31 décembre 2012

Ces médias qui nous dépriment [#RIP2012]

Nous devions arrêter de bloguer.

C'était écrit, promis, juré.

Mais il en fut autrement, au moins pour quelques mois. La raison est toujours la même, nous bloguons parce que nous ne lisons pas l'analyse de l'actualité qui nous convient. Nous bloguons par réaction à l'offre médiatique.

Difficile de terminer une année sans répertorier cette déception: l'alternance n'a rien changé de ce point de vue là.

L'année 2012 s'achève sur une nouvelle interrogation: avons-nous les médias que nous méritons ?

Sur le papier, l'offre d'informations est en France formidable. Le Web a permis de chambouler quelques situations acquises, mis sous pression une éditocratie surpuissante, non sans hystérie ou emballements. Et tous les médias ne sont pas à jeter, loin s'en faut.

Première déception, l'éditocratie est encore là, vivace, sans remords ni contradicteur. Cette éditocratie reste visible sur tous les écrans, toutes les ondes, jusqu'à l'écoeurement et la nausée. Théoriquement, on devrait pouvoir deviner qu'il y a plusieurs factions en son sein. En fait, le discours reste effroyablement homogène dans son conservatisme, et globalement décevant. Il y a du libéral (en économie) ou du souverainisme, point barre.

Vous me direz que nous étions prévenus, que nous n'aurions jamais créé ni alimenté nos blogs politiques si l'offre médiatique nous satisfaisait. Certes, mais cette éditocratie française finit par lasser. Elle sur-occupe l'espace: toujours les mêmes et surtout, avec toujours les mêmes défauts. Elle s'auto-buzze sans réfléchir, ses coups de projecteurs sont partiels et partiaux. Elle surinvestit le symbole Florange mais elle oublie la précarité de masse. Elle débat des petits calculs et des humeurs du monde politique, et elle ne voit plus la pauvreté que lors d'une commémoration ou le décès d'un SDF.

Seconde déception, cette éditocratie conservatrice s'est même renforcée à la faveur de l'alternance politique. France Inter a embauché Nicolas Beytout pour compléter ses chroniques économiques matinales déjà trustées par Dominique Seux des Echos. On n'attendait rien de pire de la radio de service public. Europe1, radio des cadres, s'est jetée sur Natacha Polony, qui déteste qu'on l'a qualifie de droite. Jean-Michel Aphatie a été débarqué du Jury RTL dominical mais sévit encore quotidiennement sur RTL et CANAL+. Christophe Barbier, le patron de l'Express capable des couvertures islamophobes ou anti-Hollande les plus outrancières, a pris le contrôle des matinées de iTélé. Il paraît qu'il était bien vu d'avoir son réac de service en cette rentrée médiatique 2012.

Terrifiant constat....

Troisième déception, les médias traditionnels ou pas participent mal ou peu à la bonne tenue du débat politique. Notre hystérie française, pour reprendre l'expression de Guy Birenbaum, se déploie avec aisance dans toutes les sphères médiatiques. Dans l'encombrement d'informations, il faut faire du bruit pour se faire remarquer. Les tentatives - ridicules - de quelques vieux magazines de titres fort et clair dans l'outrance et le raccourci pour doper leurs ventes hebdomadaires sont là pour illustrer la démarche.

Quatrième déception, les médias dits alternatifs sont affaiblis. Rue89 s'est réfugié au Nouvel Obs, Owni a fermé ses portes, Atlantico est un Figaro-light, le portail Ebuzzing est une machine publicitaire. Politis survit. Arrêt sur Images résiste. Et ... le morceau de choix, Mediapart n'a pas trouvé ses marques, entre chevalier blanc de l'investigation ou porte-parole engagé de l'opposition de gauche à la Hollandie.

Bref, l'alternance n'avait pas tout changé, il fallait encore bloguer. 

A suivre




Billet publié sur Ragemag.

5 commentaires:

  1. "Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés."
    rien que ça me décourage de commenter quoi que ce soit !

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    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. JUAN EST UN CENSEUR STALINIEN COMME ILS Y EN A PLEIN LE NET

    ILS SE CACHENT DERRIERE UNE CHARTE DEMAGO POUR POUVOIR CENSURER A LEUR GUISE QUELLE BANDE D HYPOCRITES

    HAHAHHAAAA

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    1. Cher Super-vengeur sarkophile, je te propose de créer un mouvement de défense des super héros volants (ou pas) victimes de persécution (par les gauchistes). Je te laisse le soin de lui trouver un nom et un siège social (dans les Hauts de Seine ?) pour demander des subventions et faire du lobbying à Bruxelles. Pour la présidence, je suis prêt à soutenir ta candidature, Super-vengeur sarkolâtre !

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  3. Intéressant article de Guy Birenbaum, qui considère que "c'est l'information en continu qui hystérise les rapports sociaux. Et pas le contraire..." Certainement et si personne ne peut raisonnablement nier le rôle des médias dans cette affaire, à aucun moment, on ne parle de l'absence de respect de l'autre dans nos sociétés, en commençant par le respect des Français par les politiques. Ces politiques, qui sont sensés nous représenter (démocratie représentative) ne cessent de nous donner des leçons, de nous dire ce que nous devons penser pour finir par bafouer à plusieurs reprises les résultats exprimés par le suffrage universel (voir l'adoption des traités européens).
    Ceux qui nous dirigent, vivent dans le confort matériel et font tout pour défendre leurs privilèges à l'exemple du cumul des mandats, ils peuvent dédaigner, voire mépriser celles et ceux qui parlent de pouvoir d'achat.

    Comme le dit l'adage populaire, "un escalier se balaye par le haut".

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