10 janvier 2013

Voeux 2013: la tournée de Hollande remplace celle de Sarkozy

Tradition oblige, une belle partie du mois de janvier du président de la République est consacrée aux voeux de bonne année à tout ce que la France compte de corps constitués ou de métiers représentés.

C'en est presque fatiguant. Quand Sarkozy était Monarque, on s'amusait davantage. Il sillonnait la France avec ses cortèges payés sur nos impôts, faisait installer d'immenses estrades et son petit pupitre, avec fond bleu républicain, micros et caméras pour exposer sa vision du pays et de sa situation personnelle. Les voeux ressemblait à une tournée de province d'un chanteur déchu qui cherchait son public. Ces shows étaient souvent l'occasion d'annonces, comme si son programme présidentiel aux 362 promesses ne suffisaient pas. Cela lui permettait de montrer qu'il gouvernait, puisqu'il parlait.

Avec Hollande, la démarche est, pour l'instant, différente.

Au Conseil Constitutionnel à Paris, il a trouvé un terrain d'entente, l'annonce était attendue: pourquoi donc les anciens présidents siègeraient-ils encore de droit au Conseil quand ce dernier doit rendre quelque 250 décisions par an ? L'examen judiciaire de l'ancien Monarque n'est pas pour rehausser l'image de l'institution. Et la récente censure de quelques mesures symboliques de la loi fiscale hollandaise a jeté, encore une fois, le trouble sur son impartialité. Jean-Louis Debré était aux anges. Et Hollande a complété: « j’engagerai une réforme constitutionnelle destinée  à consolider l’indépendance  du Conseil supérieur de la magistrature et consacrer son rôle dans la nomination de la hiérarchie du siège et du parquet, à supprimer la Cour de justice de la République,  à aménager le statut du chef de l’Etat et à reconnaître le rôle des partenaires sociaux. »

Il nous manquait une réforme, chère à l'auteur de ces lignes, mais plus explosive et qui ne faisait partie d'aucune promesse d'aucun candidat - la suppression de l'élection du président de la République au suffrage universel, et la revalorisation du rôle du gouvernement - légitimé par les élections législatives. Cette fameuse VIème République, qui nous la promettra ?

Aux représentants religieux, reçus ce 8 janvier à l'Elysée, l'actuel président leur a poliment rappelé de s'occuper de leurs affaires ... religieuses. Le mariage pour tous, promesse du candidat vainqueur à l'élection présidentielle, et qui sera bientôt voté par un Parlement démocratiquement élu, est une affaire civile. Ses interlocuteurs, cités par la presse, n'ont pas souhaité réagir. Curieusement, même l'activiste Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, si virulent sur toutes les estrades et dans toutes les estrades contre le mariage gay et l'homosexualité en général a confirmé s'être tu... Respect du président civil ou ... triste reculade officielle sous les ors de la République ?  « On a parlé beaucoup des agressions contre des lieux de culte et de l'action des pouvoirs publics pour défendre la liberté de religion et la liberté de conscience » a expliqué l'archevêque... Sans rire ?

A propos du mariage pour tous, l'un de ces responsables a témoigné qu'Hollande avait réaffirmé que « cette réforme qui concerne exclusivement le mariage civil était pour lui et des millions de Français une avancée en termes d'égalité des droits et que par conséquent le projet irait à son terme.»

Le président a voulu rester zen, mais ferme. « Espérer ressusciter une guerre scolaire n'a aucun sens.» Et pourtant, à peine sorti, certains n'avaient que des mots détestables à l'approche d'une improbable manifestation dimanche 13 janvier. « Nous (musulmans) condamnons l'homosexualité, mais nous ne voulons pas être homophobes » a ainsi déclaré Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris. Il condamne ... l'homosexualité ... ? Mais #WTF ? Ce débat pour un surcroît d'égalité aura le mérite de rappeler que certaines pendules ne sont plus à l'heure...

Mercredi 9 janvier, Hollande est à Orléans. Estrade comme Sarkozy, le président s'exprime devant un fond décoré. Y avait-il du matériel sarkozyen à recycler ? Il s'adresse aux Anciens Combattants, mais devant des vrais combattants, ceux du 12e Régiment de cuirassiers, à Olivet, dans le Loiret. La cravate était encore de travers, c'était amusant. Mais le ton était grave.

Le discours de Hollande commence par l'inévitable hommage aux morts et aux blessés des opérations comme en Afghanistan. Hollande insiste sur la « grande pudeur » de ces derniers, et sur leur « obstination farouche » de retourner sur le lieu du combat où ils avaient été blessés.En Afghanistan pourtant, la promesse de retirer les forces combattantes a été tenue, avant le 31 décembre dernier. On se souvient que l'ancien Monarque dénonçait la folie du projet pendant la campagne. Restent 1.500 soldats de soutien logistique. Ils seront 500 en juin prochain.

Hollande parle aussi défense nationale... et redressement économique. « Notre industrie de défense représente 4.000 entreprises qui emploient directement 150.000 personnes. » La crise de l'emploi - et c'est normal - se loge dans tous les discours. Et le voici de rappeler la création d'un pacte d'activité annoncé par le ministère des armées et les PME du secteur pour pérenniser leur activité.






A suivre



17 commentaires:

  1. Juan, jugez-vous systématiquement les personnes à l'aune d'un de leur comportement que vous désapprouvez ! Car être homophobe, dans le langage courant, ça veut bien dire "haine, rejet des homosexuels" (alors que la phobie renvoie à la crainte) ? Ne pensez-vous pas qu'il soit possible de désapprouver une conduite sans désapprouver la personne de son auteur ? Rassurez moi ...

    Sinon, en ce qui concerne le mariage pour tous, si l'opinion y est si majoritairement favorable alors pas de problème : débat référendaire ...

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    1. C'est si vrai qu'un de vos favoris s'est livré à une petite exégèse du genre le 17 décembre dernier :

      "Jean-Marc Ayrault s'est défendu lundi 17 décembre d'avoir traité Gérard Depardieu de "minable", assurant que le qualificatif visait davantage le comportement de l'exilé fiscal"

      ==> http://www.huffingtonpost.fr/2012/12/17/exil-fiscal-gerard-depardieu-ayrault-minable_n_2314469.html


      Par ailleurs, il me souvient qu'en 2007, pendant la campagne, le sieur Hollande alors Premier secrétaire du PS avait déclaré "ne pas aimer les riches" (un richophobe en qqe sorte !) Ce qui ne vous empêche pas Juan de le soutenir avec une ardeur qui vous honore et parfois un semblant de touchante candeur qui vous rendrait attachant ;)

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  2. Au jeu de la comparaison avec Sarkozy, Hollande gagne à tous les coups..... :-)))
    Fastoche Juan !!!

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    1. Pas si fastoche que ça ; il pourrait fera bientôt match nul au train où évolue sa com ! Car s'il est une réalité qui s'impose à toute personnalité politique, c'est l'empire structurel qu'exerce désormais les nécessité de la communication dans l'art de gouverner. Loi numéro 1 : avoir la maitrise de l'agenda médiatique pour gaver le monstre dont la gueule grande ouverte est en demande permanente ! Malheur à celui qui ne tient pas la cadence : il a vite fait de se retrouver enseveli sous un flot de commentaires qui le mettent plus bas que terre ! Car l'imaginaire du public repu est sanguinaire et le bon journaliste en tient compte lorsqu'il déblatère !

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    2. "Au jeu de la comparaison avec Sarkozy, Hollande gagne à tous les coups.""

      Au jeu de la comparaison avec hollande, M Sarkozy gagne à tous les coups.

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    3. Oui, c'est vrai, c'est lui qui me fait le plus honte !

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    4. @ Desmotscratie. En réponse à une de tes interventions, il est clair que les partisans d'Hollande sont partout, chez les blogueurs et chez ceux qui les tiennent. Nombreux sont ceux qui sont en service commandée pour narrer les exploits de leur champion et modérer les critiques sous couvert d'appels à la pondération jusqu'à parler d'hystérie.

      Je ne suis absolument pas d'accord avec cette idée saugrenue que seul compte l'agenda médiatique. Pour de nombreux médias certainement, mais pas pour les gens sérieux.

      Pour revenir à un sujet plus sérieux que les voeux d'Hollande ou que le présumé compte en Suisse de Cahuzac, qui est assez grand pour se défendre tout seul, il faudrait parler des vrais dossiers qui sont prioritaires et dont les conséquences nous pourrissent toujours plus la vie.

      Posons-lui la question et peut-être qu'un blogueur en service commandé saura y répondre . Monsieur Hollande, où en est votre lutte contre la finance sans visage, où en est la promesse de la réforme fiscale, où en est la politique industrielle et commerciale de la France, ouverte à tous les vents de la concurrence déloyale, politique présentée dans le rapport Gallois écrit avec des militants de premier plan de l'UMP, où en est le chômage ? où en est l'euro, qui plombe notre sacro-sainte compétitivité, qui nous ruine, nous conduit à la rigueur et sert de levier aux libéraux pour écraser nos systèmes de protection, nos "avantages acquis" en langage bruxellois, et nous-mêmes ?

      Quelles sont les avancées ? Le mariage homosexuel ? l'augmentation du plafond du livret A (près de 45000 euros pour un couple, ça laisse songeur)?

      Il faut cesser de se voiler la face, de croire aux chimères et se réveiller. Nous avons éjecté Sarkozy et c'est tant mieux, mais Hollande et les socialistes mènent la même politique que l'UMP.

      Si vous voulez le vérifier, faites le fameux exercice de la feuille blanche que vous divisez en deux parties : d'un côté, les avancées et de l'autre les renoncements. Faites-le sur les grands sujets de société et faites-le pour vous au quotidien!
      Moi, je l'ai fait et les socialistes, c'est fini.
      F-I-N-I.

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    5. Demos,

      Il y a les gens sérieux et les gens qui en ont rien à foutre ! Mais on n'est pas tous sérieux de la même façon ! Grosso modo, mis à part une minorité de barjots comme nous, la plupart des chalands des médias n'a pas envie de se prendre le chou plus que ça avec la politique et le reste : la vie est déjà bien assez compliquée comme ça pour pas en rajouter sans qu'on le demande !

      Dans ces conditions, il ne s'agit plus tant de communiquer sérieusement que de communiquer efficacement. Et les lois de l'efficacité médiatiques obéissent à des contraintes temporelles bien précises : la demande gargantuesque des médias qui tournent en boucle à la télé, à la radio et sur Internet et qui donnent le ton !

      Le but du jeu est donc, qu'on le veuille ou non, de garder la main sur ce fameux agenda médiatique pour donner une certaine image de l'action du gouvernement : précisément une image de sérieux correspondant à la double attente des médias et du public qui fait l'audience des médias : action, volontarisme et en cerise sur le gâteau avec Hollande, un certain calme qui contraste avec l'agitation du prédécesseur ! Mais point trop n'en faut sous peine de donner l'image d'un moulasson ;)

      D'où la correction en cours aux fins d'ajuster la com présidentielle et gouvernementale aux nécessités de la pratique contemporaine du pouvoir soumis à une accélération boulimique de la demande de remplissage des cerveaux (en fait des psychés).

      Et à ce petit jeu-là nous ne sommes pas encore en mesure de peser sur la définition du sérieux dans un sens plus conforme à nos propres conceptions.

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    6. l'info en continu est la mort de l'info
      on le constate à chaque fait divers important

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  3. Ne pourrait-on pas abandonner, une fois pour toutes, ce slogan aussi faux que démagogique de "mariage pour tous"?

    Mais non, même quand le mariage entre personnes du même sexe aura été voté, il n'y aura toujours pas, en France, de mariage pour les mineur(e)s, de mariages entre parents proches ( frère et sœurs, pères ou mères avec leurs enfants), de mariage entre personnes déjà mariées et pas encore divorcées, de mariage pour les grands handicapés mentaux, etc.

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    1. Le slogan de "mariage pour tous" ne sera évidemment pas abandonné, car, comme vous le savez, il consitue un formidable outil de communication pour les socialistes. Comment culpabiliser ou réduire au silence des électeurs de gauche ? Certains d'entre eux seraient donc contre l'égalité ? Etonnant, non ?

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    2. Au début le mariage gay j'étais contre, mon côté Brassens je crois, puis quand j'ai vu que ces fin de race dégénérés de fachos branchouilles, Frigid Barjot et ses culs bénis étaient contre du coup j'ai trouvé çà génial.

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    3. Démos,

      Comme qui dirait l'autre, égalité, égalité certes ! Mais les similaires ne sont pas semblables et la non-discrimination n'est pas l'indifférenciation !

      Mais là je crains que ces petites explications de texte soient jugées un peu trop sérieuses pour être prises au sérieux :)

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  4. ." Quand Sarkozy était Monarque, on s'amusait davantage. Il sillonnait la France avec ses cortèges ""

    vous en êtes encore là? vous avez vraiment besoin d'aide .
    c'est maladif.

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    1. Oui on a besoin d'aide pour éclaircir certains sujets, Karachi, Kadhafi, les sondages de l'UMP, Bettencourt etc...

      Maintenant Nofate si tu n'as rien à dire ferme ta gueule.

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  5. Qui nous promettra la VIe République ?

    Elle a déjà été promise, notamment par le FdG.

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