16 novembre 2012

Merci The Economist !


L'hebdomadaire de la presse économique conservatrice d'Outre-Manche avait lâché Nicolas Sarkozy pendant la dernière campagne présidentielle. Quelques mois plus tard, cette semaine, le voici qu'il s'inquiète de la situation française.

Pour certains, c'est le trouble ou la confirmation.

Le Monde s'interroge: la France serait-elle le souffre-douleur de The Economist ?
Et de trois. Après "la France dans le déni" et "le dangereux M. Hollande", l'hebdomadaire britannique The Economist poursuit son "French bashing" (bashing : attaques dures, gratuites et préjudiciables). En couverture de son édition du 17 novembre, il estime que la France n'est rien de moins qu'une "bombe à retardement au cœur de l'Europe".
A droite, on pense avoir la confirmation que François Hollande est dans l'impasse. Même les Anglais, jadis fustigés par l'ancien mentor, en sont convaincus ! A gauche, certains pensent exactement la même chose, ou exactement le contraire. The Economist apporterait la preuve ultime que François Hollande se trompe.

Voilà, voilà, voilà.

En fait, la France manque d'une loi bancaire. L'autre Monarque, évacué le 6 mai dernier, nous a planté sur le sujet. Oui, planté...

Mais savez-vous au moins ce que The Economist reproche à Hollande. Voici la salve, quelques lignes dans l'introduction de son dossier à charge:
Why should business believe him when he has already pushed through a string of leftish measures, including a 75% top income-tax rate, increased taxes on companies, wealth, capital gains and dividends, a higher minimum wage and a partial rollback of a previously accepted rise in the pension age? No wonder so many would-be entrepreneurs are talking of leaving the country.

Traduisons le texte, pour les non-anglophones. 
Pourquoi le Business devrait-il le croire (Hollande) puisqu'il a déjà fait voter une suite de mesures gauchistes incluant une tranche d'impôt sur le revenu à 75%, augmenter les taxes sur les entreprises, le patrimoine, les revenus du capital, un meilleur SMIC et un retour partiel à la retraite à 60 ans ? Il est compréhensible que des entrepreneurs potentiels quittent le pays.

Fichtre... Hollande était donc un révolutionnaire aux yeux de cet éditorialiste de The Economist.


29 commentaires:

  1. les anglais ne sont pas dans l'euro, boutons les hors d'europe

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    1. ok, et vous remboursez les euros qu'ils ont mis dans la BCE ?

      La Bank of England possède 14.5% du capital de la BCE, qu'elle a payé 58 mln d'euros.

      je vous laisse vérifier par vous même


      http://www.ecb.int/ecb/orga/capital/html/index.en.html

      Non-euro area national central banks

      
      "Capital subscription


      The capital of the ECB comes from the national central banks (NCBs) of all EU Member States. It amounts to €10,760,652,402.58 (as of 29 December 2010)."

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    2. Et ils n'ont aucune contrepartie, nos amis d'outre Manche ?

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  2. 1) Quand il m'arrive de parler par exemple à un Suisse tout voisin, ce qui n'est pas si rare, je suis toujours surpris de la représentation qu'il se fait de la France au travers surtout de la presse et de la télévision helvétique.

    2) Et quand bien même le journal anglais n'aurait pas fait des raccourcis un peu raides mais fréquents lorsqu'il s'agit de relater des spécificités juridiques complexes d'un pays étranger et parfois lointain à longueur de phrases ennuyeuses même pour un lecteur anglais dont le flegme est mondialement réputé, on peut réellement s'interroger sur la volonté d'être entrepreneurs en terre française.

    Il faut vraiment ne rien savoir des tracasseries de tous ordres qu'endurent les entrepreneurs (pas les PDG des grandes sociétés qui disposent d'une équipe de professionnels) pour croire que la France est pour eux un véritable pays de cocagne.

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    1. les socialistes (de gauche comme de droite) semblent s'en moquer.

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  4. The Economist en donneur de leçons en 2012 c'est un peu la Pravda distribuant les bons et les mauvais points au reste du monde en 1990 !

    Quand on voit où en est le monde après 30 ans de dérégulation à l'anglo-saxone, vingt ans après la chute du modèle rival, c'est-à-dire 20 ans avec les coudées franches où ces adeptes du laisser-faire et de la financiarisation à outrance ont pu faire à peu près ce qu'ils ont voulu en environnement concurrentiel ... ça fait peur !

    Quelque part, que ces gens là tapent fort sur la France aurait plutôt un effet rassurant : c'est qu'on n'est pas encore comme eux ! Personnellement, je veux bien leur tendre l'autre joue ... encore longtemps ; ils se fatigueront avant nous ... car on n'a absolument pas envie de devenir comme eux ;)

    Par ailleurs, pour mauvais que soit notre pays, je pense que le solde migratoire entre bristishs et frenchies est largement plus favorable à la France ... en dépit de ses impôts horribles !

    A croire que les charmes de la baguette surpassent les attraits d'un mode de vie assujetti aux performances de la City ! Puisque l'industrie financière dérégulée représente une part substantielle du PIB britannique : de battre la rancoeur des anglo-saxons affolés cessera ;)

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    1. "je pense que le solde migratoire entre bristishs et frenchies est largement plus favorable à la France".

      Il semble qu'environ 500.000 anglais se soient installés en France, et l'on estime entre 300.000 et 400.000 le nombre de français établis en GB. La plupart installés à Londres. http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/05/30/ici-londres-la-sixieme-ville-francaise-est-anglaise/

      Si l'on considère que le climat anglais n'est pas celui de la french riviera on se demande bien ce qui attire tant de français dans le fog londonien.

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    2. il y a 154 000 brits en France
      source insee http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=etrangersnat

      et 250 000 frogs au Royaume Uni
      source MFE
      http://www.mfe.org/index.php/Portails-Pays/Royaume-Uni

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    3. "Quand on voit où en est le monde après 30 ans de dérégulation à l'anglo-saxoNne" ?

      lol ... c'est sans doute pour cela que nous avons les 35h, le smic, la retraite par répartition etc ?

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    4. Et c'est quoi, c't' histoire de Français, qui bossent là-bas et qui viennent se faire soigner ici ou toucher le chômage chez nous quand ça marche pluspour eux ? Ca serait des légendes, des histoires à la JK Rawlings ?

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    5. à Parisien libéral

      "il y a 154 000 brits en France" et "250 000 frogs au Royaume Uni" ==> d'après les sources que vous citez. Admettons.

      Maintenant que les uns et les autres vont-ils respectivement chercher ailleurs que chez eux ? Qui sont-ils sociologiquement ? En répondant à ces questions, nous pourrions en savoir davantage sur le sens de leur démarche et les véritables enseignement socio-politique a en tirer ...

      "c'est sans doute pour cela que nous avons les 35h, le smic, la retraite par répartition etc ?"

      Pour une fois je suis d'accord avec vous que l'état du monde ne saurait se résumer à celui de la France. Et que ne vous dites-vous pas que si ce que vous stigmatisez ici pourrait tout aussi bien être appliqué ailleurs.

      C'est alors que si chacun jouait avec les mêmes règles, nous aurions affaire à une compétition plus juste -- pour autant que le régime de la compétition soit le plus approprié d'un point de vue général ...

      Au lieu de chercher systématiquement à tirer la couverture à soi pour empocher des avantages concurrentiels ... Je ne vois pas ce que l'ensemble de la population a à gagner à la compétition plutôt qu'à la coopération ...

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  5. @Desmotscratie, à propos du solde migratoire, il faudrait regarder de plus près pour voir que les Anglais viennent prendre leur retraite en France tandis que les Francais vont bosser en Angleterre, donc effectivement, la France est plus attractive quand on cherche à glander, mais pas quand on cherche à gagner de quoi glander plus tard.

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    1. Faudra afficher les statistiques respectives sur la sociologie des uns et des autres !

      Qui vit où pour y faire quoi ? Quel type de job ? Tranche d'âge !

      On nous a tellement vendu dans un passé pas si lointain les miracles irlandais, espagnol ! Tout cela n'était que trompe-l'oeil : il n'y a pas de miracles !

      Il n'y a que des pratiques plus ou moins rapaces et cupides qui s'accommodent de règles du jeu plus ou moins loyales et tenables à moyen et long termes !

      Une sorte de poker où les menteurs tentent d'arracher la mise ! Une course contre la montre : quitte ou double ; ça passe ou ça casse...

      Jusqu'à présent la France a tenu pas trop mal ; ce qui a l'art de faire enrager les bluffeurs ;)

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    2. Ca, Artur, y connaît son dossier ! Dis donc, l'ami, c'est parce que c'est un pays de "glandeurs"" que t'es resté en France ou tu nous écris d'outre Manche.
      Rassure-moi, la France va pas devoir se passer d'un cador comme toi ?

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  6. Ceci est quand même plus sérieux que "The Economist"
    http://www.dailymotion.com/video/xv4wqw_contre-budget-du-parti-de-gauche-conference-de-presse_news#.UKZknoUXGBw

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    1. 130 Milliards d'Euros de ressources supplémentaires en une seule année. Mais bien sûr...

      Pourquoi pas 200 ?

      Le front de Gauche pose les bonnes questions, mais n'apporte pas les bonnes réponses. Il évoque des recettes, mais oublie que celles-ci reposent sur l'activité économique du pays. Sans activité pas de recette. Et on se retrouve à vivre comme à Cuba ou comme dans l'URSS des années 70.

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  7. ".... exceptionally high taxes and the euro zone’s heaviest social charges on payrolls". Oh, my God, it's just incredible, this rosbeef that gives us a lesson. I would prefer that he explains the economical situation of the UK and the success story of David Cameron.

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  8. Les français sont prévenus ! Avec ce message :

    The Economist : la France est une bombe à retardement au coeur de l'UE

    ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas

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    1. Merci aux Rosbeefs, d'autant qu'ils sont really les mieux placés pour parler d'Europe. So funny !

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    2. vous qui avez fait du TSCG votre ennemi juré vous êtes sans doute mieux placé.

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    3. Sans aucun doute ! Je suis citoyen d'un pays qui est dans l'Union européenne, pas comme nos amis, qui ont un pied dedans et un pied dehors ! Vous souvenez-vous du caniche de G-W Bush ? Comment s'appelait-il déjà, ce caniche ?

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    4. Parce que la GB ne fait pas partie de l'UE peut-être.

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    5. En attendant, la France est :
      - la deuxième puissance économique en Europe
      - Le deuxième pays d'Europe pour les investissement étrangers (tiens, je croyais qu'à cause des 35 heures, comme on nous le répète depuis plus d'une décennie...)
      Bref, les anglais n'ont aucune, mais vraiment aucune leçon a nous donner.

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  9. A propos de redressement de la France et de traité européen, j'espère que vous avez mis des thunes de côté, parce que l'augmentation de la TVA était la première étape de la nouvelle politique de croissance et qu'il y en aura d'autres, comme la fameuse CSG pour financer la protection sociale. Je prends le pari qu'on n'a pas fini de payer et que les gouvernants vont venir nous expliquer avant la fin 2013 que l'effort doit être amplifié. Comptons sur les patrons, comme on peut compter sur les restaurateurs et sortons nos mouchoirs ! Attentifs à l'actualité économique et sociale, vous devez savoir que la négociation entre le MEDEF et les syndicats ont commencé. Encore un ou deux compromis et on pourra dire adieu aux CDI !

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    1. M'étonnerait, comme d'habitude les discussion vont s'enliser, le Médef balançant des propositions volontairement inacceptables et ces derniers seront infoutus de faire des contre-propositions sérieuses et c'est encore l'Etat qui devra légiférer.
      Ensuite les patrons diront qu'une fois de plus l'Etat s'immisce de manière éhontée dans les relations du travail et voudront discuter directement avec leurs salariés pour faire approuver les changements souhaités dans les entreprises par voie de référendums qui passeront au dessus des représentants du personnels et les syndicats incapables de sortir de la logique d'affrontement capital-travail estimeront s'en être bien tirés.
      Les deux sont infoutus de mener des discussions tant la méfiance est de mise et d'imaginer une autre voie que celle que vous prônez vous-même qui ne soit plus de conflit stérile mais de compromis voire de collaboration, sans même évoquer l'impossible co-gestion pratiquée outre-Rhin.

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  10. @ le Parisien Liberal
    "...ok, et vous remboursez les euros qu'ils ont mis dans la BCE ? "

    C'est fait, non ? Avec le fameux "I want my money back" de Tatcher à Mitterand.
    Elle l'a enfilé bien profond le tonton, il en avait mal à la prostate ce con !

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    1. maintenant si il reste de l'argent anglais dans la BCE, on peut dire qu'il est parti en fumé dans les subprime, désolé hein ?

      Entre gros enculés de liberaux cela doit être possible, non ?

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  11. The Economist a peut-être raison, peut-être tort, tout dépend de quel côté politique on est. Mais, en tout état de cause, qu'il se mêle donc de ses affaires, en l'occurence celles de la Grande Bretagne, dont l'économie, me semble-t-il, n'est pas si florissante.

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