21 janvier 2013

L'exil fiscal n'est plus discret.


C'est une publicité de trop, malheureusement lue dans ce journal économique dénommé Les Échos, vendredi 18 janvier, 13ème année du 21ème siècle.

Nous pouvions imaginer ce qu'un tel appel promotionnel à l'exil aurait donné en d'autres temps, par exemple il y a une quarantaine d'années, ou, pire, au lendemain de la guerre quand il fallait reconstruire. Comment aurions nous qualifié une entreprise de placements défiscalisés en plein redressement national ?

Voici donc Knokke-le-Zoute, jolie bourgade si fiscalement loin mais si géographiquement proche. Heeren Hillewaere est le promoteur qui vous attend. Depuis plusieurs mois déjà, nous pouvions noter cette curieuse propension publicitaire à prendre politiquement parti dans nos débats du moment par des acteurs économiques.

En juillet déjà, un gestionnaire de fortune s'indignait du matraquage fiscal qu'il ne connaissait pourtant pas. Il dénonçait la tonte qu'il devait subir à renfort de pleine page publicitaire dans quelques quotidiens nationaux. En novembre, MacDo lance la charge contre un député socialiste qui recommande de lui supprimer l'avantage de la TVA réduite

Et puis, donc, il y a ces appels à l'exil, pas même discrets. Ils sont voyants, ils ne se cachent plus. La lutte des classes s'incarne aussi par ces publicités.

Le 17 janvier dernier, les Echos - encore lui - s'inquiètent de cette conséquence inattendue de l'augmentation de cet exil fiscal qui le soucie tant: l'effondrement du marché des résidences secondaires... Oh mon dieu... « le haut de gamme est touché de plein fouet sans trop de conséquences pour les propriétaires assez fortunés pour conserver leurs biens. Les autres voient les prix s'effondrer, parfois de 50 %. » Quelle catastrophe industrielle !

« Les luxueuses maisons de campagne rencontrent les mêmes difficultés que les petites : il faut les mettre aux normes, les entretenir, y aller et y retourner. Au-delà de 400 mètres carrés toute surface supplémentaire est considérée comme un défaut coûteux. » Quel drame ! Le même journal révélait en mode confidentiel que deux groupes français avait décidé de discrètement délocaliser leurs cadres dirigeants à Londres, puisque ces derniers y travaillaient déjà souvent. Les noms des deux fautifs restaient cachés. Finalement, chez certains, l'exil fiscal était encore honteux.

Le Figaro nous alertait autrement: ce sont des jeunes actifs qui quittent le pays. Les forces vives de la nation, le talent mesuré à l'aune de l'épaisseur du portefeuille. « Les exilés fiscaux sont actifs, assez jeunes et fortunés. Voici ce qui ressort des dernières données sur l'ISF fournies par Bercy à Gilles Carrez, le président UMP de la commission des finances à l'Assemblée et que Le Figaro s'est procurées.  » Le plus drôle était ailleurs: ces données dataient de ... 2010.



A suivre ...



16 commentaires:

  1. lutte des classes ? ou juste profiter de la mobilité que permet l'Europe ?

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    1. Pourquoi l'Europe ?

      le monde , on peut s'offrir un riad au Maroc et avoir de l'argent au Brésil sur un compte numéroté. Mais il faut se lever tôt, avoir un vrai travail, la France tu l'aime ou tu la quitte mais en tout cas tu y investis pas.

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  2. lutte des classes
    suufit d'écouter fiorentino faire sa pub ce matin sur inter

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    1. "Oui, lutte des classes"

      C'est ce que me disait encore réçement Anne Hidalgo, dans un cocktail avec une coupe de Champagne à la main.

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  4. L'exil des jeunes actifs en Grande-Bretagne n'a jamais été fiscal: du fait de l'absence de quotient familial, un couple avec enfants y paye plus d'impôts sur le revenu qu'en France; il n'a non plus jamais été purement financier, le coût de la vie y ayant été longtemps plus élevé qu'en France, notamment pour le logement (ça, c'est fini depuis longtemps), compensant des salaires plus élevés.

    L'exil des jeunes actifs en Grande-Bretagne, qui remonte à plusieurs années, est essentiellement dû à deux facteurs:

    -la concentration européenne, à Londres, de beaucoup d'activités financières et bancaires, offrant beaucoup plus de possibilités d'embauche qu'en France à ceux qui travaillent dans ces secteurs;

    -la moindre importance qu'en France accordée aux diplômes, lors de l'embauche, dans les pays anglo-saxons (c'est pareil aux États-Unis, mais où l'immigration des européens est plus difficile), qui privilégient la personnalité et les motivations.

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    1. Il y a un troisième facteur, que ne mentionne pas Elie Arié, c'est le grand nombre de club de Rock n Roll ou on peut se bourrer la gueule en dansant un pogo endiablé, entre jeunes.

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  5. Ton billet est très bien. Tu fais une remarque fort juste avec l'exemple de cette réclame qui affiche une position politique outrancière. Dont on ne voit même plus qu'elle est extrémiste.

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    1. oui mais le champagne avait été acheté chez ALDI (pub gratuite)

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  6. "Au-delà de 400 mètres carrés toute surface supplémentaire est considérée comme un défaut coûteux. » Tous ceux-là peuvent aller se rhabiller à côté de not'Gégé national, qui va troquer son palais parisien de 1500 m² contre une datcha en Mordovie.

    A propos de lutte des classes, c'est vrai qu'il n'y en a plus, puisque les hyper-riches, comme Warren Buffet, disent qu'ils l'ont gagnée.

    Si vous n'avez rien vu se faire, c'est que vous êtiez encore en train de somnoler devant vot' télé à regarder Poivre ou Pujadas. Is it too late ?

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  7. BIENTOT SUR VOS ECRANS :

    Chers amis, après les renoncements, les abandons, les trahisons des socialistes, bientôt un nouveau numéro de notre président normal sur la désindexation des retraites, l'allongement de la durée de cotisation, la diminution des pensions de réversion ..

    A la vitesse à laquelle nous font régresser ceux qui sont déjà baptisés à juste titre socio-traîtres, on va finit par rappeler Sarkozy ! Eh ouais, quand on réalise, malgré la bonne volonté de Juan entre autres,que les socialistes continuent à faire avaler aux Français les moins riches des potions plus amères que la droite, il y a de quoi être en colère. Il existe même nombre de gens de droite pour se marrer et se foutre de nous. Ils ont raison, ces cochons. Ceux qui nous traitaient de "cocus" au moment de l'élection d'Hollande avaient vu juste.

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    1. Quand la retraite par répartition a été créée en France (à 65 ans, en 1945) , les gens la touchaient en moyenne pendant quatre ans, avec la plus forte expansion économique de notre histoire et l'une des plus élevée du monde industriel.

      Aujourd'hui, il s'agit de savoir si, avec une croissance inférieure à 1%, nous pourrons payer des retraites de même niveau à des gens qui la touchent en moyenne pendant 20 ans.

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    2. Dans les années d'après-guerre, les décisions du CNR étaient bien différentes de ce qui a été et continue à être mis en oeuvre par les gouvernements français, droite et gauche confonfus depuis plus de 30 ans.
      Plus de 30 ans de dérégulation sauvage, de privatisation des services publics, de captation par les actionnaires des fruits du travail, de fiscalité favorable aux privilégiés et aux multinationales, de libéralisation effrénée de la finance, de suppression de toute protection douanière, d'abandon de la souveraineté monétaire et budgétaire.

      Et, concernant la croissance, ce n'est pas la politique d'austérité, de rigueur (je vous laisse le choix du terme), qui arrangera les affaires.

      La vérité est que les socialistes ont opté depuis bien longtemps, notamment depuis Delors (socialiste ?), ancien collaborateur de Chaban-Delmas, pour une France libérale. Après les années-fric en 1990, les années suivantes n'ont fait que confirmer les convictions et les choix de ces socialistes avec un Hollande, digne successeur de Delors.

      Où en est-on de "la lutte contre la finance sans visage", de la réforme de la fiscalité, de la renégociation du traité européen ? Une vraie félonie que d'avoir signé le TSCG.

      Ou comment tant de Français, bercés par leurs propres illusions, croyant à une Europe plus humaniste, plus sociale, ont été et continuent à être bernés par des bobos, qui les trahissent à nouveau en leur donnant, en plus, des leçons sur les questions de morale et de société.

      Beurk !


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    3. La question est de savoir si, dans une économie mondiale globalisée, on a le choix; tous les partis socialistes européens ont fait de même, il faut donc croire que non.
      (et on ne négocie pas tout seul un autre traité européen, si personne n'en veut...)

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    4. La question est uniquement de savoir si la stratégie et les décisions du pouvoir politique en place dépendent du sens du vent (la fameuse girouette d'Edgar Faure) ou si ce pouvoir a une vision et des ambitions.

      Tout d'abord, rien ne nous contraignait à nous ALIGNER sur les choix ultra-libéraux anglo-saxons (Reagan, Thatcher) au début des années 90. Pourtant, cette soi-disant gauche l'a fait et plutôt deux fois qu'une, n'est-ce pas Messieurs Delors, Lamy, Strauss-Kahn et consorts !

      Ensuite, contrairement à ce que vous écrivez, dans la lignée des ultra-libéraux, qui répétent sur tous les tons, dans tous les médias, qu'il n'y a pas d'alternative, le fameux TINA cher à Thatcher, il existe des solutions alternatives aux politiques financière, monétaire, économique, commerciale, de défense actuelles. Il n'est pas nécessaire de croire aux lendemains qui chantent pour en être convaincu. Il faut faire preuve de courage et pouvoir se remettre en cause, ce dont ne sont pas capables ces socialistes-là, convaincus qu'il faut continuer sur la même voie.

      Ne vous posez donc pas de questions ! Continuez à endetter les Etats, à goinfrer les banques d'argent public gratuit, à réduire en poussière nos droits sociaux et économiques, à tout faire pour atteindre ces chers 3% de déficit public et plongez notre pays dans la crise et ses habitants dans la pauvreté !

      Si on adhère à votre constat d'impuissance, la politique n'a ni sens, ni utilité aucune. Laissons-nous guider par la fatalité et recherchons dans les entrailles de poulet ce que sera notre avenir.
      J'attends personnellement autre chose de ceux qui conduisent les affaires de la Cité. Enfin, si un homme aussi important et visionnaire que le général de Gaulle, avait agi de la sorte entre 1940 et 1970, où en serions-nous aujourd'hui ?

      Vous me direz, des hommes médiocres ne peuvent pas mener une autre politique que celle qui consiste à suivre. On pourraiy dire à la manière de Cocteau : "Messieurs, puisque ce mystère vous dépasse, feignez d'en être les organisateurs."





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  8. Si vous saviez comme Knokke est laid...

    http://www.youtube.com/watch?v=UPUA2S5kb2w

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