21 novembre 2012

Expulsions familiales: le changement, c'est pour quand ?

Ce message est un appel de RESF.

Il est relayé comme d'autres le furent, épisodiquement, sur le blog Sarkofrance au début du quinquennat précédent.

L'actuel gouvernement a promis d'abolir sous conditions les expulsions familiales.

Au-delà du débat politique, des témoignages de terrain comme celui-ci restent souvent les plus efficaces pour faire progresser les consciences.

Sans invectives ni ultimatum.

« Le gouvernement de François Hollande tente d’expulser une famille dont les enfants sont scolarisés en France... l'avion n'est finalement pas parti mais la volonté d'expulsion était bien présente. 

Puisque même l'avion, en plus de la population de Culoz, refuse l'expulsion de la famille Pacarizi, le gouvernement et son ministre de l'Intérieur doivent en prendre acte et régulariser cette famille dont tous les frères et soeurs sont en France en situation régulière ou même devenus français.

Récit du départ raté.

La famille Pacarizi est de retour à l'hôtel à Saint Genis Pouilly, à deux pas de la frontière suisse, après avoir été emmenée ce matin à l'aéroport de Lyon Satolas (coût du transport en taxi : 300 euros aller, 300 euros retour).

L'avion Lyon-Pristina avait du retard, la correspondance devenait impossible, le vol a été annulé. Ils ont attendu quelques heures dans les locaux de la PAF. Un enseignant du Collège de Culoz qui voulait leur dire au revoir n'a pas été autorisé à les voir. Ils étaient de retour à l'hôtel après 16 heures et nous ont prévenus par téléphone. Ils n'ont aucune information sur la suite. Les vols Lyon-Pristina ne sont pas quotidiens, loin de là...

Hier soir, nous étions une trentaine à défiler depuis l'hôtel jusqu'au centre de Saint Genis Pouilly, avec banderoles et tambours. Cette manif dans la campagne en pleine nuit, puis dans une ville presque vide, même devant l'hôtel de ville, avait quelque chose d'irréel.

La famille était avec nous, la mère effondrée et épuisée, le père digne et silencieux, les deux garçons jouant et courant comme deux pré-ados, plaisantant en français, tapant sur les tambours. Le soir, ils nous ont dit au revoir avec une certaine gravité. Pourquoi ont-ils accepté de se rendre dans cet hôtel, autrement dit de se jeter dans la gueule du loup (comme le pensait leur avocate), puis de se laisser transporter à l'aéroport ?

Les enseignants de Culoz en ont longuement parlé avec eux. Les Pacarizi ne voulaient pas entrer dans la clandestinité, ni être redevables de leur survie quotidienne à qui que ce soit, pas même leur famille, ils ne pouvaient pas comprendre que la France aille jusqu'au bout de sa volonté d'expulsion...

Et puis, ils avaient peur des risques que la préfecture n'avait pas manqué de leur faire connaître: 3 ans de prison et 10 ans d'interdiction du territoire ! La CIMADE nous a confirmé que ces peines étaient prononcées en ce moment contre ceux qui s'opposent à leur expulsion. Comme leur famille est en France, l'idée de ne plus pouvoir leur rendre visite pendant dix ans les paralyse. Mais ils sont toujours là, et c'est peut-être une ultime chance.

Le conseiller général qui les soutient a téléphoné aujourd'hui au cabinet de Valls avec fermeté. La pétition en ligne a déjà recueilli 654 signatures, et reste très utile.

Faites-la signer à tous vos contacts. Interpellez le gouvernement par tous les moyens.

Merci pour eux,

RESF 01

Rappel : Monsieur et Madame PACARIZI sont originaires du Kosovo, depuis 2010, la famille a construit sa vie dans l’Ain. Les deux enfants sont scolarisés, Neriton a 13 ans, il est en 4ème au collège, Getuart a 8 ans, il est au CE2 à Culoz.

Le 7 novembre, la PAF, Police de l’Air et des Frontières, a averti la famille qu’elle était placée en assignation à résidence avant expulsion. La population de Culoz a manifesté son refus de cette expulsion et son soutien à la famille.

Le 14 novembre, les enseignants du collège ont organisé un rassemblement devant l'établissement; hier soir, ils ont manifesté sur le lieu d'assignation de la famille.

Pour faire savoir que la chasse à l’enfant est aussi inacceptable sous Hollande qu’elle l’était sous Sarkozy :

A l'Elysée : 
Secrétaire général : pierre-rene.lemas@elysee.fr
Directrice de cabinet : sylvie.hubac@elysee.fr
Directeur de cabinet adjoint : alain.zabulon@elysee.fr
Chef de cabinet : pierre.besnard@elysee.fr
Conseiller politique : aquilino.morelle@elysee.fr

A l'Intérieur : 
Directeur de cabinet: jean.daubigny@interieur.gouv.fr
Conseiller yves.colmou@interieur.gouv.fr
Directeur de cabinet adjoint: thomas.andrieu@interieur.gouv.fr
Conseiller immigration : raphael.sodini@interieur.gouv.fr

2 commentaires:

  1. Le lien ?

    Le soutien des enseignants du collège me suffit.
    Sous Sarkozy ils auraient été engouffrés dans le zinc.

    Sous Hollande, la loi doit s'appliquer mais le cas par cas aussi...

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