8 février 2013

Comment l’UMP abîme l’Assemblée nationale

Il est bien normal que l'UMP finisse par s'indigner du recours à Twitter à l'Assemblée. Pour celles et ceux qui n'ont pas la chance de regarder les directs de l'Assemblée nationale de ces derniers jours sur son site, ce fil d'informations partagées en 140 caractères nous offre le meilleur des services pour suivre les échanges parlementaires de nos députés sur l'interminable adoption de la légalisation du mariage homosexuel.
@erwannbinet: #DirectAN l'opposition se contente de lire des ouvrages, l'obstruction tire à la farce #mariagepourtous
Un député UMP, Hervé Mariton, porte-parole de son groupe s'est indigné au nom de ses pairs que ses collègues de gauche raillent silencieusement sur Twitter la vacuité des débats. Jugez son argument: «Le temps que les députés consacrent dans une démarche à la fois chahuteuse et un brin narcissique à tweeter dans l'hémicycle (...) c'est autant de temps qu'ils ne consacrent pas au débat».

Consacrer du débat ... à quel débat ?  Un autre élu UMP, Gérald Darmanin, a proposé de carrément «modifier le règlement pour interdire l'usage des réseaux sociaux en séance et en commission».

Le mariage pour tous poursuit en fait son chemin de croix parlementaire dans des conditions inexplicables pour des gamins à qui nous devrions enseigner les vertus de notre joli système démocratique. Nous observons des ânes en direct, note notre consoeur Cycee. 

La multiplication des amendements est une pratique connue pratiquée a gauche comme a droite. Seulement voilà, cette fois ci, le sujet est bien explicable pour notre descendance. Nous avons du mal à imaginer ce que certains UMPistes pourront expliquer a leurs enfants sur leurs tristes manœuvres de ces derniers jours.

Ce n'est pas un "combat" parlementaire. Le terme est trop noble. C'est une pitrerie qui ne ridiculise que leurs auteurs. Nous en avons la preuve quotidienne, heure par heure, par ses interminables "débats".

La chose ne serait que drôle si elle n'abimait aussi l'Assemblée nationale. Mais l'évènement se déroule sous nous yeux, pour quiconque a accès au site de l'Assemblée. Nous pouvons enfin réaliser l'incroyable gâchis. Le temps parlementaire est compté. La réforme bancaire, autre sujet que d'aucuns à gauche comme à droite attendent avec impatience, attend.




11 commentaires:

  1. Il est quand même assez absurde de reprocher au gouvernement d'essayer d'enfumer l'opinion avec un faux problème...tout en déposant 5 3000 amendements sur un problème qui n'en est pas un; et en exigeant un referendum sur une question qu'on qualifie d'artificielle: comment organiser un referendum, lorsqu'on n'a pas de question à poser?

    Plus sérieusement: l' UMP a décidé d'hystériser et de ridiculiser une question que les Britanniques, les Allemands, les Espagnols, etc. ont tranchée après en avoir débattu sérieusement, mais dans des délais rapides et normaux; ceci, afin de tâcher de donner à l'opinion l'impression d'un gouvernement aux abois, et faute d'autre sujet à se mettre sous la dent: elle ne pouvait tout de même pas organiser cette bouffonnerie parlementaire sur l'intervention au Mali,sur l'accord MEDEF-CFDT-CGC-CFTC sur la flexibilité, ou sur les mesures prises en faveur de la compétitivité des entreprises...puisqu'elle les approuve.

    Reste à savoir si ce calcul n'aura pas un effet boomerang: tous les sondages indiquent que les Français estiment que ce débat n'a que trop duré, et on peut penser que l' UMP aura ainsi uniquement réussi à donner d'elle-même l'image d'un parti vraiment pas sérieux.

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    1. Pas un faux problème, petit malin, une question qualifiée de "changement de civilisation" par Christiane Taubira, opposant deux visions du monde (Yann Gallut, député PS), que d'aucuns ont cherché à banlisé devant le tollé suscité..

      Ce qui est contesté c'est le procédé utilisé et le moment choisi. Le procédé, compte-tenu de l'importance de ce sujet civilisationnel, ne pouvait en l'absence de referendum, que susciter une double opposition très vive.

      Ce ne sont pas les opposants qui choisissent le calendrier. Et dès lors qu'un changement de civilisation est inscrit à l'ordre du jour, le référendum s'impose.

      Après libre à vous de considérer que ce n'est pas important et de ne pas y prendre part !

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    2. Le référendum s'impose ? Pas d'après l'article 11 de la Constitution. En fait, il y a de fortes chances qu'un tel référendum soit retoqué avant même d'être mis en branle par le Conseil Constitutionnel. Les députés et sénateurs qui le réclament le savent bien, et ce n'est qu'une autre manière de faire de l'enfumage sur la question.

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    3. Peut-être mais pas sûr non plus ! Le Conseil le dira.

      Et si besoin, un changement de civilisation vaut bien une modification de la constitution qui en a vu d'autres en 55 ans : 24 au total.

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  2. Oui c'est sûr que si la gauche, pour laquelle j'ai voté contre Sarkozy, FdG au 1er tour, ne s'était pas soustraite aussi lâchement au noble et indispensable exercice du débat référendaire, le climat démocratique serait bien meilleur qu'il n'est est France. Pour un président qui se voulait rassembleur et non clivant, ça fait très désordre.

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    1. Il n'y avait absolument pas lieu d'organiser un referendum sur une mesure qui figurait explicitement dans le programme du candidat élu; d'autres, bien plus importantes, ne donnent pas lieu non plus à un referendum.

      (par ailleurs, on voit mal ce que votre commentaire suivant, sur la Syrie, vient faire ici).

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    2. Elie, "qui veut faire l'ange fait la bête" Pascal

      Les promesses des candidats n'engagent que ceux qui y croient. Ca tombe bien j'ai voté contre Sarkozy et pas pour le programme fourre-tout du candidat PS. Et surtout pas pour la proposition 31.

      Et je puis vous dire que nous sommes nombreux dans ce cas-là. Sans compter les personnes de bonne foi qui ne se sont pas penchées sur la question et qui pour un bon nombre d'entre-elles changeraient d'avis si un véritable débat contradictoire, équitable, éclairé avait lieu.

      Mais par ailleurs, puisque Hollande d'après vous peut se réclamer de la majorité, que risquaient les promoteurs et partisans du mariage-adoption ?

      Sur la Syrie, je ne vois pas ce qui vous gène. Si ça ne vous intéresse pas, zappez !

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    3. UMP FDG même combat , au sénat comme dans le référendum

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    4. je ne suis ni marié ni pacsé avec le FdG :) Union occasionnelle, de circonstance

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    5. @ bobcestmoi.

      Votre mauvaise expérience avec le Président du front de gauche, que vous avez évoquée ici, a dû créer chez vous un réflexe pavlovien de rejet dès qu'apparaît l'expression "FDG". Vous le prouvez encore une fois aujourd'hui. Pourtant, au-delà des querelles sémantiques dont nous parle si souvent Juan, vous savez probablement qu'il existe d'autres idées à gauche, qui ne sont pas celles de notre parti libéral-socialiste sans pour autant être la propriété du FDG.

      Il est par ailleurs assez croustillant de vous voir rappeler la position commune de l'UMP et du FDG pour le référendum sur le mariage homosexuel. Vous devriez pour le moins vous poser quelques questions sur les points communs et les convergences entre l'UMP et PS, avec un Hollande, qui, en dehors des questions sociétales, applique la même politique que Sarkozy. Et là, les enjeux sont autrement plus puissants, bob. Sans compter les promesses non tenues par M. Hollande. Je ne parle pas de la 31 qu'il est "obligé de tenir" puisqu'"il s'y est engagé".

      Exprimer plus d'exigence vis-à-vis d'un PS, qui détient tous les pouvoirs et a les moyens d'agir, démontrerait lucidité et volonté de changement plutôt que dénigrement et amertume.

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  3. Sinon au sujet de la Syrie, allez y comprendre quelque chose. D'après le Monde, la Maison Blanche a refusé d'armer et de former les rebelles syriens pour combattre la dictature Assad. Lesquels rebelles sont armés par les dictatures quatari et saoudiennes.

    Soit dit en passant, qui va combattre les dictatures qatari et saoudienne qui soutiennent les djihadistes ennemis désignés de l'Occident. Car les amis de nos ennemis sont aussi nos ennemis non ? Combattus en Afghanistan ; armés en Libye, Soutenus en Syrie, combattus au Mali !!

    Heureusement les socialistes sont arrivés pour remettre de la cohérence dans tout ceci. Avec sur tous nos écrans un promenade de santé dans le désert malien, euh une épopée glorieuse abondamment mise en images. Images d'une France conquérante et justicière ! Face à des bandes de brigands de grands chemins érigés en menace redoutable.


    "Il y avait également la peur de voir les armes fournies terminer entre les mains de djihadistes. La Maison Blanche se cantonne depuis le début du conflit à un appui non armé des rebelles qui reçoivent des soutiens militaires de la part de pays voisins comme le Qatar ou l'Arabie saoudite."
    ==> http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/02/08/la-maison-blanche-a-refuse-d-armer-l-opposition-syrienne_1828942_3222.html

    On nous avait pourtant expliqué, ici comme ailleurs, qu'il s'agissait d'une guerre civile sans intervention extérieure. Nous avions alors bien évidemment immédiatement mis en doute cette version officielle tant les faits la contredisaient puissamment.

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