23 janvier 2013

Qui veut confier un milliard d'euros à Sarkozy ?

Dans un article mis en ligne lundi 21 janvier 2013, Laurent Mauduit de Mediapart affirme que Nicolas Sarkozy cherche un constituer un fond d'investissement en private equity aux ambitions gigantesques, un milliard d'euros.


Avant, déjà...
Nous pouvions rappeler d'autres appétences de l'actuel ex-président pour ces affaires. Quand il était monarque, Nicolas Sarkozy aimait personnaliser la conclusion de certains contrats, sans qu'on sache finalement quelle était sa réelle importance. Il fanfaronna ainsi trop tôt sur la vente de Rafales à son ami Lula, président en fin d'exercice au Brésil. Une vente qui n'eut jamais lieu. Il fanfaronna tout autant sur le sauvetage des chantiers navals de Saint-Nazaire, avec une commandes russe qui signifiait surtout trop de délocalisations de savoir-faire, technologie, et... d'heures de main d'oeuvre.

Finalement, la question est peut-être d'abord celle-ci: Nicolas Sarkozy est-il un bon apporteur d'affaires ?

Il y eut d'autres deals, plus fumeux, plus discrets, partiellement révélés par quelques journalistes d'investigations et des enquêteurs persévérants. On a déjà rappelé les affaires libyennes. Elles ont valu une plainte d'entre-deux-tours contre Mediapart dont nous n'eûmes finalement aucune nouvelle. Quand il était ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy avait largement travaillé pour vendre du matériel de surveillance au régime du colonel. La raison était commerciale. En Sarkofrance, tout était possible. Sarkozy avait la morale chancelante mais il ne fallait rien dire.

Nicolas était donc simplement ministre mais de l'intérieur. Pourtant, il voulait faire des affaires à l'export, et surtout en Libye. Son ancien vizir Claude Guéant - directeur de cabinet à l'Intérieur - jouait les intermédiaires. Il justifia voici quelques jours qu'il ne s'agissait que de nouer des contacts avec des chefs d'Etat étrangers tel le colonel Kadhafi pour un ministre qui aspirait à devenir président.

Sans rire.

Ses anciens rivaux à droite n'avaient d'ailleurs pas compris pourquoi il cherchait tant à faire d'autres affaires, plus loin, en Arabie Saoudite, quand il n'était que ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac. L'intérieur, c'était bien la France, non ? Pourtant, Sarkozy était actif pour conclure ce contrat Miksa, en 2003, annulé par Chirac ensuite.

Bref, Nicolas Sarkozy cherche des sous depuis longtemps.

Maintenant, encore.
La thèse de Laurent Mauduit est séduisante. Que Sarkozy cherche à réaliser un telle opération, c'est bien possible et d'ailleurs Mauduit avance des preuves. Il rappelle les 5 déplacements d'affaires de l'ancien monarque. Ils auraient tous eu pour objectif second ou caché de nouer les contacts adéquats à cette entreprise paradoxale pour un ancien président. La source de cette révélation serait quelques documents saisis par la police lors des trois perquisitions intervenues l'été dernier aux bureaux et au domicile de Nicolas Sarkozy: « dans les données informatiques qui ont été saisies, les policiers ont trouvé des indications qui les ont surpris et qui étaient en fait les premières ébauches du projet.» Selon l'éditorialiste du site d'informations, Sarkozy serait conseillé par Alain Minc.

Voici donc Sarkozy repris par ses anciens démons.

NewYork, le 11 octobre 2012
Sarkozy tient une conférence à huis clos devant un parterre de clients de la banque d’affaires brésilienne BTG Pactual, rassemblés dans les salons de l’hôtel Waldorf Astoria. Cette banque s'est faite une spécialité du placement offshore.

Sao Paulo, 22 octobre 2012
Nicolas Sarkozy passe deux jours, à nouveau auprès de BTG Pactual.

Moscou, le 13 novembre 2012. 
Mediapart reprend une information révélée par l'Express. L'ancien candidat du peuple était invité par un milliardaire russe.

Singapour, le 6 novembre 2012. 
Sarkozy rencontre des représentants de Temasek, l’un des deux fonds souverains du micro-Etat également spécialisé dans le « private equity ». Mauduit est plus spécifique dans ses révélations: «Selon des informations très précises que nous avons pu recueillir, Nicolas Sarkozy aurait ainsi demandé aux dirigeants de Temasek d'investir dans le fonds qu’il veut créer. Le schéma qu'il leur a présenté prévoit que de gros investisseurs entrent dans son fonds d'investissement, en souscrivant chacun un "ticket" si possible d'environ 200 millions d'euros. »Fichtre !

Doha, 11 décembre 2012
Nicolas croise Cécilia, l'occasion est prestigieuse, un forum du sport. On pensait à Carla qui allait donc sortir encore un album. Le passage élyséen a failli lui coûter trop cher. 
A Doha, on se souvenait des amitiés qatari si précieuses et personnelles de Nicolas.

En France, Nicolas Sarkozy chercherait une centaine de millions d'euros auprès d'hommes d'affaires jugés amis. Ziad Takkiedine, cet ancien apporteur de fonds de la Chiraquie passé en Sarkofrance, a accusé son ancien mentor d'avoir reçu quelque 50 millions d'euros en 2007. C'est une belle réserve, mais la somme est d'un montant improbable et non confirmée. Mais Mauduit n'apporte aucun élément de preuve quant à l'implication réelle de ces amis patrons cités. Ce sont toujours les mêmes noms qui circulent, une liste raccourcie de celle du Fouquet's 2007, composée de gens qui n'ont absolument pas besoin de l'ancien monarque pour conduire leurs affaires.

A suivre.


8 commentaires:

  1. Moi je suis partant, en fait je comptais m'associer avec Madoff mais il a eu un empêchement, bon alors il a un RIB, le petit ?
    Banco do Brasil ? allez c'est parti.
    Aaaahhh... les affaires reprennent, c'est bon !

    RépondreSupprimer
  2. Réponses
    1. Pour paraphaser Pascal dans ses "pensées" je dirais que cela serait être malade que de ne pas être malade dans un monde de malades et en cela je rejoins, bien involontairement :-), Richard Matheson et son fameux "Je suis une légende'

      Pascal, lui, utilisait le mot "Fou" a la place de "Malade"
      La folie est elle une maladie ? la folie....

      http://www.youtube.com/watch?v=KcR6D2OB8LE

      Supprimer
  3. La première chose à faire si c'est confirmé : lui retirer le pour boire du conseil constitutionnel !
    Pour le reste rigoler et attendre le krach....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a un proverbe samourai qui dit si tu veux du mal à ton ennemi laisse le vivre, le conseil constitutionnel doit être un supplice chinois pour l'honorable ex-président, supporter des vieux croutons incontinents aussi fendards que des portes de cathédrale, il doit s'arracher les cheveux à la sortie du conseil le golden boy.

      Supprimer
  4. "de gens qui n'ont absolument pas besoin de l'ancien monarque pour conduire leurs affaires"

    Sarkozy est un symbole fort dans le cadre d'une bataille idéologique qui vise à atténuer l'épaisseur du trait qui sépare politique et marché. Le tout tendant à se fondre dans une méthode de direction des affaires politiques appelée "gouvernance". Pour au final passer sous la coupe dudit marché ...

    Pour faire avancer ce projet, il faut des symboles. Sarkozy a le profil recherché. Il n'aura pas échappé aux observateurs attentifs qu'il a déjà considérablement affaibli la dimension Politique du personnage présidentiel au cours de ses cinq ans à l'Elysée. Nul ne peut douter de sa volonté de continuer à oeuvrer dans ce sens en faisant fructifier son capital symbolique.

    Il tente des coups calculés avec ses "amis". Des coups à double détente : une pour faire du fric ; une pour poursuivre son oeuvre de démolition de la politique constituant un champ autonome supérieur à tous les autres, et donc indépendant des autres.

    Le travail s'est amplifié depuis une bonne dizaine d'années avec une accélération du processus à partir de 2007. Reste à l'achever symboliquement dans l'esprit de la population. Pour cela la capacité de nuisance de Sarkozy est un puissant vecteur.

    Il n'a de cesse de brouiller les repères pour passer d'une scène à l'autre par le procédé du fondu-enchainé. Investi d'une image d'homme politique dans l'esprit des gens, il n'hésite pas à fréquenter la sphère des affaires. Puis à faire des affaires. A essayer.

    Pariant donc qu'à terme cette image double se fondra en une seule et que la fonction politique finira par s'assimiler de plus en plus à celle du responsable économique. Alors, les hommes politique les plus en vue seront les businessmen les plus flamboyants ! Nicolas serait finalement le pendant inversé de Sylvio !

    Il s'agit en fait de faire adopter à la France un modèle à l'américaine. Procès de conversion à l'oeuvre également en Russie avec les milliardaires des années 90 que Poutine s'efforce de tenir à distance du Kremlin !

    Ne perdons pas de vue que nous sommes engagés dans une entreprise planétaire de reconfiguration de l'ordre mondial et que Sarkozy y a revendiqué sa place ... Escomptant bien, à n'en pas douter, se prendre une part au passage connaissant l'oiseau !

    Pour Sarkozy, tout est possible ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne crois pas que certains aient besoin d'un personnage aussi vil et méprisable que lui pour décrédibiliser la politique. Les politiques s'en chargent bien eux-mêmes, merci. On pourrait d'ailleurs se dire que la question n'a pas grande importance, mais on se tromperait. Ce qu'il faut voir derrière cette marionnette agitée, c'est le mouvement de fond néolibéral, qui balaie les idées et les valeurs de notre pays.

      L'individu Sarkozy n'a rien d'exceptionnel si ce n'est son talent d'illusionniste, qui, d'ailleurs, n'a pas fait long feu. Il n'est rien d'autre que l'incarnation de notre époque : les années de la glorification du fric et de ceux qui le détiennent "sans complexes", période commencée fin 80 avec l'inénarrable Nanar adoubé par les socialistes.

      Sarkozy, ce parvenu ambitieux, est l'aboutissement de trente ans de propagande tous azimuts de la part de la gauche, de la droite, des médias, des entreprises pour que les Français se "réconcilient" avec l'argent et les riches.

      Il est le résultat de la mise en oeuvre des choix politiques inspirés par Reagan et Thatcher après 1983.

      Cet aventurier a bien entendu été l'homme que les privilégiés et les grands patrons attendaient avant qu'ils ne se ravisent devant cette caricature, patrons qui ont dû subir puis digérer les réformes du CNR à la fin de la dernière guerre. Ce qu'on appelle communément les trente glorieuses ont été pour ces gens-là les trente douloureuses.

      Si Sarkozy a réussi à s'imposer en 2007, c'est qu'il correspondait bien au portrait-type que les médias nous dressait depuis des années auquel était associé un bagou de camelot sans complexes et, surtout, sans scrupules. Arrivée sur le devant de la scène qui a coïncidé avec la stratégie suicidaire des socialistes préférant perdre l'élection présidentielle que de voir Royal élue.

      Au final, n'accordons pas trop d'importance à cet histrion et demandons-nous comment nous son successeur, que beaucoup ont appelé de leurs voeux, applique sur les questions essentielles la même politique que lui. Rigoureusement la même politique.

      Supprimer
  5. Remarque, ça peut être un support ++, c'est juste une question de carnet d'adresses les investissements

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.