27 février 2013

Chomage: là où ça coince en France

Ce sera donc le 21ème mois de progression du chômage. Le ministère du Travail a publié sa dernière livraison sur le nombre d'inscrits à Pôle Emploi. Pouvions-nous préciser que le chômage n'a jamais baissé depuis ... 2007 ? Pouvions-nous ? Oserions-nous ?

Nous avions pris l'habitude, en Sarkofrance, de la triste chronique de cette progression statistique. A la fin de cette dernière époque, l'ancien monarque avait pris l'habitude de nous promettre un quelconque retournement de tendance quasiment tous les mois, quatorze mois durant.

C'est au tour de François Hollande de subir le commentaire de cette souffrance statistique et humaine.

Chômage gonflé
Le nombre d'inscrits dans la fameuse catégorie A de pôle Emploi, ceux qui n'ont pas déclaré la moindre heure de travail rémunéré en janvier dernier, sont désormais 3,4 millions en France. Une belle et détestable progression un an. Certains étaient déçus. On avait raté de "quelques milliers" le record de février 1997 (Libération), à moins que ce fut celui de janvier 1997 (Le Monde). « Et de 21! Le nombre de chômeurs en France métropolitaine a progressé, en janvier 2013, pour le 21e mois d’affilée. » (Le Figaro). "En 48 heures, deux promesses de François Hollande se sont envolées " complétait Claire Guelaud pour Le Monde.

Car - diable ! - Hollande avait l'affreuse lucidité, la détestable franchise de dire ce qu'il en était. Inverser la courbe du chômage quand la croissance européenne disparaît ... Ahem... Comment nier la situation ? Fallait il jouer à Sarko ? Non, il fallait dire qu'inverser cette fichue courbe dans 11 mois serait difficile.

Plus grave que ces railleries médiatiques, l'inactivité de 3,4 millions adultes, à laquelle s'ajoute 1,5 millions chômeurs à temps partiel, sans compter celles et ceux qui ont disparu de ces statistiques - des formations au fameux halo - il y a donc encore près de 6 millions de nos concitoyens à chercher un emploi stable et complet. 

Certains se souviennent de ces précédentes années considérées comme record. 

Patron indécent
Quelques heures plus tard, sur une autre onde, celle de France Info, un patron candidat à la succession de Laurence Parisot au MEDEF, expliquait qu'il fallait dire la vérité aux Français. Que les allocations chômage étaient trop élevées. Cet homme, Geoffroy Roux de Bézieux, président fondateur d'Omea Telecom (Virgin Mobile) avait de brillantes idées, il veut "acter une vraie baisse du coût  du travail" et milite pour un transfert des cotisations familiales qui ne peuvent plus être financées par les entreprises." Il a raison sur un point essentiel: certains patrons méritent un discours de franchise; oui, il faut les mettre en risque, le vrai. Couper les ponts, les filets, les parachutes de certains de ces donneurs de leçons. Il faut leur expliquer combien leur prétendue prise de risque ne valent que par les sacrifices ou l'effort de leurs salariés. Qu'ils devraient cesser de couiner après la niche (fiscale) ou la subvention (publique). Qu'ils devaient accepter de perdre la rente ou l'héritage de leurs aînés, pour celles et ceux qui en ont.

Pourquoi aucun responsable du MEDEF n'assume-t-il pas cette remise à zéro des compteurs ? Ils s'abritent derrière quelques hérauts de l'entreprenariat pour mieux cacher la rente et l'héritage.

Vigilance retraite
Nous avions donc 6 millions de personnes à l'affut d'un vrai emploi, mais quelques sbires néo-libéraux pour expliquer qu'il faudrait travailler plus longtemps, plus vieux et plus fatigué.
Car imaginez-vous que le nouveau grand débat sur les retraites allait reprendre. La réforme Sarkozy, injuste, n'avait rien sauvé. Quelle déception pour certains Sarko-fans... Le même Geoffroy Roux de Bézieux explique encore que "l'allongement de l'espérance de vie implique d'augmenter la durée d'activité. C'est non négociable !" A gauche, on ne se disputera pas le sujet, sauf sur un point, la durée de cotisations. Son allongement est assumé par le Parti socialiste, jusqu'à Henri Emmanuelli. Il est récusé au Front de Gauche. Restera la hausse des cotisations sociales.

Ce mercredi, le premier ministre installe une commission sur le sujet. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) a prévu un déficit à plus de 20 milliards d'euros d'ici à 2017 si rien ne change. L'âge de départ à la retraite - qui n'a jamais été à 60 ans en moyenne avant la réforme de 2010 - a encore reculé : 61,8 ans chez les hommes et 62,5 ans chez les femmes. Mais sans surprise, le nombre de retraités progresse quand même, +1% l'an dernier, pour atteindre 13,2 millions.

Le pays vieillit, un scoop. Préférait-on le modèle allemand ?

Qu'il est curieux de lire, d'entendre les mêmes arguments catastrophistes qu'en 2010. Comme si Sarkozy n'était jamais passé par là...







Lire aussi:







1 commentaire:

  1. "Là où ça coince, Juan", c'est que le chômage n'a jamais baissé face aux incantations ou aux discours solennels.

    Les Français auront plus de travail si les socialistes en font une priorité et ne se contentent pas d'un nième rapport bidon produit par le PS et l'UMP réunis (qui a signé ce rapport ?).

    Ce n'est pas Holandréou avec ses renoncements au niveau européenn, son entêtement ou son obsession pour la diminution du déficit public, qui risquent de nous sortir cette impasse !
    Il faudra qu'il change de logiciel et ça, ça n'est pas gagné non plus.

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.