizarrement. Le PS ne cesse de mépriser ce que proposent les sénateurs PCF, rejette TOUS leurs amendements, et après tu t'étonnes que ces derniers l'envoient paître ? T'es sûr qu'il n'y a pas un petit problème ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Parabole_de_la_paille_et_de_la_poutre

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    1. http://gauche.blog.lemonde.fr/2012/11/29/budget-2013-les-explications-des-senateurs-communistes/
      Tiens. Lis. Lis. Lis.

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  6. Bon alors, je vous explique comment fonctionne la démocratie parlementaire. Il est vrai qu'après 5 ans de bonapartisme, certains on peut-être oublié.
    Une majorité parlementaire c'est une négociation à plusieurs : je te prends quelques amendements et en échange tu vote ma loi. Ca a toujours fonctionné comme ça, entre le PS et le PC en 81, 88, 97 et entre le RPR et l'UDF.
    La grande nouveauté en 2012 c'est que le PS se prend pour l'UMP et a décidé de gouverner tout seul en ne faisant aucune concession. Même l'amendement sur l'abrogation de la taxation des indemnités d'accident du travail a été rejeté par le PS. Voter le texte après ça aurait signifié : le FDG ne sert à rien et n'est qu'un vassal du PS. On n'a jamais vu un groupe parlementaire voter un texte qu'il n'a pas pu amender.
    Si le PS avait négocié avec le PCF en amont, il aurait même pu avoir un vote conforme pour la première fois de l'histoire du PS.
    Ayrault a décidé d'aller à l'affrontement, c'est son choix. On ne peut pas décider d'être tout seul à l'AN et en coalition au Sénat. C'est l'un ou l'autre.

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    1. Rien à rajouter...Les règles de base de la démocratie parlementaire méritent en effet d'être rappelées...

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    2. "Voter le texte après ça aurait signifié : le FDG ne sert à rien et n'est qu'un vassal du PS."

      ... et ne pas voter le texte signifie : le FDG ne sert à rien (l'AN a le dernier mot de toute manière...) et préfère s'allier à l'ump.

      Perso, la première option me semblait moins stupide.

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    3. C'est marrant, mis quand des textes passent au Sénat avec les votes de l'UMP ou de l'UDI, on n'entend pas grand monde parler d'alliance du PS avec l'UMP. Et tout le monde semble déjà avoir oublié le vote du TSCG.

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    4. En l'occurence, c'est l'ump qui s'est alliée au ps pour voter le TSCG et non l'inverse.

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    5. Very good, but le résultat est strictement the same. Dans un mariage, même pas gay (notez le sens de l'à propos), quand un homme et une femme se marient, du coup les effets du mariage s'appliquent aux deux, non ? Pour le TSCG, c'est pareil, sauf que ceux qui vont payer, c'est pas ceux qui l'ont voté. Is it clear for you ? A propos du TSCG, regarde les englishs, y zont pas voté le TSCG et leur public treasure, il empruntera à la bank of England, qui lui reversera les intérêts perçus. Ou comment se désendetter en étant moins cons que nous. Enfin, moins cons, c'est p'tête un peu fort, aujourd'hui, en politiquement correct, on dit plus pragmatiques. Bref, le TSCG, c'est pas le bon exemple.

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    6. @ Alexis

      "En l'occurence, c'est l'ump qui s'est alliée au ps pour voter le TSCG et non l'inverse."

      On peut voir ça comme ça, si on en a très envie. On peut aussi se dire qu'après avoir dit pis que pendre du TSCG, le PS s''est rallié à ce traité et l'a voté avec le parti de son concepteur, l'UMP.

      Tout comme on peut se dire, si on veut, que le FdG ou le PC s'est allié avec l'UMP, quand, en réalité, les motifs de leur vote sont diamétralement opposés.

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    7. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  7. Les communistes retardent la loi ? Et alors. Ils ont donné leurs raisons : aucun amendement CRC n'est validé par le PS.
    Est-ce que Juan peut expliquer ce qui coince au PS, à accepter les amendements CRC, qu'ils défendaient pour certains dans l'opposition ? Les rouges proposaient par exemple des tranches supplémentaires entre le 45 et le 75%. Histoire de lisser tout çà et de limiter l'influence de la gruge qui consisterait à modifier l'équilibre salaire/variable pour passer juste sous la barre du million. On aurait ramassé du 65-70% plutôt que du 45. Qui s'y oppose ici ? Toi, Juan ? On a les moyens de s'en passer ?
    Les communistes renvoient le texte au Parlement. C'est tant mieux. Cà laisse au moins une chance supplémentaire de faire passer des amendements. Je regrette que 3 pigeons suffisent à faire renégocier le gouvernement, quand 4 retards de loi du groupe CRC n'y suffisent pas.

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    1. Remarquez, c'est compréhensible : Hollande n'a aucune intention de réformer la fiscalité sur le revenu, sinon à la marge. Il ne va donc pas accepter de tranches supplémentaires entre 45 et 75 %, puisqu'il ne veut qu'une contribution exceptionnelle pendant deux ans.

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  8. Camarades des masses laborieuses,
    Si je voulais faire du mauvais esprit, ma première remarque serait : ah bon ! y a vings sénateurs communistes, waouh ! j'pensais pas, franchement ! mais je ne ferai pas de mauvais esprit. Plusieurs d'entre nous viennent d'expliquer pourquoi ils ont agi de la sorte, les sénateurs communistes et pas cocos, sauf votre respect.

    Pour ce qui concerne les alliés des socialistes, on devrait plutôt parler des zécolos-de-gouvernement-qui-tiennent-à-leur-maroquin, n'est-ce pas Cécile ? Non seulement ils gobent Ayraultland défendu par les patrons, la chambre de commerce et tutti quanti sur place, mais ils acceptent le débat sur la transition énergétique avec quatre partisans du nucléaire avec Lauvergeon dans le lot (faut quand même le faire ! et me dîtes pas que ce que logique au vu de son expertise ou j'vous parle conflit d'intérêts) plus un ancien écolo-socialo ... Bravo à Delphine Batho, qui nous y mène bien, en bateau ....

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  9. Longue vie à l'Union européenne ! Une (dés)union qui nous livre aux appétits gloutons des entreprises étrangères, notamment chinoises.

    Ainsi en est-il de l'entreprise Bic, seul producteur de briquets en Europe, qui demande depuis des mois le maintien de la taxe la protégeant de la concurrence chinoise. Heureusement, la direction générale du commerce de la Commission européenne veille et elle va faire respecter la concurrence libre et non faussée. Elle vient donc de donner un avis négatif sur l'ouverture d'une enquête pour renouveler la taxe anti dumping sur les briquets chinois. Qu'est-ce qu'ils s'imaginent, ces Chinois ! Ici, en Europe, on s'occupe nous-mêmes de nos affaires et on sait cocufier nos entreprises sans aucune aide extérieure. Non mais !

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  10. Au sujet des manoeuvres de Madame Batho, qui prend en charge la transition énergétique. Une petite précision aux lecteurs bienveillants : attention aux titres pompeux avec noms et adjectifs à connotation scientifico-écologico-politique (institut, développement durable et autre comité des sages).

    Ce fameux comité des "sages" (hi, hi, ça ne s'invente pas) sensés incarner différentes visions de l'avenir énergétique de la France sera chargé d'encadrer et d'animer les débats. Il est composé de :

    ■ Laurence Tubiana: l'économiste, directrice de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), facilitera les échanges. Une experte en recyclage d'image : en effet, l’Iddri de Mme Tubiana a invité le 19 octobre 2007 pour une conférence celui qu’on appelle au Brésil le « roi du soja », Blairo Borges Maggi, producteur de soja transgénique et responsable de déforestation massive au Brésil.

    ■ Jean Jouzel: le glaciologue est l'un des scientifiques les plus écoutés en France sur le changement climatique. Il est vice-président du groupe scientifique du Giec. On connaît le sérieux et la fiabilité des prévisions du GIAC.

    ■ Anne Lauvergeon: "Atomic Anne", ancienne patronne du groupe public Areva jusqu'en juin 2011, une experte qualifiée pour diminuer la part du nucléaire, hi, hi.

    ■ Georges Mercadal: l'ancien vice-président de la Commission nationale du débat public (2002-2007) apparaît comme le spécialiste des débats publics dans ce comité

    ■ Bruno Rebelle: figure "militante" du comité, il a tenu des fonctions élevées durant une dizaine d'année au sein de l'ONG Greenpeace... écologiste, puis socialiste augré des vents dominants.

    ■ Michel Rollier: l'ancien patron de Michelin, qui occupe aujourd'hui la présidence de la plateforme de la filière automobile (PFA), structure réunissant constructeurs et sous-traitants.

    Notons qu'aucun agitateur écologiste irresponsable ne viendra perturber les échanges de ces spécialistes et gageons que les débats seront de qualité. Porteurs de solutions, c'est une autre histoire.

    L'écologie vue par les socialistes, ça aurait pu être le Grenelle de l'environnement, mais le nom est déposé.

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