22 novembre 2012

#mariagepourtous: retour sur une hystérie collective





C'est une polémique inattendue et prévisible.

Un cas d'école.


Quand François Hollande s'est exprimé devant les maires de France à leur Congrès mardi dernier, il a déclaré ceci:
« Les maires sont des représentants de l'État. Ils auront, si la loi est votée, à la faire appliquer »;
 « la loi s'applique pour tous dans le respect néanmoins de la liberté de conscience »;
« les possibilités de délégations (d'un maire à ses adjoints) existent et peuvent être élargies »
Les critiques ont été nombreuses parmi les habituels commentateurs et blogueurs que nous sommes.  La Twittosphère, ce nouveau thermomètre de l'excitation de quelques-uns, s'est emballée. Pour les uns, Hollande reculait (encore ?) sur l'une de ses promesses de campagne en accordant la faculté à quelques maires récalcitrants de déléguer à l'un de leurs adjoints le soin de célébrer le mariage. Pour les autres, la démarche créait une brèche dans notre droit républicain et laïc. D'aucuns ont expliqué que la "conscience" n'excusait nullement le respect de nos règles laïques.

1. François Hollande est victime de sa démarche, le dialogue. Contrairement à son prédécesseur, il n'affiche pas le ton volontariste et clivant quand il annonce ce type de réformes sociétales. Il promeut le dialogue. Sa courte déclaration, devant une assemblée de maires dont certains affichaient vouloir partir en croisade contre la mesure se voulait un geste d'apaisement. Rappelez la séquence précédente: pétitions de quelques furieux, hurlements d'une large fraction de la droite classique, déclarations publiques des plus hautes autorités de l'Eglise catholique, appels aux manifestations de rue de Jean-François Copé, etc. Bref, certains ont voulu dramatiser à l'extrême la réforme et les enjeux. Il fallait leur répondre que (1) la réforme serait votée (c'est prévu pour janvier) et (2) il est inutile de crier au loup et à la conscience puisque les délégations de mariage sont prévues dans la loi.

2. Il est normal, prévisible, légitime que ce geste heurte, choque, trouble les plus fervents défenseurs de la réforme, notamment les associations et supporteurs militant de longue date pour cette légalisation. Le sujet leur tient, nous tient particulièrement à coeur. Par ailleurs, la dictature du buzz est une réalité.  Attendre quelques heures ou, pire, une journée, pour recueillir les avis et les éclaircissements est devenu risquéLes réactions négatives s'empilent, s'auto-alimentent, se renforcent les unes les autres. L'observateur distant qui découvrait mardi soir la polémique pouvait croire que François Hollande avait renoncé à la réforme !


3. Comme l'a expliqué l'un de nos commentateurs et confrères, Elie Arié, le président n'aurait pas dû utiliser le terme "conscience" ni l'idée que les délégations d'autorité - qui existent - pouvaient être "élargies." Primo, ça choque inutilement. Secundo, il n'est pas prévu de modification de la loi en matière de délégation. Tertio, notre loi est suffisamment claire et elle s'applique à tous. Si l’ensemble du conseil municipal refusait de célébrer un mariage, il serait dans une position d'illégalité, et, mercredi, Hollande l'a rappelé sans surprise: « La loi doit s'appliquer partout dans toutes les communes de France ». Mercredi après-midi, Hollande a ainsi reçu deux représentants de l'Inter-LGTB pour reconnaître l'erreur et lever tout malentendu. « Il nous a dit qu'il regrettait d'avoir utilisé ce terme et que ce n'était pas un terme approprié », a confié Mathieu Nocent, membre de l'Inter-LGTB et porte-parole de l'association des parents et futurs parents gays et lesbiens, cité par Le Nouvel Obs. « Nous sortons de cet entretien rassurés puisque le terme liberté de conscience ne convenait pas et nous sommes dans des dispositions du droit qui ne vont pas changer.»

4. On a failli oublier que le mariage pour tous ... est actuellement illégal. Certains critiques de la déclaration de François Hollande se sont lancés dans des parallèles un peu courts sur les dérives qu'une telle clause de conscience (qui est par ailleurs une chimère) permettrait aux maires pour des mariages qui ne leur conviendrait pas. L'une des plus emblématiques est ce tweet de Frédéric Martel:
Au final, l'impression est évidemment désagréable.

Cette polémique était vide, incroyablement vide, comme l'explique fort justement mon confrère Gabale. Jamais François Hollande ni quiconque au gouvernement n'a eu l'intention de créer un quelconque "sous-mariage" pour les homosexuels, ni d'ouvrir je-ne-sais-quel clause de conscience dans notre dispositif législatif pour quelques maires réacs.

Le couac présidentiel est indéniable, tout comme l'emballement qui suivit fut une nouvelle manifestation de la situation de non-débat dans lequel une fraction du pays s'est placée.

La faute à qui ?



45 commentaires:

  1. Salut Juan,

    la parole de François Hollande est la parole présidentielle. Elle est attendue, commentée, critiquée ou louée, et c'est normal.

    Comment reprocher à un outil comme twitter de générer de la réaction hystérique ? c'est justement par la masse de commentaires focalisés sur un sujet qu'un tel outil peut avoir un effet prégnant sur les dirigeants.

    Chaque twittos décide du niveau de granularité avec lequel il participe (ou pas) à un mouvement de foule contre une parole qui, tu l'admets, est maladroite voire déplacée. Je doute que les conseillers de notre président lisent tous les tweets tagués #libertédeconscience. Il y en a des amusants, des pertinents, des colériques, des systématiques, etc...

    Si un conseiller s’intéresse à twitter il regarde probablement la masse de réactions et peut être lit-il ceux qui sont le plus souvent RT.
    Il prend la température, et dans le cas de la "liberté de conscience" évoquée devant les maires par François Hollande, il se rend nécessairement compte qu'il y a un danger pour l'image du Président et par extension de tous ses efforts pour convaincre les français qu'il suit un cap précis et clair.

    En revanche on peut se poser la question de savoir si a force de rechercher l'apaisement, le débat, et une certaine forme de consensus, la présidence Hollande va réussir à nous emmener quelque part...

    Et cet exemple de la "liberté de conscience" est sans doute révélateur : le président admet employer cette terminologie car de nombreux intervenants l'on employés avant lui. Puis il revient dessus admettant qu'elle n'était pas très adaptée. Serait-il revenu dessus s'il n'y avait pas eu une réaction "d'hystérie collective" ? j'en doute, mais probablement me trompé-je…


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    1. Pas faux. Mais c'est un peu la poule et l'oeuf. Si on "hurle" dans la seconde de chaque message - fut-il faux - on prend aussi le risque de fermer le débat, c'est-à-dire l'échange d'arguments raisonnés. Je ne suis pas sûr qu'il y ait de solutions idéales dans le monde dans lequel nous vivons.

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  2. il va falloir que la blogosphère surtout celle de gauche apprenne à tourner 7 fois sa plume dans l'encrier avant de hurler avec (voire avant) les loups

    laissons çà à un copé fraudeur, à un barbarin barbare ou à une marine en train de ramer

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  3. Cela fait des semaines, des mois que l'on parle de ce sujet tous les jours. Ainsi, on ne parle pas des 6 millions de chômeurs, des licenciements, des sodimedical, des fermetures d'usine et de ce qui est en train de ce profiler à l'horizon grâce à la capitulation devant la finance.

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    1. Tout à fait d'accord.

      Ras le bol de ces discussions enflammées autour de ce sujet du mariage homo. Ça concerne combien de personnes, exactement, ce truc ? Déjà qu'en règle générale les discussions sur les baptêmes républicains, les mariages laïcs m'emmerdent, mais alors là c'est la totale !

      Hollande a parlé de liberté de conscience des maires ? Quelle affaire ! C'est déjà le cas aujourd'hui et personne n'en fait un fromage. Votons la loi et passons vite aux vrais difficultés que traversent tous les français aujourd'hui: chômage, perte de pouvoir d'achat, difficultés de soin, de logement, misère sociale,...

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  4. le mariage gay à gauche, les enculés à droite, la pétition des femmes violées, une conférence de DSK, si Marc Dutroux est libre il peut passer nous voir aussi.

    On s'éclate ici.

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  5. Mon post du jour qui résume mon point de vue : "Hollande va légaliser l'homophobie : les maires auront le droit de discriminer les homosexuels en ne célébrant pas leur mariage... Je suis sidéré... Des années de luttes pour l'égalité pour en arriver à ce résultat, c'est navrant. C'est du Hollande. Rien à ajouter. Rideau....."

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    2. @ renepaulhenry
      Comment pouvez vous penser une seule seconde que Hollande veut légaliser l'homophobie? Comment une loi qui accorde plus de droits aux homosexuels peut être qualifiée d'homophobe ?
      F. Hollande prend simplement acte du fait que certains élus délégueront leurs pouvoirs sachant que l'institution dans son ensemble garantira l'application de la future loi. Où est le problème ? En pratique vos reproches s'adressent en premier lieu à Hollande avant même de s'adresser à ces maires récalcitrants. C'est navrant.

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    3. Mais non, je ne suis pas navrant. Il faut être ferme sur les principes républicains: la loi est faite pour être appliquée par tous et en premier lieu les maires qui doivent être exemplaires plus que d'autres. Laisser le choix de célébrer ou pas revient à tolérer une forme de discrimination, et l'inscrire dans la loi sur le mariage homosexuel, noir sur blanc, reviendrait à légaliser une discrimination contre les homosexuels qui s'appelle, jusqu'à preuve du contraire, l'homophobie. Ceci dit, je reconnais que mes propos sont un peu polémiques, mais c'est un blog, et j'use, avec bonheur ou pas, ce n'est pas la question, de ma liberté de parole et pour paraphraser le Canard Enchaîné, la liberté de parole ne s'use que quand on ne s'en sert pas....

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    4. Donc selon vous, il faut supprimer la possibilité pour les maires de déléguer leurs pouvoirs dans le cadre des célébrations de mariages ? Bonne chance pour mettre ça en pratique !

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    5. Ce n'est pas ce que je dis. Il ne faut pas l'autoriser au titre de la liberté de conscience, ce qui revient à légaliser l'homophobie. Qu'ils délèguent sans le dire pour le motif qui leur convient, pas le temps, débordé, pas libre, tant qu'il ne s'agit pas d'une raison liée au fait que les époux sont des homosexuels, ça me va. Et s'ils transgressent par bravade, je pense que les assocs porteront plainte pour propos homophobes et c'est ce que je ferai également...

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    6. Euh, @renepaulhenry, vous avez raté l'actualité d'hier ou bien ?

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    7. @ renepaulhenry

      Je comprends votre inquiétude et moi-même je déplore l'attitude de ces élus. Simplement, il est impossible en pratique de distinguer les maires qui se font porter pâle pour cause d'homophobie de ceux qui ont une bonne raison de confier leur mission à un de leurs adjoints. L'emploi du temps d'un maire est si chargé qu'il n'est pas difficile de trouver un prétexte pour déléguer.

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    8. Ceci dit, la formule d'Hollande est relativement maladroite même si elle ne traduit pas de recul du gouvernement sur la question à mon avis. A l'avenir il faut que le gouvernement s'attache à soigner chaque mot et chaque formule sachant que ses décisions quelles qu'elles soient cristalliseront les rancoeurs à droite comme à gauche et que bon nombre de commentateurs se délectent du moindre couac!

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    9. Juan Sarkofrance-> Oui, j'ai vu que Hollande avait regretté ses propos. Il veut être gentil avec tout le monde, ce qui est aussi mon cas, mais parfois il faut savoir être ferme sur certains principes. Je lui demande juste d'être un peu plus président et un peu moins Hollande.

      Alexis-> Hollande ne pourra pas mener cette réforme sans beaucoup de fermeté. Le report du vote de la loi à fin janvier ne sera que du temps offert aux agitateurs de toutes sortes, de toute façon contre le mariage gay, et qui bien entendu ne débattront jamais de quoi que ce soit.

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    10. renepaulhenry?

      Est-il concevable aux partisans du mariage pour tous de concevoir qu'on puisse ne pas pensez comme eux sans pour autant être HOMOPHOBE ? Je dis pas ça pour moi, mais franchement ce genre de corollaire fait quand même un peu froid dans le dos de la part de progressistes présumés ...

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    11. Ben, le maire prend le paquet qui correspond à sa fonction. Personne ne l'oblige à être candidat. Il est élu alors il applique la loi. Il ne veut pas appliquer la loi, eh bien il démissionne. J'ai entendu ce soir Baroin, le maire de Troyes dire qu'il voterait contre le mariage gay, puisqu'en tant que député il devait donner son avis de député, mais qu'il procèderait à des mariages gays, la loi votée, en tant que maire de Troyes. Je trouve cette attitude tout à fait respectable et tout à fait cohérente. La loi s'impose à tous....

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    12. renepaulhenry,

      Vous parlez de principe républicain. Serait-il contraire à l'esprit républicain de recourir à un référendum sur un tel sujet ? Comme cela s'est fait récemment aux USA ... où le mariage pour tous a été adopté les deux fois !

      Parce que vous voyez pour ma part, de gauche et agnostique-tendance déiste, j'ai voté FdG puis pour le moins pire des deux candidats sélectionnés pour le 2nd tour. Et il est clair que la majorité actuelle ne peut se prévaloir de ma voix pour revendiquer une quelconque légitimité à légiférer sur le sujet. A l'inverse, il se trouve bon nombre de gens de droite qui ne voient pas d'inconvénient à cette évolution. voire qui l'appellent de leurs voeux.

      Autrement dit, sur cette question sociétale importante et non urgente, tout invite à prendre le temps du débat référendaire où chacun pourrait défendre ses arguments sans ostraciser l'autre et ensuite prendre part activement à la décision. Ce n'est pas aux partis politiques retranchés derrière les instituts de sondage de décréter les avancées de la société.

      PS. Je rappelle que j'ai tjrs été favorable au Pacs.

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    13. Hollande a clairement annoncé la couleur sur son projet. Cette mesure concernera 4000 couples par an, la peine de mort lorsqu'elle a été abolie, "question sociétale importante et non urgente", concernait un dix millionième de la population, est-il bien raisonnable de dépenser des quantités d'argent public pour se faire plaisir? Le principe même du fonctionnement d'une démocratie c'est de confier à des députés le soin de voter la loi qui s'appliquera à tous. La loi Veil, autorisant l'avortement, "question sociétale importante et non urgente", a été votée par les députés. Les adversaires du mariage pour tous veulent un référendum. Ils ont été systématiquement depuis toujours, c'est à dire deux millénaires, contre toutes les " lois sociétales importantes et non urgentes". Laissons les brailler pour les siècles des siècles, amen!

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    14. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    15. renepaulhenry,

      "Hollande a clairement annoncé la couleur" ==> foutaise et vous le savez parfaitement : les formules tout en un, qd en plus tu as en face un excité doublé d'une brute et mâtiné d'un quasi-mafieu, ne légitiment rien. C'est de la bouillie de démocratie.

      Je ne suis pas contre l'avortement ; pas contre l'abolition de la peine de mort ; je suis contre le mariage en question (bien que n'étant ni de droite, ni catho ou autre religion, ni homophobe) ==> dans les trois cas le referendum n'aurait rien (eu) de choquant, bien au contraire ! Que je sois pour ou contre n'est pas la question : la démocratie doit primer ... dans tous les cas !! Et j'accepte le verdict des urnes ! Pour le Pacs pas besoin de référendum (selon moi).

      Qu'est-ce que c'est que cet argument du coût de la démocratie !! C'est votre conception du progressisme ? Alors je ne suis clairement pas des vôtres dans ces conditions-là ! Et par ailleurs l'agressivité des partisans du projet de loi à l'encontre des opposants catho, conservateurs me met franchement mal à l'aise moi qui aie toujours voté à gauche ! Franchement la suffisance, l'arrogance et le mépris qd ils se manifestent dans les attitudes des progressistes n'a rien à envier à celle de leurs adversaires tant décriés !

      Je trouve que vous répondez à côté du sujet et renvoyer à la procédure d'adoption de lois datant des années 75 et 81 et n'étant pas du tout de même nature quant au devenir de la vie des individus concernés est non pertinent.

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    16. Eh bien nous ne sommes pas d'accord. Vous vous prétendez plus "pertinent" que moi, j'en suis ravi pour vous. Je ne vois rien à ajouter, et je vous souhaite une bonne continuation...

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    17. Bonne continuation à vous renepaulhenry ; j'ai été enchanté de débattre avec un représentant du progressisme :)

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    18. Votre argumentaire et votre arrogance me laissent de plus en plus penser que vous êtes un sous marin de la mouvance catho-fondamentaliste venu sur un site accueillant porter la contradiction. On va donc en rester là. J'ai assez donné avec vous.....

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    19. Sous-marin !! :)

      Ben non : com je vous le dis j'ai tjrs voté à gauche (depuis 1985) et j'ai quasiment tjrs voté (deux ou trois abstention en tout et pour tout). Et je me félicite d'avoir suffisamment de liberté de penser pour ne pas tjrs être d'accord avec la gauche, quitte à me retrouver sur les mêmes positions que des personnes de droite, même si ce n'est certainement pas pour les mêmes raisons !

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  7. je ne suis pas d'accord, juan, il y a eu débat et réponse du président voilà où se trouve le changement, avant nous étions face à quelqu'un qui refusait d'écouter nos réactions " hystériques " comme tu les nommes, nous démarrions au quart de tour lorsque des propos, ou des actes nous révoltaient te souviens-tu ?
    la différence c'est que NOTRE président semble vouloir écouter les avis, n'est point là une avancée qu'il faudrait au contraire saluer ? ainsi au lieu de parler de reculade dans cette affaire, il faut parler d'avancée , le président est à l'écoute, sacré changement !

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    1. j'en conviens : être à l'écoute est un vrai changement.

      Mais il peut devenir un problème si il y a changement a chaque fois qu'il [le président] écoute.

      Ecouter et décider sont deux activités évidemment complémentaires. Mais lorsqu'une décision est prise il faut la défendre et l'assumer. Or pour le moment on a tout de même l'impression que c'est difficile. Il y a des choses qui sont perçue comme des reculades.

      La reculade devant la renégociation du TSCG
      La reculade devant le mouvement des Pigeons
      La reculade de l'augmentation de la TVA par rapport à la position de campagne
      ...
      j'en passe.

      Compte tenu de l'accumulation reculades effectives il est normal que des fléchissement comme ce "liberté de conscience" accordé aux maire soit perçu lui aussi comme une reculade.

      Par ailleurs cela me pose un problème de fond car j'ai l'impression nette que toutes ces reculades sont accordées à la "réaction" qui ne manque pas de se mobiliser dès qu'on veut toucher au système qui lui convient bien (même si elle doit en crever la bouche ouverte avec tout le monde).
      Mais c'est un autre débat :)

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    2. pas faux également. C'est la thèse défendue par Politeeks. http://politeeks.info/couineurs_president_2.0

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  8. Jeudi 22 novembre 2012 :

    UMP : Copé accuse le camp Fillon de tentative de putsch.

    Jean-François Copé, dont l’élection à la présidence de l’UMP est contestée par le camp de François Fillon, a promis jeudi matin qu’il « amènera dans les heures qui viennent les éléments qui mettront fin à toute polémique et qui montreront, preuve à l’appui, des opérations massives, délibérées, préméditées de fraudes qui ont été organisées » pour l’empêcher de gagner, notamment en Nouvelle-Calédonie. Pour trancher ce contentieux électoral, il s’est par ailleurs dit prêt à « aller devant la justice », comme François Fillon l’a lui-même évoqué mercredi soir.

    « Le comportement de François Fillon, c’est l’histoire d’un mauvais perdant qui vient donner maintenant des leçons de morale, sans jamais se les appliquer à lui-même », a fustigé Jean-François Copé au micro d’Europe 1. « Il espérait une victoire très facile depuis le début, comme le montraient les sondages, et en plus de cela ses lieutenants, pour la lui garantir quoi qu’il arrive, ont fait les choses pour organiser des votes conformes à ses souhaits dans certains endroits », a-t-il ajouté. « François Fillon sait pertinemment qu’il y a eu des fraudes (…) de son côté », a-t-il encore accusé.

    « Nous sommes dans un état de droit (…), s’il faut aller au bout de la logique, à ce moment-là, il faut aller devant la justice comme il l’a évoqué », a poursuivi Jean-François Copé.

    Il a en revanche clairement rejeté l’idée d’une médiation d’Alain Jupé, que réclame le camp Fillon. « Ce n’est pas à la bonne convenance de celui qui a perdu que l’on va décider de mettre à la place le président que souhaite celui qui a perdu », a-t-il répondu, dénonçant « un coup politique, pour ne pas dire un putsch ».

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  9. " la situation de non-débat " est réelle car pour qu'un débat soit effectif encore faut-il qu'il précède le moment de la décision où celles et ceux qui sont invités à débattre pourront valider les acquis dudit débat. En démocratie cela s'appelle le vote.

    Sur ce thème là, si hystérie il y a, elle vient de la méthode retenue pour traiter de l'évolution du mariage. Le mariage est une institution sociale et il appartient à tout ceux qui se sentent concernés. Par conséquent, sa réforme ne saurait être imposée à la hussarde au motif qu'elle figurait dans le projet du PS. J'ai voté PS au 2nd tour (FdG au 1er) car j'ai fait le choix de favoriser le moins pire. Sachant qu'entre ces deux maux que sont un pseudo-socialisme à la Hollande et les méthodes brutales de son prédécesseur, il y en a un qui est moins pire que l'autre. Je suis donc opposé à la méthode, passage en force, encore plus qu'au projet en lui-même.

    Dans ces conditions, non seulement on heurte les convictions d'un nombre substantiel de citoyens français (des sous citoyens peut-être ?? ;) ), mais de surcroît on blesse l'esprit démocratique ! Pas étonnant qu'une certaine hystérie se développe !

    Par ailleurs, si les promoteurs de cette évolution sociétale sont si sûr qu'elle est majoritaire dans l'opinion, que ne la soumettent-ils donc pas au référendum ...

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    2. Les promotteurs et les défenseurs de ce projet de loi se rendent-ils compte que leur démarche recèle la même charge de brutalité que ce qui était reproché à la majorité précédente !

      Accentuée par le fait que tout cela se fait au nom du progressisme (une notion relative qui relève pour une part non négligeable de la question de conscience) (versus les archaïques !) Sale coup porté au progressisme qui n'a pas vraiment besoin de ça ...

      J'ignore si du point de vue démocratique, nous avons affaire là à un progrès ou à un régrès. Je pense que cet épisode laissera des traces profondes si la méthode reste celle de l'imposition brutale par voie parlementaire légale mais non légitime. Il y a parfois des lignes invisibles car symboliques à ne pas franchir à n'importe quel prix !

      On ne décrète pas le progrès contre le peuple ! Cf le référendum du 29 mai 2005 contourné par voie parlementaire trois ans plus tard. Rien de cela n'a été oublié et cet événement demeurera inscrit dans "notre Histoire" comme un double déni majeur de démocratie ! Il a révélé au grand jour le processus de déclin de la démocratie ...

      Symboliquement, ce fut un très mauvais coup porté à l'image de nos institutions ; à leur crédibilité. Car ce sont-elles, entre autres, qui engendrent le malaise profond qui enveloppe les pays occidentaux. Malaise accentué par les différentes crises qui révèlent d'autres dysfonctionnements majeurs concomitants !

      Et derrière cela tôt ou tard se posera la question de la responsabilité de l'idéologie progressiste ... ce succédané de nature théologique !

      A chacun ses idôles : la raison lorsqu'elle est excessive en est une ! Car on peut tout lui faire dire avec un peu d'habileté réthorique relayée par les bons leviers sociaux.

      Et donc tout justifier au nom des améliorations apportées par un progrés technologique édifié sur la raison et érigé au rang de vache sacrée !

      Statut dont se réclame le progressisme moral qui entend tirer parti du crédit accordé aux résultats de la méthode cartésienne dans le champ des sciences exactes ! Alors que paradoxalement, l'un des principaux acquis de ce progressisme moral est la neutralité axiologique !

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    3. Précision : je ne suis pas de droite (mais désormais je cherche ma place à gauche car je ne me reconnais plus dans la gauche sociétaliste boboïsante) et je suis agnostique à tendance déiste.

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    4. Complètement exact. Dire que les maires peuvent déléguer, ce serait ça le dialogue ? La posture ne change absolument rien sur le fond : la décision est prise et elle sera appliquée. C'est de la communication moderne comme nombre d'entreprises, de politiciens et d'autres savent la distiller. De l'artifice et du vide. Si tu n'es pas d'accord, on t'explique, on te ré-explique, puis on te ré-explique jusqu'à ce que, de guerre lasse, tu fasses demi-tour et que tun comprennes que ton attitude est vaine. Alors dialogue ? Mon oeil à moins que le dialogue ne se limite à la perception des signaux vocaux émis par d'autres bipèdes. Certes, François Hollande semble mieux entendre que le gnome qui l'a précédé à l'Elysée - individu qui a fait baisser le niveau d'exigence au ras des pâquerettes - mais cela ne change rien au final à sa décision.
      Contrairement à ce qu'il fait quand les patrons geignent ou pleurnichent. Là, on agit ...

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    5. @ Desmotscratie : les socialistes mènent-ils une autre politique que celle des années 90 et du début des années 2000 avec, à l'époque, privatisations et financiarisation de l'économie ? La réponse est non. Oubliées les menaces des discours pré-électoraux. Les journalistes qui nous avaient parlé du voyage de François Hollande pour "rassurer les financiers" avaient-ils tort ? Autre question : les socialistes, qui n'ont donc pas changé (sauf Mosco qui nous parle de révolution copernicienne) ont-ils "appris de leurs erreurs" ? La réponse est oui. Ils communiquent bien mieux, enfin, ils sont moins naïfs que ce cher Lionel J. déclarant en 2002 qu'il n'appliquerait pas un programme socialiste avec le succès qu'on lui connaît. Aujourd'hui, là comme ailleurs, on COMMUNIQUE, Monsieur, on COMMUNIQUE.

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  10. Bonjour Juan,

    Cela fait de nombreux mois (presque un an) que je lis quotidiennement vos billets et je n'avais jamais trouvé indispensable de les commenter. Voilà qui sera donc chose faite...

    Je suis surpris de n'avoir lu nulle part (du moins, parmi ce que j'ai pu lire) ce qui, selon moi, est la cause véritable de l'opposition des catholiques (et consorts, et entraînés dans le mouvement) au mariage pour tous.

    En France, le mariage civil permet d'obtenir un certificat de mariage qui est officiellement requis par le prêtre pour célébrer un mariage religieux (sans y être obligé), avec bénédiction des alliances par le prêtre (donc l'intermédiaire de Dieu), échange des consentements demandés par le prêtre (donc l'intermédiaire de Dieu), etc. Alors que le PACS permet, tout au plus, de bénéficier d'une bénédiction nuptiale, c'est-à-dire (en gros) un mariage sans la bénédiction divine.

    On comprend alors le paradoxe d'unir des couples du même sexe avec la bénédiction divine alors que, dans la Bible, ces unions sont proscrites par Dieu lui-même.

    Quand on sait que, actuellement, il arrive que des prêtres plus arrangeants que la moyenne remarient des couples alors que le divorce est lui aussi interdit par la Bible, cela rend cet autre "changement de société" (*tousse*) plus relatif...


    Cordialement,

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    1. merci de ce commentaire. j'ignorais ce point, athée que je suis. Bien vu !

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    2. merci de ce commentaire. j'ignorais ce point...

      Tu gobe tout toi, tu vois pas qu'il se paye ta tête ?

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    3. Justice, si c'est là votre seul argumentation, elle me semble bien faible.

      Voici donc quelques éléments sourcés pour appuyer mes propos :
      - vous trouverez à cette adresse ( http://www.mariage.fr/article/celebrer/religieux.cfm ) les documents nécessaires pour pouvoir bénéficier d'un mariage religieux.
      - les paroles de ce prêtre le confirment : http://www.dailymotion.com/video/x9h5qd_pacs-et-mariage-religieux_news
      - à noter que l'article 433-21 du Code Pénal punit le ministre du culte qui fait un mariage religieux alors qu'on ne lui a pas présenté d'acte de mariage ( http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIARTI000006418591&dateTexte=20121123 )

      Pour le suite de mon propos, lisez donc cette discussion (sur un site qu'on ne peut accuser d'être partial) :
      http://forum.doctissimo.fr/viepratique/mariage/ceremonie-religieuse-benediction-sujet_1566_1.htm

      Enfin, étant donné que la connaissance de la Nature qu'ont les catholiques (surtout les plus intégristes) est celle que leur enseigne uniquement la Bible, on comprend alors que, dans leur bouche, "contre-nature" équivaut à "proscrit par la Bible". Lisez donc ceci (le dernier paragraphe suffit) : http://www.interbible.org/interBible/source/lampe/2010/lampe_100122.html


      Cordialement,


      PS : je suis également athée (et plus encore car "a-thée" renvoie trop à l'idée de Dieu) au point de considérer que la pensée religieuse devrait être abordée à l'école publique en cours de philosophie de la même façon que les cours d'histoire devrait parler d'archéologie, ou bien les cours de français, d'étymologie, ou bien encore les cours de science, d'astrologie et de géocentrisme. En bref... des archaïsmes.

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  11. En plus c'est régulièrement que des maires refusent de marier des Noirs et des Arabes en invoquant la possibilité de mariage gris ou blanc. #JDCJDR

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  12. "François Hollande est victime de sa démarche, le dialogue"

    tout le problème est là il est trop mou et pas assez président... il va falloir qu'il se bouge votre président....

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  13. A noter. Même l'expression "mariage pour tous", c'est de la com'. Manipulatrice, pour interdire d'entrée toute objection. Bravo les communicants pas du tout appelés à la rescousse quand il faut parler de protection sociale, de droits des salariés ... etc. Les droits, c'est uniquement quand ça concerne le droit de jouir librement et individuellement sans entrave de son corps, de son fric, éventuellement de droits politiques (voir le droit de vote des étrangers). Le leitmotiv, c'est internationalisme et droits individuels. Tous libres de faire ce qu'on veut, mais pas égaux. Comme disait Coluche, il y en a qui sont plus égaux que d'autres. Si t'es pauvre, petit et noir, pour toi ça sera plus dur ...

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