22 février 2013

Hollande dans une journée de crise

Mauvaise journée, une de plus, une comme une autre. François Hollande, jeudi 21 février, avait une polémique sur sa droite - la journée de carence des fonctionnaires -, une nouvelle prise d'otages en Afrique, un regain de guerre à Gao, et des banques en plein bin's. 

Otages
Il a dû s'exprimer. François Hollande a déboulé dans le salon Murat de l'Elysée pour s'exprimer quelques instants à propos des sept nouveaux otages français prisonniers au Cameroun depuis la veille.

Une mauvaise rumeur avait surgit sur tous les téléscripteurs des chasseurs de scoops. L'information était malheureusement fausse, les otages n'avaient pas été libérés. Ce jeudi 21 février, François Hollande endossait donc un mauvais costume, confirmant des mauvaises nouvelles. "Nous avons un certain nombre de forces qui ne sont pas loin. (...) Mais pour le moment, il vaut mieux travailler dans la discrétion." Tout juste confie-t-il que les otages auraient été séparés en deux groupes.

Un peu plus tôt, il rencontrait le premier ministre roumain, Victor Ponta. Avaient-ils parlé des Roms de nationalité roumaine, puisque le sujet s'était invité dans notre actualité nationale ?  Et bien oui, à en croire le communiqué officiel: les deux ont "évoqué les perspectives ouvertes par la signature cet après-midi entre les deux Premiers ministres d’un programme de travail intergouvernemental pour la période 2013-2018 et qui a pour priorité la croissance et l’emploi, la gestion des fonds structurels européens, l’inclusion des Roms, l’agriculture, la santé et les questions de défense."

Banques
Le Crédit Agricole affiche des pertes que l'on croit record.

La réforme bancaire a été adoptée, en première lecture, mardi soir, par 315 voix contre 161. Qui a voté quoi ? Le parti socialiste a fait le plein de ses suffrages. Les députés affiliés au Front de Gauche se sont abstenus. Quinze élus UMP, pour l'essentiel de la Droite Populaire, ont également voté pour le texte. Tout comme Nicolas Dupont-Aignan, malgré l'hostilité affichée de l'un de ses proches soutiens (et blogueur associé à Marianne).  Une autre quinzaine s'est abstenue. L'essentiel des députés de droite ont voté contre.

Un banquier, et non des moindres, s'était félicité du texte. François Pérol, actuel président du directoire de BPCE (Banques populaires Caisses d'épargne), renouvelé en novembre dernier pour quatre ans, cet ancien conseiller de Nicolas Sarkozy avait  étépropulsé à cette présidence avec une légèreté éthique assez incroyable. Il n'a pas caché sa satisfaction. Une disposition lui sied particulièrement: grâce à un amendement qu'il a discrètement soutenu, il pourra révoquer les barons de ces Caisses d'Epargne.

Bin's
La véritable actu était dans cet immense scandale pour les néo-libéraux du pays. Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, confirmait la suppression de la journée de carence imposée par l'ancien gouvernement Sarkozy aux congés maladies des Fonctionnaires. On oublierait presque que la même ministre - caisses vides obligent - avait annoncé un nouveau gel des salaires des fonctionnaires. Mais cette décision du gouvernement fait évidemment polémique là où on s'y attend.
Le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) exhibe d'inédites révélations -  le jour de carence aurait produit « des effets immédiats » sur l'absentéisme. Car, évidemment, il valait mieux empiler les clichés. Laurence Parisot, du MEDEF, ose l'expression, « La France est « addict » à la dépense publique et il faut qu'on sorte de cette logique là ». Après le « racisme anti-entreprise »...on aura donc tout entendu en si peu de temps.

De combien parle-t-on ? 70 millions d'euros par an. La droite nous avait promis 240 millions. L'affaire était une affaire d'équité, nous expliquait-on aussi. C'était faux, et archi-faux. Un tiers des salariés du privés ont effectivement 3 jours de carence. Mais deux tiers des salariés du privé n'en ont aucun, car ils sont couverts par leurs accords d'entreprises. Et les commerçants et artisans n'ont aucune compensation, sauf (rare) assurance privée.

Ce jeudi, la guerre n'était pas finie au Mali. Le soir sur France 2, Marine Le Pen osait le compliment - il fallait intervenir au Mali. Mais elle attendait plus de moyens pour l'armée. La veille, des islamistes avaient attaqué quelques bâtiments au Nord du pays, à Gao.

Hollande avait une chance, une seule.

Il n'était pas obligé de commenter les quelques bonnes feuilles d'un ouvrage inutile sur DSK. Une chroniqueuse de Libé avait couché ses coucheries de l'an dernier sur un improbable papier. La plume avait l'air efficace. Mais à quoi bon ?


6 commentaires:

  1. "Un tiers des salariés du privés ont effectivement 3 jours de carence. Mais deux tiers des salariés du privé n'en ont aucun"
    ==> ben si y'a un prb d'équité vis-à-vis du 1/3 qui se prend les trois jours ... L'équité serait de mutualiser tout ça de sorte que chacun supporte la même charge ou bénéficie de la même prise en charge !!

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  2. Ce matin, j'écoute Axel de Tarlé sur EUROPE 1 au sujet du jour de carence supprimé pour le public.
    La mesure ne rapportait pas 70 millions, car elle concernait aussi les collectivités locales et les hôpitaux, et l'économie réelle était autour de 200 millions. SARKOFRANCE ment.
    SARKOFRANCE dit que 70 millions c'est rien. Fichtre ! A partir de quand une économie est sérieuse ?
    Et cette mesure avait permis de faire baisser l'absentéisme ds les hôpitaux de 7%, ça, c'est la réalité.Or l'absentéisme c'est la plaie des hôpitaux; et la suppression du jour de carence va désorganiser nos hôpitaux.
    Si 1/3 des travailleurs du privés supportent 3 jours de carence, ça compte pas pour SARKOFRANCE. Curieuse façon de mesurer l'équité.
    Bon, avec cette mesure, le pouvoir a simplement voulu soigner son électorat qui doit supporter un blocage des salaires.

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    1. Au moins, on est d'accord sur votre dernière phrase. (sur les économies estimées, ma source est Challenges, cg. le lien).

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  3. A propos du livre de la chroniqueuse de Libération, il paraît qu'on a démasqué son héros, Babe le cochon, mais qu'il court toujours, plus préoccupé par son appendice que par sa réputation.

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