16 janvier 2013

Petits vacarmes de cette rentrée politique 2013

Depuis lundi, les députés de l'Assemblée nationale ont repris l'examen de nos lois. Là est la véritable actualité tant le programme est chargé. Au Mali, la guerre en cours mérite aussi notre attention. Malheureusement, d'autres scories du buzzomètre habituel pollue encore nos colonnes médiatiques.

Les dissidents de l'UMP sont entrés dans le rang. Nulle gloire ni réjouissance à voir l'UMP tenter de clore le désagréable spectacle. Et des faits divers nous empoisonnent la vie: une retraitée expulsée de sa maison parce que sa descendance ne payait plus les factures, cette fillette de 5 ans interpelée à la cantine parce que ses parents avaient oublié les factures.

Une cantine
Ces faits divers n'étaient que diversion facile, de objets de focalisation médiatique facile. Prenez cette affaire de fillette ramenée au commissariat faute de parents disponibles, le sujet a déclenché une plus grande couverture que le plus dévastateur des massacres en Syrie. Et de quoi s'agissait-il ? Une fillette de 5 ans, inscrite à la cantine de son école dont les parents en instance de divorce ne payaient plus les factures depuis trop de temps déjà, fut emmenée par une jeune policière vers le domicile de ses parents. Porte close, il fallut se rabattre vers le commissariat, faute de mieux. Et voici que l'opinion s'émeut, scandale de la vie moderne... Le père annonce même qu'il portera plainte... pour « violences volontaires sur mineur ». Quelle misère...

RUMP
Il y avait aussi la dissolution du RUMP, ces dissidents de l'UMP rassemblés autour de François Fillon. Quelle affaire ! Quel spectacle !  « Le RUMP de François Fillon n'est plus. Quel dommage, on a quand même bien rigolé. » s'exclame notre consoeur Elooody. Elle avait bien raison. Mais la rigolade n'est pas terminée. L'UMP a désormais « deux papas », Jean-François et François. Le premier a manifesté dimanche contre le mariage gay, juste derrière ou juste devant des banderolles évidemment homophobes. Le second s'est abstenu, comme nombre de ses soutiens. Passer pour un réac du début du siècle d'avant, très peu pour ces derniers. La Procréation assistée sans médecin, ça peut faire des dégâts. La nouvelle direction collégiale de l'UMP est née sans... parité entre les deux camps ennemis. Il fallut rajouter des vice-présidences pour que le compte fut bon.

Gay
Nous pouvions également enfin passer rapidement sur l'adoption du mariage gay. Quel spectacle ! Quelques dizaines de milliers de catholiques s'étaient mobilisés le weekend dernier pour fustiger une mesure que ne leur enlevait rien, qui était inscrite noir sur blanc dans le programme d'un François Hollande que les mêmes jugeaient pourtant flou. Dimanche, le spectacle était sur les chaînes d'information. Nous attendions qu'ils la votent enfin à l'Assemblée, cette loi d'évidence et de liberté. Et qu'on passe à autre chose... Lundi soir, la ministre Najat Vallaud-Belkacem tente encore de convaincre ceux qui ne peuvent être convaincus. Mardi à l'Assemblée, ceux-là même qui refusaient tout référendum sur la réforme des retraites scandaient le terme contre un projet qui heurtait leur vision très catholique des rapports civiles de nos compatriotes. Après 9 heures de débat, l'adoption par les couples homosexuels et le mariage pour tous sont enfin votés dans la soirée.

Quelle affaire !

Les vraies nouvelles étaient ailleurs.

Mardi 15 janvier, le ministre chargé des Relations avec le Parlement avait une autrement meilleure nouvelle à nous annoncer. Le PS allait proposer une loi rapidement qualifiée de «Florange», un dispositif pour interdire la fermeture de sites industriels rentables promis à la fermeture. Là encore, pourrions-nous attendre de connaître le dit texte avant de lancer l'Hallali des commentaires ? Pour l'instant, les principes avancés faisaient plaisir à entendre: une « réunion de groupe des députés PS s'est déroulée mardi en présence du Premier ministre Jean-Marc Ayrault et du ministre de l'Emploi, Michel Sapin », relatait 20minutes. On attendait cette fameuse promesse de campagne de François Hollande, déclamée à Florange même tandis que le candidat Sarkozy préférait envoyer les CRS contre les représentants du site.

Il s'agissait de forcer la cession d'établissement rentable quand l'actionnaire veut les fermer. La proposition avait été suspendue le temps de la négociation MEDEF/syndicats « aboutie » vendredi 11 janvier.

Le projet va pouvoir enfin suivre son chemin vers les rangs de l'Assemblée.

Enfin.





2 commentaires:

  1. "ceux-là même qui refusaient tout référendum sur la réforme des retraites scandaient le terme"

    Personnellement je suis pour tous les referendums : TCE, la Poste, les retraites, le mariage. Et je suis pas catho ; juste agnostique. Et toujours voté à gauche. Et j'ai voté Hollande pour me débarrasser de Sarkozy. Quelle ingratitude de se servir ensuite de ma voix, de mon sacrifice pour la cause la plus urgente, pour justifier ensuite un projet de loi auquel je n'ai jamais donné aucun assentiment d'aucune sorte.

    Permettez cher Juan que ce qui vous semble évidence, enfin ce que vous affectez de faire passer pour telle, paraisse ne pas relever de la même catégorie pour d'autres qui, pour moins férus de politique que vous ne l'êtes, n'en constituent pas moins des citoyens ... avant d'être des catholiques !

    En quoi ça vous ennuie l'idée d'un débat-référendaire qui durerait allez quoi deux mois quand vous jugez que les opposants au projet se formalisent pour bien peu de choses alors qu'il engage tout l'avenir ! Surtout que le OUI aurait de grande chance d'être majoritaire puisque Hollande a été élu et que les sondages le (pré)disent !

    Qu'avez-vous à donc à y perdre, que la démocratie a-t-elle à y perdre, qu'est-ce que l'avenir a à y perdre ? pour que vous soyez si pressé d'en finir, à la hussarde : la méthode même condamne ses auteurs et jette le discrédit sur le projet. A vaincre sans péril ...

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  2. Mais, mon cher Desmoscratie, sache qu'il se dit et qu'il s'écit de moins en moins rarement que nous ne sommes plus en démocratie en France.

    Voici d'ailleurs la règle d'un jeu, qui permet de comprendre le processus et qui peut se jouer seul ou à plusieurs* lors des longues soirées d'hiver : c'est le démago-jeu.

    Comment joue-t-on ?
    - Chaque joueur cite à son tour un exemple qui prouve que nous sommes en démocratie en France (1 point) ou un exemple qui démontre le contraire (1 point)
    - la définition à laquelle les joueurs se réfèrent est la suivante : la démocratie est "le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ".
    - le vainqueur : celui qui perd est celui qui n'a plus d'exemple à produire. En cas de contestation sur un point ou sur l'issue de la partie, tout recours à un parti politique pour trancher est prohibé et sanctionné par une élimination. Les joueurs ont l'initiative : celui qui gagne la partie, est celui qui s'impose seul ou avec l'appui d'ami(e)s (appelés lobbyistes) par la force, morale ou physique. Les alliés seront récompensés.
    Il n'y a qu'un seul vainqueur pour la partie.

    *à plusieurs, le jeu se joue avec des partenaires ayant les mêmes idées politiques ou diamétralement opposées (beaucoup plus marrant avec un sympathisant FN et un monarchiste par exemple).

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