13 février 2013

Pourquoi François Hollande devrait se dépêcher

Lundi 11 février, François Hollande a confirmé la chose. Il est en déplacement, à Pierrefitte-sur-Seine. Il inaugure un nouveau bâtiment des Archives nationales. La visite est rapide. Mais il lâche le morceau. Il confirme.

Nous aurons donc deux lois sur l'emploi dans les prochains mois.

Une première devrait traduire l'accord conclu entre le MEDEF et trois syndicats sur la flexibilité de l'emploi en janvier dernier. On connait les réserves de Laurence Parisot, effrayée à l'idée que certaines des maigres avancées de cet accord "historique" deviennent obligation légale. On connaît d'autres réserves - les nôtres - sur cet accord bien incomplet. Finalement, Laurence Parisot a laissé entendre qu'elle était satisfaite, ce mardi 12 février. Et donc nous sommes inquiets.

Un second texte devrait permettre la reprise des sites rentables menacés de fermeture. On se souvient du candidat Hollande debout sur une camionnette à Florange en février 2012. C'était l'une de ses promesses faites aux salariés désespérés de Florange. C'était il y a un an. La promesse devrait être tenue, c'est symbolique mais c'est heureux. Symbolique, car l'industrie est en panne. Ce sont les Echos qui nous l'affirment. Mais le gouvernement hésite, tiraillé entre ceux qui prônent l'interventionisme et les autres résignés à faire le dos rond.

Qu'il n'hésite pas trop longtemps, c'est le seul et modeste conseil qu'on peut lui donner.

Mais il nous manquait le troisième projet, celui concernant les licenciements dits boursiers. La 35ème proposition du candidat Hollande était claire: elle prévoyait de «renchérir le coût des licenciements collectifs pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs actions». Mais où était-elle passée ? Nulle part. Au cas où nous n'aurions rien compris, un conseiller élyséen livra quelques précisions aux journalistes qui accompagnaient le cortège présidentiel: «On ne parle pas du licenciement boursier qui est une notion qui se retrouve assez rarement dans la réalité. Sanofi ne licencie pas, elle supprime des emplois».

Nous aimerions connaître ce conseiller, qu'il s'explique davantage. Qu'il aille expliquer aux ouvriers qui manifestent ce mardi sur les sites de Goodyear ou PSA et ailleurs que les licenciements boursiers sont une rareté du monde moderne....

Mardi, Hollande prépare les esprits à une baisse des prévisions de croissance. Le président avoue au moins: « En France nous avons depuis plusieurs mois un principe de vérité, c'est-à-dire que nous affichons des objectifs de croissance en fonction de ce que nous pensons être la réalité économique prévisible et à chaque fois nous avons réajusté nos objectifs de croissance lorsque nous avons eu ces confirmations.»

Pourtant ils souriaient à Davos, les grands du monde ! Ils se félicitaient que les perspectives économiques de l'année sont plus favorables que prévu, que l'année 2013 sera moins détestable, que l'euro serait sauvé. En France, nul sourire, la crise est là et personne ne semble sourire au gouvernement. Pire, l'Union s'est paralysée la semaine dernière à Bruxelles. Hollande souriait gris.

S'il admet qu'il faut réviser les prévisions de croissance, c'est qu'il agit différemment d'un de ses prédécesseurs, l'ancien Nicolas. Ce dernier prenait ses paroles pour réalité. Hollande ajuste quand la réalité s'impose. Mardi, le même président recevait en effet un énième rapport de la Cour des Comptes. Le président de ces Sages-là prévenait: l'objectif de ramener le déficit à 3% du PIB « n'a que peu de chances d'être atteint » avec une prévision de croissance de 0,8%. L'autre message était plus convenu. Il faut encore couper ! C'est le message, très général, de l'institution. Quelle surprise...   La Cour livre par ailleurs de jolies analyses qu'il faudra bien traiter.


Ce 12 février dans l'après midi, la loi légalisant le mariage pour tous était adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale, par 329 voix contre 229. Après 109 heures de débats souvent abscons, parfois grotesques ou terrifiants. C'était une bonne chose. Benoit XVI avait démissionné la veille.


La réforme bancaire attend.

Le débat parlementaire débute enfin.


A suivre


9 commentaires:

  1. Le conseiller élyséen dont tu parles gagnerait en effet à être connu...
    On imagine Bernard Blier dans un film en noir et blanc des années 60 : "non môssieur, je ne vous licencie pas, je supprime votre emploi" !

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    1. Moi, si je le rencontre, je ne vais pas lui mettre mon pied dans le cul, mais lui remettre les idées à l'endroit. C'est comme Hollande, il ne va pas perdre les prochaines électionset les suivantes, il va recevoir un message des électeurs.
      Il faut être précis, les mots ont un sens, non ?

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    1. Vas jouer au con sur le Figaro blog toi, abruti !

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    2. justice a raison. Faut se renseigner avant d'écrire des commentaires pareils.

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  3. Hollande ajuste quand la réalité s'impose !!!!!! Ha bon !! Moi j'appel ça de l'enfumage...pour rester poli. Maintenant chacun a le droit d'utiliser sa propre dialectique, c'est plus rassurant.

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  4. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  5. Le bon Docteur Hollande pratique depuis longtemps ; Il devrait savoir que, pour soigner un patient, il faut faire le bon diagnostic eu que, quand on se trompe sans arrêt, on perd tous ses patients, Doc ! A propos de la croissance à 0.8%, tu vas devoir corriger ta copie et ce ne sera pas la dernière fois jusqu'à ce que tu doives avaler ton chapeau.
    L'accord sur la flexibilité, je préfère ne pas en parler. Comment un homme qui se dit de gauche peut-il promouvoir un texte pareil ? C'est vraiment dégueulasse pour les salariés, du Sarkozy pur sucre.

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