7 décembre 2012

En 2017, la croisée des chemins de la gauche impeccable





Certains souhaitent archiver la période actuelle. Qu'ils n'hésitent pas, le monstre google est là pour cela. La mémoire ne s'efface plus au rythme des publications médiatiquement contrôlées. Nicolas Sarkozy fut le premier président de la République Monarchique à le réaliser.


Mais la vraie question est ailleurs: quel sera l'avenir de la gouvernance de gauche de ce pays ? Prenons donc date. Certains, Emmanuel Todd en tête, restent persuadés que François Hollande s'est décidé à (re)dresser le pays et ses finances avant un virage à gauche et salvateur. La démarche est courageuse et convaincante. Le pays est en ruines, après dix années de droite et 5 de crise.

L'alliance de demain, donc, serait de gauche et très à gauche. Pas évidente pour une raison très simple et facilement constatable dès à présent. La gauche de gauche est très énervée contre la gauche. Elle n'accepte pas la rigueur des comptes version 2012. Elle ne tolère pas la moindre incursion dans la dite politique de l'offre - soutenir les entreprises plutôt que l'investissement public et la demande intérieure.

Cette alliance de demain, cependant, est loin d'être acquise. Il y aura bien sûr, à gauche et ailleurs, une forte demande « de gauche ». Pas sûre qu'elle soit per se majoritaire.
L'affaire n'est pas gagnée tant certaines salves intra-gauche sont fortes et douloureuses. Et elles risquent de laisser trop de traces pour permettre la réconciliation facile. Jean-Luc Mélenchon, d'ailleurs, reste plutôt modeste dans cette surenchère parfois outrancière contre la gauche gouvernementale.

De même, l'une des grandes (et seules) vertus de l'affaire Florange a été une relative prise de conscience qu'une fraction du gouvernement, dont Arnaud Montebourg demeure l'une des incarnations les plus visibles a des velléités combattantes plus fortes. De là à dire que les positions se sont rapprochées, il n'y a qu'un pas, qu'un effort que l'on pourrait aisément assumer si nous étions optimistes. Montebourg n'a perdu de peu de crédit, essentiellement à gauche.

Mais une autre et belle fraction de la gauche impeccable a encore la conviction intransigeante et parfois violente. C'est là que le bas blesse et blessera. Dans les marchés, sur les estrades, dans les meetings ou les manifestations, entre militants ou sympathisants. La conviction, ça se travaille ou ça se détruit. Il y a encore trop de rage d'une campagne insuffisante au printemps 2012, trop d'envie de vengeance. Cela peut bien sûr changer, ou pas. L'effort de dialogues dans les désaccords doit être immense.

En cas d'échec, il y a une autre hypothèse, tout aussi réaliste. 

Plus terrifiante, elle serait la grande alliance du centre que d'aucuns espèrent. Une sainte coalition qui pousserait la Hollandie à s'acoquiner avec un centre indulgent. Sans doute le Modem vers qui nous tendions quelques mains dès 2007. Peut-être, plus grave encore, l'UDI pourtant issue d'une première scission de l'UMP avec quelques sbires du Nouveau Centre.

Il y a plusieurs hypothèses, deux au moins. La première serait une alliance tacite. Les uns proposent, les autres soutiennent. Sans davantage d'alliance politique. L'autre hypothèse contient plus grave. Un bel accord politique. Après tout, pourquoi se gêner ? Imaginez que la gauche impeccable poursuive son exercice de pire en pire, qu'elle conchie avec une rage grandissante chacune des actions de l'actuelle majorité. Qu'elle s'aliène ainsi la fraction du parti et de ses soutiens qui auraient pu l'aider.

Et voici le schéma qui frappe aujourd'hui l'UMP qui pourrait s'appliquer au PS: l'alliance au centre sinon la mort.

La politique est une affaire de conviction et de séduction.



10 commentaires:

  1. Le problème du socialisme et qu’ils ont laissés les libéraux prendre le pouvoir a l’intérieur du partit. Une des raisons pour la quelle ils ont de plus en plus de mal avec les communistes les verts et les vrais socialiste (un vrai socialiste regard le monde du travail en sachant que la vrais puissance d’un pays se sont ses travailleurs et sa technologie). François hollande avec promit de combattre le capitalisme sauvage mais il a reculé ? Moi je ne peu pensé a la place des autres, mais une chose et sur une politique libéral même de gauche ne réussira pas a affronté le futur qui nous attend. Il faut arrêter les compromis avec le libéralisme, même si ils croyaient que la France et préserve sur les places financier. L’économie est devenu une croyance avec ses tabous ses dogmes ses préjugés, avec des rites sacrificiels ou les sacrifiés se sont les chômeurs les retraités les jeunes les étrangers les femmes etc. les seules qui échappe au sacrifice se sont les prêtres du temple et les adorateurs du veau d’or ! Bien oui il faut des sacrifices mais les sacrifiés se sont les banques la finance international avec tous ses mécanismes qui ruine le travail des gents. Soyons honnête ont nous propose trois futurs, un libéral et productiviste baser sur le capital, un de gauche aussi productiviste que le libéral légèrement plus humain, et un écologique pas encore bien structuré. Bien moi il y a longtemps que je ne croie plus dans notre société productiviste ; attendre que la croissance reparte pour crée de l’emploi et de la foutaise. L’Europe s’enfonce dans la misère et la grande précarité avec ses politiques fondés sur le capital. Fatiguer que l’argent et le denier mot ! Je suis pour une véritable alliance entre le socialisme et l’écologie.
    Ton billets est impeccable pour ouvrir une grand reflétions sur le futur de la société française qui il faut reconnaitre et un peu perdu comme d’ailleurs toutes l’Europe entre la peur et la fatalité. Bien non a la fatalité !

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    1. Tes remarques sont judicieuses à au moins une exception près. Les socialistes n'ont pas laissé les libéraux prendre le pouvoir. ILS SONT LIBERAUX. DSK au FMI, LAMY à l'OMC, un hasard ? Non, non. Ils ont admiré DELORS, ils ont dit oui-oui au traité de Lisbonne et voté le TSCG. Plus aucun doute n'est aujourd'hui possible.

      Il n'y a rien à attendre des socialistes, notamment dans le domaine social. Ils font ce qu'ils ont déjà fait dans les années 90 : ils mènent une bonne vieille politique libérale à la grand papa, avec une dose de chloroforme en plus, . Nous étions pourtant prévenus, oui, oui, mais, animés par la volonté de nous débarrasser du Minuscule, nous avons voté pour Hollande, alors que nous n'aurions pas voté pour DSK. Les socialistes peuvent dire lui merci, à DSK.

      En tout cas, inutile pour certains de s'échiner à mitrailler l'autre gauche, à critiquer ceux qui demandent des comptes au pouvoir - ils seront de plus en plus nombreux - inutile de faire l'apologie de la politique socialiste, NOUS AVONS COMPRIS ET BIEN COMPRIS.

      Nous n'avons besoin de faire de grandes tirades sur la trahison de l'un ou des autres. Nous voyons les renoncements, nous entendons les mensonges, nous observons les compromissions et nous subissons la propagande officielle. Les grands discours du printemps se sont envolés avec le vent d'automne.

      Nous savons maintenant que nous aurions pu tout aussi bien voter pour François Bayrou en mai dernier. Nous aurions non seulement conforter les choix de nombreux socialistes etéviter de nous bercer de douces illusions.

      Mais pour qui voterons-nous la prochaine fois ?

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  2. "..cette surenchère parfois outrancière contre la gauche gouvernementale."

    Visiblement Matignon livre toujours sa botte de paille à l'âne HiHan (c'est comma çà que j'appelle notre hôte).

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    1. "La gauche de gauche est très énervée contre la gauche [ du centre ]"

      chacun est dans son rôle ... à un instant T (comme todd ;) ) de notre vie politique. Les uns parlent fort ; les autres parlent faux : le tout est de communiquer pour faire accroire que ... y'a la vraie bonne gauche et la mauvaise fausse gauche contrainte au grand écart ! Mais qui peut dire qu'il est en situation de maitriser le jeu à ce jour ? Ce que tu ne peux contrôler feins d'en être l'organisateur ...

      La gauche de gauche occupe son espace politique de parole ; la gauche du centre occupe son espace politique de gestion !

      Les uns et les autres soignent leur image à travers leurs faits de communication ... de gens qui savent où ils vont !

      NB. A l'attention des "Brucolaque" : ne voir dans ce qui précède qu'une proposition de grille de lecture approchante de la "réalité" de notre scène politique là où ils ne verront vraisemblablement que dogmatique ...

      Libre à eux de faire leurs propres propositions de grilles de lecture approchantes ... plus complexes peut-être, ça reste à voir, mais pas forcément plus véridiques pour autant !

      Qu'ils s'expriment en ce sens, qu'ils diffusent leur vision au lieu de se contenter de répandre leur acrimonie ad hominem en visant une cible dénuée d'intérêt !

      Mis à part Sarkozy qui offrait une plus-value de ce point de vue, les personnes ne sont la plupart du temps que marginalement intéressantes en ce qui concerne les gens de pouvoir. Alors a fortiori pour ce qui regarde les quidams comme vous et moi ...

      Pour ma part je tends davantage à prendre en considération les jeux de rôles tenus par des acteurs plus ou moins habiles et inspirés, tels qu'ils sont distribués par des structures déterminantes, elles mêmes insérées dans des réseaux de structures englobantes et englobées avec lesquels elles interfèrent. Sans pour cela prétendre réaliser une analyse politique conformes aux canons du genre.

      Et qu'on me pardonne si le résultat est notoirement insuffisant : je promets de tout faire pour m'améliorer .. si tant est que la situation ne soit pas désespérée !

      Reste qu'ici je trouve qu'on se fait encore plaisir ...

      Une fois n'est pas coutume, grâce en soit rendue au mystérieux Juan :)

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  4. @ Juan

    C'est le bât qui blesse, pas le bas.

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  5. J'ai le sentiment en te lisant que la responsabilité d'une alliance au centre serait à imputer principalement à l'intransigeance rageuse de nous-autres. Me trompé-je ?
    Si non, deux remarques :
    - la responsabilité revient à qui prend la décision.
    - l'épisode de Florange (j'espère pas enterré, tant les Fenscheux sont féroces) a montré deux choses :
    1. l'alliance à gauche est crédible. Les ennemis d'hier (roses, rouges, verts) étaient soudain tous dans le même espoir puis la même... incompréhension.
    2. le tort est moins dans une supposée opposition bornée à un gouvernement de notre part, que dans les décisions de ceux qui tiennent ce gouvernement, et dont nous sommes tous juges. Ainsi quand un responsable CFDT admoneste le président d'une manière telle qu'il aurait fallu 3 jours d'indignation hollandosphérique pour laver l'affront s'il avait été Mélenchonien.

    Conclusion : plutôt que de foutre la pression sur ceusses qui n'ont pas le tact de se faire une raison, autant la foutre sur ceusses qui décident concrètement, puisqu'on est tous à peu près d'accord sur ce qu'il convient de faire.

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    1. Exactly. Qui détient le pouvoir à ce jour en France ? De deux choses l'une, soit le pouvoir décide, soit il ne peut rien faire d'autre et n'a pas d'autre choix possible. Faudrait voir à nous expliquer quand ils font la même chose que le Minuscule, le élucubrations narcissiques en moins.
      Vous rappelez-vous de la visite de Hollande aux financiers de la City, dont on n'avait dit dans certains journaux qu'elle visait à les rassurer ?
      Encore une fois cocus, ceux qui ont voté socialiste, comme le disaient les trolls de droite il y a quelques mois ? Il y a des chances qu'il n'y ait pas une troisième fois.

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  6. "Syrie : l'opposition appelle à la mobilisation pour empêcher l'emploi d'armes chimiques

    Exilé à Paris, le chef du Conseil national syrien a demandé vendredi à la communauté internationale d'"agir", et plus seulement d'"avertir"."
    [ http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/12/07/syrie-les-insurges-declarent-l-aeroport-de-damas-cible-legitime_1801635_3218.html ]

    Ca va c pas trop téléphoné et tout le monde y croit à fond : va vraiment falloir intervenir militairement sacre bleu ...

    Un remake d'un grand classique : l'entrée en guerre du camp du bien présenté comme un sacrifice nécessaire pour stopper les forces du mal !

    A force on ne fait plus la différence entre les superproductions hollywoodiennes et les interventions de l'Otan ! L'imaginaire ethnocentré et manichéen est le même, alimenté par une propagande simpliste et binaire !

    Au moins ca nous donne l'occasion d'exercer notre esprit critique ...

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  7. Le pouvoir bourgeois dit socialiste à vaseline, creuse lui-même son enterrement en grande pompe et les gens sont de moins en moins dupes et de plus en plus conscients qu'on continue à nosu jouer le numéro de clowns, un épluche les oignons et l'autre pleure et vis et versa. Ce système de renvoi de balancier est définitivement condamné à se gripper sur sa droite ou (espérons-le) sa gauche, la vraie de vrai. Celle qui n'hésitera pas à aller au-devant des affameurs et esclavagistes pour leur demander des comptes et les stopper dans leurs entreprises exterminatrices d'humanité. Le peuple de gauche (en France au moins) commence à se poser les vraies questions envers ce bricolage social-libéral - qui n'en finit pas se de renier et de laisser détricoter les acquis sociaux issus des trente glorieuses- et quand il sera prêt à suivre la colalition de gauche qui se mobilise comme jamais, là, la haute finance internationale commencera à calmer un tant soi peu ses appétits d'ogre, d'autant que cette émergence d'un vrai mouvement de gauche en France, ne manquera pas de s'étendre rapidement à l'Europpe occidentale toute entière, pour changer complétement la donne. Un nouvel ordre européen social et solidaire est déjà en gestation. ARAMIS

    http://www.youscribe.com/catalogue/livres/litterature/romans-et-nouvelles/les-docks-en-folie-1858422

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